Mine de charbon du Sud Nivernais
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La Mine de charbon du Sud Nivernais est un projet d'exploitation du gisement de charbon le plus important d'Europe situé dans le sud de la Nièvre. Une centrale thermique serait aussi créée afin de transformer ce charbon en électricité. Ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) a donné lieu à une forte opposition dénonçant les conséquences environnementales de cette mine de charbon. Cette opposition s'est réunie autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis, Kaupifalco, Megatriorchis,...) de l'association ADSN.

Le gisement de charbon

Le gisement est situé entre les communes de Cossaye et de Lucenay-lès-Aix[1]. Il a été découvert par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en 1986 après 5 ans de recherches. Selon les prévisions de la Seren, la Société d'exploitation des ressources énergétiques du Nivernais, créée pour valoriser ce gisement, la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un...) de charbon que l'on pourrait extraire serait de 67 millions de tonnes en 35 ans, ce qui représente le gisement le plus important d'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...). Le volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) a déplacer serait de 16 millions de m³. L'exploitation de ce filon s’accompagnera d’une centrale thermique (Une centrale thermique est une centrale électrique qui produit de l'électricité à partir d'une source de chaleur. Cette source peut être un combustible...) qui produirait 1000 mégawatts d’électricité par an en utilisant 2 millions de tonnes de charbon — équivalent, selon certains, à l'augmentation en consommation énergétique de la France dans les années à venir.

L'exploitation de la mine se ferait à ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.) ouvert et serait le prélude à la réexploitation d'autres gisements de charbon en France, selon les élus communistes de la Nièvre qui soutiennent le projet. L'investissement serait d'environ 1,4 milliard (Un milliard (1 000 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille...) d'euros et le site créerait de 300 à 400 emplois selon les estimations[2].

Opposition au projet

Une forte opposition au projet s'est peu à peu mise en place dans les communes concernées par la future mine. L'opposition locale s'est réunie autour de l'Association de Défense du Sud Nivernais (ou ADSN).

Face à la montée de la contestation locale, les élus locaux ont demandé qu'un débat (Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions...) public soit organisé. Le jeudi 20 août 2006, dans une lettre ouverte au préfet de la Nièvre, trois élus nivernais : Marcel Charmant, président du conseil général de la Nièvre, Guy Hourcabie, conseiller général du canton de Dornes et le député Christian Paul, demandent que la population du département soit rapidement informée[3].

Selon André Meunier, maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un...) de Cossaye, " l'écrasante majorité " de ses 800 administrés sont " fermement opposés " à la mine. Les habitants s'inquiètent de leur éventuelle expropriation, de la sécurité des installations, des conséquences sur l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels,...) ou du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'emplois qui pourraient être créés pour eux.

Selon les opposants au projet, ce projet est beaucoup trop polluant ; l’investissement total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une...) s’élevant à 1,4 milliard d’Euros pourrait être consacrée au développement d’énergies propres. De plus, selon eux, la région n'y gagnerait pas en terme d'emplois car la pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) générée par la nouvelle centrale freinera le tourisme (Le tourisme est le fait de quitter son domicile, pour des raisons personnelles, pour une durée supérieure à 24 heures. Ce qui implique la consommation d'une nuitée auprès d'un...) et stoppera les activités agricoles des alentours

Enfin, le site classé Natura 2000 se trouvant à proximité du futur site d’exploitation est menacé par le projet.[4].

Le 23 août 2006, Jean-François Hénin annonce un délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une chose, ou à l’expiration duquel on sera tenu de faire une certaine chose....) supplémentaire au sujet du lancement du projet[5]. Le 4 septembre, la préfecture de la Nièvre annonce que l'exploitation de la mine de charbon a été jugée recevable et que les avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel se...) de mise en concurrence et d'enquête publique devraient être publiés prochainement au Journal officiel. Le périmètre (Le périmètre d'une figure plane est la longueur du bord de cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à déterminer la quantité de...) de la concession initialement de 66 km², a été réduit, après consultation de l'opinion publique, à 24,3 km².

