Cathédrale Notre-Dame de Paris
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Histoire

Les étapes de l'édification de la cathédrale

La façade ouest constitue un archétype et un symbole de l’architecture religieuse gothique

On pense qu’au début de l’ère chrétienne il existait à l’emplacement de Notre-Dame, un temple païen, remplacé ultérieurement par une grande basilique chrétienne sans doute assez semblable aux basiliques antiques. Nous ne savons pas si cet édifice, dédié à saint Étienne, a été élevé au IVe siècle et remanié par la suite ou si il date du VIe siècle avec des éléments plus anciens réemployés (hypothèse de la cathédrale (Une cathédrale est, à l'origine, une église chrétienne où se trouve le siège de l'évêque (la cathèdre) ayant en charge un diocèse. Toutefois, il existe aujourd'hui des...) de Childebert Ier, fils de Clovis et de Clotilde).

Quoi qu’il en soit, cette cathédrale Saint-Étienne était de très grandes dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) pour l’époque. Sa façade occidentale, se trouvait à une quarantaine (La quarantaine (venant de l'italien : quaranta giorni, qui signifie 40 jours, ou bien du français : quarantaine de jours) est le fait de mettre à l'écart des personnes ou des animaux durant une certaine...) de mètres plus à l’ouest que la façade actuelle de Notre-Dame et avait une largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la largeur est la plus petite des deux mesures...) à peine inférieure : elle mesurait 36 mètres. Quant à la longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de...) de l’ancien édifice, elle était de 70 mètres, c’est-à-dire un peu plus de la moitié de la longueur de la cathédrale actuelle. Des rangées de colonnes de marbre (Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures (veines et coloris sont dus à des inclusions d'oxydes...) séparaient cinq nefs. L’édifice était orné de mosaïques. Elle était complétée sur son flanc nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) par un baptistère (Un baptistère est un bâtiment spécifiquement destiné à pratiquer le baptême, chez les chrétiens. Comportant une cuve baptismale (elle a parfois...), appelé Saint-Jean le Rond ( Le mot rond caractérise et par abus de langage désigne un cercle ou une sphère. En argot, un rond c'est un sou. Une affaire...). La présence d’un baptistère est attestée avant 451.

La cathédrale Saint-Étienne semble avoir été régulièrement entretenue et réparée, suffisamment en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) cas pour résister aux guerres et aux siècles. Cependant, en 1160, l’évêque Maurice de Sully décida la construction d’un sanctuaire (En anthropologie religieuse un sanctuaire (de sanctus, « sacré») est généralement un lieu ou édifice rendu ou devenu sacré...) d’un nouveau type beaucoup plus vaste. Comme dans l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, les XIIe et XIIIe siècles se caractérisent en effet par une rapide augmentation de la population des villes françaises, liée à un important développement économique, et les anciennes cathédrales étaient un peu partout devenues trop petites pour contenir les masses de plus en plus grandes de fidèles. Les spécialistes estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants en 1180, début du règne de Philippe II Auguste, à 50 000 vers 1220, ce qui en fait la plus grande ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de 200 m chacune, par...) d’Europe, en dehors de l’Italie.

L’architecture de la nouvelle cathédrale devait s’inscrire dans la ligne du nouvel art que l’on appellera gothique ou ogival. Plusieurs grandes églises gothiques avaient déjà été inaugurées à ce moment : l’Abbatiale Saint-Denis, la cathédrale de Noyon et celle de Laon, tandis que celle de Sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du...) était en voie d’achèvement. La construction, commencée sous le règne de Louis VII dura de 1163 à 1345. À cette époque, Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne...) n’était qu’un évêché, suffragant de l’archevêque de Sens.

