Première "photographie" d'électrons en mouvement dans une molécule

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La première "photographie instantanée" d'électrons en mouvement au coeur d'une molécule vient d'être obtenue par des équipes du CEA (1), du CNRS et de l'Université Pierre et Marie Curie (2). Cette photographie par rayonnement X a été obtenue en couplant une résolution temporelle extrêmement élevée, à l'échelle de l'attoseconde (3), à une résolution spatiale très fine (de l'ordre de l'Angström (4)). Ce résultat fait l'objet d'une publication dans la revue Nature Physics du 1er mars.

A l'échelle microscopique, la physique quantique interdit de mesurer simultanément et de façon précise la position et la vitesse d'une particule (c'est le fameux principe d'incertitude d'Heisenberg). De plus, à cette échelle, toute mesure vient perturber le système et le fige dans un état quantique qui était indéterminé avant la mesure. Les mesures que l'on effectue
sur la vitesse, la position ou toute autre grandeur physique de particules subatomiques n'expriment donc pas des certitudes, mais seulement des probabilités.

La modélisation de ces mesures probabilistes pour décrire les atomes et les molécules reposent directement sur la notion de fonctions d'onde appelées « orbitales » dans ce contexte, qui d'un point de vue formel, ne sont que des intermédiaires mathématiques.

Ce qui a donné lieu à de nombreuses discussions autour de la question suivante : les fonctions d'onde sont-elles observables ou ne sont-elles qu'un outil mathématique ? Un pas a été franchi en 2004 lorsqu'une équipe canadienne a proposé un moyen de visualiser une orbitale moléculaire (5) à partir de données expérimentales. La méthode repose sur une analyse tomographique du rayonnement X émis par des molécules excitées par une impulsion laser intense.

Pour la première fois, une telle reconstruction vient d'être réalisée par une collaboration réunissant le groupe de théoriciens animé par Richard Taïeb (LCPMR, UPMC/CNRS) et le groupe d'expérimentateurs piloté par Pascal Salières (CEA/Iramis). Spécialisées dans la caractérisation, le contrôle et l'exploitation du rayonnement X attoseconde généré en champ laser intense, ces équipes sont parvenues à créer les conditions permettant de reconstruire simultanément les deux orbitales les plus externes de la molécule de diazote N2.

Tirant bénéfice du caractère ultrabref de l'émission X, ces chercheurs ont obtenu un "instantané" de la fonction d'onde des électrons de la molécule excitée par le laser, 1500±300 attosecondes (as) après sa mise en mouvement. Ces nouveaux résultats montrent que, dans certaines conditions, les fonctions d'ondes sont observables.

Il est dorénavant possible de suivre la dynamique ultra-rapide des électrons dans les molécules, en combinant une résolution spatiale de l'ordre de l'Angström et une résolution temporelle attoseconde. On peut ainsi espérer réaliser des "films" expérimentaux montrant des orbitales moléculaires se réarrangeant à diverses étapes de réactions chimiques.

Pour en savoir plus:

Notes:

(1) CEA-Iramis (Institut Rayonnement Matière).

(2) Laboratoire de Chimie Physique - Matière et Rayonnement (UPMC/CNRS).

(3) L'attoseconde (10-18 seconde) équivaut à un milliardième de milliardième de seconde. C'est l'échelle de temps caractéristique du mouvement des électrons dans les atomes et molécules, et la limite actuelle des temps mesurables expérimentalement. Mille fois plus longue, la femtoseconde (10-15 seconde) est l'échelle de temps caractéristique du mouvement des atomes dans les molécules.

(4) 10-10 mètres.

(5) Une orbitale moléculaire décrit la distribution spatiale de la probabilité de présence de l'électron impliqué dans une liaison chimique. Bien souvent, la réactivité des molécules peut être directement interprétée par le biais des orbitales moléculaires et de leurs géométries.

RE
Reumain.

Ahah, avec un temps d'exposition aussi court, y a pas beaucoup de lumière qui doit rentrer (oui, je sais, c'est du rayonnement X).

