Figure de la Terre et méridienne de Delambre et Méchain - Définition et Explications

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Mètre et système métrique décimal : enfants de la Révolution française

L'histoire du mètre et du système métrique actuellement utilisés dans tous les échanges scientifiques internationaux, de même d'ailleurs que l'histoire de la détermination de la masse de la Terre (La masse de la Terre (M) est estimée à 5,9736×1024 kg. Elle est obtenue à...), constitue en quelque sorte une histoire dans l'histoire générale de la géodésie (La géodésie tire son nom des mots grecs γη (Terre) et...) et de la détermination de la figure de la Terre (La détermination de la figure de la Terre, autrement dit l'étude de la forme de la...). L'introduction du mètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du...) et du système métrique fut assurément la conséquence des difficultés que connurent les géodésiens du XVIIIe siècle à disposer en chaque lieu d'un étalon de longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus...) suffisamment précis et fiable, et facilement reproductible en principe. Le mètre et le système métrique décimal sont avec la Déclaration des droits de l'homme sans doute les choses les plus importantes léguées par la Révolution française à la postériorité. Il est impossible de raconter en détail dans cet article, et dans un autre article qui en constitue la suite, l'histoire politico-économico-scientifique passionnante qui se cache derrière le système métrique.

On sait que les lois de la Nature ne dépendent pas du choix des unités de mesure. Par exemple, l'attraction gravifique diminuera toujours comme l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de...) du carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés. Cela signifie que ses...) de la distance, peu importe si l'on exprime la distance en toises ou en mètres. Elle sera toujours proportionnelle au produit des masses des deux corps qui s'attirent, que l'on exprime ces masses en onces ou en kilogrammes (Le kilogramme (symbole kg) est l’unité de masse du Système international d'unités (SI).). À la rigueur, on pourrait même exprimer l'une des masses en onces, l'autre en grammes, par exemple. Ce qui va changer avec les unités choisies, ce ne sont donc pas les relations entre grandeurs physiques mais seulement les valeurs numériques des constantes qui interviennent dans ces relations. Dans l'exemple considéré, c'est la valeur numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information...) de la constante d'attraction qui variera selon le système d'unités adopté. De prime abord, on ne peut donc pas dire qu'un système d'unités est meilleur qu'un autre. C'est le fait qu'il s'est avéré pratique à l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) et surtout le fait qu'il a fini par être accepté par la plupart des nations civilisées qui donnent sa supériorité au système métrique. Certains États ont longtemps été réticents à accepter ce système de mesures, pour des raisons de prestige national ou tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) simplement pour des raisons d'hostilité à la France. Pourtant, dès le départ il avait été conçu dans l'idée d'un système supranational, qui n'appartienne à aucune nation particulière mais à l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection...) de l'humanité, en accord avec les idées généreuses prévalant sous la France révolutionnaire. C'est la raison pour laquelle le mètre fut initialement défini non comme une quelconque longueur matérialisée à un endroit particulier dans un pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...) particulier, mais comme la dix millionième partie d'un quart de méridien terrestre. En principe, tout le monde (Le mot monde peut désigner :) y avait accès, mais le mètre n'appartenait à personne en particulier.

Aux environs de 1770 les travaux de triangulation (En géométrie et trigonométrie, la triangulation est une technique permettant de...) nécessités par la méridienne de France étaient terminés, si l'on excepte certains opérateurs de Cassini (La mission Cassini-Huygens est une mission spatiale automatique réalisée en collaboration par le...) qui poursuivaient le canevas géodésique (En géométrie, une géodésique désigne le chemin le plus court, ou l'un des...) de la carte de France, dont le 1er ordre fut publié dans son ensemble en 1783. La comparaison des toises utilisées au Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) (Laponie), au Pérou, au Cap et en France avait montré que toutes ces toises étaient égales, dans des marges d'erreur de quelques centièmes de ligne. La toise (La toise (symbole: T) est une unité de longueur ancienne. C'est aussi un instrument de mesure ...) du Pérou fut adoptée comme étalon et devint la toise de l'Académie. C'est à cette toise qu'on devait rapporter les mesures ultérieures. Malheureusement, ceci ne résolvait pas la question de l'unification (Le concept d'unification est une notion centrale de la logique des prédicats ainsi que...) des mesures, qui dans tout le Royaume de France (sans parler des autres nations) conservaient farouchement leur indépendance anarchique, malgré plusieurs tentatives d'unification. Cette situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un...), qui s'avéra grave dans ses conséquences à diverses reprises, ne pouvait plus s'éterniser, mais les choses ne changeaient effectivement que lorsque l'Assemblée Constituante nomma en 1790 (donc un an après le début de la Révolution), sur proposition de Charles-Maurice Talleyrand (1754–1838), une commission composée de Jean-Charles Borda (1733–1799), du comte Joseph-Louis de Lagrange (1736–1813), du marquis Pierre-Simon de Laplace (Pierre-Simon de Laplace, né le 23 mars 1749 à Beaumont-en-Auge et mort le...) (1749–1827), de Gaspard Monge (Gaspard Monge, comte de Péluse, né le 9 mai 1746 à Beaune et mort le...) (1746–1818) et de Marie-Jean-Antoine Caritat, marquis de Condorcet (1743–1794). Celle-ci présentait un rapport le 19 mars 1791 dans lequel elle proposait un double choix pour unifier les mesures de longueur : l'unité serait soit un pendule (Le mot pendule (nom masculin) nous vient d'Huygens et du latin pendere. Il s'agit donc à l'origine...) battant la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui...) à la latitude (La latitude est une valeur angulaire, expression du positionnement nord-sud d'un point sur Terre...) de 45° au niveau de la mer (Le niveau de la mer est la hauteur moyenne de la surface de la mer, par rapport à un niveau de...), soit la dix millionième partie du quart du méridien terrestre. Le 26 mars 1791, la Constituante adopta ce rapport et le Roi Louis XVI, représentant encore le Pouvoir Exécutif à ce moment, chargea l'Académie de la nomination des commissaires pour sa mise en œuvre. L'astronome (Un astronome est un scientifique spécialisé dans l'étude de l'astronomie.) Cassini IV, le mathématicien (Un mathématicien est au sens restreint un chercheur en mathématiques, par extension toute...) Legendre (ou Le Gendre) et l'astronome Méchain étaient chargés de mesurer la méridienne. Les deux premiers ne tardèrent pas à se retirer et furent remplacés par le jeune astronome Jean-Baptiste Delambre.

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