Le cerveau, comme une pâte à modeler

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Le travail acharné modifie le cerveau et une étude récente par une équipe de l'Université de Sherbrooke le démontre.
Photo : Hélène Beaudet

Dans la vie de tous les jours, le cerveau alterne entre le repos et l'action. Il est modulé par la stimulation de son environnement, qui lui envoie des informations à la tonne : des images, des sons, des émotions, des mots. Heureusement, le cerveau est prêt à recevoir et à trier le tout; il organise les différents stimuli. Qu'en est-il lors d'une situation d'apprentissage spécifique ? Par exemple, les étudiants qui poursuivent un programme universitaire s'entendent sur le fait que la première année est assez exigeante. C'est le cas des étudiants en médecine. Les apprentissages sont nombreux et reposent sur un champ lexical médical volumineux. « On sous-estime beaucoup le pouvoir de changement neuronal à la suite de l'apprentissage » souligne Kevin Whittingstall, Ph. D en physique, professeur-chercheur à la FMSS et au CRCHUS.  Le travail acharné modifie le cerveau et une étude récente par une équipe de l'Université de Sherbrooke le démontre.

Une photo révélatrice : le cerveau change

Les progrès de la science permettent aux chercheurs d'admirer le réseau impressionnant de neurones qui composent le cerveau. Grâce à l'imagerie par résonance magnétique, outil très populaire et non invasif, les chercheurs obtiennent diverses informations. Les mathématiques et la physique sont au coeur de cet outil, qui encourage le voyeurisme à un niveau millimétrique. Quinze étudiants de médecine ont prêté leur cerveau à la science. L'équipe de recherche a observé leurs structures cérébrales et le portrait était resplendissant : matière grise et matière blanche qui s'entrelacent de façon serrée. Les vaisseaux sanguins artériels sont de la partie, les veines aussi. Les échanges gazeux se devinent. Notre perversion nous pousse à prendre une multitude de clichés chez les étudiants de médecine et à les comparer entre eux, à 1 an d'intervalle. La découverte est fascinante: le cerveau des étudiants a changé après 1 an d'étude en médecine !

«Le génie est 1% d'inspiration et 99% de transpiration» -Thomas Edison

Thomas Edison disait vrai. C'est la pratique, l'effort répété, qui fait une différence au niveau de l'apprentissage. Le cerveau des étudiants en médecine, telle une pâte à modeler, s'est modifié selon les nouvelles compétences à acquérir. Est-ce une question d'exercice mental ou physique ? Les deux, possiblement. Le cerveau cache plusieurs secrets que le monde de la recherche veut percer, mais les vertus de l'exercice physique sont déjà bien connues. L'exercice physique favorise le développement des neurones. L'exercice mental, de son côté, est la clé dans le développement de ramifications supplémentaires au niveau des neurones. Ce sont ces nouvelles ramifications qui forment la synaptogénèse, soit la multiplication des synapses au niveau des neurones. Ce phénomène est comparable à une plante, dont les racines augmentent en nombre et se divisent pour mieux s'enraciner. Il faut arroser les neurones régulièrement, à l'aide de connaissances et d'oxygène.

Un réseau influent de connexions

Des milliards de neurones occupent la boîte crânienne. Les connexions sont à l'image d'un réseau social où les invitations facebook fusent de toutes parts. Les neurones communiquent entre eux. Des vaisseaux sanguins approvisionnent les neurones en sang, en oxygène. Par une action, une pensée, l'être humain peut activer une région du cerveau. Lorsqu'une région en particulier est activée, les vaisseaux sanguins augmentent leur débit dans cette zone. Un type spécial d'imagerie par résonance magnétique permet de déceler cette augmentation de volume sanguin. C'est ainsi que notre équipe de recherche a pu observer une augmentation de volume sanguin chez les étudiants de médecine, dans une région cérébrale spécialisée dans la mémoire.

La mémoire modifie le cerveau

Parmi le magnifique réseau de connexions neuronales du cerveau figure les connections entre  les deux hippocampes qui sont chacun reliés à une région parahippocampique. Comme l'hippocampe, le parahippocampe s'implique dans la mémoire et l'apprentissage. Une atteinte dans ces régions est souvent associée à la maladie d'Alzheimer. Le parahippocampe droit et le parahippocampe gauche ont chacun leur fonction. Le parahippocampe droit s'occupe des informations visuelles dans l'espace et agit tel un GPS pour se localiser, alors que le parahippocampe gauche se parfait dans la mémoire des mots, à l'image d'une encyclopédie ambulante. Malgré qu'il soit gauche, sa mémoire verbale est telle qu'il excelle dans les examens médicaux. Il intègre bien les différents termes et c'est ce qui a permis à ses synapses de se développer chez les étudiants en médecine, selon une étude récente.

En somme, le cerveau des étudiants de médecine a démontré une augmentation de son activation au niveau de la région du parahippocampe gauche après la première année de médecine. Le tout est attribué à un apprentissage intensif de vocabulaire médical. Le fonctionnement du cerveau appuie bien l'adage: la pratique rend parfait. Le cerveau se modèle selon ses apprentissages.

PE
Pendesinialessandro

bonjour
« La découverte est fascinante: le cerveau des étudiants a changé après 1 an d'étude en médecine »…Dit l’article !
Question : ce changement est-il limité aux étudiants de médecine, ou peut-il s’étendre à n’importe quel étudiant, mais pas seulement ?
Ces nouvelles questions nous montrent que le cerveau est une source presque inépuisable d’émerveillement et que de nombreuses questions n’ont pas même été encore imaginées par ce même cerveau qu’on étudie en profondeur. :yxt:

« Il faut arroser les neurones régulièrement, à l'aide de connaissances et d'oxygène »
L’IRMf mesure les variations du débit sanguin dans les différentes régions du cerveau. Cette mesure est en effet un bon reflet de l’activité neuronale présente dans ces régions. Une des difficultés de ces études est la détermination de la tâche de référence, de manière à ce que tâche d’intérêt et tâche de référence ne diffèrent que d’une seule activité.
P.S. : L’IRMf est utile pour étudier les interactions entre les régions cérébrales, elle ne donne qu’une estimation indirecte de la synchronisation neuronale (c’est-à-dire la capacité qu’ont les neurones de décharger leur contenu vésiculaire à la même fréquence temporelle), dans la mesure où les interactions neuronales au sein d’une région ou entre les régions se font avec une précision temporelle de l’ordre de la milliseconde, une résolution temporelle que l’IRMf ne peut (actuellement, à que je sache) atteindre !
NB –A noter que les cellules non neuronales communiquent aussi entre elles mais d’une manière différente de celles des neurones. Le processus électrochimique (et électrique) de la transmission synaptique est unique au tissu nerveux.

« Le cerveau se modèle selon ses apprentissages »…
La règle étant que l’homme, dans son évolution et pendant sa vie, acquiert le caractère du milieu en s’y conformant. En d’autres mots si nous évoluons dans un milieu de voleurs, il y a des probabilités que –à notre tour- deviendrons des voleurs et, bien sûr, le contraire….Ce qui me fait dire (et répéter) que, en très grande partie, nous sommes les autres….. :sarcastic:

avatar
cisou9

________________ :_salut:

Le parahippocampe droit s'occupe des informations visuelles dans l'espace et agit tel un GPS pour se localiser

Le parahippocampe droit chez les femmes est surement atrophié.
Car celles que j'ai connu n'arrivaient pas à lire une carte et on prenais systématiquement la mauvaise direction_!! :lol2: __