Transit de Mercure
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Introduction

Transit de Mercure (Mercury) du 8 novembre 2006.

Le transit de Mercure se produit lorsque la planète Mercure se situe entre la Terre et le Soleil. Elle est alors visible sous la forme d'un petit point (Graphie) noir traversant le disque (Le mot disque est employé, aussi bien en géométrie que dans la vie courante, pour désigner une forme ronde et régulière, à l'image d'un palet — discus en latin.) solaire.

Transits de Mercure depuis la Terre

Les transits de Mercure vus depuis la Terre sont beaucoup plus fréquents que ceux de Vénus, avec une fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi...) d'environ 13 ou 14 par siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois...), en raison de la proximité de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en...) au Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type...), ce qui implique une période de révolution (La période de révolution, est le temps mis par un astre pour accomplir sa trajectoire, ou révolution, autour d’un autre astre. Comme une planète autour du Soleil, ou un satellite autour...) plus courte que celle de Vénus. Ils peuvent se produire en mai à des intervalles de 13 ou 33 ans, ou en novembre tous les 7, 13 ou 33 ans. Les deux derniers transits de Mercure datent de 2003 et 2006 ; les deux prochains se produiront en 2016 et 2019.

Lors d'un transit de mai, Mercure est proche de l'aphélie (L'aphélie est le point de l'orbite d'un objet (planète, comète, etc.) où il est le plus éloigné de l' étoile, autour duquel il tourne.) et a un diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la...) angulaire de 12 secondes d'arc, tandis que lors d'un transit de novembre, la planète est proche du périhélie (Le périhélie est le point de l'orbite d'un corps céleste (planète, comète, etc.) qui est le plus rapproché du Soleil (grec : helios) autour duquel il tourne.) et a alors un diamètre angulaire de 10 secondes d'arc.

La première observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la...) d'un transit de Mercure (Le transit de Mercure se produit lorsque la planète Mercure se situe entre la Terre et le Soleil. Elle est alors visible sous la forme d'un petit point noir traversant le disque solaire.) date du 7 novembre 1631 par Pierre Gassendi (L'abbé Pierre Gassend dit Gassendi était un mathématicien, philosophe théologien et astronome français. Il est né à Champtercier près de Digne le 22 janvier 1592 et est mort le 24...). Celui-ci n'a pas réussi à observer, le mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) suivant, le transit de Vénus (On appelle transit de Vénus le passage de la planète Vénus exactement entre la Terre et le Soleil, occultant une petite partie du disque solaire. Pendant le transit, Vénus peut être observée depuis la Terre sous...), car les tables astronomiques imprécises n'indiquaient pas que ce transit n'était pas visible pour une grande partie de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une des sous-parties...). Ce transit de Mercure avait été prédit par Johannes Kepler, peu de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) avant sa mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple...), à partir de ses travaux sur l'orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) elliptique des planètes, avec un écart de seulement 5 heures (L'heure est une unité de mesure  :). Il put ainsi tester la validité de ses lois.

Photos du transit du 7 mai 2003.

Transits simultanés

Les transits simultanés de Mercure et de Vénus devant le Soleil sont extrêmement rares ; les prochains se produiront en 69 163 et en 224 508.

Le transit de Mercure en même temps qu'une éclipse (Une éclipse correspond à l'occultation d'une source de lumière par un objet physique. En astronomie, une éclipse se produit lorsqu'un objet (comme une planète ou un satellite naturel) occulte une source de lumière...) de Soleil est très rare également ; la prochaine éclipse de Soleil se produisant au même moment qu'un transit de Mercure sera le 5 juillet 6757, et sera visible depuis l'est de la Sibérie.

Transits rasants

Parfois Mercure ne fait qu'effleurer le Soleil durant un transit. Il est alors possible que le transit soit total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total n'est pas forcément...) dans certaines régions du monde (Le mot monde peut désigner :), et seulement partiel (Le mot partiel peut être employé comme :) dans d'autres ; c'est-à-dire qu'il n'y a pas de second ou quatrième contact ; ceux-ci correspondent au moment où le disque de Mercure est entièrement dans le Soleil, tangent « intérieurement » au disque solaire (au début du transit), et à la sortie (fin du transit). De tels transits sont beaucoup plus rares ; le dernier s'est produit le 15 novembre 1999 et le précédent remonte au 28 octobre 743. Le suivant ne se produira que le 11 mai 2391.