Première période : 1163 - 1250

Coupe schématique de la grande nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux. La nef comprend le vaisseau...) avec ses deux bas-côtés d’égale hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) et ses tribunes telle qu’elle se présentait en 1220-1230. Vers 1230, suite à l’agrandissement des fenêtres hautes, on remplaça les arcs-boutants supérieurs à double volée par des grands arcs-boutants à simple volée, tels que le montre la photo ci-dessous. Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc (Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (Paris, 27 janvier 1814 - Lausanne (Suisse), 17 septembre 1879) est un architecte français, connu surtout pour ses restaurations de constructions médiévales.), 1856.
Les arcs-boutants de la nef auront bientôt huit siècles d’âge. Ils datent des environs de l’an 1230.
La moitié inférieure de la face sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de la tour sud, fort peu ornée, a des allures austères de forteresse. Cette partie de la tour est flanquée d’une tourelle polygonale percée de meurtrières et abritant un escalier (L’escalier est une construction architecturale constituée d'une suite régulière de marches, les degrés, permettant d'accéder à un étage, de passer d'un niveau à un autre en montant et...) permettant l’accès aux étages supérieurs. La base des tours date des années 1190-1225, c’est-à-dire du règne de Philippe Auguste
L’autel de Notre-Dame au XVIIIe siècle, par Jean-Bapstiste Scotin.

En 1163 a lieu la pose de la première pierre par le pape Alexandre III alors réfugié à Sens, en présence du roi Louis VII. L’essentiel des travaux se fera sous la direction de l’évêque Maurice de Sully (1160-1197) et de son successeur Odon de Sully (1197-1208), ce dernier sans lien de parenté avec le premier. On distingue quatre campagnes d’édification correspondant à quatre maîtres d’œuvre différents dont les noms ne nous sont pas parvenus.

  • 1163-1182 : construction du chœur et de ses deux déambulatoires.
  • 1182-1190 : construction des quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes. La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du chœur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175. Les travaux s’arrêtèrent après la quatrième travée (Une travée, dans le domaine de l'architecture, est une ouverture délimitée par deux supports verticaux constituant les points d'appuis principaux ou les pièces maîtresses d'une construction (piliers, colonnes,...) laissant la nef inachevée.
  • 1190-1225 : construction de la base de la façade et des deux premières travées de la nef. On commença l’édification de la façade en 1208. À partir de cette année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), les portails furent construits et décorés. L’étage de la rose date de 1220-1225. La construction des premières travées de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade.
  • 1225-1250 : partie haute de la façade, et les deux tours. Agrandissement des fenêtres hautes (suppression des petites rosaces) pour remédier à l’obscurité (vers 1230). Simultanément la toiture des combles des tribunes est remplacée par des terrasses, et de nouveaux arcs-boutants, dotés de chaperons à chéneaux, permettent l’évacuation des eaux de pluie (La pluie désigne généralement une précipitation d'eau à l'état liquide tombant de nuages vers le sol. Il s'agit d'un hydrométéore...) de la partie supérieure de l’édifice. On construit les chapelles latérales de la nef entre les culées des arcs-boutants. La tour sud est achevée en 1240 et l’on abandonne la même année l’idée de doter les tours d’une flèche. En 1250 fin de la construction de la tour nord. À cette date la cathédrale est en fait terminée et totalement opérationnelle. Nous sommes en plein règne de saint Louis. Les phases ultérieures de l’édification concerneront des additions, embellissements, réparations et modifications parfois fort importantes.

Deuxième période : 1250 - moitié du XIVe siècle

À cette époque, on s’aperçut que les portails du transept (Le transept est une nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église et lui donne la forme symbolique d’une croix.), construits en style roman, contrastaient par la sévérité de leur style avec la grande façade gothique richement ornée au goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)) du jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début...). La reconstruction des parties romanes fut alors prestement décidée par l’évêque Renaud de Corbeil (1250-1268).

Nous connaissons les noms des maîtres d’œuvre qui se sont succédé durant cette période. Il s’agit de Jean de Chelles (Jean de Chelles, ou Jehan de Chelles, fut un des architectes de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, il commença sa maîtrise d'œuvre en 1258 jusqu'en 1265 date...), Pierre de Montereau (Pierre de Montereau ou Pierre de Montreuil est un architecte français, né vers 1200 et mort le 17 mars 1266 à Paris. Sa vie est assez mal connue et les sources divergent quant à ses œuvres, mais il est...), Pierre de Chelles, Jean Ravy, Jean le Bouteiller et Raymond du Temple.

