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Bien qu'il ait écrit un certain nombre d'articles sur la Thermodynamique, Georges Bruhat était essentiellement un opticien, spécialisé dans le domaine des cristaux anisotropes, donnant lieu au phénomène de biréfringence, et davantage encore dans celui des milieux appelés « optiquement actifs », présentant un pouvoir rotatoire, et parfois du dichroïsme circulaire. On se reportera avec fruit aux trois articles sur ces phénomènes, ou bien aux 150 pages environ correspondantes dans le livre d'Optique de Bruhat lui-même.
Les premiers travaux de Bruhat sont consacrés à un nouveau phénomène, récemment découvert par Aimé Cotton, à savoir le dichroïsme circulaire : on y observe une polarisation elliptique de la lumière, provoquée par une différence d'absorption entre les deux polarisations circulaires droite et gauche.
Dans la théorie électromagnétique, on représente la différence d'absorption par la différence des indices d'extinction κD et κG, qui sont les parties imaginaires des indices de réfraction complexes (nD + iκD) et (nG + iκG). La théorie électromagnétique permet alors d'établir des relations mathématiques entre les variations en fréquence (ou en longueur d'onde) de la partie réelle nD et de la partie imaginaire κD de la même fonction complexe (et symétriquement avec la lettre G au lieu de D) ; on obtient ainsi les formules de Ketteler-Helmholtz. Bruhat mesure donc, sur le même matériau, les variations en longueur d'onde du pouvoir rotatoire (dépendant des indices réels n), et du dichroïsme circulaire (dépendant des indices imaginaires κ) ; et il vérifie les formules théoriques.
Les variations de l'indice réel et de l'indice d'extinction (imaginaire) des matériaux optiques courants sont généralement beaucoup plus importantes dans la partie Ultra-Violette des longueurs d'onde, alors que les polarimètres d'usage courant ne fonctionnent qu'avec la lumière visible. Bruhat construit donc, dans son laboratoire, un nouveau polarimètre spécialisé pour la lumière U-V, avec toutes les difficultés d'une époque, où les détecteurs photoélectriques sont encore peu sensibles, et les amplificateurs électroniques dans l'enfance. Les mesures réalisées avec cet appareil constituent une oeuvre de pionnier dans le domaine de l'optique qu'il explore.