Bulle Internet
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Introduction

La bulle Internet (dot-com bubble en anglais) ou bulle technologique est une bulle spéculative, qui a affecté les « valeurs technologiques », c'est-à-dire celles des secteurs liés à l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le...) et aux télécommunications (Les télécommunications sont aujourd’hui définies comme la transmission à distance d’information avec des moyens électroniques. Ce terme est plus...), sur les marchés d'actions à la fin des années 1990. Son apogée (Un apogée (du grec apogeios : loin de la terre ; apo : loin + gê : Terre), dans les domaines de l'astronomie et de l'astronautique, est le...) a eu lieu en mars 2000.

La bulle internet (La bulle Internet (dot-com bubble en anglais) ou bulle technologique est une bulle spéculative, qui a affecté les « valeurs technologiques », c'est-à-dire celles des secteurs liés à l'informatique et...) est liée à ce que l'on appelle l'immatériel dans l'économie moderne.

La période d'euphorie (1995-2000)

Les premiers symptômes de la bulle technologique apparaissent en 1995. La frénésie des investisseurs lors de l'introduction en bourse de Netscape fait monter le cours de l'action de la jeune société de 28 à 75 $ en un jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...). À la fin de sa première journée de cotation, la société atteint 2 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Pendant environ cinq ans, les gains promis par les sociétés du secteur des TIC aiguisent l'appétit (L'appétit est le désir de manger. L'appétit existe dans les formes de vies les plus évoluées pour réguler la quantité d'énergie à apporter pour les besoins du...) d'un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) croissant d'investisseurs, grands et petits, ce qui se traduit par des volumes importants d’émissions d’actions, d’emprunts et de crédits bancaires. Les valeurs boursières des entreprises du secteur augmentent sans lien avec leur chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.) d’affaires réel ou leurs bénéfices.

Indice IXIC du NASDAQ, 1994-2004

L'indice IXIC du marché électronique NASDAQ, qui était à 1 000 au début de 1995 a ainsi été multiplié par 5 en 5 ans et culminé à plus de 5 000. Plusieurs événements conjugués sont à l'origine de ce phénomène, notamment :

  • Un excédent mondial d'épargne financière, lié notamment à la préparation de leur retraite par les baby boomers ;
  • Une modification de la politique monétaire très accommodante aux États-Unis et au Japon. Le crédit, peu cher, est largement disponible, notamment grâce aux investisseurs en capital risque (venture capitalists);
  • Plusieurs changements de politique macro-économique amplifient l'effet :
    1. L'ouverture à la concurrence du marché des services de télécommunications dans la plupart des pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste...) de l'OCDE a eu pour incidence d'augmenter massivement les investissements des opérateurs et entraine de nombreuses fusions-acquisitions dans tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le secteur.
    2. Les investissements réalisés dans l'informatique pour adapter les systèmes à l'an 2000 gonflent les rendements des sociétés informatiques.
    3. Les pays européens investissent pour assurer la transition des monnaies nationales à l'euro
  • La popularisation du réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle...) Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie...) en 1994 fait croire à la veille d'une quatrième révolution industrielle et, partant, d'une période de croissance économique faramineuse.

Ouverture à la concurrence du marché des services de télécommunications

Durant la deuxième moitié des années 1990, la majorité des pays de l’OCDE ont adapté leur cadre réglementaire afin d'ouvrir plus largement leur marché des télécommunications à la concurrence. Les analystes s’accordent alors sur une prévision de croissance du marché des services de près de 10 % par an, ceci malgré la baisse du prix causée par l'arrivée des concurrents. Ce qui attise l’intérêt de beaucoup d'investisseurs.

L’accord sur la libéralisation des télécoms signé à Genève dans le cadre de l'OMC ouvre la voie à de nouvelles opportunités de développement. Les grands opérateurs historiques nationaux partent à la conquête de nouveaux marchés fixes et mobiles à l'international. À coups de milliards de dollars, ils prennent des participations dans des opérateurs historiques étrangers qui viennent d'être privatisés ou alors créent de nouveaux opérateurs concurrents de toute pièce ou en partenariat avec des groupes locaux (co-entreprise).