Jean de Chelles procéda à l’allongement du transept, au nord d’abord (vers 1250), puis au sud. On lui doit la façade nord du transept et sa superbe rosace (Une rosace est une figure symétrique, formée de courbes inscrites dans un cercle à partir d'un point ou bouton central, ayant plus ou moins la forme d'une rose ou d'une étoile stylisée,...). Suite à son décès en 1265, son travail sur le croisillon (Le terme croisillon renvoie à plusieurs significations :) sud fut terminé par Pierre de Montreuil à qui l’on doit la façade sud du transept et sa tout aussi belle rosace. Il mourut en 1267. Pierre de Montreuil avait également achevé les chapelles et la porte rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.). De même, il débuta le remplacement des arcs-boutants du chœur.

Son successeur Pierre de Chelles construisit le jubé (Dans une église, le jubé est une tribune et une clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef. Il tient son nom des premiers mots de la formule latine « jube, domine,...) et commença les chapelles du chevet (En architecture religieuse, le chevet (du latin caput, « tête ») désigne généralement l'extrémité d'une église, parce que, dans les édifices de...) en 1296.

Ces dernières furent achevées par Jean Ravy qui fut maître d’œuvre de 1318 à 1344. Jean Ravy débuta la construction des admirables arcs-boutants du chœur d’une portée de 15 mètres. Il commença aussi la confection de la clôture (Une clôture désigne tout obstacle naturel ou fait de la main de l'homme (barrière) et suivant tout ou partie du pourtour d'un terrain afin de matérialiser ses limites...) du chœur.

En 1344, son neveu Jean le Bouteiller lui succéda jusqu’en 1363.

Après son décès, son adjoint Raymond du Temple termina les travaux, et notamment la superbe clôture du chœur.

Le XVIIIe siècle

Pendant près de trois siècles, on respecta la structure gothique de la grande cathédrale, mais les choses changèrent dès la fin du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV.

La société de cette époque (fin du XVIIe - XVIIIe siècle) n’aimait pas le gothique, jugé art barbare, sombre, archaïque et bien trop austère. Plus d’un prélat rêvait de démolir sa cathédrale gothique pour la remplacer par un sanctuaire classique. L’obstacle principal était le coût des travaux : détruire et reconstruire une cathédrale coûtait extrêmement cher, et la baisse de la piété, constante depuis la Renaissance, n’était guère propice à la collecte de fonds en faveur d’une gigantesque église (L'église peut être :). De plus la noblesse — dont les rois —, jadis grande pourvoyeuse de fonds, était bien trop occupée à se construire de somptueux châteaux et à y mener grand train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour transporter des marchandises), et peut être tracté...) de vie ; quant au petit peuple (Le terme peuple adopte des sens différents selon le point de vue où l'on se place.) des fidèles, il n’avait pas les moyens. On se bornait donc à cette époque à reconstruire, généralement en style classique, ce qui s’était effondré (comme la façade de la cathédrale de Luçon (Luçon (anglais et tagalog : Luzon), est le nom de la plus grande et principale île des Philippines et l'un des trois grands groupes d'îles du pays, les deux autres étant Visayas et...) ou encore l'intégralité de celle de Rennes), ou alors à détruire et remplacer ce que l’on pouvait détruire et remplacer à moindre frais, à savoir les œuvres d’art et la décoration intérieure.

Ainsi dès la fin du XVIIe siècle, Robert de Cotte (Robert de Cotte était un architecte français né en 1656 et mort le 15 juillet 1735. Il fut l'un des grands architectes français dans la lignée des Mansart (il était le...) démolit le jubé, les stalles (Les stalles sont les sièges en bois qui se trouvent des deux côtés du chœur d'une église. Elles sont réservées aux membres du clergé. Elles s'organisent sur deux niveaux pour respecter les deux grades du clergé: - celles...), les bas-reliefs des clôtures, ainsi que des tombeaux, cela pour la réalisation du vœu de Louis XIII fait en 1638. Puis en 1756, les chanoines jugeant l’édifice trop sombre demandèrent aux frères Le Vieil de détruire les superbes vitraux du Moyen Âge et de les remplacer par du verre (Le verre, dans le langage courant, désigne un matériau ou un alliage dur, fragile (cassant) et transparent au rayonnement visible. Le plus souvent, le verre est constitué...) blanc ; après quoi on badigeonna les murs de la cathédrale… Les rosaces furent épargnées. Notre-Dame de Paris fut beaucoup plus touchée par ces changements que les cathédrales des provinces pauvres, dont le clergé n’avait pas les moyens de se payer le saccage de leurs propres églises. Enfin, à la demande du clergé, Soufflot, architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire...) du Panthéon de Paris, fit disparaître le linteau ( Un linteau est un élément d'architecture. Patronyme Paul-André Linteau (1946-) est un historien canadien. André Linteau (1910-1966),...) et une partie du tympan du portail central, y compris une partie du célèbre Jugement Dernier, pour laisser passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) plus aisément le dais des processions.

Le culte de la Raison - Fête de la Raison. Estampe de la collection Hennin (Bibliothèque Nationale), 12 × 20 cm, 1793. Commémoration de la Fête de la Raison célébrée à Notre-Dame le Décadi 20 Brumaire de l’an 2e de la République française, c’est-à-dire le 10 novembre 1793. Dans un décor d’inspiration antique, quelques jeunes filles, prêtresses de la philosophie, célèbrent le culte à la déesse Raison, personnifiée par une jeune femme vêtue d’une tunique drapée et d’un bonnet phrygien.

Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme visèrent la cathédrale : les rois de Juda de la Galerie des Rois de la façade furent décapités et enlevés — on croyait qu’il s’agissait des rois de France. On a retrouvé une bonne partie de ces têtes en 1977, et elles se trouvent actuellement au Musée national du Moyen Âge. Entre autres déprédations, presque toutes les grandes statues des portails furent anéanties et le trésor fut pillé. Le Culte de la Raison fit son apparition à Notre-Dame de Paris le 10 novembre 1793, avec la Fête de la Liberté. Ce culte fut organisé par Pierre-Gaspard Chaumette, et le maître-autel se vit ainsi transformé en autel de la déesse Raison. Fin novembre de cette année, le culte catholique fut d’ailleurs interdit à Paris. La cathédrale fut ensuite transformée en entrepôt (Un entrepôt est un bâtiment logistique destiné au stockage de biens en vue de leur expédition vers un client (interne ou externe à l'entreprise). Il peut être détenu et géré...).

La restauration du XIXe siècle

Notre-Dame de Paris
Devant la rose occidentale de la cathédrale

Peu après la signature du concordat de 1801, la cathédrale fut rendue au culte (18 avril 1802). On procéda rapidement à quelques réfections d’urgence si bien qu'en décembre 1804, Napoléon Bonaparte put s’y sacrer empereur des Français, en présence du pape Pie VII. L’édifice avait été blanchi à la chaux pour la circonstance, puis dissimulé sous des décors de Charles Percier (Charles Percier (Paris, 22 août 1764 - Paris, 5 septembre 1838) fut un architecte néoclassique français, décorateur, qui travailla en association avec son camarade d'études...) et François-Léonard Fontaine. Les drapeaux d’Austerlitz avaient été accrochés aux murs afin de masquer le pitoyable état de l’édifice.

