Julie-Victoire Daubié - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Julie-Victoire Daubié
Julie-Victoire Daubié
Julie-Victoire Daubié

Naissance 26 mars 1824
Bains-les-Bains, France
Décès 26 août 1874 (à 50 ans)
Fontenoy-le-Château
Nationalité Française
Profession(s) Journaliste (Un journaliste est une personne dont l'activité professionnelle est le journalisme. On parle...), institutrice
Autres activités Conférencière, écrivain
Compléments
Première femme bachelier et licencié ès-Lettres

Julie-Victoire Daubié, née le 26 mars 1824 à Bains-les-Bains (Vosges) et décédée le 26 août 1874 à Fontenoy-le-Château, est une journaliste française. C'est la première femme française ayant obtenu le droit de se présenter au baccalauréat (Le baccalauréat (altération du bas-latin bachalariatus, désignant un rang de...), à Lyon en 1861.

Biographie

Site de la Manufacture, à droite de la chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice...) maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille,...) natale de J.V Daubié

Julie-Victoire Daubié voit le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) dans la maison dite des Commis de la Manufacture royale de Bains-les-Bains où son père occupe les fonctions de comptable puis de caissier (Le métier de caissier consiste à tenir la caisse d'une entreprise ou d'une administration :...).

Prénommée Julie-Victoire à l'état civil, on l'appelle Victoire, prénom usuel de sa mère au quotidien. Julie est le prénom de sa sœur aînée qui est à l'état-civil Marie-Julie. Huitième enfant de sa fratrie, elle a vingt mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) à la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si...) de son père, qui est enterré dans le caveau de sa famille à Fontenoy. La mère et les enfants rejoignent alors Fontenoy-le-Château où réside la famille paternelle de Julie-Victoire. L'inscription de ses frères et sœurs sur les registres paroissiaux de Fontenoy montre que les enfants y suivent leur catéchisme (Dans la religion chrétienne, le catéchisme désigne l'exposé officiel des...).

Elle est issue de la petite bourgeoisie catholique fontenaicastrienne. Les familles Colleüille et Daubié se sont illustrées sous la Terreur en cachant des prêtres. Son grand-père paternel est Siméon-Florentin Daubié, greffier (Le greffier a pour mission d'assurer une assistance renforcée du magistrat aux audiences et...) de justice et ancien négociant qui vit maintenant de ses rentes. Son grand-père maternel Jean-Nicolas Colleüille après avoir vendu les forges du Moulin (Un moulin est une machine à moudre les grains de céréale en farine et, par analogie,...) brûlé et de Pont-du-Bois est le directeur des forges de Buyer à la Chaudeau.

Contrairement à la légende, elle n'a jamais travaillé dans les ateliers de la Manufacture Royale de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le...) blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir...) de Bains-les-Bains. Son nom n'apparaît jamais sur les registres d'établissement de livret ouvrier. Il est certain qu'elle a côtoyé et vu au bureau de bienfaisance de Fontenoy la misère des ouvriers de campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés...), la triste condition des domestiques et le vilain sort réservé aux mères célibataires. Elle puisera peut-être là l'inspiration de son essai La Femme pauvre au XIXe siècle qui lui permet de remporter le premier prix du concours de l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs...) impériale des sciences belles-lettres et arts de Lyon le 21 juin 1859. La séance de l'Académie, présidée par Monsieur Sauzet, accorde à Mademoiselle Daubié, une médaille de 800 francs.

Cette question de concours devient La Femme pauvre au XIXe siècle, par une femme pauvre à sa deuxième édition, et est couronnée en 1867 à l'Exposition universelle de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région...).

Le 31 août 1844, elle obtient le « certificat de capacité », brevet d'enseignante, obligatoire pour tous depuis la loi Guizot du 28 juin 1833.

La loi Falloux (La loi Falloux portant sur l'instruction publique et promulguée sous la IIe République,...) le 15 mars 1850 rendra ce brevet obligatoire pour les enseignantes laïques alors que (article 49): Les lettres d'obédience tiendront lieu de brevet de capacité aux institutrices appartenant à des congrégations religieuses vouées à l’enseignement et reconnues par l’État. Néanmoins, la loi Falloux, bien que favorisant un enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une...) catholique d'État, demande la création d'une académie par département et fait obligation aux communes de plus de 800 habitants d'ouvrir une école de filles (article 51).

Julie-Victoire Daubié s'élève contre le manque de qualification de certaines religieuses pour enseigner et non pas contre un enseignement catholique.

Wikisource
La loi Falloux est disponible sur Wikisource

Elle a étudié le grec et le latin, matières indispensables pour présenter le baccalauréat, avec son frère prêtre. Elle a complété sa formation en zoologie (La zoologie (des termes grecs ζoον, zoon, animal, et...), section mammifères et oiseaux, en s'inscrivant en 1853 au Museum National d'Histoire Naturelle (La démarche d'observation et de description systématique de la nature commence dès...) de Paris pour suivre les cours d' Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Il lui a obtenu une autorisation spéciale pour qu'elle vienne étudier dans les galeries hors des heures (L'heure est une unité de mesure  :) d'ouverture au public.

Quand elle présente sa candidature à l'examen à l'Université de Paris (L’Université de Paris était l’une des plus importantes et des plus...), sa candidature est refusée au seul prétexte qu'elle est une femme. Pourtant, aucun texte n'interdit aux femmes l'accès à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...).

