Hôpital de la Charité de Séville

Hôpital de la Charité de Séville - Définition et Explications

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Introduction

Hôpital de la Charité de Séville
Vue générale de l'édifice

Nom local Hospital de la Caridad de Sevilla
Latitude
Longitude (La longitude est une valeur angulaire, expression du positionnement est-ouest d'un point sur Terre...)
Pays Espagne Espagne
Région Andalousie Andalousie
Département Séville Séville
Ville Séville
Culte Catholique romain
Type Hospice religieux
Rattaché à Confrérie de la Sainte Charité
Début de la construction 1645
Fin des travaux 1682
Style(s) dominant(s) Baroque sévillan
Protection Monument historique (Différents pays ont choisi de classer leurs monuments historiques selon différentes appellations.)

L’hôpital de la Sainte Charité (Hospital de la Santa Caridad, en espagnol) est un monument historique de la ville espagnole de Séville, en Andalousie, et le nom de l'institution hospitalière qui y est installée. Bâti au XVIIe siècle, il est le siège de la confrérie de la Sainte Charité, fondation religieuse caritative née à la fin du Moyen Âge, qui œuvre encore en ces lieux en faveur des personnes en fin de vie (La vie est le nom donné :) les plus démunies.

L'hôpital est célèbre pour son église (L'église peut être :), qui constitue un des chefs-d'œuvre de l'architecture baroque (L’architecture baroque apparaît au début du XVIIe siècle en Italie et se...) sévillane, ainsi que pour les nombreuses œuvres d'art qu'elle abrite. Des artistes de l'étoffe de Pedro Roldán, Murillo et Valdés Leal y ont laissé des réalisations majeures, faisant de ce lieu un véritable musée d'art baroque. Au vu de ses qualités esthétiques et de sa valeur historique, l'église de l'hôpital a été classée Monument historique par le ministère espagnol de la Culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses...) en 1992.

Historique

À l’origine, une confrérie

À l'origine de l'Hôpital de la Charité se trouve la Confrérie de la Sainte Charité (Hermandad y cofradía de la Santa Caridad), fondée au milieu du XVe siècle à Séville, à des fins humanitaires. Cette confrérie a pour principale fonction de recueillir les cadavres des personnes noyées dans le Guadalquivir (souvent des marins appartenant aux navires amarrés dans le port de la ville), et d'enterrer les condamnés à mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si...) ainsi que les indigents décédés dans les rues de la ville.

Pour procéder aux inhumations, le prébendier de la cathédrale (Une cathédrale est, à l'origine, une église chrétienne où se trouve le...) de Séville, Pedro Martínez, dit de la Caridad, installe une petite chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice...) dans le cimetière de San Miguel, au centre de la ville. De par son rôle, l'édifice prend le nom de Chapelle des noyés (Capilla de los ahogados).

Les années passant, l’activité portuaire de Séville ne cesse de croître, entraînant consécutivement une hausse du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) de personnes noyées dans le fleuve (En hydrographie francophone, un fleuve est un cours d'eau qui se jette dans la mer ou dans...). Au début du XVIe siècle, la confrérie entreprend alors de quitter la chapelle de San Miguel pour un emplacement plus proche du fleuve. Le lieu choisi est la chapelle Saint-Georges (Capilla de San Jorge), placée au sein des anciens arsenaux bâtis à l'époque d'Alphonse X de Castille, et situés au cœur du quartier populaire de l'Arenal, en bordure du fleuve.

Considérant que le vieil édifice est devenu trop exigu et qu’il se trouve dans un état de délabrement avancé (en raison notamment des crues du Guadalquivir, qui l’affectent), la confrérie décide en 1640 de procéder à la construction d’une nouvelle église, plus spacieuse. Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) se concrétise quelques années plus tard, avec le lancement de la construction en 1645.

