Introduction
La fermentation alcoolique est le résultat d'une chaine métabolique qui transforme des sucres fermentescibles par des levures en alcool et en dioxyde de carbone, avec dégagement de chaleur :
C6H12O6 → 2 C2H5OH + 2 CO2 + 25.4 calories sous forme d'ATP. Le bilan de cette transformation est énergétiquement favorable (production d'ATP) : le processus est exergonique.
Il existe un grand nombre d'espèces de levures utilisées pour la fermentation. La plus connue est la levure de bière. On peut utiliser aussi des moisissures.
Produits obtenus
On obtient de l'alcool éthylique (éthanol), valorisable comme carburant de substitution ou comme produit de base pour l'industrie chimique et de résidu solide. Ce dernier contient les déchets végétaux partiellement ou non hydrolysés et les levures. Il a donc une teneur accrue en protéines et peut être utilisé pour l'alimentation animale.
L'intérêt par rapport à la production classique d'éthanol (CH + HO ⇒ CHOH) est qu'on utilise de la biomasse au lieu d'utiliser du pétrole, et que la dépense énergétique pour produire de l'éthanol par voie biologique est de 0.5 J par joule obtenu sous forme d'éthanol, alors qu'elle est de 2 J/J par la voie classique.
Des produits secondaires sont formés : les plus importants sont le glycérol, l'acide succinique, l'acide acétique et l'alcool amylique.
Conditions de fermentation
La fermentation alcoolique ne peut se produire que sous certaines conditions :
- Température :
- trop froid (10 °C), le processus est très ralenti voire incomplet
- trop chaud (au-delà de 45 à 50 °C), les levures meurent, le milieu devient inapte à leur survie. La formation d'alcool pendant la fermentation limite encore plus fortement la capacité de résistance à la température de Saccharomyces cerevisiae. On considère, en vinification, que 30°C - 32°C est un niveau maximum au delà duquel le risque d'arrêt de fermentation est très élevé. De plus en plus de vinificateurs travaillent d'ailleurs, en rouge, à des températures proches de 25°C grâce à la maîtrise permise par l'installation d'échangeurs thermiques immergés (appelés couramment "drapeaux") dans les cuves de vinification
- Oxygène : Bien que la fermentation soit un phénomène anaérobie, les levures ont besoin d'oxygène pour se multiplier et synthétiser des stérols qui permettent une meilleure résistance à l'éthanol (et donc une survie améliorée).
- Azote assimilable : Il provient des raisins ou de leur moût mis à fermenter. Il est nécessaire pour assurer la production de protéines donc la multiplication des levures. Dans les zones les plus méridionales, il est souvent en quantité insuffisante par rapport aux besoins de la population de levures : la carence absolue est fixée autour de 150 mg / L (pour fermenter 200 g de sucres / L) avec des besoins qui croissent en fonction de la quantité de sucres à fermenter. Une carence peut conduire à plusieurs résultats souvent négatifs pour la qualité des vins obtenus : production de composés soufrés malodorants (odeurs soufrées, "de réduit", de chou...), ralentissement des fins de fermentation ou arrêt de fermentation avec présence de sucres résiduels. Ces 2 dernières situations induisent une élévation des risques de multiplication d'espèces indésirées à ce stade de la vinification : bactéries lactiques, bactéries acétiques, levures contaminantes (Brettanomyces bruxellensis principalement).
- Alcool : C'est un antiseptique, même pour les microorganismes qui l'ont produit. Passée une certaine concentration (de 14 à 16 °), il agit comme un poison pour les levures [ref.nécessaire]. Les boissons de plus haut degré alcoolique sont produites par distillation.