France Télécom
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Ouverture à la concurrence

La transformation de son métier de fournisseur de services publics en situation de monopole à celui de prestataire de services aux consommateurs sur un marché concurrentiel s'est faite progressivement et avec certaines difficultés. Depuis 1998 le marché des télécommunications (Les télécommunications sont aujourd’hui définies comme la transmission à distance d’information avec des moyens électroniques. Ce terme est plus utilisé que le terme synonyme officiel «communication...) est en concurrence totale en France conformément aux directives européennes. Toutefois, le coût de l'installation d'une infrastructure de desserte des abonnés étant très élevé, la concurrence n'a pas choisi en dehors du câble et de la fibre optique (Une fibre optique est un fil en verre ou en plastique très fin qui a la propriété de conduire la lumière et sert dans les transmissions terrestres et océaniques de données. Elle offre un débit...) de construire sa propre infrastructure de terminaison.

Par conséquent, l'ouverture de son marché a reposé en partie sur la mise de son infrastructure à la disposition de ses propres concurrents. Autrement dit, France Télécom (France Télécom est la principale entreprise française de télécommunications et la 71e entreprise mondiale. Elle emploie près de 181 000 personnes, dont environ...) a été conduit à laisser ses concurrents utiliser son réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un...) pour leur permettre de lui prendre ses clients, et à proposer des offres d'accès à ses infrastructures (offres de gros, dégroupage, …).

La contrainte a été pour l'essentiel législative et réglementaire. Le système reposait et repose encore sur l'imposition d'une règle par l'État français ou l'Union européenne. Des encadrements économiques lourds ont été mis en place par le réglementeur (validation des tarifs d'interconnexion, validation des offres tarifaires proposées par France Télécom pour s'assurer que la société ne bénéficie pas d'avantage lié à sa position dominante sur le marché). Un contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) du strict respect de la règle (entre autres par dénonciation des concurrents) est en place et a conduit France Télécom à être condamnée à plusieurs reprises à de lourdes amendes pour entrave à la libre concurrence.

Dans le cadre de cette réglementation visant à permettre l'essor d'une forte concurrence sur les marchés des télécommunications de l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude...) des pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la...) européens, la France est le pays où l'ADSL s'est développé le plus rapidement avec un marché très concurrentiel et des tarifs très bas en comparaison avec ses voisins européens.

Historique

Les télécoms, service administratif de l'État

Sous la Révolution française, en 1792, le premier réseau de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles...) voit le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa...) pour permettre d'acheminer rapidement les informations dans un pays en guerre et peu sûr. Il s'agit du réseau de télégraphie optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) de Chappe.

Après l'invention du télégraphe (Le télégraphe (du grec τηλε têlé, loin et γραφειν graphein, écrire) est un système destiné à transmettre des messages...) électrique et ensuite du téléphone (Le téléphone est un système de communication, initialement conçu pour transmettre la voix humaine.) l'État Français crée en 1878 un ministère des Postes et Télégraphes, ce dernier annexe bientôt les services du téléphone, qui sont nationalisés en 1889. Pourtant ce n'est qu'en 1923, que le second « T » apparaît, le ministère des P & T devenant celui des PTT.

En 1941, une Direction générale des Télécommunications (La Direction Générale des Télécommunications (DGT) fut créée en 1941 par le régime de Vichy et a pris le nom commercial de France Telecom le 1er janvier 1988...) est créée au sein de ce ministère et en 1944 le CNET, Centre National d'Études des Télécommunications, a pour mission de développer l'industrie des télécommunications en France.

Entre 1950 et 1965, les P&T vendent leurs numéros pour la somme de 10 000 Francs de l'époque.

Dans les années 1970, la France met les bouchées doubles pour rattraper son retard sur plusieurs autres nations avec le programme « delta LP » (accroissement des lignes principales). C'est à cette époque que fut construite la plus grande partie de la boucle locale (La boucle locale est la partie de la ligne téléphonique (paires de cuivre) allant du répartiteur de l'opérateur téléphonique jusqu'à la prise téléphonique de l'abonné....). De plus, avec le concours des industriels français, sont mis au point (Graphie) par les ingénieurs et chercheurs du CNET, la commutation numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et échantillonnée,...), le minitel (Le Minitel est une technologie de communication télématique développée par la DGT (Ministère des Postes et Télécommunications) et utilisée en France,...), la norme (Une norme, du latin norma (« équerre, règle ») désigne un état habituellement répandu ou moyen considéré le plus souvent comme...) GSM.

Création de la société France Télécom

Pour répondre à une directive européenne de mise en concurrence des services publics, la Direction générale des télécommunications devient France Télécom le 1er janvier 1988.

La loi du 2 juillet 1990 transforme France Télécom en un exploitant de droit public, dont Marcel Roulet est le premier Président ; elle est dotée d'une personnalité morale distincte de l'État et, acquiert une autonomie financière. Auparavant, le budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.) des Télécommunications était inscrit au sein du budget annexe des PTT voté chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) par l'Assemblée nationale.