En quelques années, le secteur des services en télécommunications connait une effervescence extraordinaire. Il devient le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) de bataille de grands groupes européens, américains et asiatiques, avec tous les superlatifs : « méga-fusions » (exemple, OPA de BT sur MCI, Contre-OPA par le « petit » Worldcom), méga-croissance et méga-investissements.

Avec la mondialisation (Le terme « mondialisation » désigne l'expansion et l'harmonisation des liens d'interdépendance entre les nations, les activités...) de l'économie, les performances des grandes entreprises internationalisées dépendent de plus en plus de leurs réseaux de télécommunications. Ces grands comptes représentent des chiffres d'affaires importants et des marges élevées pour les opérateurs historiques nationaux, ce qui les conduit à vouloir proposer des services mondiaux « sans couture ». On assiste à une course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) aux « alliances globales », notamment :

  • Alliance entre le français France Telecom (En France, voir http://www.arcep.fr/index.php?id=interactivenumeros sur le site de l'ARCEP (http://www.arcep.fr).), l'allemand Deutsche Telekom (La Deutsche Telekom AG (DTAG) est la plus grande société allemande de télécommunications. Elle était précédemment une filiale du monopole d'État Deutsche Bundespost, qui fut divisé en trois parties et privatisé en 1996.) et l'américain Sprint (SPRINT est une méthode d'analyse de risque, créée en 1995 par Information Security Forum.) (projets « Phoenix », « Atlas » et « Global One »)
  • Alliance entre le britannique BT et l'américain MCI (« Concert »)
  • Alliance autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit...) de l'américain AT&T (« World Partners ») à laquelle se joignent des opérateurs de tous pays qui ont des liens avec une alliance européenne baptisée « Unisource ».

Ces alliances, complexes, pas toujours efficaces et parfois ingérables, seront le plus souvent un échec.

Partout dans le monde (Le mot monde peut désigner :), des cohortes de « nouveaux opérateurs » ont un accès facile à d’importantes liquidités et déploient de vastes infrastructures alternatives (Alternatives (titre original : Destiny Three Times) est un roman de Fritz Leiber publié en 1945.) à haut débit (Le terme de haut débit (ou large bande par traduction littérale de l'expression anglosaxonne broadband) fait référence à des capacités d'accès à internet supérieures à celle de l'accès analogique par modem (typique : 56 kb/s) et à...), notamment à base de fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) optiques (« autoroutes de l'information »). Les technologies de transmission de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) en mode paquet et optiques évoluent rapidement et permettent d'augmenter de manière spectaculaire (d'un facteur 100) la capacité des réseaux déjà en place. Les opérateurs justifient les milliards de dollars investis en agitant des prévisions montrant l'« explosion du trafic », conséquence de l'augmentation « exponentielle » du nombre et de la demande moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous...) des utilisateurs. Ce type d'annonce suscite beaucoup d'enthousiasme et de fascination dans la presse économique et financière.

En réalité, les revenus sur le segment longue distance n'évoluent pas comme cela est projeté, notamment parce qu'à l'autre bout de la chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :), il existe encore (à la fin des années 1990) un goulot d'étranglement sur la boucle locale (La boucle locale est la partie de la ligne téléphonique (paires de cuivre) allant du répartiteur de l'opérateur téléphonique jusqu'à la prise téléphonique de l'abonné. Physiquement, il s'agit de tous les câbles urbains que l'on peut voir...), partie des réseaux qui donne accès au client (Le mot client a plusieurs acceptations :) final. Il faudra attendre encore de nombreuses années pour assister au décollage (Le décollage est la phase transitoire pendant laquelle un aéronef passe de l'état statique - au sol - vers le vol.) du nombre d'accès haut débit (Un débit permet de mesurer le flux d'une quantité relative à une unité de temps au travers d'une surface quelconque.), de l'Internet mobile (L'Internet mobile est l'ensemble des technologies destinées à accéder à tout l’Internet au-delà des stations de travail fixes et de les rendre accessibles au moyen de...), des services avides en bande passante (La bande passante (angl. bandwidth) est un intervalle de fréquences pour lesquelles la réponse d'un appareil est supérieure à un minimum. Elle est généralement confondue avec la largeur de bande passante qui mesure cet...) et, surtout, des services générant des recettes. Les réseaux sont bien souvent déployés sur les mêmes routes reliant les mêmes grandes métropoles, et il n'y a pas de marchés réels suffisants permettant de justifier les sommes colossales investies. En d'autres termes, de nombreux concurrents sont redondants.

En Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du...), les opérateurs mobiles s'endettent très lourdement en achetant au prix fort les « licences des réseaux de troisième génération UMTS ». Les États les allouent en utilisant la méthode des enchères. Des recettes considérables sont prélevées sur les opérateurs à cette occasion. Au Royaume-Uni, les cinq licences attribuées à Vodafone, BT, One 2 One, Orange et TIW le 28 avril 2000 leur coûtent la somme de 22,47 milliards de livres (38,4 milliards d'euros). Selon l'OCDE, près de 120 milliards d’euros sont au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total n'est...) prélevés par les États membres.

Un opérateur (Le mot opérateur est employé dans les domaines :) historique national comme France Télécom (France Télécom est la principale entreprise française de télécommunications et la 71e entreprise mondiale. Elle emploie près de 181 000 personnes, dont environ 80 000...) dépense en 1999 et en 2000 au total près de 80 milliards d’euros en acquisitions de sociétés et droits de licences.

Redéploiement stratégique pour les équipementiers en télécommunications

En 1995, un cycle d'investissements massifs dans les réseaux d'opérateurs commence, ce qui fait le bonheur des équipementiers.

La croissance rapide de l’Internet fait qu'une part non négligeable des achats des opérateurs se font dans l'optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) et l'IP, ce qui pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) les équipementiers à étendre leurs activités au-delà de leurs métiers traditionnels respectifs via des fusions/acquisitions. De Lucent à Nortel (Nortel TSX : NT NYSE Euronext : NT (aussi appelée The Northern Electric and Manufacturing Company, Northern Electric, Northern Telecom et Nortel Networks dans le passé) est une société canadienne spécialisée dans...), en passant par Alcatel (Alcatel est un ancien équipementier en télécommunications (c'est-à-dire qu'il conçoit et fabrique des équipements de télécommunications.) qui a fusionné avec Lucent Technologies pour...) ou Cisco, les grandes multinationales des télécoms se livrent une guerre sans merci à coups de milliards de dollars pour prendre le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de jeunes sociétés ayant les savoir-faire technologiques requis. Elles achètent souvent trop cher et, parfois, sans réelle stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :), simplement pour imiter les concurrents. Le prix des acquisitions flambe.

  • Ascend Communications rachète Cascade Communications pour 20 milliards de francs en 1997, Stratus pour 5 milliards de Francs en 1998.
  • Lucent achète Ascend Communications en 1999 pour la somme record de 20 milliards de dollars, Kenan Systems pour 1,48 milliard (Un milliard (1 000 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999 999) et précède un...) de dollars et au total près d'une trentaine de sociétés.
  • Alcatel achète DSC pour 26 milliards de francs et Packet Engines pour 315 millions de dollars en 1998, puis Xylan pour 2 milliards de dollars et Assured Access Technology pour 350 millions de dollars l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) suivante, et enfin en 2000, il achète l'un des derniers grands indépendants du secteur, Newbridge, pour 7 milliards de dollars.
  • Cisco Systems (Cisco Systems, Inc. est une entreprise informatique américaine qui vendait, à l’origine, uniquement du matériel réseau (routeur et commutateur...), historiquement un spécialiste des réseaux de données pour entreprises, doit rattraper son retard dans certaines technologies maîtrisées par les équipementiers traditionnels (Alcatel, Lucent et Nortel). Au total, elle achètera près d’une quarantaine (La quarantaine (venant de l'italien : quaranta giorni, qui signifie 40 jours, ou bien du français : quarantaine de jours) est le fait de mettre à l'écart des personnes ou des animaux durant une certaine...) de sociétés pour 20 milliards de dollars dans la téléphonie (La téléphonie est un système de télécommunication qui a pour but la transmission de son et en particulier la transmission de la parole.) (Fibex, Sentient Network, GeoTel Communications Corp., Transmedia, Calista, MaxComm Technologies, Webline, Worldwide Data Systems, InfoGear, Komodo Technology, Vovida Networks, Active Voice Corporation,…) et surtout dans le transport (Le transport, du latin trans, au-delà, et portare, porter, est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre.) optique qui est nécessaire sur le marché opérateurs (StratumOne, Monterey Networks, Cerent pour 6.9 milliards, Pirelli Optical Systems, Qeyton Systems…).

