Jean Baubérot
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Introduction

Jean Baubérot
Naissance 26 juillet 1941
Châteauponsac (Haute-Vienne)
Nationalité France France
Profession(s) sociologue
Autres activités Membre de la
Commission « Sigma »,
Commissariat Général
du Plan (depuis janvier 2004)
Formation Docteur en Histoire
Docteur ès Lettres
et Sciences humaines
Distinctions Chevalier de la légion d'honneur

Jean Baubérot, né le 26 juillet 1941 à Châteauponsac (Haute-Vienne), est un historien et sociologue français spécialiste de la sociologie des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité.

Après avoir occupé la chaire d'« Histoire et sociologie du protestantisme » (1978-1990), il est titulaire de la chaire d'« Histoire et sociologie de la laïcité » (depuis 1991) à l’École pratique des hautes études dont il est le président d'honneur. Il a écrit vingt ouvrages, dont un roman historique. Il est le coauteur d'une Déclaration internationale sur la laïcité signée par 250 universitaires de 30 pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...).

Biographie

Fils d'enseignants, il suit ses études secondaires au lycée Gay-Lussac à Limoges avant de poursuivre à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre...) IV-Sorbonne. Doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire...) en histoire (sous la direction de Jean-Marie Mayeur ), ès lettres et sciences humaines, il est diplômé de l'École pratique des hautes études (EPHE).

Débutant comme collaborateur technique à l'EPHE en 1967, il y devient assistant de recherches en 1971, puis directeur d'études à partir de 1978. Il préside la section des sciences religieuses entre 1986 et 1994 et est nommé Président de l'École en 1999, avant d'en devenir Président honoraire.

Fondateur en 1995 et directeur jusqu'en 2001 du Groupe de Sociologie des religions et de la laïcité (CNRS-EPHE), il est appelé entre 1997 et 1998 comme conseiller technique au cabinet de Ségolène Royal, ministre délégué chargé de l'Enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais de...) scolaire.

Seul membre de la Commission Stasi à s'être abstenu sur le vote du rapport qui a permis l'élaboration de loi relatif à l'application du principe de laïcité.

Il est également membre de la Société internationale de sociologie de la religion (SISR) et a présidé la société Ernest Renan en 1995 et 1996.

Autres fonctions

  • Fondateur et ancien Directeur du Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité, CNRS-EPHE
  • Président d’honneur de l’École Pratique des Hautes Études, Titulaire de la Chaire « Histoire et Sociologie de la Laïcité », EPHE (Sorbonne)
  • Ancien conseiller auprès de la ministre déléguée Ségolène Royal, 1997-1998, Éducation à la citoyenneté.
  • Membre de la Commission consultative des cultes, Ministère de l’Emploi et de la Solidarité (depuis 1999)
  • Membre de la Mission d’évaluation, d’analyse et de propositions relatives aux représentations violentes à la télévision (La télévision est la transmission, par câble ou par ondes radioélectriques, d'images ou de scènes animées et généralement sonorisées qui sont reproduites sur un poste récepteur appelé téléviseur (ou, par abus de langage,...) (Ministère de la Culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La Culture peut être...), juin-décembre 2002)
  • Membre de la Commission sur l’Enseignement supérieur privé du Ministère de l'Éducation nationale (depuis 2003)
  • Membre de la Commission indépendante sur l’application du principe de laïcité dans la République dite « Commission Stasi » (juillet-décembre 2003)

Critique

Jean Baubérot, dans son Histoire de la laïcité en France (2005), précise que la notion de pacte laïque n'implique nullement que la séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé...) des Eglises avec l'État soit le résultat d'une négociation (La négociation est la recherche d'un accord, centrée sur des intérêts matériels ou des enjeux quantifiables entre deux ou plusieurs interlocuteurs (on ne...) de puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) à puissance, mais rend compte du passage d'une laïcité qui était le bien exclusif d'une des deux France en conflit (celle des tenants de la Révolution française et celle de "la fille ainée de l'Église (L'église peut être :)"), à une laïcité qui peut inclure les membres des deux France lorsque, en 1946, la laïcité est devenue constitutionnelle avec la Quatrième République, de même en 1958 dans la constitution de la Vème République.

