La production d'énergie solaire par cellules photovoltaïques restant de nos jours extrêmement chère et d'une rentabilité discutable, son usage est pour l'instant limité aux pays riches et aux lieux inaccessibles par un réseau électrique (haute montagne ...). Cependant, malgré son coût, la technologie photovoltaïque est propre et d'une extrême longévité, des qualités qui en font un des symbole du développement durable. Pourquoi alors ne pas l'utiliser comme énergie d'appoint dans des zones urbaines durablement privée d'électricité ?
Depuis 2004, l'association travaille à la réalisation d'une micro-centrale solaire dans un quartier périphérique de Pointe-Noire (République du Congo). Cette ville souffre en effet de problèmes d'alimentation en électricité, paralysant de nombreuses activités : la conservation des aliments devient impossible, tout comme l'utilisation des téléphones portables et des ordinateurs.
La solution, proposée par l'association congolaise c@p-développement, est la création d'une petite unité de production électrique utilisant l'énergie solaire. L'objectif n'est pas de distribuer l'énergie aux habitants mais de mettre à disposition un certain nombre de services essentiels dans l'enceinte même de la centrale : possibilité de déposer des aliments dans les frigos, mise à disposition et recharge des batteries, salle commune éclairée et équipée d'un poste de télévision, etc.
Cette solution si elle est coûteuse au premier abord, les technologies solaires restant extrêmement onéreuse, s'inscrit dans la problématique du développement durable : la structure mise en place aura une durée de vie de plusieurs dizaines d'années et démontrera que l'énergie solaire est utilisable pour pallier le sous-développement, au Congo et ailleurs. L'objectif est aussi de faire de cette réalisation un projet pilote.
La principale originalité de la centrale solaire de Voungou 2 est son utilisation : alors que dans les pays riches les installations solaires sont, le plus souvent, destinées à une utilisation individuelle, celle-ci s'adresse à une communauté. Mais l'absence d'infrastructures de distribution oblige à renoncer à notre conception traditionnelle de l'électricité : ce n'est plus l'électricité qui va vers les habitants, mais les habitants qui se déplacent pour utiliser sur place l'énergie créée.
Cette organisation est particulièrement adaptée dans un pays où chacun met à profit sa propriété pour se créer un revenu : location de téléphone portable pour ceux qui en possède, séance payante chez ceux qui ont une télévision, etc.
Le bâtiment hébergeant la centrale se divise donc en trois parties :
Après l'investissement initial, l'installation, conçue pour durer plusieurs dizaines d'années, est donc auto-suffisante. Elle fait vivre le gardien et sa famille et améliore notablement les conditions de vie du quartier.