Après de multiples démarches, avec l'aide de François Barthélemy Arlès-Dufour, un saint-simonien et industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour impériale, et, forte de son succès au concours lyonnais de 1859, elle finit par obtenir son inscription à Lyon.

Enfin, le 16 août 1861, elle obtient son baccalauréat en totalisant six boules rouges, trois boules blanches, une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...). Une boule blanche signifiait un avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un...) favorable, une boule rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait...), une abstention, une noire, un avis défavorable.

«...Nous sommes heureux d'annoncer qu'elle a été reçue avec distinction et qu'elle s'est montrée bonne latiniste, soit dans les compositions, soit dans les explications. On peut citer un certain nombre de femmes qui au Moyen Âge et surtout à l'époque de la Renaissance, ont obtenu leur bonnet de Docteur, mais Mademoiselle Daubié est certainement le premier bachelier de sexe (Le mot sexe désigne souvent l'appareil reproducteur, ou l’acte sexuel et la...) féminin qu'ait proclamé l'Université de France...»

Elle doit pourtant attendre encore longtemps son diplôme (Le diplôme (grec ancien :δίπλωµα, diploma...) de bachelier ès Lettres. Prétendant qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction (Une instruction est une forme d'information communiquée qui est à la fois une commande et une...) publique », le ministre Gustave Rouland refuse de le signer. Il faut une intervention pressante d'Arlès-Dufour auprès de l'entourage de l'impératrice Eugénie et une campagne de presse menée par Léon Richer pour que l'ordre soit donné à ce ministre d'apposer sa signature au bas du diplôme.

Elle achète au centre de Fontenoy la vaste maison de Charlotte de Huvé où, en bonne saint-simonienne, elle installe un bureau d'entrepreneur de broderie blanche, imitant en cela sa sœur Julie déjà entrepreneur en 1852. Elle en confiera la gestion à sa nièce Mathilde puisque Julie-Victoire ne vient à Fontenoy que pour la belle saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de...). Cette maison a été démolie lors du percement du canal de l'Est.

Julie-Victoire dans le chapitre 2 de La femme pauvre intitulé Quels moyens de subsistance ont les femmes consacre une large place à la broderie, sujet qu'elle connait bien.

La broderie, occupe en France, près de deux cent mille ouvrières. Le salaire quotidien des brodeuses varie de 20 centimes à 1 fr. 50 et 2 fr. La broderie faite sur un métier exigeant beaucoup de perfection, donne un salaire plus élevé, mais elle dévie la taille des enfants qu'on y applique trop jeunes. (page 43)

Des amis influents
Juliette Edmond Adam

Julie-Victoire réside à Paris, avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un...) des Champs-Élysées dans le huitième arrondissement, donne des conférences et est devenue journaliste économique. Le 24 mars 1862 parait dans le quotidien d' Emile de Girardin, La Presse, son essai Du progrès dans l'enseignement primaire. Cet article a l'honneur d'être référencé et conseillé dans la très sérieuse Bibliographie catholique.

Le 21 octobre 1870, un arrêté du Maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir...) de Paris demande la création d'une Commission de dames pour examiner les questions relatives à l'enseignement primaire. Julie-Victoire Daubié est sollicitée pour y travailler. Les travaux de cette commission, interrompus pendant les trois mois des troubles de la Commune de Paris, furent consignés dans le rapport Delon-Coignet.

Victoire Daubié continue à travailler pour préparer sa licence ès lettres bien qu'elle ne puisse pas assister aux cours à la Sorbonne (La Sorbonne est un complexe monumental du Quartier latin de Paris. Elle tire son nom du...) (l'examen est accessible aux femmes, mais les cours leur sont encore interdits). Elle réussit son examen le 28 octobre 1872 et devient la première licencié (sans e) ès Lettres, l'intitulé du diplôme de licence comme celui du baccalauréat n'existe qu'au masculin.

Aussitôt elle décide de préparer une thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est...) de doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement...) dont le sujet sera La Condition de la femme dans la société romaine. Sa mort laissera cette thèse inachevée. La même année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...), elle s'établit à Fontenoy pour veiller sur sa mère âgée et malade.

Elle est profondément affectée par l'interdiction à la vente, par voie de colportage (Le colporteur (parfois appelé en Afrique sauveteur) est un vendeur ambulant transportant avec lui...), de trois ouvrages que son association pour « l'émancipation progressive de la femme » présidée par Arlès-Dufour et dont elle est vice-présidente, a édités.

L'année suivante, le 25 août 1874 vers 17h, Julie-Victoire (…en son vivant entrepreneur de broderie a écrit le notaire dans son inventaire après décès) meurt. Elle est enterrée à Fontenoy-le-Château le 28 août. Elle repose avec sa sœur Julie et ses nièces Mathilde et Louise Daubié. Sa tombe est toujours visible. Elle laisse à ses frères et sœurs une succession plus que confortable, deux maisons, des titres, des actions, etc. Son seul frère célibataire, celui qui est prêtre, prend en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement...) les frais d'enterrement. Contrairement à la légende, il n'existe aucune trace (TRACE est un télescope spatial de la NASA conçu pour étudier la connexion entre le...) ni aux archives paroissiales, ni aux archives diocésaines attestant d'une difficulté quelconque pour lui donner des funérailles chrétiennes. Le registre paroissial de Fontenoy fait mention d'un service funèbre ordinaire.

Page générée en 0.268 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique