Cathédrale Notre-Dame de Paris
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Les orgues de Notre-Dame de Paris

Le grand orgue

Grand Orgue

On pense qu’il y eut des orgues à Notre-Dame dès son édification au XIIe siècle, mais au début ce ne furent sans doute que de petits instruments logés dans le chœur. Un grand orgue fut vraisemblablement construit au cours du XIIIe siècle. Au XIVe siècle, en 1330 les comptes de la cathédrale (Une cathédrale est, à l'origine, une église chrétienne où se trouve le siège de l'évêque (la cathèdre) ayant en charge un diocèse. Toutefois, il existe aujourd'hui des...) font état de rétributions versées à un organiste. Quelques années plus tard la chronique mentionne le nom de Jean de Bruges, organiste et peut-être aussi facteur d’orgues. À cette époque l’orgue était suspendu sous une fenêtre (En architecture et construction, une fenêtre est une baie, une ouverture dans un mur ou un pan incliné de toiture, avec ou sans vitres.) haute de la nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux. La nef comprend le vaisseau central et les éventuels collatéraux (il ne...) (situation que l’on retrouve aujourd’hui dans la cathédrale de Cologne notamment). C’était un orgue encore peu important de 6 pieds, comportant un seul clavier et 4 à 6 tuyaux par note. C’est en 1401 que l’on décida de construire un nouvel orgue sur la tribune située au-dessus du grand portail occidental de la nef sous la grande rosace (Une rosace est une figure symétrique, formée de courbes inscrites dans un cercle à partir d'un point ou bouton central, ayant plus ou moins la forme d'une rose ou d'une étoile stylisée, et utilisée comme motif de...). Depuis lors, cinquante organistes se sont succédé aux claviers de ce grand orgue.

De siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et...) en siècle, le grand orgue s’agrandit et subit de multiples reconstructions. C’est au XVIIIe siècle qu’il atteignit les proportions actuelles. Au fil des siècles, l’orgue bénéficia des diverses améliorations techniques, mais à chaque reconstruction, les facteurs d’orgues conservèrent le meilleur de l’instrumentation antérieure. De ce fait, il existe encore à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...) quelques tuyaux datant du Moyen Âge.

Lors de la révolution, le grand orgue échappa à la destruction et aux déprédations grâce à l’interprétation de musiques patriotiques. C’est ainsi qu’en 1792, l’organiste Balbastre, composa des variations sur base de la Marseillaise et l’air fameux de Ça ira. En 1867-68, suite à la restauration de la cathédrale et de son mobilier dirigée au XIXe siècle par Eugène Viollet-le-Duc (Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (Paris, 27 janvier 1814 - Lausanne (Suisse), 17 septembre 1879) est un architecte français, connu surtout pour ses restaurations...), d’importants travaux d’amélioration furent menés par le facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll.

L’instrument

Les grandes orgues actuelles de Notre-Dame de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au...) résultent au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des...) des travaux successifs de plusieurs grands facteurs d’orgue : Thierry en 1733, François-Henri Clicquot en 1788, Aristide Cavaillé-Coll en 1868 et Boisseau depuis 1960, avec la collaboration de Synaptel en 1992. En 1868, elles comprenaient 86 jeux. À l’heure actuelle, après de multiples ajouts et restauration, elles comptent 111 jeux depuis 1992. On dénombre près de huit mille tuyaux. La transmission est devenue numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et...) pour les cinq claviers ainsi que le tirage des 111 jeux.

