Un virus entraîné pour lutter contre les bactéries

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Les bactéries aussi sont victimes de virus, les bactériophages. En appliquant les principes de l'évolution darwinienne, des chercheurs CNRS ont entraîné ces phages afin de les rendre plus efficaces contre Pseudomonas aeruginosa, une bactérie responsable de graves infections nosocomiales.

En haut, une population de bactéries complètement résistantes aux phages.
En bas, une population de bactéries attaquées par des super-phages.
© Alex Betts

Quasiment abandonnée après la découverte de la pénicilline et des antibiotiques, la recherche sur les virus bactériophages (ou phages) reprend du galon, et ce alors que les cas de bactéries résistantes aux antibiotiques se multiplient - notamment dans le milieu hospitalier. Mais comment être certain que ces virus qui infectent uniquement les bactéries les déciment à coup sûr ? Des chercheurs CNRS de l'Institut de l'évolution, à Montpellier, ont eu l'idée d'appliquer les principes de l'évolution darwinienne et de donner aux phages un avantage de départ par rapport aux bactéries. Leur plan : faire évoluer les phages artificiellement, et leur permettre ainsi de perfectionner leurs armes contre les bactéries.

Une souche de la bactérie la plus répandue à l'hôpital, Pseudomonas aeruginosa, a été utilisée. Elle a été mise au contact de différents phages dans un premier pétri. Au bout de quelques heures à peine, les virus s'étaient multipliés et par le jeu des mutations génétiques, seuls les phages les mieux adaptés à leur hôte (la bactérie) avaient prospéré. Problème : la bactérie aussi évolue au contact du phage et améliore ses défenses... L'opération a donc été renouvelée six fois de suite : à chaque fois, les chercheurs ont utilisé la dernière génération de phages, qu'ils ont mise au contact de la souche bactérienne de départ, inchangée. Résultat : ils ont obtenu des « supervirus », capables de faire des ravages chez Pseudomonas aeruginosa.

Les premières applications ne devraient pas tarder : « nous sommes déjà en contact avec le Centre scientifique et technique du bâtiment afin de tester des produits désinfectants qui pourraient permettre d'éliminer cette bactérie très répandue dans l'environnement hospitalier », indique Michael Hochberg, biologiste à l'Institut des Sciences de l'évolution de Montpellier et co-auteur de l'article paru dans Evolutionary Applications.Des traitements destinés aux malades eux-mêmes pourraient suivre, mais le temps de développement est beaucoup plus long...

Référence:

Back to the future : Evolving bacteriophages to increase their effectiveness against the pathogen Pseudomonas aeruginosa, publié le 10 octobre 2013 dans Evolutionary Applications par Alex Betts, Marie Vasse, Oliver Kaltz et Michael E. Hochberg.

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POB

D'ici à ce que ces supervirus mutent et infectent nos hôpitaux, il n'y a peut-être pas si loin que ça.
Je trouve toujours terrifiant que des gens bricolent avec des virus sous prétexte qu'ils ne sont pas pathogènes pour les humains... du moins pas encore.
Il n'était pas bien méchant il y a un siècle, ce rétrovirus qui était hébergé par une variété de singes d'Afrique, et puis une mutation devint pathogène et se répandit à une vitesse stupéfiante. On l'appela HIV.
Je dois avoir l'esprit mal placé. :dehors:
:bieres: Salut et fraternité*

RE
Reumain.

POB
D'ici à ce que ces supervirus mutent et infectent nos hôpitaux, il n'y a peut-être pas si loin que ça.
Je trouve toujours terrifiant que des gens bricolent avec des virus sous prétexte qu'ils ne sont pas pathogènes pour les humains... du moins pas encore.
Il n'était pas bien méchant il y a un siècle, ce rétrovirus qui était hébergé par une variété de singes d'Afrique, et puis une mutation devint pathogène et se répandit à une vitesse stupéfiante. On l'appela HIV.
Je dois avoir l'esprit mal placé. :dehors:
:bieres: Salut et fraternité*

Comment un bactériophage thérapeutique peut-il infecter un hôpital et, surtout, comment peut-il devenir dangereux pour l'homme ? :_spafaute:

Tu connais quelque chose en virologie ?

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cisou9

:_salut:
Je pense que c'est vachement intéressant vu que les antibiotiques ne servent plus à grand chose et sont au bout du rouleau. :_grat2:

LE
LeBatou

La phagothérapie n'a rien de nouveau. Elle est beaucoup utilisée dans l'ex-URSS pour traiter les patients. Et bizarrement elle est très critiquée dans les pays occidentaux... sauf là tout à coup ! Comme quoi quand on y trouve un intérêt économique, ça devient bien... :siffle:

LE
LeBatou

cisou9
:_salut:
Je pense que c'est vachement intéressant vu que les antibiotiques ne servent plus à grand chose et sont au bout du rouleau. :_grat2:

Les antibiotiques sont encore très utiles et sont loin d'être au bout du rouleau. Mais ils commencent à montrer leurs limites. Le mieux serait d'avoir une utilisation "mixte" de ces traitements, qui sont complémentaires. Il n'y en a pas un mieux que l'autre qui soit destiné à remplacer totalement. Dans certains cas l'un sera mieux, dans d'autres ce sera l'autre.

LE
LeBatou

POB
D'ici à ce que ces supervirus mutent et infectent nos hôpitaux, il n'y a peut-être pas si loin que ça.
Je trouve toujours terrifiant que des gens bricolent avec des virus sous prétexte qu'ils ne sont pas pathogènes pour les humains... du moins pas encore.

Oui, enfin entre une cellule bactérienne et un organisme humain il y a encore un sacré pas à franchir, que dis-je, une sacrée trotte ! Le SIV a dû passer d'un mammifère à un autre pour devenir le HIV. Les virus de plante n'infectent déjà pas l'homme, alors les bactériophages... on a "quelques" générations devant nous avant qu'ils ne s'adaptent.