Informatique de gestion

L'informatique de gestion est le domaine de l'informatique se concentrant sur la programmation de logiciels tournés vers la gestion : comptabilité, finances, ressources humaines, gestion des stocks, logistique, gestion de la production,...

C'est le domaine plus " traditionnel " de l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le...).

(Web, multimédia (Le mot multimédia est apparu vers la fin des années 1980, lorsque les CD-ROM se sont développés. Il désignait alors les applications qui, grâce à la mémoire du CD et aux capacités de l'ordinateur,...), bases de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.), etc.).

Histoire

L’informatique de gestion (L'informatique de gestion est le domaine de l'informatique se concentrant sur la programmation de logiciels tournés vers la gestion : comptabilité, finances,...) constitue, avec les utilisations militaires, industrielles et scientifiques, l'un des domaines essentiels d'application qui ont permis le développement rapide de l'informatique. On peut même dire que l'informatique de gestion est en grande partie à l'origine des méthodes modernes de conception et de réalisation.

Prémices

Avant que l'informatique proprement dite n'apparaisse, son ancêtre la mécanographie traitait des tâches de gestion. Ainsi, la première application mécanographique a permis le traitement automatisé du recensement (Le recensement est une opération statistique de dénombrement d'une population.) américain de 1890. Dans les années 1930, la mécanographie fut employée à des fins de recensement, mais aussi à des fins de gestion industrielle.

Années 1950 à 1970

A partir des années 1950 aux États-Unis, puis dans les années 1960 en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...), les entreprises et les administrations ont réalisé les avantages prodigieux qu'elles pourraient tirer de l'informatique : du traitement des résultats d'un recensement ou d'une élection, à la comptabilité et à la gestion des stocks, la capacité des ordinateurs à enregistrer, traiter et restituer de grandes quantités de données, ainsi que la relative simplicité des traitements nécessaires permettaient à la fois :

  • de réduire considérablement les délais de traitement ;
  • de réaliser des économies très significatives par rapport à un traitement manuel.

Ainsi à partir des années 1970, des firmes comme IBM (International Business Machines Corporation (IBM) est une société multinationale américaine présente dans les domaines du matériel informatique, du logiciel et des...), Honeywell et Bull (Bull est une société française spécialisée dans l'informatique professionnelle.) par exemple, ont conçu des machines et aussi des programmes d'abord destinés aux grandes organisations (services administratifs et fiscaux, sécurité sociale, banques, compagnies d'assurances, mutuelles, etc.). Grâce à leur succès croissant, ces fabricants ont diversifié leur offre en même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) que se sont constituées des compagnies concurrentes. Le COBOL (COBOL est un langage de programmation de troisième génération créé en 1959 (officiellement le 18 Septembre 1959). Son nom est l'acronyme de COmmon Business Oriented Language qui révèle sa vocation...) est rapidement devenu le principal langage de programmation (Un langage de programmation est un langage informatique, permettant à un être humain d'écrire un code source qui sera analysé par une machine, généralement un...) pour les applications de gestion et a permis de constituer des milliers de programmes sur mesure, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en étendant l'utilisation de l'informatique à tous les domaines de la gestion :

  • la comptabilité : comptabilité générale, comptabilité analytique (aujourd'hui on parlera plutôt du contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de gestion),...
  • la facturation des clients et le règlement des fournisseurs,
  • le suivi des comptes bancaires, la gestion de la trésorerie et la prévision financière,
  • la paye et le traitement social des salariés,
  • la planification (La planification est la programmation d'actions et d'opérations à mener) et le suivi de la production de l'entreprise,
  • l'organisation (Une organisation est) et la mesure de l'efficacité commerciale,
  • ...

Réalisant combien l'informatique pouvait leur faire gagner en compétitivité, les entreprises et les grandes collectivités locales se sont donc équipées et ont progressivement organisé leur service informatique interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée...), au sein desquels sont apparues des métiers en nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) croissant :

  • analystes,
  • programmeurs,
  • pupitreurs,
  • opérateurs de saisie,
  • etc.

Par additions successives, services publics et sociétés se sont ainsi chacun constitué un patrimoine applicatif de plus en plus étendu (on parle souvent de millions de lignes de code), qu'il a bien fallu maintenir au cours du temps, pour l'adapter :

  • fonctionnellement à l'évolution permanente des besoins, de la concurrence et des contraintes règlementaires ;
  • techniquement au progrès rapide des ordinateurs, des systèmes d'exploitation et des réseaux de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies...), ainsi que leurs...).

Néanmoins, le développement et l'entretien de ces programmes de complexité (La complexité est une notion utilisée en philosophie, épistémologie (par exemple par Anthony Wilden ou Edgar Morin), en physique, en...) croissante, comportait un inconvénient majeur : les délais et les coûts informatiques augmentaient si vite qu'il devenait de plus en plus difficile de satisfaire les besoins de plus en plus variés exprimés par les autres services utilisateurs de l'entreprise.