I. Grand-Orgue
C–g3
II. Positif
C–g3
III. Récit
C–g3
IV. Solo
C–g3
V. Grand-Chœur
C–g3
Grande Pédale
C-f1
Petite Pédale
C-g1

Violon Basse 16
Bourdon 16
Montre 8
Viole de Gambe 8
Flûte harmonique (Dans plusieurs domaines, une harmonique est un élément constitutif d'un phénomène périodique ou vibratoire (par exemple en électricité : les « courants harmoniques », qui sont des...) 8
Bourdon 8
Prestant 4
Octave 4
Doublette 2
Fourniture 2-5 rgs
Cymbale 2-5 rgs
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Chamades :
Chamade 8
Chamade 4

Chamade REC 8

Montre 16
Bourdon 16
Salicional 8
Flûte harmonique 8
Bourdon 8
Unda (En astronomie, le terme undae désigne un champ de dunes[1] ou plus généralement des formations ou des structures ondulées à la surface d'un corps planétaire. Le terme vient du pluriel du...) Maris (co) 8
Prestant 4
Flûte douce 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Plein jeu 3-6 rgs
Fourniture 5 rgs
Cymbale 4 rgs
Clarinette 16
Clarinette 8
Clarinette 4

Récit expressif :
Quintatön 16
Diapason (En musique, le diapason désigne un outil et une caractéristique des instruments à cordes.) 8
Flûte Traversière 8
Viole de Gambe 8
Bourdon Céleste 8
Voix Céleste (co) 8
Octave 4
Flûte Octaviante 4
Quinte 2 2/3
Octavin 2
Bombarde 16
Trompette 8
Basson Hautbois 8
Clarinette 8
Voix Humaine 8
Clairon 4

Récit classique (fo) :
Cornet 5 rgs
Hautbois 8

Chamades :
Chamade 8
Chamade 4
Chamade Regale 8

Chamade GO 8
Chamade GO 4

Bourdon 32
Principal 16
Montre 8
Flûte harmonique 8
Quinte 5 1/3
Prestant 4
Tierce 3 1/5
Nazard 2 2/3
Septième 2 2/7
Doublette 2
Fourniture 3 rgs
Fourniture 5 rgs
Cymbale 4 rgs
Cornet 2-5 rgs
Cromorne 8

Chamade GO 8
Chamade GO 4

Principal 8
Bourdon 8
Prestant 4
Quinte 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Septième 1 1/7
Piccolo 1
Plein jeu 4-6 rgs
Tuba Magna 16
Trompette 8
Clairon 4

Principal 32
Contre-Basse 16
Soubasse 16
Quinte 10 2/3
Flûte 8
Violoncelle 8
Tierce 6 2/5
Quinte 5 1/3
Septième 4 4/7
Octave 4
Contre Bombarde 32
Bombarde 16
Basson 16
Trompette 8
Basson 8
Clairon 4

Bourdon 8
Flûte 4
Tierce 3 1/5
Quinte 2 2/3
Flûte 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Piccolo 1
Fourniture 3 rgs
Cymbale 4 rgs
Sordun 16
Chalumeau 4
Clairon 2

Chamade REC 8
Chamade REC 4
Chamade Regale 8
Chamade GO 8
Chamade GO 4

Liste des titulaires récents

  • Louis Vierne 1900-1937 (Assistants : Maurice Duruflé et Léonce de Saint-Martin) ;
  • Léonce de Saint-Martin : 1932-1954 ;
  • Pierre Cochereau : 1955-1984 ;
  • Yves Devernay : 1985-1990 ;

Depuis le décès d'Yves Devernay en 1990, les orgues sont tenues par trois co-titulaires:

  • Olivier Latry : 1985 ;
  • Philippe Lefebvre : 1985 ;
  • Jean-Pierre Leguay : 1985.

L’orgue de chœur

L’orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris (Notre-Dame de Paris, parfois simplement Notre-Dame, est la cathédrale de l’archidiocèse catholique de Paris.) est un instrument de 30 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Il comporte deux mille tuyaux et est placé du côté nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) du chœur, au-dessus des stalles (Les stalles sont les sièges en bois qui se trouvent des deux côtés du chœur d'une église. Elles sont réservées aux membres du clergé. Elles s'organisent sur deux niveaux pour...).

