Paléoanthropologie
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Cadre scientifique

La paléoanthropologie se fonde sur la théorie de l'évolution et utilise des connaissances issues de multiples disciplines pour compenser la difficulté liée au faible nombre de fossiles humains disponibles :

  • La paléontologie (La paléontologie est la science qui étudie les restes fossiles des êtres vivants du passé et les implications évolutives de ces études.) fournit les outils de base pour la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) de fossiles humains.
  • L'archéologie permet de mettre en parallèle l'évolution biologique avec l'évolution de l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) humaine préhistorique.
  • La primatologie offre un point (Graphie) de comparaison avec les primates (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Ce clade regroupe les singes - dont l'homme - ainsi que...) vivant aujourd'hui.
  • L'étude du paléoenvironnement (paléobotanique et archéozoologie) nous renseigne sur le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la météorologie qui désigne...) et l'écosystème dans lequel vivaient les hominidés.
  • La génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) fournit des éléments sur le brassage génétique et les mouvements de populations au cours de l'histoire.
  • L'anthropologie qui décrit l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) actuel peut aussi aider à comprendre les évolutions biologiques et culturelles du passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur le...).

Découvertes

Depuis les années 1980, les découvertes de gisements de fossiles se sont multipliées, et avec elles, le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'espèces ou de sous-espèces du genre Homo (Homo est le genre qui réunit l'Homme moderne et les espèces apparentées. Le genre apparaît entre environ 2,5 et 2 Ma. Toutes les...).
Du même coup, l'histoire évolutionnaire de l'homme est passée d'un arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en général au delà de sept mètres. Les arbres acquièrent une structure rigide composée d'un tronc...) linéaire à un arbre à plusieurs branches, et des espèces que nous pensions être nos ancêtres il y a encore peu sont brusquement devenues nos défunts cousins.
Cet article se propose donc de présenter l'état des théories actuellement admises, ainsi que quelques théories alternatives (Alternatives (titre original : Destiny Three Times) est un roman de Fritz Leiber publié en 1945.).

Évolution des hominidés

Jusqu'au début des années 1980, l'état de la recherche permettait de représenter l'évolution des hommes au Pliocène et au Pléistocène comme suit :


Les découvertes de l'époque laissaient à penser que l'arbre évolutif des genres Australopithecus et Homo était linéaire et que les espèces se succédaient dans un processus continu et régulier, chaque espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept...) étant l'ancêtre de l'autre. Cette hypothèse a connu son apogée (Un apogée (du grec apogeios : loin de la terre ; apo : loin + gê : Terre), dans les domaines de l'astronomie et de l'astronautique, est le point extrême de l'orbite elliptique d'un...) dans les années 1960-1970, époque de forte influence de la Théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une...) Synthétique de l'Évolution (TSE) dans les différentes disciplines de la Paléoanthropologie (La paléoanthropologie est la branche de l'anthropologie physique qui étudie l'évolution humaine. L'évolution humaine désigne les différentes étapes qui ont permis...). Certains chercheurs défendaient même avec force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale »...) la théorie de l'espèce unique: à une époque donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.) ne pouvait exister qu'une seule espèce d'hominidé. L'arbre évolutif de l'homme était alors perçu comme « un gros tronc (Un tronc peut être :) avec très peu de branches ».
Cette théorie simpliste est parfois encore enseignée de nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit...) bien qu'elle n'intègre pas les découvertes de ces dernières années. On sait par exemple qu'il y a environ 2 millions d'années vivaient dans les mêmes régions d'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface...) de l'Est des Paranthropus, des Homo rudolfensis et des Homo habilis.

De nos jours, les nombreux fossiles découverts sur tous les continents ont complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à l'utilisateur de limiter la quantité...) transformé notre arbre évolutif en un « buisson » très fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément Fourni, sont un archipel de petites...). Plusieurs modèles ont été proposés et l'un des plus complexes est le suivant :

Échelle en milliers d'années
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Ce tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) prend en compte les hypothèses suivantes :