Une fois la paix retrouvée, la cathédrale était dans un tel état de délabrement que les responsables de la ville commencèrent à envisager la possibilité de l’abattre totalement. Le grand romancier Victor Hugo, admirateur de l’édifice, écrivit alors (1831) son roman Notre-Dame de Paris qui eut un énorme succès et avait notamment pour but de rendre le public conscient de la valeur d’un tel monument. Il réussit à créer un large mouvement populaire d’intérêt en faveur de la cathédrale. Son roman avait rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et des sources de lumière et vue...) vie (La vie est le nom donné :) à un monument alors marginalisé et l’avait rendu plus familier aux parisiens. À cela s’ajoutait le poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle...) du nouveau courant européen appelé romantisme qui s’efforçait de donner aux hommes une nouvelle conception du monde (Le mot monde peut désigner :). Par son roman, Victor Hugo contribua largement à sauver le chef-d’œuvre meurtri d’un destin fatal.

Le sort de Notre-Dame focalisa différents courants de pensée : les catholiques bien sûr qui désiraient réconcilier la France avec la piété et la foi d’antan, les monarchistes aussi qui s’efforçaient de renouer avec un proche passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des...), mais aussi le courant laïc épris de générosité.

Exemple de la restitution du programme sculpté effectuée par l’équipe de sculpteurs de Viollet-le-Duc : Statue de saint Denis sur le contrefort (Un contrefort est un renfort (bloc) de maçonnerie massif élevé sur la face extérieure d'un bâtiment voûté et qui sert à contenir les effets d'une charge ou de la poussée des arcs et des...) sud de la façade ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).)
Galerie des Rois
Au centre, le 8e roi représenté par Eugène Viollet-le-Duc, sculpté en 1858 par Chenillon

Le Ministre des Cultes de l’époque décida d’un grand programme de restauration. L’architecte Godde chargé jusqu’alors de l’entretien de l’édifice et dont les méthodes de restauration faisaient l’unanimité contre elles fut écarté. On se tourna vers Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc qui s’étaient distingués sur le chantier de la Sainte-Chapelle (La Sainte-Chapelle est une chapelle qui fut édifiée sur l’île de la Cité, à Paris, à la demande de Saint Louis afin...). Ces derniers déposèrent un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...) et un rapport, et ayant emporté l’appel d'offres en 1844, présentèrent en 1845 un budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.) de 3 888 500 francs, qu’ils durent réduire à 2 650 000, pour la réfection de la cathédrale et la construction d’une sacristie (La sacristie est l'annexe d'une église où le prêtre se prépare pour célébrer la messe; on y conserve les ornements d'église (linges,...). L’Assemblée Nationale vota une loi accordant cette somme et c’est ainsi qu’après de longues années d’attente, la restauration put vraiment débuter. Le maigre budget fut épuisé en 1850. Les travaux s’arrêtèrent. Viollet-le-Duc dut présenter à plusieurs reprises de nouvelles propositions afin que les travaux puissent se terminer. Au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire...) plus de douze millions de francs furent ainsi octroyés. Lassus étant décédé en 1857, c’est lui seul qui termina la restauration le 31 mai 1864.

La construction de la sacristie se révéla un gouffre (Un gouffre désigne généralement, au sens propre, une cavité souvent d'origine karstique dont l'entrée s'ouvre dans le sol (par opposition à une caverne ou une grotte, dont...) financier. Il fallut en effet descendre à neuf mètres avant de rencontrer un terrain stable.

L’état lamentable des maçonneries de la cathédrale était généralisé, la porte rouge par exemple était en ruines. On ne comptait plus les pinacles brisés, les gables effondrés. Quant à la grande statuaire des portails et de la façade, il n’en restait plus grand chose. Les restaurateurs durent effectuer un profond travail de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) afin de restituer (à l’identique si possible, ce qui l’était rarement) les parties dégradées, ce dont témoignent les écrits et dessins de Viollet-le-Duc.