En septembre 1995, Michel Bon est nommé à la tête du Groupe France Télécom.

Pour préparer l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 1998, une loi est votée en juillet 1996 transformant l'exploitant public en société anonyme dont l'État français est le seul actionnaire.

Les années folles

En 1997, le capital de la nouvelle société anonyme a été ouvert avec succès alors que le phénomène de la bulle Internet (La bulle Internet (dot-com bubble en anglais) ou bulle technologique est une bulle spéculative, qui a affecté les « valeurs...) rendait les bourses euphoriques. Une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...) ouverture eut lieu en 1998.

Partie en retard dans le train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour...) de l'internationalisation lancé par des concurrents internationaux tels Vodafone, France Télécom se met à chercher des cibles au plus fort de la valorisation des années de la bulle Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web, en...). Cela d'autant plus que son alliance avec Deutsche Telekom (La Deutsche Telekom AG (DTAG) est la plus grande société allemande de télécommunications. Elle était précédemment une filiale du monopole...), caractérisée par une participation au capital croisée (Croisée peut désigner :) de 2%, a éclaté lorsque cette dernière a annoncé un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) de rapprochement avec Telecom (En France, voir http://www.arcep.fr/index.php?id=interactivenumeros sur le site de l'ARCEP (http://www.arcep.fr).) Italia (finalement abandonné) sans avertir les Français.

Le groupe a racheté la grande majorité d'Orange plc en 2000 et l'intégralité en 2003 ; ensuite il l'a fusionné avec ses activités mobiles (Itinéris, OLA, Mobicarte) en une filiale nommée Orange. France Telecom a également procédé à de nombreuses autres acquisitions de sociétés (revendues pour certaines) dans le monde (Le mot monde peut désigner :) devenant le quatrième opérateur (Le mot opérateur est employé dans les domaines :) de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre hydrostatique, c'est-à-dire sous...) par sa taille (GlobalOne, Equant (Orange Business Services est la nouvelle identité commerciale (depuis le 1er juin 2006) qui regroupe les solutions et services dédiées aux entreprises et au secteur public précédemment...), Internet Telecom, Freeserve, EresMas, participation dans Wind (WIND est un satellite de la NASA lancé le 1er novembre 1994 depuis la base de Cape Canaveral par un lanceur Delta II. De forme cylindrique de 2,4...), NTL, Mobilcom…).

Les années noires

À la suite de changement de qualification d'une partie de la dette de « long terme » à « court terme » en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) d'obtenir un meilleur taux d'intérêt, les actionnaires s'aperçoivent que, de 2002 à 2005, France Télécom doit rembourser chaque année entre cinq et quinze milliards d'euros de dette.

Le cours de l'action s'effondre à 6,94 euros le 30 septembre 2002, alors qu'il était à 219 euros le 2 mars 2000.

Le 2 octobre 2002, le président-directeur général est Thierry Breton. Il a été appelé pour redresser l'entreprise qui était à ce moment-là, la deuxième entreprise la plus endettée du monde (en termes de dette à court terme). Il a obtenu quinze milliards de réaménagement de la dette à prendre en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être transporté.) par les banques et les investisseurs, quinze milliards d'augmentation de capital réclamés à l'État alors actionnaire majoritaire, et quinze milliards de trésorerie à dégager grâce à des économies en interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une...). Nommé au gouvernement, il démissionne de France Télécom fin février 2005.

Les fusions opérées en mars 2004 par France Télécom avec sa filiale de téléphonie mobile (La téléphonie mobile désigne toute l'infrastructure de télécommunication permettant d'utiliser des téléphones portables (que l'on appelle également téléphone...) Orange, achetée au prix fort lors de la bulle Internet de 2000, et avec sa filiale spécialisée dans l’accès à Internet Wanadoo, rebaptisée Orange, ont amené Colette Neuville, la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), à écrire à l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour souligner qu’une action Wanadoo valait 19 euros au moment de son introduction en bourse au printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones tempérées,...) 2000, et que France Télécom en a proposé 8,86 euros, seulement 4 ans plus tard.

La période actuelle

En septembre 2004, l'État français cède une partie de ses actions pour passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) en dessous de la barre des 50 %. France Télécom devient alors une entreprise privée. Cent-quinze ans après sa nationalisation, le téléphone redevient privé en France.

Le 27 juillet 2005, France Télécom annonce le rachat de 80 % de l'opérateur de téléphonie (La téléphonie est un système de télécommunication qui a pour but la transmission de son et en particulier la transmission de la parole.) mobile Amena (Orange est aujourd’hui une marque commerciale propriété de l'entreprise internationale française de télécommunications France Télécom; elle désigne en particulier ses activités...), détenteur de 24 % de parts de marché en Espagne, pour la somme de 6,4 milliards d'euros dont trois par augmentation de capital.