Il est également possible que des transits rasants de Mercure soient visibles partiellement depuis certaines régions du monde et invisible à d'autres. De tels évènements se sont produits les 11 mai 1937 et 21 octobre 1342. Le prochain se produira le 13 mai 2608.

Transits de Mercure vus depuis les autres planètes

Transits depuis Vénus

Les transits de Mercure depuis Vénus se produisent de façon assez irrégulière : parfois il peut y en avoir plusieurs par décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.), tandis qu'à d'autres moments il peut y avoir une longue période sans qu'aucun transit ne se produise. La fréquence des transits de Mercure depuis Vénus reste globalement un peu plus élevée que celle des transits vus depuis la Terre.

Naturellement, personne n'a jamais vu de transit de Mercure depuis Vénus. Et les conditions à leur observation ne seront d'ailleurs jamais réunies, autant par l'hostilité de la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et...) vénusienne que par la couche nuageuse permanente.

La période synodique (La période synodique d'une planète est le temps mis par cette planète pour revenir à la même configuration Terre-planète-Soleil, c'est-à-dire à la même place dans le ciel par rapport au Soleil, vu de la Terre. Cette durée...) de Mercure depuis Vénus est de 144,5664 jours ; elle peut être calculée simplement avec la formule 1/(1/P - 1/Q) où P est la période sidérale de Mercure (87,969 35 jours) et Q la période sidérale de Vénus (224,700 96).

L'inclinaison (En mécanique céleste, l'inclinaison est un élément orbital d'un corps en orbite autour d'un autre. Il décrit l'angle entre le plan de l'orbite et le plan de...) de l'orbite de Mercure par rapport au plan de l'écliptique (L'écliptique est le grand cercle sur la sphère céleste représentant la trajectoire annuelle du soleil vue de la Terre. Plus précisement, il s'agit de l'intersection de la sphère...) de Vénus est de 4,33°, ce qui est moins que l'inclinaison de 7,00° par rapport à l'écliptique de la Terre.

Le transit qui s'est produit le 21 mars 1894 est particulièrement intéressant dans la mesure où il y avait deux transits simultanés depuis Saturne : le transit de Mercure (depuis Vénus et Saturne) et le transit de Vénus (depuis Saturne).

Transits depuis Mars

Les transits de Mercure depuis Mars sont beaucoup plus fréquents que ceux depuis la Terre : il s'en produit plusieurs par décennie.

Les robots Spirit et Opportunity (Opportunity est le deuxième rover (ou astromobile) de la mission Mars Exploration Rover de la NASA. Il a atterri sur la planète Mars le 25 janvier 2004 (05:05 UTC) dans la région...) auraient en théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation ou...) pu observer le transit du 12 janvier 2005 (de 14h45 UTC à 23h05 UTC), cependant les seules caméras capables de filmer cet évènement ne pouvaient atteindre une résolution suffisante. Ils ont pu déjà observer les transits de Déimos et de Phobos devant le Soleil, mais avec un diamètre angulaire de 2 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. ...) d'arc, Déimos est à peu près vingt fois plus gros que Mercure, dont le diamètre angulaire fait 6,1 secondes d'arc. Les éphémérides générées par le JPL Horizons (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique,...) indiquent que le robot (Un robot est un dispositif mécatronique (alliant mécanique, électronique et informatique) accomplissant automatiquement soit des tâches qui sont...) Opportunity serait en mesure d'observer le transit depuis son début jusqu'au coucher de Soleil (Le coucher de soleil est le moment auquel le Soleil disparaît derrière l'horizon, dans la direction de l'Ouest. Il s'agit d'un phénomène quotidien causé par la rotation de la Terre. L'expression coucher de soleil ne...) local (à environ 19h23 UTC sur Terre), tandis que le second robot, Spirit, pourrait l'observer depuis son lever de Soleil local (à environ 19h38 UTC) jusqu'au bout.