C’est la restitution du programme sculpté de la cathédrale qui constitue la principale réussite des deux architectes. Ils ont d’emblée voulu reconstituer toute l’ornementation sculpturale détruite en s’inspirant ou copiant des œuvres de la même époque et restées intactes (Amiens, Chartres et Reims). Pour ce faire les architectes réunirent une équipe d’excellents sculpteurs sous la direction d’Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume. Beaucoup d’entre eux provenaient de l’atelier de David d’Angers et se connaissaient. Plus de 100 grandes statues furent ainsi créées à destination de l’extérieur, dont les douze statues en cuivre (Le cuivre est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29. Le cuivre pur est plutôt mou, malléable, et présente sur ses surfaces fraîches une teinte rosée à pêche. C'est...) entourant la base de la flèche, œuvres de Geoffroi-Dechaume lui-même, qui témoignent du grand talent de ce sculpteur. Viollet-le-Duc apporta un très grand soin à la réalisation de ces statues. Elles étaient d’abord dessinées par ses soins, puis une maquette grandeur nature en plâtre (Le plâtre est un matériau de construction ignifuge. Il est utilisé sous forme de pâte constituée d'un mélange de poudre et d'eau, ou préparé sous...) était réalisée. On apportait alors les corrections nécessaires jusqu’à ce que l’œuvre soit jugée satisfaisante. À ce moment seulement, on procédait à la réalisation de la statue définitive en pierre. Aucune liberté de création n’était autorisée de la part des sculpteurs dont le travail était totalement contrôlé par les architectes.

Lors de la restauration, la cathédrale fut quelque peu remaniée. La rosace sud par exemple fut pivotée de quinze degrés afin de la faire reposer selon un axe vertical (Le vertical (rare), ou style vertical, est un style d’écriture musicale consistant en accords plaqués.), modification qui, parfois critiquée, était motivée par la nécessité de consolider l’ensemble dont la maçonnerie (La maçonnerie est l'art de bâtir une construction par l'assemblage de matériaux élémentaires, liés de manière non réversible. C'est l'art du maçon...) s’était affaissée. Enfin quelques statues sorties de l’imagination de l’architecte furent édifiées, telles les impressionnantes chimères contemplant Paris du haut de la façade.

La restauration achevée, c’est monseigneur Darboy, archevêque de Paris, qui consacra la cathédrale le 31 mai 1864.

De la restauration du XIXe siècle jusqu’à nos jours

Peu de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) après, la Commune de 1871 faillit anéantir l’édifice. Des émeutiers mirent le feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) à quelques bancs et chaises, mais l’incendie fut vite maîtrisé et ne causa que des dégâts très légers.

La cathédrale passa les deux guerres mondiales sans problèmes notables.

Dans les années 1990, les procédés modernes ont permis de redonner à la pierre extérieure de la cathédrale noircie par les siècles, sa pureté et sa blancheur d’origine. On distinguait deux couches distinctes de pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut...) qui noircissait la pierre :

  • une partie brune correspondant à la partie de la pierre exposée à l’air et aux rayons du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type...)
  • une couche noire de surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...) constituée de gypse (sulfate hydraté de calcium).

La crasse, représentant un danger pour la pierre, a été éliminée. Les sculptures ont été traitées par laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme laser provient de l'acronyme...), micro-gommage et compresses humides afin de pulvériser la poussière sans altérer la patine du temps. Les pierres trop détériorées ont été remplacées par d’autres, identiques, prélevées en région parisienne dans des gisements de calcaire coquillier (Un coquillier est un bateau de pêche traditionnel de la rade de Brest utilisés jadis pour le draguage de la Coquille Saint Jacques à la voile. Ils sont généralement...). De plus, un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un...) de fils électriques, invisibles depuis le sol, a entraîné le départ des pigeons responsables d’altérations importantes au niveau des pierres.