  • Homo rudolfensis serait une espèce à part entière et non une sous-espèce de Homo habilis.
  • Homo antecessor serait l'ancêtre commun (En phylogénie, un ancêtre commun à plusieurs espèces est l'individu le plus proche dans le temps dont descendent toutes les espèces en question. Par exemple, l'homme et le chimpanzé ont un...) de Homo heidelbergensis et de Homo rhodesiensis. Ses dates d'apparition et d'extinction (D'une manière générale, le mot extinction désigne une action consistant à éteindre quelque chose. Plus particulièrement on retrouve ce terme dans plusieurs domaines :) sont pour le moment indicatives car cette espèce n'a été définie qu'à partir d'un seul gisement et n'est pas reconnue par l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être...) des paléoanthropologues.
  • Homo floresiensis descendrait directement de Homo erectus, et ses ancêtres seraient arrivés sur l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné...) de Flores il y a environ 800 000 ans, mais n'auraient constitué une nouvelle espèce à part entière que bien plus tard.
  • Les hommes de Néandertal appartiendraient à l'espèce Homo neanderthalensis, distincte de Homo sapiens.

De plus, il existe deux tendances chez les paléoanthropologues. Certains sont partisans de regrouper les spécimens fossiles au sein du plus petit nombre d'espèces et d'autres préfèrent classer ces individus parmi le plus grand nombre d'espèces fossiles.

Carte des migrations

Le berceau de l'humanité semble être l'Afrique. Yves Coppens a émis l'hypothèse (East Side Story) que l'Afrique de l'Est a vu naître les premiers hominidés. Mais la découverte d'Hominidés au Tchad amène à repenser ce schéma. De plus l'Afrique de l'Ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) ne donne pas les conditions nécessaires à la préservation de fossiles pour ces périodes anciennes. Par la suite s'opèrent deux sorties d'Afrique. La première se situe autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au...) de -800 000 ans. Elle voit des hominidés que l'on dénomme Homo erectus sensus lato se répandre tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) d'abord en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des...) puis en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...). La seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une...) concerne notre espèce et s'est déroulée vers -100 000 ans. Là encore l'Asie est colonisée la première (Australie -60 000 ans), l'Europe vers -30 000 ans et enfin les Amériques voient ses premiers hominidés vers -12 000 ans.

Les différentes populations humaines sur la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus...) partagent toutes les mêmes gènes et les mêmes allèles : il y a interfécondité. Si on regarde la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps....) allélique de certains gènes, on peut en déduire qu'aucune répartition d'allèles ne coïncide avec celle des caractères phénotypiques. (Exemple : la couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) de la peau).

Différentes méthodes permettent de caractériser génétiquement une population et de calculer son éloignement. Exemple : le facteur groupe Rhésus. On calcule le pourcentage (Un pourcentage est une façon d'exprimer une proportion ou une fraction dans un ensemble. Une expression comme « 45 % » (lue « 45 pour cent ») est en...) de rhésus négatif dans les populations. Anglais : 16 %. Basque : 25 %. Il y a donc 9 % d’écart. Entre les Anglais et les Asiatiques, il y a 16 % d’écart. Les Anglais sont donc plus proches génétiquement des Basques que des Asiatiques. La séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans...) entre les Basques et les Asiatiques est postérieure à la séparation entre les Anglais et les Asiatiques.

On peut calculer la distance génétique de populations. Si on compare la distance génétique et la distance géographique, on constate qu'il y a superposition (En mécanique quantique, le principe de superposition stipule qu'un même état quantique peut possèder plusieurs valeurs pour une certaine quantité observable (spin, position, quantité de mouvement...) des deux résultats. La migration des populations a engendré une multitude d'allèles : il y a donc une population ancestrale.

Il y a donc une divergence au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de Skive.) et à mesure de la colonisation de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre...).

En effet la variabilité génétique des populations humaines concernant le gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide...) gouvernant les groupes sanguins ABO montre que l'Afrique contient une variabilité très homogène des trois groupes contrairement aux autres endroits du globe où la variabilité est très marquée, un Ouest très dominé par l'allèle O, et une Europe dominée par l'allèle A. D'autres études génétiques ont conduit à reconstituer les étapes de la colonisation du monde (Le mot monde peut désigner :) par l'homme moderne qui commencerait par l'Afrique. Cette hypothèse est très défendue par les généticiens qui pensent que tous les hommes modernes sont des "africains", mais reste un des nombreux modèle pour décrire l'origine des différentes populations d'hommes modernes.

Map-of-human-migrations.jpg

Évolution technique et sociale

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