Une cabine (Sur un bateau, une cabine désigne une pièce d'habitation pour une ou plusieurs personnes. Une cabine peut prendre plusieurs aspects : sur un grand navire, elle prend l'apparence d'un chambre d'hôtel...) publique France Télécom

France Télécom a aussi annoncé le déploiement du plan NExT (NeXT Computer, Inc (devenue NeXT Software, Inc) était une entreprise d’informatique fondée par Steve Jobs en 1985 après son départ d’Apple.) dont l'objectif est de fournir à ses clients, de façon intégrée, l'ensemble des services de télécommunications dont ils ont besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins...).

Le plan NExT est le plan de redressement de la société France Télécom qui vise entre autres à réduire les coûts de la société, à mener une politique de produits et services convergents, et à regrouper toutes les enseignes du groupe sous une marque unique, (Orange), sauf pour les activités téléphonies fixes qui restent sous la dénomination France Télécom. Ceci entraîne donc la disparition de nombreuses marques (Wanadoo, Equant, …)

Selon la société Dataxis, France Télécom serait en 2005 le deuxième opérateur ADSL mondial derrière China Telecom (China Telecom est la principale entreprise chinoise de télécommunications,détenue à 70,89% par l'état et cotée en bourse. En 2005, son chiffre d'affaires atteint 165,5 Milliards...) et devant l'américain SBC Communications. Il serait le premier opérateur ADSL européen.

Depuis le 1er juin 2006, France Télécom tend à commercialiser l'ensemble de ses produits dans le monde sous la seule marque commerciale Orange. Le logo (esperluette) de la marque France Télécom est devenu plus arrondi (Un arrondi d'un nombre est une valeur approchée de ce nombre obtenue, à partir de son développement décimal, en réduisant le nombre de chiffres significatifs. Le...), la charte (couleur et police) a été modifiée.

En juin 2007, l'État français cède à nouveau 5 % de sa participation dans France Télécom. La participation publique (État Français et ERAP) est portée à 27 %. À cette même date, France Télécom revend Orange Pays Bas et acquiert le fournisseur d'accès espagnol Ya, ainsi que l'opérateur mobile autrichien One.

En mars 2008, les médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un grand nombre d'individus sans...) prêtent à France Télécom l'intention de racheter la société scandinave TeliaSonera (Telia Sonera est l'opérateur de téléphonie historique suédois. Il offre des services grand public tels que l'ADSL, la téléphonie mobile (GSM et 3G) et des services d'accès à...). Le nouvel ensemble deviendrait le premier opérateur européen. Cette opération sera abandonnée.

Entente anti-concurrentielle entre opérateurs mobiles

Le 1er décembre 2005, la société France Telecom / Orange France a été condamné par le Conseil de la Concurrence à une amende de 256 Millions d'Euros dans l'Affaire de l'entente entre trois opérateurs de téléphonie mobile en France.

Pratiques anti-concurrentielles dans les DOM

Le 28 juillet 2009 l'Autorité de la concurrence a sanctionné France Télécom / Orange à hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) de 27,6 millions d'euros pour avoir entravé abusivement le développement de nouveaux opérateurs concurrents dans les DOM (principalement à la Réunion). France Télécom / Orange a utilisé sa position dominante résultant notamment de son ancien monopole pour s'octroyer, de manière déloyale, des avantages sur ses concurrents. Les pratiques relevées par l'Autorité sont :

  1. un niveau excessif des tarifs ;
  2. du « winback » ;
  3. un ciseau (Une paire de ciseaux est un outil coupant.) tarifaire sur les offres internet haut débit ;
  4. le maintien de services de restriction d'appel incompatibles avec la présélection d'un opérateur alternatif.

Direction du groupe

directeurs généraux des Télécommunications :

  • 1941-1951 : Charles Lange
  • 1951-1957 : Jean Rouvière
  • 1957-1967 : Raymond Croze
  • 1967-1971 : Pierre Marzin
  • 1971-1974 : Louis-Joseph Libois
  • 1974-1981 : Gérard Théry (Gérard Théry (né le 25 février 1933) est un ingénieur français, polytechnicien et ingénieur général des télécommunications. Il a été directeur général des télécommunications de 1974 à 1981.)
  • 1981-1986 : Jacques Dondoux
  • 1986-1990 : Marcel Roulet

Après la réforme de 1990, présidents du groupe :

  • Avant septembre 1995 : Marcel Roulet
  • De septembre 1995 au 12 septembre 2002 : Michel Bon
  • Du 12 septembre 2002 au 27 février 2005 : Thierry Breton
  • Du 27 février 2005 au 1er mars 2010 : Didier Lombard
  • Du 1er mars 2010 jusqu'à aujourd'hui Stéphane Richard : Didier Lombard est Président non exécutif, et Stéphane Richard Directeur Général

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