Évènements historiques importants

Le Sacre de Napoléon, tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) de Jacques Louis David, 1805-1808, huile (L'huile est un terme générique désignant des matières grasses qui sont à l'état liquide à température ambiante et qui ne se mélangent pas à l'eau, mais, est cependant plus légère...) sur toile, 610 × 931 cm, Paris, Musée du Louvre – Cette scène se déroule dans le chœur de la cathédrale tel qu’il se présentait à l’époque, avec la décoration des colonnes conçue par Robert de Cotte en 1698.
Conférence du Père Henri Lacordaire à Notre-Dame de Paris, vers 1845, dessin anonyme, mine de plomb (Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82. Le mot et le symbole viennent du latin plumbum.) et aquarelle, Bibliothèque nationale de France (La Bibliothèque nationale de France (BnF) est la plus importante bibliothèque de France. Elle a le statut d'établissement public. Ses activités sont réparties sur différents...).

Notre-Dame bien avant son achèvement est le lieu de moult événements religieux et politiques de l’histoire de France :

  • En 1229, le jeudi saint, Raymond VII de Toulouse y fait amende honorable.
  • Saint Louis, pieds nus, y dépose la couronne d'épines du Christ en 1239, en attendant l’achèvement de la construction de la Sainte-Chapelle.
  • Philippe le Bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la puissance du son. Grandeur sans dimension en dehors du système...) y ouvre les premiers États généraux du Royaume de France en 1302
  • Couronnement du roi Henri VI d'Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants...) en 1431, vers la fin de la Guerre de Cent Ans (1337-1453), à l’âge de dix ans. Il ne fut jamais reconnu. Charles VII fut déjà couronné roi de France en 1429 à Reims.
  • En 1447, Charles VII célèbre par un Te Deum la reprise de Paris.
  • Ouverture du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc en 1456
  • Mariage de Marguerite de Valois, et de Henri de Navarre, futur Henri IV en 1572
  • En 1590, les chefs de la Ligue jurent de ne jamais reconnaitre le huguenot Henri, futur Henri IV.
  • En 1594, le 22 mars, c’est cependant Henri IV qui y rend grâce pour Paris reconquis.
  • En 1660 : Te Deum célébré à l’occasion du mariage de Louis XIV. Le duc de Luxembourg, futur maréchal, surnommé le tapissier de Notre-Dame, apporte ici les drapeaux ennemis.
  • Abjuration de Turenne de sa foi protestante en 1668.
  • Bossuet y prononce l’éloge funèbre du grand Condé en 1687
  • Durant la Révolution, Notre-Dame est transformée en Temple de la Raison : on y célèbre le décadi 20 brumaire an II (10 novembre 1793) la Fête de la Raison.
  • Napoléon Bonaparte s’y sacre (tout seul) empereur des Français, en présence du pape Pie VII le 2 décembre 1804
  • Baptême du Roi de Rome en juin 1811
  • Le 8 mars 1835, à la demande de monseigneur de Quélen, eut lieu la première conférence d’Henri Lacordaire dans le cadre des Conférences de Notre-Dame, spécialement destinées à l’initiation de la jeunesse au christianisme. Celles-ci, interrompues en 1836, reprirent à partir de 1841 et se poursuivirent au long des années 1840.
  • Mariage de Napoléon III le 30 janvier 1853
  • Baptême du Prince impérial en 1856
  • Messe de Te Deum, en action de grâce à Dieu, pour la fin de la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité...) Guerre mondiale, le 9 mai 1945
  • Funérailles nationales de : Maurice Barrès (1923), maréchal Foch (1929), maréchal Joffre (1931), président Raymond Poincaré (1934), maréchal Leclerc de Hautecloque (1947), maréchal de Lattre de Tassigny (01/1952), Paul Claudel (02/1955), maréchal Juin (1967).
  • Cérémonies d’hommage national : général Charles de Gaulle (le 12/11/1970), président François Mitterrand (01/1996), abbé Pierre, (26/01/2007), Sœur Emmanuelle (22/10/2008).
  • Cérémonie œcuménique le 3 juin 2009 pour les victimes du vol 447 Air France (Le vol 447 Air France du 31 mai 2009 était le vol régulier entre l'aéroport international Antônio Carlos Jobim de Rio de Janeiro et l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle de Paris dont...) Rio-Paris.
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