Architecture - Définition

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Humanisme et architecture

Plan d'une maison par Ferdinand von Arnim (1852)

La théorie de l’architecture a pu être formulée, développée et diffusée au travers des traités successifs qui nous sont parvenus depuis l’Antiquité.

Ces traités, intégrant l’évolution des techniques et les procédés de construction ainsi que les techniques de représentation, comportent également des formulations ayant trait à la vie socialisée des individus qui met en relation le besoin collectif d’architecture avec la structure-même de la société ; y sont par exemple traités les besoins et propriétés correspondant à l’habitat, l’éducation, la santé, l’administration, le culte religieux, etc. Ces traités ne sont pas exempts de dissertations politiques.

L'humanisme de la Renaissance établit dans le domaine de l’architecture un rapport nouveau à la science.

En conséquence dans l’aire occidentale moderne, la pratique de l’architecture -qui comporte depuis peu la conception assistée par ordinateur- en plus de la maîtrise des disciplines spécifiques à l’art de la construction (programmation, composition, rendu, plus métré sur place), fait usage de la connaissance de disciplines variées relevant des arts (dessin, arts décoratifs…), des mathématiques (géométrie descriptive, algèbre), de la physique (mécanique statique et dynamique, résistance des matériaux et chimie), du droit ( de l’urbanisme, de la construction et de l'habitation), de l’histoire (de l'architecture, des villes, de l'archéologie), des sciences sociales (sociologie, anthropologie, politique et philosophie).

La volonté au cours des âges a été de trouver une formalisation mathématique et esthétique, elle a été permise en son temps par les biais du nombre d’or et du canon ; il reste que le talent, l’aptitude à communiquer à l’imagination humaine constructive, n’a pas encore été reproduite (intelligence artificielle).

Étendues du champ de l’architecture

Architecture mexicaine moderne.

L'architecture est nécessaire pour produire des marques dans la mémoire des peuples organisés sédentaires dans la quasi-totalité des sociétés existantes. La prise de position solennelle concernant les lieux remarquables est faite par ce moyen. L'architecture traduit pour les lieux de rassemblement leur nature (par exemple parlements, nécropoles, temples, etc.) et leur fonction sociale pour le public (par exemple palais, stades, arcs de triomphe, etc).

Il s’agit :

  • de montrer la puissance de la Nature avec l'écoulement du temps et ses énergies,
  • d'exprimer le pouvoir sécuritaire ou la puissance individuelle avec l'autorité,
  • d'afficher le niveau hiérarchique des tenants dans la société (classe sociale),
  • de manifester la fonction de l'édifice dans l'organisation de la société,
  • de fournir et caractériser des lieux différents du monde ordinaire (religion et spiritualité, spectacle).

Des choses matérielles et immatérielles sont mises en accord convenable par la disposition des éléments. L'harmonie correspond à l'époque considérée. L'architecture produit des codes à lire dans l'espace aménagé. Ces codes des formes et matières traduisent le cosmos tel qu'il est appréhendé (par exemple l'« architecture de ruine » apparue au XIXs siècle est une construction neuve réinscrivant temps et culture).

L'architecture intervient dans l’aire occidentale moderne à de nombreuses échelles depuis la conception et la réalisation d'éléments constituant les membres de corps de bâtiments, jusqu'à la celle de villes entières conçues comme un tout. L'architecture est ressentie comme un moyen de traduire l'espace entourant le corps humain par la philosophie associée à la psychologie de la sphère intime, de la sphère privée, de la sphère publique qui se définissent selon la société. Cette modélisation des espaces contient en facteurs les importances différentes données par l'individu à la conscience de soi et à la conscience de l'extérieur. L'espace contenant est détaillé graduellement en pièces, en locaux pour l'abri de l'individu, de la famille; puis en espace public commun; et enfin en espace « naturel ».