La laïcité présente trois aspects. L'État est sécularisé, la liberté de croyance et de culte est entière, enfin les croyances (religieuses ou non) sont égales entre elles. Ainsi la laïcité signifie la neutralité de l'État, au service des droits de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon,...) et de la liberté de conscience. Telle était la position de Ferdinand Buisson, selon Baubérot. Les laïcistes construisent selon lui une sorte de laïcité intolérante et identitaire en privilégiant le seul critère de sécularisation, qui est pourtant un terme théologique. Certes, une sécularisation sans laïcité serait une sorte d'oecuménisme, non une vraie laïcité. Mais une laïcité sans liberté religieuse serait une sorte d'athéisme officiel, contraire à la liberté de conscience au nom de l'émancipation. Maintenant, les croyants tendent à privilégier le deuxième critère, la liberté religieuse, et les religions minoritaires l'égalité entre les cultes. En tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) cas l'égalité de leur propre religion! (Laïcité 1905-2005, entre passion et raison, Seuil, 2004).

Le philosophe Henri Pena-Ruiz a critiqué, au chapitre "la laïcité en débat : interprétations et controverses (exemples)" de son livre La laïcité (2003), l'idée de pacte laïque élaborée par Jean Baubérot dans son ouvrage Vers un nouveau pacte laïque ? (1990) à propos notamment de la loi de Séparation des Églises et de l'État en 1905, en soulignant qu'un pacte suppose qu'il y ait eu une négociation avec les Églises, ce qui n'a pas été le cas. «Il s'agit de savoir si la laïcité doit se renégocier en fonction des évolutions du paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de l'espace terrestre...) religieux», ou s'il s'agit d'une « valeur principielle transcendant les différentes options spirituelles et qui échappe à la relativisation ».

La réponse de Jean Baubérot (cf son Histoire de la laïcité en France, Que sais-je ? aux PUF) est que la notion sociologique de "pacte" n'implique pas forcément une négociation formelle (cf déjà le 3e sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution...) du Robert) mais signifie "la capacité de concevoir un avenir différent de l'horizon (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en...) conflictuel qui borne le présent ; la volonté et la possibilité politique d'agir autant selon cet avenir utopique qu'en fonction du conflit présent et de se donner les moyens de parvenir à une (relative) pacification".

En revanche Patrick Cabanel (Les mots de la laïcité, Presses Universitaires du Mirail (Le Mirail est un ensemble composé de trois quartiers de Toulouse : du nord au sud, Mirail-Université, La Reynerie et Bellefontaine. Ils forment le quartier numéro 17 de la ville de Toulouse en Haute-Garonne. Les trois quartiers...), Toulouse, 2004) estime que la notion est historiquement pertinente (p. 77-80).

Jean Baubérot est également l'auteur de la notion de seuils de laïcisation : il distingue trois seuils, le premier est le résultat de la révolution française et du recentrage opéré par Napoléon Bonaparte, le seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...) des lois laïcisant l'école publique (1882-1886) et séparant les Églises et l'État (1905, 1907, 1908), le troisième s'est élaboré de 1968 (contestation anti-institutionnelle de mai 68) à 1989 (chute du mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) de Berlin, 1re affaire de foulard).

Jean Baubérot se réclame d'une "laïcité inclusive". Il estime en revanche que l'œuvre de Henri Pena-Ruiz est marquée, de façon paradoxale mais significative, par une historiographie confessionnelle… en retenant essentiellement de Bonaparte - le Concordat - sans tenir compte du Code civil qui dissocie de façon stable les lois des normes religieuses.

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