Il n'empêche que ça doit être monstrueusement génial de pouvoir observer les orbitales moléculaires du carbone s'hybrider pour s'associer avec des différents éléments. Pareil avec tous les atomes, pour toutes les réactions. J'imagine déjà le boxon.

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klinfran

excellent même si j'ai pas bien saisi la technique.

ZO
Zoharion

klinfran
excellent même si j'ai pas bien saisi la technique.

pareil.

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buck

En fait on envoie des photon a tres haute frequence et a faible dispersion. La frequence etant tres haute elle ne perturbe quasiment pas l'electron. EN balayant la structure on remonte a la distribution spatiale de l'electron via les photons recuperes (qui eux aussi sont legerement modifies)

AD
adagio

visualiser la fonction d'onde :)

serait il possible de constater une difference entre observation et théorie avec cette méthode ?

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buck

adagio
visualiser la fonction d'onde :)


serait il possible de constater une difference entre observation et théorie avec cette méthode ?

Je pense que c'est justement le but de la manoeuvre ;)

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klinfran

mais si le photon interagit avec l'électron, n'est-ce pas une mesure? D'où comment peut-on dire que ça ne le perturbe pas puisqu'on l'a localisé?

AD
adagio

buck


adagio
visualiser la fonction d'onde :)


serait il possible de constater une difference entre observation et théorie avec cette méthode ?


Je pense que c'est justement le but de la manoeuvre

En sous-entendus je voulait surtout demander par la, y'a t'il des "trous" ou des zones d'ombres dans la theorie qui pourraient obtenir une confirmation par cette methode d'observation ?

Je n'ai pas connaissance de défauts théorique a ce niveau, y'a t'il des confirmations a faire ?

AD
adagio

klinfran
mais si le photon interagit avec l'électron, n'est-ce pas une mesure? D'où comment peut-on dire que ça ne le perturbe pas puisqu'on l'a localisé?

d'aprés ce que je comprend c'est de "l'instantané" car en fait il y a de nombreuses mesure faites en peu de temps pour nous :)
c'est une observation "statistique", qui a mon avis (mais la je n'ai aucune certitude) ne peut se faire qu'avec des electrons qui se désexitent trés vite.

En gros tu l'exite, tu regarde son X emis, tu l'exite tu regarde son X emis etc... tres vite

c'est un peu interdit -18 ca :)

GU
guenot

En fait, le l'expérience ne consiste pas a envoyer des rayons x sur l'atome comme en diffraction classique, la méthode est en fait beaucoup plus subtile. Grossièrement la méthode est la suivante, on envoie une impulsion laser très intense de quelque femtoseconde (10^(-15)s) sur l'atome. Lorsque le champ électrique est maximal, l'électron qui se situe dans l'orbital atomique la plus haute s'échappe de l'attraction de l'atome (par effet tunnel). Puis il est accéléré par le champ électrique et au bout d'une demi période de ce champ( qui est alors inversé), l' électron revient vers l'atome avec une vitesse considérable. Enfin lorsqu'il passe a nouveau au dessus de l'atome il a une probabilité faible mais non nul de se recombiner c'est à dire de "retomber" dans son niveau fondamental ( là ou il était avant que le laser vienne le déloger). Lors de cette recombinaison l'atome émet des photons d'énergie élevés qui contiennent des informations sur l'orbitale que l'electron a quitté.

L'intérêt de ces mesures est d'être comparé avec les algorithmes de reconstruction d'orbital en chimie théorique (hartree- fock et autres) et une fois que la méthode aura été éprouvé, passer éventuellement a des molécules plus complexe pour lesquelles les algorithme ne marche plus. De plus le pulse de rayon xuv émit par ce processus ne dure que quelques centaine d'attoseconde (10^(-18)s) ce qui permettrai éventuellement de suivre les électrons lors d'une réaction chimique ( ce la a déjà été fait par une équipe canadienne dans le cas de la photodissociation du dibrome).

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klinfran

Ouais merci guenot, c'est un peu mieux, mais encore assez "classique" comme explication, du coup je me demande quand même si on ne change pas les potentiels de manière à troubler les réactions chimiques.