L'expansion : Miguel de Mañara

Statue de Miguel de Mañara, dans les jardins de l’Hôpital de la Charité de Séville

L’homme qui va donner sa grande impulsion à la confrérie, et en accroître considérablement le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) d’action est Miguel de Mañara. Descendant d’une riche famille italienne (Italienne est le nom communément utilisé pour le cordage servant a manœuvrer un enrouleur....) établie à Séville, fait chevalier de l’Ordre de Calatrava à huit ans, il se distingue par sa piété et l’énergie qu’il met au service des œuvres caritatives. Son investissement dans la confrérie de la Charité permet non seulement d’accélérer et d’achever les travaux, mais également de multiplier les œuvres caritatives de la communauté.

Miguel de Mañara intègre la confrérie de la Sainte Charité en 1662, suite à sa rencontre, sur les berges du Guadalquivir, avec Diego de Mirafuentes, frère majeur, qui devient son mentor. Chargé dans un premier temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) des enterrements et des aumônes, il réalise les terribles conditions de vie des mendiants sévillans. Cette confrontation avec la réalité de la mort l’amène à plaider pour l’élargissement des activités de la confrérie, lorsqu’il reçoit sa charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement...) de frère en décembre 1662.

Il propose au chapitre de fonder un hôpital pour les pauvres. La proposition est bien accueillie mais se heurte aux ressources limitées de la confrérie. En février 1664, deux mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) après son élection comme frère majeur, il parvient à faire accepter l’idée d’un hospice de nuit. Mañara loue une dépendance des anciens arsenaux royaux, où est installée une grande cheminée (Une cheminée (lat. caminus) est un conduit vertical aménagé dans un bâtiment,...), ainsi que des lits. Y sont accueillis nuitamment quelques sans-logis, du 14 septembre au 23 avril. Cet hospice fonctionne jusqu’en 1672, date à laquelle est prise la décision de fonder un hôpital. Aux travaux de construction de l’église, commencés en 1645, s’ajoute donc l’édification des bâtiments de l’hospice.

L’hôpital accueille dès lors les malades les plus déshérités de Séville, vieillards ou souffrant d’affections incurables telles que la lèpre (La lèpre (ou maladie de Hansen) est une maladie infectieuse chronique due à Mycobacterium...) ou la tuberculose (La tuberculose est une maladie infectieuse transmissible et non immunisante, avec des signes...), et rejetés par les autres établissements hospitaliers. Ceux qui peuvent être guéris sont amenés en chaise à porteur dans les autres hôpitaux de la ville pour y être soignés.

Miguel de Mañara assume les fonctions de frère majeur de 1663 jusqu’à sa mort en 1679. Ayant renoncé à une partie de ses charges en 1666, il continue à veiller sur la confrérie et l’hôpital, qu’il contribue à financer sur sa propre fortune. Tenté à plusieurs reprises d’abandonner sa place de frère majeur, pour satisfaire son vœu d’humilité, il en est à chaque fois dissuadé par les membres de l’ordre.

Sous sa direction, les œuvres de la confrérie s’élargissent considérablement. À sa mort, en 1679, la confrérie ne se contente plus d’inhumer les pauvres et de transporter les malades dans les hôpitaux, elle les accueille et les soigne, subvient aux besoins des nécessiteux lors des crues du Guadalquivir, donne l’aumône aux couvents, aux hospices, aux enfants abandonnés, aux prisonniers, distribue pain, argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du...) et vêtements aux plus démunis. Miguel de Mañara fait de la Charité l’institution de bienfaisance la plus importante de la Séville d’alors. L’implication de la confrérie devient si prégnante que son histoire et celle des plus déshérités des sévillans sont intimement liées. Par ailleurs, la règle, qu’il a réécrite, ainsi que son Discours de la Vérité servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) de modèle à de nombreuses communautés qui surgissent à l’époque en Andalousie.

La construction

L'église

L'église est le premier édifice de l’ensemble actuel à avoir été bâti. Quand débutent les travaux en 1645, la confrérie ne s'est en effet pas encore tournée vers l’accueil des malades. Cette orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil...) viendra avec l’arrivée de Miguel de Mañara en 1662. Seule est donc prévue la construction d'une église destinée à se substituer à la chapelle de Saint-Georges.