Les conséquences de ces investissements deviennent visibles à partir de mars 2000, lorsque le marché des capitaux s'assèche.

Le phénomène des startup, des stock-options et des IPO

Le redéploiement stratégique des grands groupes de télécommunications fait que, durant cette période, les jeunes sociétés (les startup) poussent comme des champignons dans certaines technopoles comme la Silicon Valley ou Research Triangle (En géométrie euclidienne, un triangle est une figure plane, formée par trois points et par les trois segments qui les relient. La dénomination de...) Park aux États-Unis, Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et...) (création vidéo) ou Ottawa (plus de 1 000 entreprises dans les télécoms et l'optique) au Canada.

Plusieurs rêvent que quelques startup reproduiront le succès légendaire des sociétés Apple (Apple, Inc. (Apple Computer, Inc. jusqu'en janvier 2007 ; apple signifie « pomme » en anglais) (NASDAQ : AAPL) est une société multinationale dont l'activité principale était de fabriquer et de vendre...) et Microsoft (Microsoft Corporation (NASDAQ : MSFT) est une multinationale américaine de solutions informatiques, fondée par Bill Gates et Paul Allen, dont le revenu annuel a atteint 44,28 milliards de dollars...) dans les années 1970.

Le lancement d'une entreprise ne nécessite quasiment aucun apport en capital. Des moyens financiers très importants sont mis à la disposition des créateurs. Le concept d'événement First Tuesday, symbolique de cette époque, apparait en Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la...) à partir de 1998 et se développe dans plusieurs autres pays. Tous les premiers mardis du mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), une grande « messe » réunit plusieurs centaines de porteurs de projets et d'investisseurs. On rapporte des scènes surréalistes où des créateurs d'entreprise se voient proposer des sommes quatre fois supérieures à ce qu'ils recherchent par des investisseurs surpris par la modestie de leur demande et qui insistent.

Les stock-options jouent un rôle central dans la surenchère. Réservées jusque-là aux cadres dirigeants les plus importants dans les grands groupes traditionnels, elles tendent à se généraliser. Elles motivent les dirigeants, les chercheurs, les ingénieurs et les étudiants des universités à créer leur propre entreprise ou à l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un...) à les empêcher d'aller travailler dans une startup concurrente.

Le rêve dominant est de reproduire le succès réel ou supposé de tel créateur d'entreprise, tel ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la réalisation et à la mise...), telle assistante, tous plus astucieux les uns que les autres, devenus millionnaires en dollars, qui ont cessé de travailler ou passent leur temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) à créer de nouvelles startups. Des nouveaux riches apparaissent, ce qui conduit de manière localisée à une augmentation du prix des biens immobiliers et, d'une manière générale, du coût de la vie (La vie est le nom donné :).

Mais la fortune n'est pas toujours au rendez-vous. Dans bien des cas, les stock-options sont uniquement un moyen de faire travailler les collaborateurs avec des salaires sacrifiés (réduits parfois de moitié ou pire encore) en les motivant avec l'espoir qu'ils feront fortune avec leurs stock-options, le jour de l'introduction en bourse ou de la vente de la société à une entreprise rivale plus importante.

