Le beffroi de l'Hôtel de Ville de Lille, inauguré en 1932, est le plus haut de la région Nord-Pas-de-Calais. Le projet de sa construction résulte de la destruction de l'ancien Hôtel de ville lors de la Première Guerre mondiale.
L'ensemble architectural, à la fois massif pour l'Hôtel de ville, et exceptionnellement fin et élancé pour son beffroi a été conçu par l'architecte Émile Dubuisson. Pour des raisons de disponibilités foncières et de choix politique, le bâtiment est légèrement décentré par rapport à l'actuel centre-ville. Le beffroi en brique rouge et béton « façon pierre sculptée » culmine à 101 m de hauteur (104 m avec le phare), affirmant la puissance politique et commerciale de la capitale régionale. La brique rouge répond au vert des platanes qui entourent le bâtiment.
Le beffroi accueille une belle collection d'œuvres contemporaines, qui complète celles qui décorent les différentes salles municipales.
| Proche de la station de métro : Mairie de Lille. |
Il est celui d'un mélange original d'Art déco et d'éléments d'architecture régionale flamande. Le haut beffroi domine un ensemble de grandes salles caractérisées par des plafonds très hauts et de vastes espaces intérieurs. À sa base, se trouvent les statues de Lydéric et Phinaert, représentation des deux géants de la légende de la fondation de la ville, sculptés par Carlo Sarrabezolles en taille directe dans le béton en prise, technique nouvelle dont ce sculpteur est l'initiateur.
Surnommé gratte-ciel en Flandre par les Lillois lors de son inauguration, il reste avec ses 400 marches, le bâtiment municipal le plus élevé de France. Les deux beffrois de la Chambre de commerce et, depuis fin 2005, celui du nouveau siège du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais lui répondent, dans la continuité de la tradition flamande des beffrois municipaux.
Le beffroi a été conçu surmonté d'un phare tournant (1 000 watts aujourd’hui) dont le rayon d'action est perceptible à près de 30 km de distance par nuit noire et pure. Symbole du rayonnement de la capitale, et peut-être de sa vigilance, dans le contexte des années 30 où l'on se prépare déjà à une nouvelle guerre. Le phare éclaire le ciel de Belgique, et se voit presque jusqu'à la mer du Nord.
Son éclairage a été entièrement revu à la fin des années 1990, ainsi que celui d'autres grands monuments lillois. S'il a pu être apprécié pour ses qualités esthétiques, sa première version (ci contre) l'a moins été pour sa contribution au halo lumineux, ainsi que pour sa contribution à une pollution lumineuse déjà importante dans cette région. Modulable, il s'est fait un peu plus discret, mais il contribue aux nuisances lumineuses qui gênent l'observation astronomique dans la conurbation et ses environs. Les canons à lumière posés sur les terrasses des immeubles environnants ne sont qu'exceptionnellement allumés, mais les puissants spots encastrés dans le sol, éclairant de bas en haut diffusent dans l'atmosphère urbaine une lumière qui est par ailleurs perdue pour le bâtiment. Par ailleurs la municipalité a dans les années 2000 entamé un important travail de maitrise de l'éclairage et d'économies d'énergie concernant l'éclairage public, qui contribue à fortement diminuer le halo lumineux (35 % d'économies en 2005/2006, pour un éclairage plus performant et sûr).
Ce point élevé fut mis à profit pour y placer des antennes, qui ont notamment permis des opérations test ou pionnières :