Intelligence animale - Définition

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Introduction


Une comparaison du cerveau de différents mammifères.

L'intelligence des animaux est un sujet qui a donné lieu à de nombreux travaux dont les résultats offrent non seulement une meilleure compréhension du monde animal mais aussi, par extension, des pistes pour l’étude de l’intelligence humaine. Des expériences scientifiques ont par exemple révélé que les bébés humains se trouvent sur un pied d’égalité avec les animaux lorsqu’il s’agit d’arithmétique simple : une découverte étonnante qui met en évidence l’intérêt de la recherche sur l’intelligence animale.

Différents groupes d'espèces se démarquent par leurs aptitudes intellectuelles lors des recherches sur l'éthologie cognitive. Les grands singes, les dauphins et les éléphants, qui peuvent se reconnaître dans un miroir, les chimpanzés et les corvidés (pies, corbeaux) qui fabriquent des outils, les perroquets qui peuvent tenir une conversation structurée, comprendre la notion de zéro et communiquer avec plus de 800 mots, les éléphants qui ont un comportement singulier face à leurs morts et les cétacés au langage complexe ne sont que des exemples d'intelligences manifestés. D'autres animaux tels les rats, les cochons et les pieuvres ont intéressé les chercheurs par leur capacité de raisonnement.

Certains animaux à l’organisation sociale particulière, dits animaux eusociaux, ont une intelligence individuelle limitée mais forment cependant des communautés sociales capables d'adaptation intelligente lorsqu'ils sont en groupe : on parle alors d'Intelligence collective, comme c'est le cas chez les insectes sociaux.

Définition

Il existe une distinction entre « l’intelligence », concept abstrait, et le « comportement intelligent », phénomène observable et mesurable. L'intelligence n'est pas une propriété biologique comme la taille du cerveau, mais une abstraction fondée sur des jugements de valeur au sujet du comportement d'un organisme. Les résultats plus ou moins élevés à des expérimentations déterminent en quelque sorte le « degré » d’intelligence. Si l'observateur estime qu'une espèce possède une quantité suffisante des caractéristiques comportementales qui caractérisent selon lui l'intelligence, il classera cette espèce comme plutôt intelligente.

Une grande partie de ce qui a été considéré jusqu’à maintenant comme relevant du domaine de l’intelligence animale est dorénavant placé sous la dénomination de « cognition animale ». Aussi appelée éthologie cognitive, cette discipline correspond à l’étude moderne des capacités mentales des animaux non humains. Elle a été développée à partir de la psychologie comparative, également connue sous le nom de psychologie différentielle, et a été fortement influencée par les approches de l’éthologie, de l’écologie béhavioriste et de la psychologie évolutionniste.

L'un des intérêts de l'étude de la cognition animale est d'essayer d'appréhender ses effets sur la sélection de l’habitat, les invasions ou la biodiversité, par exemple. Différentes manifestations de la cognition, comme l’exploration, la néophobie, l’innovation, l’apprentissage individuel et social, l’utilisation d’outils, la réciprocité et les coalitions ont des effets sur les relations sociales, le choix d’aliments ou la réponse aux perturbations du milieu causées par l’homme.

En ce qui a trait à l’alimentation, les recherches d’Alex Kacelnik, écologiste béhavioriste à l’Université d’Oxford, ont dévoilé une faculté observable chez certains oiseaux : la capacité à se remémorer un événement du passé. Dans un reportage de Virginia Morell ("Inside Animal Minds", National Geographic, mars 2008), Kacelnik explique comment le geai buissonnier semble pouvoir se rappeler la nature des aliments qu’il cache et déterminer à quel moment il doit les récupérer pour éviter qu’ils ne pourrissent. Les psychologues cognitifs, qui travaillent auprès d’humains, appellent cette capacité la mémoire épisodique.

La cognition varie d’une espèce à l’autre, allant de simples apprentissages chez plusieurs invertébrés à des formes beaucoup plus complexes chez les abeilles, les pieuvres, les corvidés, les primates et les odontocètes. Quand des animaux sont examinés pour déterminer leur capacité à apprendre une règle, les meilleurs points sont obtenus par les humains et, dans une moindre mesure, par leurs cousins primates.