L'effet « nouvelle économie » déborde sur tous les secteurs

Les titres que les investisseurs estiment concernés par la révolution des TIC progressent plus rapidement en bourse. Au sein des conseils d'administration des grandes entreprises de tous les secteurs, pas seulement celles de la nouvelle économie, l'inquiétude est grande. Les discussions tournent souvent autour du même buzzword : « développer une stratégie Internet ». Pour « changer de dimension » et paraître plus séduisantes, des sociétés de « l'ancienne économie » ajoutent à leurs métiers traditionnels des activités dans les média (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un grand nombre d'individus sans...), l'Internet ou les télécommunications. Certaines ont la certitude que « tout est désormais possible » et vont carrément déraper.

Par exemple, la Compagnie générale des eaux (CGE) était à l'origine une respectable entreprise française de plus de 150 ans spécialisée dans les services aux collectivités (ramassage des déchets, alimentation en eaux, transports, ...). Elle opère dans un secteur refuge basé sur des contrats à long terme quasi-monopolistiques, mais qui ne progresse guère plus de 4 ou 5% par an. La société s'est lancée dans une stratégie de croissance à l'international et a saisi l'opportunité de l'ouverture à la concurrence dans le téléphone mobile (Un téléphone mobile, également nommé téléphone portable (ou simplement mobile et portable), téléphone cellulaire (en Amérique du Nord), natel (en...) avec SFR en 1987 puis dans le téléphone (Le téléphone est un système de communication, initialement conçu pour transmettre la voix humaine.) fixe avec Cegetel en 1996. Le système s'emballe à partir de 1998 lorsque re-baptisée Vivendi, la société mène une croissance via des acquisitions tous azimuts au prix fort : absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise par une autre entité, par exemple, un atome qui fait une transition entre deux niveaux d'énergie électronique. Le photon est détruit...) du groupe d'édition multimédia (Le mot multimédia est apparu vers la fin des années 1980, lorsque les CD-ROM se sont développés. Il désignait alors les applications qui, grâce à la mémoire du CD...) publicité (Bien que le terme (Werbung en allemand, Publicity et Advertising en anglais) désignât d'abord le mot qui aux yeux d'Habermas qualifie la Modernité et la...) Havas, diversification dans l'audiovisuel avec la chaîne de télévision (La télévision est la transmission, par câble ou par ondes radioélectriques, d'images ou de scènes animées et généralement sonorisées qui sont reproduites sur un poste récepteur appelé téléviseur (ou,...) à péage (Le péage est un droit que l'on doit acquitter pour franchir un passage ou emprunter un ouvrage d'art. Il peut s'appliquer aux personnes, aux véhicules, ou aux marchandises...) Canal+, entrée dans le capital des studios de cinéma (On nomme cinéma une projection visuelle en mouvement, le plus souvent sonorisée. Le terme désigne indifféremment aujourd'hui une salle de projection ou l'art en...) Pathé, acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) des producteurs d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) américains Boston Edison et GPU, achat du leader américain de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) USFilter (la plus importante acquisition française jamais réalisée aux États-Unis) et en juin 2000 fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une substance constituée...) à 40 milliards de dollars avec le géant canadien Seagram (propriétaire de la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) de disques Polygram et du studio Universal Pictures). Toutes les craintes et les mises en garde (risques de trop grande dispersion (La dispersion, en mécanique ondulatoire, est le phénomène affectant une onde dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences constituant l'onde ne se propagent pas...), alourdissement de la dette du groupe, ambitions surdimensionnées, ...) sont ignorées puisque la carrière brillante du titre en Bourse permet la « poursuite d'une stratégie offensive ».

Transition à l'euro, passage à l'an 2000

Cette période correspond aussi pour 11 pays en Europe, ainsi que pour leurs partenaires commerciaux, à la transition des monnaies nationales à l'euro qui s’est échelonnée sur un peu plus de trois ans, de 1999 à début 2002. En 1999, on observe une hausse des investissements dans les entreprises qui doivent adapter leurs systèmes d'information afin de pouvoir continuer à assurer leurs échanges sur les places de marché et tenir leur comptabilité.

De nouveaux investissements sont nécessaires pour revoir le code informatique afin de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) l'an 2000.

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