Années 1980-1990

Dans les années 1980-1990, l'informatique de gestion a donc progressivement évolué :

  • en planifiant à plus long terme les choix techniques et organisationnels (schémas directeur) ;
  • par la mise au point (Graphie) de méthodes (MERISE) et d'outils (AGL, automates d'exploitation) permettant d'industrialiser et de rationaliser la réalisation, l'exécution et la maintenance des programmes ;
  • par la diversification des langages de programmation (La programmation dans le domaine informatique est l'ensemble des activités qui permettent l'écriture des programmes informatiques. C'est une étape importante de la conception de logiciel (voire de...) (néanmoins le COBOL restera longtemps le plus utilisé) ;
  • en tirant parti des progrès considérables de la miniaturisation et de l'augmentation vertigineuse des capacités de stockage et des performances des ordinateurs et des réseaux ;
  • par l'emploi croissant des réseaux publics pour transmettre des données avec d'autres entreprises ou administrations (systèmes d'échanges bancaires, EDI...) ;
  • par la multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire avec l'addition, la soustraction et la division .) et la spécialisation croissante des activités de l'informatique (conseil, expression de besoins, architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.), documentation, tests, formation, assistance, dépannage, etc.) ;
  • en réutilisant le plus possible de solutions existantes, en particulier en se procurant des logiciels initialement conçus pour d'autres sociétés et en les adaptant au moindre coût aux spécificités de l'entreprise.

Ce dernier point a beaucoup influencé les évolutions de l'informatique en général :

  • standardisation du matériel et des systèmes d'exploitation pour éviter des mises à niveau et des tests incessants ;
  • enrichissement du vocabulaire technique par d'innombrables concepts et acronymes (voir jargon informatique)
  • modélisation et conception des systèmes (par exemple architecture client-serveur (L'architecture client/serveur désigne un mode de communication entre plusieurs ordinateurs d'un réseau qui distingue un ou plusieurs postes clients du serveur : chaque logiciel client peut envoyer des requêtes à un...), orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil à l'équinoxe) et des points cardinaux (nord de la boussole) ;) objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise,...), modèle ISO, ASN.1, XML) ;
  • normalisation des protocoles d'échanges : SQL pour que différents programmes puissent alimenter et extraire sélectivement les données d'un SGBD, X.500 ou LDAP pour mutualiser un annuaire (Un annuaire est une publication (imprimée ou électronique) mise à jour chaque année qui regroupe des informations (nom, adresse, coordonnées, etc.) sur les membres d’une...) et gérer la sécurité d'accès, POP et SMTP ou X.400 pour échanger des messages, NFS, FTAM ou FTP pour transférer des fichiers, RPC pour interroger un autre programme, etc. ;
  • apparition de progiciels et de sociétés de service dont la spécialisation accrue a permis de réduire les coûts de réalisation, d'exploitation et de maintenance tout en augmentant les fonctionnalités des systèmes d'information.

Simultanément se sont très largement répandus les minis puis les micro-ordinateurs qui ont permis aux entreprises moyennes puis de plus en plus petites, ainsi qu'aux collectivités locales et aux associations de s'équiper de programmes très standardisés et simples d'emploi : comptabilité, paye, gestion commerciale, allocations ou prestations sociales, etc. Les grandes firmes ont également pu entreprendre la décentralisation partielle de leurs systèmes informatiques, soit pour équiper succursales ou filiales, soit pour bénéficier des économies rendues possibles par l'emploi de systèmes en plus grand nombre mais moins complexes (downsizing).

En particulier, les années 1990 ont vu l'adoption rapide d'une catégorie particulière de logiciels de gestion, les progiciels de gestion intégrés ou PGI (en anglais ERP) dont la richesse et la relative universalité illustrent bien cette tendance des entreprises à renoncer à des programmes sur-mesure, à décentraliser et à uniformiser leur gestion à l'échelle de toute l'entreprise. De même beaucoup de grandes entreprises et administrations publiques ont désormais recours à l'externalisation (en anglais Facility Management) d'une partie ou de la totalité de leur service informatique, afin de concentrer leurs efforts sur les activités où elles se sentent plus efficaces.

Au cours de la même période, le mouvement dit d'orientation client (Le mot client a plusieurs acceptations :) a donné naissance à des solutions de gestion de la relation client (en anglais CRM), qui associent le plus souvent informatique et téléphonie (La téléphonie est un système de télécommunication qui a pour but la transmission de son et en particulier la transmission de la parole.), voire Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web, en...), pour garantir la prise en compte immédiate et sans faille des commandes et des réclamations des clients, ainsi que leur information sur les livraisons, le service après-vente, les nouveautés, etc.