Le 23 septembre 2006, Serge Lepeltier, ancien ministre de l'Écologie et du Développement durable (Le développement durable (traduction de Sustainable development) est une nouvelle conception de l'intérêt public, appliquée à la...), est venu soutenir l'association lors d'une réunion. Il a déclaré vouloir aider l'ADSN dans son combat car ce projet est "en totale contradiction (Une contradiction existe lorsque deux affirmations, idées, ou actions s'excluent mutuellement.)" avec la politique énergétique (La politique énergétique est la politique adoptée par une entité vis-à-vis de la gestion de l'énergie.) de la France et de sa signature au protocole de Kyoto. Nelly Olin s'est prononcée contre le projet minier le 5 octobre, le jugeant "beaucoup trop polluant (Le polluant a pour définition la plus souvent retenue : un altéragène biologique, physique ou chimique, qui audelà d'un certain seuil, et parfois dans certaines...)"[6].

Plusieurs autres personnalités politiques se sont prononcés contre ce projet minier, notamment Albert Jacquard, Roselyne Bachelot-Narquin, Ségolène Royal, Corinne Lepage ou Dominique Voynet[7].

Selon le magazine L'Écologiste[8], l'État français est indirectement actionnaire de la Seren, la société qui sera chargée d'exploiter la mine de charbon. L'État français est donc, selon le magazine, en très forte contradiction avec ses promesses de réduction de la pollution et de respect du protocole de Kyoto.

Retombées médiatiques

Le Monde consacre un article à l'affaire [9].

TF1 (TF1 (acronyme de Télévision Française 1) est la première et la plus ancienne chaîne de télévision généraliste française.) s'interroge sur le nouveau futur du charbon dans la Nièvre[10].

Le Journal du Centre consacre un dossier très complet sur l'évolution du projet et de l'opposition citoyenne[11].

Libération met l'accent sur le bras de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique...) qui oppose la société d'extraction et la population locale[12].

Citations

" Un tel projet serait effectivement en totale contradiction avec la politique énergétique menée par la France. Je rappelle que le charbon est l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) qui contribue le plus aux changements climatiques. Le charbon propre ça n'existe pas ! Même si des recherches sont actuellement en cours, il n'est pas possible de séquestrer aujourd'hui la totalité du CO2. La France ne peut pas, d'un côté, avoir signé le protocole de Kyoto et, de l'autre, dire " oui au charbon ". " de Serge Lepeltier, ancien ministre de l'Écologie et du Développement durable, actuel maire de Bourges[13]

Notes et références

  1. Localisation de la zone minière: carte tirée du journal La Montagne (Une montagne est une structure topographique significative en relief positif, située à la surface d'astres de type tellurique (planète tellurique, satellites comme la Lune), et faisant généralement partie d'une...)
  2. Description du projet par l'association ADSN
  3. Projet contesté de mine de charbon dans la Nièvre: reportage de France 3
  4. Une mine de charbon dans la Nièvre : une fausse bonne nouvelle: article d'AVES France au sujet du projet minier
  5. Projet de mine de charbon dans la Nièvre: article tiré de La Grande Époque
  6. Nouvelle annoncée par le site de l'ADSN
  7. Voir les commentaires sur le site de l'ADSN
  8. Climat : des mines de charbon en France ?: article tiré de L'Ecologiste n° 20, sept-oct-nov. 2006, p. 10
  9. Nièvre : le retour du charbon divise les habitants et la gauche locale: article paru dans Le Monde
  10. Le charbon, énergie nouvelle ?: reportage de TF1
  11. Dossier du journal du Centre au sujet du projet minier
  12. Lucenay s'échauffe au charbon : article paru dans Libération
  13. Les opposants au projet s'organisent: article tiré du journal du Centre
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