Étymologie de Grand-Lieu
Grand-lieu veut tout simplement dire "grand lac", d'ailleurs on ne dit pas localement : « Je vais au lac de Grand-Lieu », mais « Je vais à Grand-Lieu ».
La toponymie du lac de Grand-Lieu a été étudiée par Michel Kervarec, historien de Rezé, et il donne des éléments essentiels dans l'ouvrage collectif Chemins d'historiens. Mélanges pour Robert Durand (Editions Apogée, Rennes, 1999). Selon lui, le mot lieu ici utilisé dérive d'un mot gaulois équivalant au loc'h breton et qui donne lai dans certaines régions de France et leu dans l'ouest. Alors qu'en latin, les rédacteurs des XI°-XIII° siècles notent soit lacus (lac) soit locus (lieu), la première mention en français du lac est lac de Grand Leu (XIII siècle). On est donc bien dans le sens lac.
Étymologie de Boulogne, Logne, Ognon
Les mentions latines de la Boulogne vont du VII au XII siècle : Vedonia, Bidonia, Bolonia. Michel Kervarec estime que l'on a affaire à une composition du mot gaulois onna (rivière) devenu onia et de ved (gué).
Dans le cas de la Logne, le mot onia donne Ogne, qui subit le phénomène de l'agglutination de l'article : l'Ogne > la Logne. L'Ognon est un dérivé de Ogne ; ici, l'agglutination que l'on peut rencontrer dans des textes anciens n'a pas été retenue.
Étymologie et localisation de l'Herbauges
Michel Kervarec évoque un autre toponyme relié au précédent : Herbonne, nom d'une île, cité dans un texte du XVII siècle sous la forme Derbonne. Il l'interprète comme un composé *Arb-onna (la rivière de Arb) et estime que ce *Arb est aussi présent dans Herbauges, qui désigne à la fois un territoire du sud de la Loire et son chef-lieu de localisation incertaine.
La plus ancienne mention de Herbauges (territoire) se trouve dans Grégoire de Tours : Vicus est in Erbatilico, nomine Becciacum, .... (Il y a un village en Herbauge, du nom de Bessay...). Bessay se trouvant sur la rive sud du Lay, cela permet de situer la limite sud de l'Herbauge à la vallée (entière) du Lay, ce que confirme la présence du lieu dit Ingrandes (commune de La Réorthe).
Michel Kervarec analyse Erbatilicum comme dérivant de *Arb-basilica (la basilique de Arb). Considérant que des fouilles sous l'abbatiale de Saint-Philbert ont révélé une bâtisse du II siècle comportant une basilique, il estime que la ville d'Herbauges correspond à Saint-Philbert, ou plutôt à Deas, nom de l'endroit avant l'arrivée des moines de Noirmoutier au IX siècle. Le nom Deas conserve la trace d'un ancien culte païen, à une divinité féminine, qui aurait localement le surnom de Arb, probablement personnification du lac. Cette divinité gauloise serait Belisama assimilée par les Romains à Minerve.
Autres toponymes intéressants
Une presqu'île située sur la commune de Saint-Aignan, correspondant au bois de Saint-Aignan, portait aussi le nom attesté antérieurement de presqu'île du Dun (dunum = forteresse). Un auteur du XVIII siècle y signale la présence de vestiges d'un fort important.