I. Grand-Orgue
C–g3
II. Positif
C–g3
Pédale
C–f1

Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Prestant 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Fourniture 2 rgs
Cymbale 4 rgs
Trompette 8
Clairon 4
Chamade 8

Bourdon 8
Viole 8
Prestant 4
Flûte 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Cymbale 4 rgs
Cromorne 8

Tremblant

Flûte 16
Soubasse 16
Flûte 8
Flûte 4
Flûte 2
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Liste des titulaires récents

  • Jacques Marichal : 1934-1987 ;
  • Yves Castagnet : 1988 ;
  • Johann Vexo : 2004.

Historique

Peu après la révolution, au début du XIXe siècle siècle, la mode des orgues de chœur se répandit dans les églises pour pallier le manque de musiciens du culte. L’histoire de l’orgue de chœur de la cathédrale de Paris débute aussi durant cette période, en 1839.

Avant la Révolution, le clergé était nombreux et se chargeait des parties chantées des offices. Il n’y avait dès lors nul besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) de soutien. Ainsi en 1790 à Notre-Dame de Paris, l’on comptait 51 chanoines du chapitre, plus un personnel de 180 ecclésiastiques auquel s’ajoutaient 14 chantres et une Maîtrise (La maîtrise est un grade ou un diplôme universitaire correspondant au grade ou titre de « maître ». Il existe dans plusieurs pays...) de 12 enfants. Le seul accompagnement régulier était celui d’instruments de basses : serpent, contrebasse et basson (actuellement conservés au Musée Notre-Dame). Mais après la Révolution, les effectifs du clergé furent considérablement réduits et la cathédrale, comme d’autres églises parisiennes, eut besoin de renforcer les chœurs par un moyen d’accompagnement adapté et complet.

Un premier instrument, qui ne prit, semble-t-il, jamais place dans le chœur, fut commandé en 1839 pour la Maîtrise de la cathédrale. Construit par la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) Daublaine et Callinet, il fut vite jugé insuffisant pour le chœur de Notre-Dame. Il fut vendu à la paroisse de Cordes-sur-Ciel (Tarn) en 1842. Il a été classé au titre des Monuments Historiques le 11 mai 1977.

Un nouvel instrument, également créé par la maison Daublaine et Callinet, fut installé le 30 avril 1841. Il était placé à gauche de la Pietà de Nicolas Coustou. Pourvu d’un buffet de style néogothique, l’orgue disposait de deux claviers, et d’un pédalier. Il fut entendu pour la première fois le 2 mai 1841 à l’occasion du baptême du Comte de Paris. Mais en 1857, les travaux de restauration de la cathédrale impliquant la modification du mobilier de Notre-Dame redessiné par Viollet-le-Duc, allaient faire disparaître cet instrument, lequel fut vendu à l’église Saint-Étienne de Roanne.

En 1863, on installa un orgue Merklin dans un buffet gothique dessiné par Viollet-le-Duc. Il fut plusieurs fois modifié et restauré. On l’installa au-dessus des stalles du côté nord du chœur. De restauration en restauration, il fut jugé irrécupérable en 1966, et remplacé en 1969 par l’orgue actuel créé par Robert Boisseau.

Fonctions

L’orgue de chœur remplit plusieurs fonctions. Pour les offices quotidiens de semaine il intervient seul, tantôt en solo, tantôt accompagnant et soutenant le chantre ou l’assemblée. Le week-end ou lors de cérémonies importantes, il alterne (Les organes d'une plante sont dits alternes lorsqu'ils sont insérés isolément et à des niveaux différents sur une tige ou un rameau.) avec le grand orgue pour le dialogue (Le dialogue est une communication entre deux ou plusieurs personnes ou groupes de personnes. Il doit y avoir au minimum un émetteur et un récepteur. Une donnée émise, c'est le message. Un code, c'est la langue et/ou le jargon. Un...) entre le chant de la foule et le chant venant du chœur. Enfin l’orgue de chœur est le partenaire privilégié de la Maîtrise de la cathédrale, notamment pour les nombreux concerts et enregistrements, ainsi que pour les offices où la chorale et l’orgue unissent leurs voix.

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