On utilise souvent comme exemples d’intelligence animale des cas de comportements extrêmement complexes ou fortement appropriés. Certains comportements collectifs des insectes, celui de la construction de nid d'oiseaux ou encore la fabrication d'outils (vidéo) entrent dans ce cadre. Aussi impressionnants soient-ils, ces exemples ne sont pas nécessairement représentatifs de comportements intelligents. Ils peuvent n’être que les manifestations de programmes sensorimoteurs sophistiqués. La caractéristique du comportement intelligent, tel que défini par l’humain, devrait correspondre à la réaction de l'individu devant un nouveau défi pour sa survie et, éventuellement, sur la façon dont il transmet sa connaissance à ses congénères. Toutefois, Clive Wynne, qui a étudié la cognition des pigeons à l’Université de Floride, affirme que cette définition peut être limitative et impropre à représenter l’intelligence animale (autre qu’humaine). Dans le National Geographic de mars 2008 (p. 53), il affirme que « les psychologues spécialistes de la cognition humaine sont parfois si arrêtés sur leurs définitions qu’ils oublient à quel point les découvertes des animaux sont fabuleuses. »

Il n'en demeure pas moins que l'étude de la cognition animale se concentre, en partie, sur l'étude des problématiques suivantes : l’animal peut-il adapter ses techniques (construire des nids complexes, par exemple) en utilisant de nouveaux matériaux pour pallier l'absence des matériaux habituels ? Peut-il se procurer une source nouvelle de nourriture qui serait relativement inaccessible, quand les sources traditionnelles se tarissent ? Peut-il rapidement acquérir de nouvelles méthodes d'action pour éviter les prédateurs, ou pour réagir à l'apparition soudaine d'une forme de prédation inédite ?

Des observations étonnantes

En laboratoire, des études menées auprès d’oiseaux et de mammifères ouvrent d’autres voies à l’étude de la cognition animale. Au cours des années passées, les scientifiques cognitifs ont révélé, selon l’article Inside Animal Minds, publiée dans le National Geographic de mars 2008, que la capacité d’imitation de certains animaux pourrait en fait être une démonstration d’intelligence. En effet, Louis Herman, psychologue cognitif, affirme que les dauphins démontrent leur capacité à former une image mentale lorsqu’ils imitent, par exemple, la pose de leur entraîneur.

Depuis la fin des années 60, Herman étudie les dauphins. Pour communiquer avec eux, il a développé, avec son équipe, un langage codé transmis par le bras et la main des entraîneurs. À des mots de vocabulaire tels que "panier" ou "ballon" se sont ajoutés des termes abstraits qui font référence à une connaissance grammaticale de base : gauche, droite, à l’intérieur, etc.

Au-delà de l’habileté des dauphins à répondre aux demandes des entraîneurs, Herman a démontré que ces animaux pouvaient créer des mouvements qui n’avaient pas fait l’objet d’un entraînement. Au cours d’une expérience, des mots comme planche de surf, nageoire dorsale, toucher sont transmis à l'un des dauphins de Herman. Au signal, l’animal nage vers la planche, se tourne sur le côté et le touche de sa nageoire dorsale – une réponse qu’on ne lui avait jamais enseignée. À la suite de cette observation, le chercheur et son équipe ont conçu un signe pour demander aux dauphins d’inventer un mouvement de leur choix.

Capacité d’adaptation et esprit créateur

L'un des aspects de la recherche actuelle sur l'intelligence animale repose donc sur la définition même du concept d'intelligence. Aussi, il est nécessaire de se pencher sur la question d'appréciation des résultats d'expérimentations et des conceptions usuelles de l'intelligence humaine. Pour plusieurs personnes, l'intelligence animale ne réfère pas à la production d’idées, comme c'est le cas chez l'humain instruit par ces cultures. Il ne serait donc pas question de réfléchir pour contourner certains obstacles, pas plus que d’« esprit créateur », tel qu'observé chez les dauphins de Herman. Des chercheurs affirment que l'intelligence animale serait plutôt la faculté d’un animal à s’adapter aux pressions nouvelles de son environnement. Dans cette optique, être intelligent consisterait uniquement à apprendre à s'adapter et à tirer profit des changements du milieu.

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