La période synodique de Mercure depuis Mars est de 100,8888 jours ; elle peut être calculée simplement avec la formule 1/(1/P - 1/Q) où P est la période sidérale de Mercure (87,969 35 jours) et Q la période sidérale de Mars (686,960 10).

L'inclinaison de l'orbite de Mercure par rapport au plan de l'écliptique de Mars est de 5,16°, ce qui est moins que l'inclinaison de 7,00° par rapport à l'écliptique de la Terre.

Transits depuis Jupiter

Comme pour Mars, les transits de Mercure depuis Jupiter sont beaucoup plus fréquents que ceux depuis la Terre. Il s'en produit plusieurs par décennie.

Plutôt que d'observer un transit depuis la surface de Jupiter elle-même, il serait possible de l'observer depuis l'un de ses satellites (Satellite peut faire référence à :) naturels. Naturellement, les heures et les conditions dans lesquelles il serait observé seraient légèrement différentes. Le dernier transit de Mercure visible depuis Jupiter s’est produit le 25 décembre 2005.

Du fait du rayon important de Jupiter, la parallaxe (La parallaxe est l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet.) de Mercure entre le centre de Jupiter et l'un de ses pôles est d'environ 20,5 secondes d'arc, ce qui est à peu près 16 fois le diamètre angulaire apparent de Mercure (1,3 secondes d'arc), ou environ 5,3% du diamètre angulaire du Soleil (environ 6,5 minutes d'arc). Par conséquent, certains transits « manqués » de peu pourraient être vu comme des transits rasants aux pôles de Jupiter.

La période synodique de Mercure depuis Jupiter est de 89,7913 jours ; elle peut être calculée simplement avec la formule 1/(1/P - 1/Q) où P est la période sidérale de Mercure (87,969 35 jours) et Q la période sidérale de Jupiter (4 335,354 50).

L'inclinaison de l'orbite de Mercure par rapport au plan de l'écliptique de Jupiter est de 6,29°, ce qui est légèrement moins que l'inclinaison de 7,00° par rapport à l'écliptique de la Terre.

Transits depuis Saturne

Les transits de Mercure depuis Saturne se produisent « en groupe » (plusieurs transits durant une année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) terrestre) ; ceux-ci apparaissent plus ou moins tous les 30 ans.

De même que pour Jupiter, les transits pourraient être observés depuis l'un des satellites naturels de Saturne (Saturne possède 48 satellites naturels dont l'existence est suffisamment confirmée pour qu'ils soient nommés. 11 autres sont confimés, mais sont toujours désignés de façon temporaire. 3...) plutôt que de la surface de Saturne elle-même, dans des conditions légèrement différentes. Le prochain transit de Mercure depuis Saturne se produira le 30 décembre 2011.

La période synodique de Mercure depuis Saturne est de 88,695 jours ; elle peut être calculée simplement avec la formule 1/(1/P - 1/Q) où P est la période sidérale de Mercure (87,969 35 jours) et Q la période sidérale de Saturne (10 757,736 50).

L'inclinaison de l'orbite de Mercure par rapport au plan de l'écliptique de Saturne est de 6,38°, ce qui est légèrement moins que l'inclinaison de 7,00° par rapport à l'écliptique de la Terre.

La parallaxe de Mercure entre le centre de Saturne et l'un de ses pôles est d'environ 9,1 secondes d'arc, ce qui est à peu près 12,5 fois le diamètre angulaire apparent de Mercure (0,75 secondes d'arc), ou environ 4,3% du diamètre angulaire du Soleil (environ 3,5 minutes d'arc). Par conséquent, certains transits « manqués » de peu pourraient être vus comme des transits rasants aux pôles de Saturne.

Le 21 mars 1894, deux transits simultanés de Mercure et de Vénus se sont produits. Le 8 décembre 2056 se produiront deux transits « manqués » de Mercure et Vénus.

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