Akira Miyawaki - Définition

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Critique

Une des rares critiques portées à la méthode Miyawaki (par ex lors du colloque de 1994 sur la Biodiversité à l’Unesco à Paris) est l’aspect visuel un peu monotone dû au caractère équienne (même classe d’âge) de sa première génération d’arbres. Cette critique est généralement émise au vu des photographies prises après 10 ou 20 ans. Mais Miyawaki a été parmi les premiers à insister sur l’importance de ne pas planter les arbres en ligne ni à distances égales (Il fait souvent disposer les arbres à planter par le public ou par de jeunes enfants pour favoriser ce caractère aléatoire). Il veut au contraire imiter la complexité et le caractère semi-aléatoire de la communauté végétale de l'habitat indigène. Il veut qu'il y ait une forte concurrence entre les plants, une sélection naturelle et des associations végétales. Il estime que les arbres plus rapidement mature, ou des arbres cassés ou mangés par des herbivores produiront rapidement des plants et rejets générant une strate basse et intermédiaire.

Une autre critique est le coût élevé de la première phase (pépinière, préparation du sol, plantations très denses), mais les taux d'enforestation sont exceptionnellement bons là où les méthodes habituelles échouent. Et ses boisements semblent ensuite nécessiter beaucoup moins d'entretien et d'attention. Certains ont perdu la plupart de leurs feuilles au passage de cyclones, mais ils ont résisté et ont contribué à protéger les bâtiments devant lesquels ils avaient été plantés.

Résultats

Selon la théorie classique de la succession initiée par Clements aux USA, il faut 150 à 200 ans pour qu’une jeune forêt indigène avec une communauté multistrate se restaure d’elle-même sur un sol nu au Japon, et il faut de 300 à 500 ans voire plus en zone tropicale du Sud-Est asiatique. Miyawaki cherche à accélérer le processus de cicatrisation écologique en imitant le plus possible la composition normale de la forêt primaire dans chaque contexte. Il estime pouvoir obtenir en zone tempérée une forêt restaurée, dont le faciès et la structure (si ce n’est la diversité génétique, l’humus, ou la part du stade sénescent et de bois mort) ressemblant fortement à la forêt indigène en 20 à 30 ans.

Cette méthode a été présentée comme exemplaire dans un rapport de 1992 préparant le Sommet de la Terre 1992, puis en 1994 dans le colloque « Biodiversité » de l’Unesco à Paris.

La méthode a été présentée en 1991 au Colloque de l'Université de Bonn, « restauration des écosystèmes forestiers tropicaux », puis aux congrès de l’International Association for Ecology, de l’International Society for Vegetation Science, et de l’International Botanical Congress, y compris sur de nouveaux aspects incluant les liens entre croissance, habitat naturel et fixation estimée du carbone.

Curieusement, malgré plus de 1000 expériences réussies et parfois spectaculaires, le monde occidental de la sylviculture ou des paysagistes n’a que rarement tenté d’appliquer ou même tester la « méthode Miyawaki ».

A. Miyawaki a largement testé sa méthode ; sur des sites déforestés de zone tropicale sèche en Thaïlande, aux forêts tropicales alluviales d’Amazonie brésilienne, ou encore sur une ancienne zone de forêt de Nothofagus à Concepción (Chili). Dans tous les cas, il a réussi à rapidement restaurer un couvert végétal dense rappelant celui de la forêt indigène.

A partir de 1998, le Dr. Miyawaki a piloté un grand projet de reconstitution de la chênaie dominée par le chêne de Mongolie (Quercus mongolica), le long de la grande muraille de Chine, visant à rassembler 4 000 personnes pour planter 400 000 arbres, avec le soutien de la fondation Aeon Environment et de la ville de Pékin.

Les premiers arbres plantés par des groupes de Chinois et Japonais sur des zones d’où la forêt a depuis longtemps disparu dépassaient 3 m de hauteur en 2004 et - sauf pour une partie - ont continué à bien se développer jusqu'en 2007.

Le Dr. Miyawaki contribue aussi aux efforts du Gouvernement et de citoyens chinois de reboisements massifs en Chine, mais non plus en cherchant à planter des essences commerciales dans un but uniquement technique, lucratif ou de verdissement, mais pour reconstituer la végétation potentielle naturelle, notamment à Pudon (district littoral ouest dans la zone économique spéciale de Shanghai), ainsi qu’à Tsingtao (Qingdao), Ningbo, et Ma'anshan.

Miyawaki a pour ses activités été honoré d'une dizaine de prix, dont le prix 2006 « [ Blue Planet » pour son implication en matière de protection de la Nature.

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