Toujours à la même époque, les entreprises industrielles ont pu mettre en œuvre des Systèmes de gestion de données techniques qui harmonisent la production documentaire, la nomenclature des pièces et sous-ensembles, les procédés de fabrication, la gestion de la production (La gestion de la production est l'ensemble des activités qui participent à :) et des stocks.

La mise en place de telles solutions est souvent la conséquence de l'intervention de consultants, dont certains cabinets sont devenus très influents. Ils remettent en question l'organisation de l'entreprise et les méthodes de travail et préconisent des solutions nouvelles (Business Process Engineering).

Il est toutefois apparu que les progiciels de gestion intégrés, dont le déploiement a été largement tiré par les contraintes du passage informatique à l'an 2000, ne permettaient pas toujours de traiter les spécificités des métiers de l'entreprise.

Années 2000

Plus récemment, on constate une forte expansion des solutions de gestion électronique des documents (Qu’est-ce qu’un document électronique ?), notamment liée aux progrès technique et à la baisse des prix des solutions de numérisation (La numérisation est le procédé permettant la construction d'une représentation discrète d'un objet du monde réel.) (scanners) , de stockage (disques durs, CD-RW, DVD (Le DVD officiellement Digital Versatile Disc - même si d'autres dénominations sont employées - est un disque optique numérique exploité pour la sauvegarde et le stockage...), et graveurs associés) et de restitution d'images (imprimantes laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme laser provient de l'acronyme...) couleur).

Enfin, le fort taux d'équipements informatique des entreprises, qui est souvent considéré comme un atout compétitif, a très largement contribué à la baisse des prix des matériels et des réseaux, ainsi qu'à leur plus grande ergonomie, sans lesquels le développement fulgurant de l'informatique familiale et d'Internet n'aurait probablement pas eu lieu.

Désormais pour fédérer de multiples systèmes et ainsi pouvoir consolider l'information de plusieurs services et sociétés partenaires (entreprises en réseau) on utilise des systèmes de communication plus ou moins normalisés qui facilitent l'échange de données et même la collaboration (on parle d'interopérabilité) entre des programmes d'origines diverses. Ainsi grâce au middleware (En informatique, un intergiciel (en anglais middleware) est un logiciel servant d'intermédiaire de communication entre plusieurs applications, généralement complexes ou distribuées sur un réseau...) un programme peut puiser des informations dans plusieurs bases de données sans en connaître les spécificités. Les entrepôts de données (Data Warehouse) et les outils d'aide à la décision (Data Mining) facilitent le rapprochement et donc l'analyse des données (L’analyse des données est un sous domaine des statistiques qui se préoccupe de la description de données conjointes. On cherche par ces méthodes à donner les liens pouvant exister entre les...) provenant de plusieurs systèmes d'information.

Bien entendu, le développement mondial du réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle nœud (node)...) Internet a influencé les choix techniques des entreprises : l'utilisation des protocoles TCP/IP s'est généralisée, beaucoup de programmes de gestion sont réalisés comme ceux du Web, à tel point que l'on distingue aujourd'hui :

  • l'Intranet réservé à l'entreprise elle-même ;
  • l'Extranet (Utilisation du "net" dans laquelle une organisation structure le réseau pour s'interconnecter avec ses partenaires commerciaux ou ses parties...) ouvert à ses partenaires (clients, fournisseurs ou co-traitants).

De même, sous l'impulsion du World Wide Web Consortium (W3C), la technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) XML et tous ses dérivés (WSDL, XML-RPC), qui décrivent la structuration des données et les interfaces d'échanges, sont en voie d'adoption par un grand nombre des éditeurs de logiciels et des services informatiques, et vont peu à peu permettre à des programmes de sources variées d'exploiter mutuellement leurs possibilités.

L'interopérabilité (L'interopérabilité est la capacité que possède un produit ou un système dont les interfaces sont intégralement connues à fonctionner avec d'autres produits ou systèmes existants ou futurs.) informatique est appelée à se fonder sur des frameworks globaux tels que RDF, et sur l'utilisation massive (Le mot massif peut être employé comme :) de métadonnées.

Formations

Actuellement, pour répondre au besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins...) du marché du travail, les écoles ont adapté leur cursus et certaines d'entre elles proposent des filières de formation répondant spécifiquement à cette demande de l'informatique de gestion.

En France, la plupart des universités et écoles supérieures de gestion et scientifiques enseignent l'informatique. Il existe toutefois assez peu d'écoles supérieures spécialisées dans l'informatique de gestion.

En Suisse, ce sont les Hautes écoles spécialisées (HES-SO) qui proposent une formation de niveau Bachelor, dont le cursus est très orienté vers la pratique, qui proposent ces formations en 3 ans :

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