L'activité de l'architecte selon sa motivation personnelle est censée produire de l'architecture lors de la commande d'état ou d'individu. Elle s'est centrée sur celle des formes habitées classiques depuis le moyen-âge : il s'agit de maisons, écoles, hôpitaux, en plus des tribunaux, des églises, des ateliers, des mairies, etc. Se sont ajoutés au fur et à mesure du temps au patrimoine des éléments venant de la modernisation de l'activité humaine et de l'organisation de la société. Il s'agit des éléments respectant les besoins militaires nouveaux (forts et châteaux), puis besoins structurels de réseaux de transport (ports, gares ferroviaires, aéroports) et de commerce (halles, hypermarchés), besoins d'espace de loisir (stades, patinoires, piscines, résidences balnéaires et de montagne) et parfois de besoin pour la production industrielle (usines construites selon certains modes de gestion des ressources humaines, mode de gestion de l'image publicitaire), etc.

La limite du domaine de l'architecture au sens historique « art de bâtir » reste posée. Parce que cela dépasse l'« agrément à ressentir » lorsqu'on est face à ce qui est construit qui différencierait depuis l'élévation des mégalithes l'architecture de la construction purement utile au sens scientifique moderne. Cette seule différence a pu exister dans le bâtiment notamment à la Renaissance pour certaines pratiques architecturales (façade). Cette limite de domaine se retrouve entre autres actuellement avec l'architecture navale. Au départ restreinte à la conception dans la flotte royale des bâtiments qui naviguent à fonction pas seulement utilitaire, c'est maintenant une discipline particulière qui désigne la conception technique des embarcations de toutes tailles et catégories. Et dans le même temps, on ne considère pas l'art de construire des avions ou des trains comme une architecture, mais comme ingénierie avec « architecture d'intérieur ». Les limites de l'architecture et du design ne sont pas inébranlables, ce dernier fournissant de l'« émotion » par l'aspect pris par l'objet ( de catégorie « objet industriel » au départ).

L'activité d'édification de bâtiments et ouvrages d'art dans l'aire occidentale moderne a suscité chez tous ses acteurs, surtout après l'émergence du progrès (philosophie post-religieuse), la question de la nécessité et aussi de l'utilité de l'architecture (« art ») pour la construction. L'architecture a toujours été modélisée, sa nature perpétuellement mise en questions. En définitive l'architecture, l'« art », était-il possible de les mécaniser ? Cette interrogation est apparue flagrante avec la mise en place du système capitaliste instaurant les marchés dans l'économie. Après la deuxième révolution industrielle (électricité), à la base le mode de production moderne pose que le rituel n'entre plus du tout dans la fabrication pour l'ensemble des objets construits (dans les usines et bureaux qui permettent de fabriquer des objets industriels). L'art est seulement considéré comme une plus-value à fins restrictives assignées à l'objet utilitaire. La recherche opérationnelle a pérennisé la construction structurelle des édifices. Cela spécialisa le domaine d'action de la fabrication y compris de bâtiment en continuité de la division en métiers de l'activité humaine. À partir de là, en réaction à cette formulation du bâti comme une juxtaposition de domaines spécialisés autonomes, une tendance apparut à l'inverse de vouloir réunifier et considérer comme non exclusives les échelles des objets considérés : de l'architecture d'intérieur ou de l'urbanisme. Comme si les décors, support de l' « art » selon la formulation laïque, ne pouvaient être conçus indépendamment des bâtiments qui les contiennent, et les villes indépendamment des édifices qui les constituent.

L'architecture pourrait avoir la caractéristique d'être éphémère parce qu'elle est issue du quotidien. Elle n'a été mise en lignée de groupement d'éléments qu'après son usage immédiat - L'adhésion de l'architecte à un courant architectural ne se fait qu'à partir du XIXe siècle-. Elle a pu être considérée comme une expression du besoin de consommer ou de fabriquer sublimée avec le temps par les générations ultérieures qui se l'appropriaient parce que le support est durable. La mise en patrimoine est établie parce que cadre de la vie. Elle ne distingue pas conventionnellement l'« art de bâtir » selon le droit, la profession et la motivation du constructeur. Le cadre de vie a été maintes fois été réadapté pour suivre le mode de vie des occupants. La recherche actuelle sur la complexité concerne l'architecture et la ville, elle part du postulat que les besoins d'un ensemble complexe sont mis en réseau, leur expression concrète est aléatoire et non hiérarchisable en priorités, l'ensemble est organisé comme un organisme regroupant des organes communicants qui sont bien définis dans leur limites et s'informent sans barrière.

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