Les plans sont confiés à Pedro Sánchez Falconete, architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger...) en chef de la ville et de l’archevêché. Il dessine une église à nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui...) unique, couverte d’une voûte (Une voûte (ou voute) est un élément architectural de couvrement intérieur d'un...) en berceau stuquée. Pour des raisons budgétaires, les travaux sont lents, et sont interrompus par plusieurs périodes d’inactivité. Le gros œuvre est achevé vers 1670, soit vingt-cinq ans après le début des travaux.

Si l’intérieur est bâti en respectant le projet de Sánchez Falconete, la façade subit vers 1682 quelques modifications, apportées par Leonardo de Figueroa, qui supprime le clocher (Un clocher est un élément architectural d'une église, généralement en...) à jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) initial, pour le remplacer par une corniche (Une corniche est un couronnement continu en saillie d'un élément, d'un meuble (armoire...) couronnant la façade. Pour abriter les cloches prévues pour le clocher, on bâtit en 1721 une tour en retrait de la façade.

Une fois le gros œuvre achevé en 1670, commencent les travaux de décoration intérieure, qui font intervenir les meilleurs peintres et sculpteurs de Séville. Le retable (Le retable est une construction verticale qui porte des décors sculptés ou peints en arrière de...) est dessiné par Bernardo Simón de Pineda, ses sculptures réalisées par Pedro Roldán, tandis que les peintures sont confiées à Murillo et Valdés Leal. En 1674, année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...) de l’inauguration de l’église, seuls restent quelques éléments épars à terminer.

L’hôpital

Une fois la décision prise, en 1672, de transformer le modeste hospice en hôpital, la confrérie sollicite de la part de la Couronne la concession de quelques nefs des arsenaux, mitoyens de l’église. Ces arsenaux occupent une grande part du quartier, et sont constitués de nefs hypostyles séparées par des rangées d’arcs en ogive. Les architectes se chargent de boucher ces arcs, et d’aménager plusieurs salles destinées à accueillir les malades, en adaptant les locaux d’origine aux canons architecturaux de l’époque.

La première salle d’accueil des malades, la salle du Christ, est achevée en 1674. Elle s’avère vite être trop exiguë pour accueillir les malades. En 1675, Miguel de Mañara décide donc de créer une nouvelle salle, parallèle à celle du Christ. Les travaux commencent en 1676 sous la direction de l’architecte Francisco Rodríguez de Escalona, et s’achèvent un an plus tard. Décorée d’une statue de la Vierge Marie exécutée par Valdés Leal en 1677, la salle prend le nom de Salle de la Vierge du Rosaire. En 1678, une troisième salle, la Salle de saint Antoine, est envisagée pour compléter la structure de l’hôpital. Elle est achevée en 1682. En 1856, l’architecte Francisco Cansino édifie la Salle de saint Joseph, quatrième de l’hôpital, complétée plus tard par des salles plus modernes destinées à faire face aux nouveaux besoins de l’institution.

La Charité aujourd’hui

Les trois cents ans d’histoire de l’institution au service des sévillans les plus démunis sont marqués par la fidélité aux préceptes de Miguel de Mañara. L’accueil des mendiants et sans-logis a été abandonné il y a quelques années, mais la mission d’assistance aux plus démunis perdure.

Au cours des dernières décennies, les installations de l’institution se sont avérées être dépassées. Les salles les plus anciennes ont perdu leur fonction d’origine et, parfaitement conservées, servent aujourd’hui de salle de repos, de salle à manger, ou encore de salle d’expositions. La promiscuité qu’elles offraient était contraire au besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est...) d’intimité des résidents. Au-dessus de ces salles primitives ont été aménagées des chambres individuelles.

L’ancien hôpital accueille aujourd’hui plus de quatre-vingt résidents, dont l’admission est prononcée après étude d’un barème prenant en compte l’état de dénuement et de solitude. Ces patients sont assistés médicalement, et sont pris en charge intégralement. Par ailleurs, la confrérie a fait bâtir il y a quelques années une résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la...) pour déficients psychiques à Montequinto (Dos Hermanas).

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