Hirondelle rustique - Définition

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Description morphologique

Dimensions

Détail de la tête d'une jeune hirondelle rustique

L'Hirondelle rustique mâle adulte, appartenant à la sous-espèce H. r. rustica, mesure 17 à 19 cm de long, dont 2 à 7 cm de plumes allongées de la queue. Il a une envergure de 32 à 34,5 cm, pour un poids de 16 à 22 grammes.

Morphologie et plumage

La silhouette fine et élancée de cette hirondelle la rend aisément reconnaissable. On remarque sa queue largement échancrée, très effilée aux deux extrémités, appelées filets, et ornée d'une petite rangée de taches blanches visible en vol. Le dessus, de la tête à la queue, est bleu sombre et présente un certain éclat métallique. La gorge, les joues et le pourtour du bec sont rouge brique, souligné par une bande pectorale plus sombre, et le dessous de l'oiseau est blanc crème avec des reflets roux. La calotte et la nuque sont bleu-noir, le tour des yeux est noir, tout comme les yeux les courtes pattes, les doigts et le bec. Ce dernier est fin et court. À la différence des autres hirundinidés, son croupion n'est pas marqué de blanc.

La femelle est semblable au mâle, mais les plumes de la queue sont plus courtes, le bleu du dessus et de la poitrine est moins glacé, et le dessous est plus pâle. Les jeunes sont plus ternes, avec une tête d'un roux plus pâle et un dessous plus blanc. Il manque également les longues plumes caudales de l'adulte.

Espèces similaires

Grâce à sa tête rousse et sa bande bleue sur la poitrine, l'Hirondelle rustique adulte est facile à distinguer des espèces d'Hirundo africaine et de l'Hirondelle messagère (Hirundo neoxena) qui partage une partie de son aire de répartition en Australie. En Afrique, les plumes courtes de la queue des jeunes peuvent amener à les confondre avec l'Hirondelle de Guinée (Hirundo lucida), mais cette dernière a une bande plus fine à la poitrine et la queue plus blanche. En Europe, on peut facilement la distinguer de l'Hirondelle de fenêtre car celle-ci possède une bande blanche au niveau du croupion, et n'a pas de filets.

Classification

Taxonomie

L'Hirondelle rustique est décrite pour la première fois par Linnaeus dans son Systema Naturae en 1758 sous l'appellation Hirundo rustica, et caractérisée comme H. rectricibus, exceptis duabus intermediis, macula alba notatîs. Hirundo signifie hirondelle en latin, tandis que rustique signifie « du pays ». Cette espèce est la seule du genre Hirundo à avoir une large aire de répartition en Amérique, alors que la plupart des espèces sont originaires d'Afrique.

Il y a peu de problèmes de taxonomie à l'intérieur du genre, mais l'Hirondelle de Guinée, qui vit en Afrique de l'Ouest dans le bassin du Congo et en Éthiopie a été pendant un temps considérée comme une sous-espèce d'Hirondelle rustique. Elle est un peu plus petite que celle-ci, a une bande bleue plus fine à la poitrine et l'adulte a des plumes plus courtes à la queue. Au vol, on peut également s'apercevoir que son ventre est un peu plus pâle.

Sous-espèces

Six sous-espèces d'Hirondelle rustique sont généralement reconnues. Toutefois, d'autres ont été identifiées dans l'est de l'Asie, comme saturata par Robert Ridgway en 1883, kamtschatica par Benedykt Dybowski en 1883, et mandschurica par Wilhelm Meise en 1934. Devant les incertitudes qui entourent ces sous-espèces, c'est la classification de Turner et Rose, largement reconnue, qui est indiquée ici.

  • H. r. rustica, qui se reproduit en Europe et en Asie, entre le cercle polaire au nord, le nord de l'Afrique, le Moyen-Orient et Sikkim au sud et la rivière Yenisei à l'est. En hiver, elle migre vers l'Afrique, la péninsule arabique et le sous-continent indien. Les hirondelles qui hivernent en Afrique du Sud viennent de toute l'Eurasie pour atteindre des latitudes d'au moins 91°E, et ont parcouru jusqu'à 11 660 km lors de leur migration.
H. r. gutturalis au Japon
  • H. r. transitiva est décrite par Ernst Hartert en 1910. Elle se reproduit au Moyen-Orient, du sud de la Turquie à Israël, et y reste parfois l'hiver, bien que certains oiseaux migrent vers l'Afrique de l'est pour l'hiver. Elle a le dessous du corps rouge-orangé et une bande cassée à la poitrine.
  • H. r. savignii vit toute l'année en Égypte. Elle est décrite par James Stephens en 1817 et nommée en l'honneur du zoologiste français Jules-César Savigny.
  • H. r. gutturalis, décrite par Giovanni Antonio Scopoli en 1786, a le dessous du corps blanchâtre, et une bande pectorale cassée. Le dessous de la tête est couleur noix, le dessous tirant vers le rose chamoisé. Elle se reproduit du centre et l'est de l'Himalaya jusqu'au Japon et la Corée, puis migre pour hiverner à travers l'Asie tropicale, de l'Inde et le Sri Lanka jusqu'à l'Indonésie et la Nouvelle-Guinée à l'Est. Un nombre croissant d'entre elles hivernent en Australie. Elle peut s'hybrider avec H. r. tytleri au niveau de la rivière Amur. On pense que les deux sous-espèces asiatiques étaient autrefois séparés, mais l'expansion des sites de nidification que sont les habitations humaines a permis à leurs aires de répartition de se rejoindre. H. r. gutturalis se rencontre occasionnellement en Alaska et dans le Washington, mais on la distingue facilement de la sous-espèce nord-américaine, H. r. erythrogaster, par le dessous du corps rougeâtre de cette dernière.
H. r. erythrogaster dans l'État de Washington
  • H. r. tytleri, décrite pour la première fois par Thomas Caverhill Jerdon en 1864, et nommée en l'honneur du soldat, naturaliste et photographe britannique Robert Christopher Tyler, a le dessous de la tête orange-rouge profond, et une bande pectorale incomplète. Sa queue est également un peu plus longue. Elle se reproduit en Sibérie et au nord de la Mongolie, et passe l'hiver de l'est du Bengale à la Thaïlande et la Malaisie.
  • H. r. erythrogaster, la sous-espèce nord-américaine, a été décrite par Pieter Boddaert en 1783, et diffère de la sous-espèce américaine par son dessous du corps plus rouge et sa bande pectorale plus fine et souvent incomplète. Elle se reproduit en Amérique du Nord, de l'Alaska au sud du Mexique, et migre pour l'hiver vers les Antilles, le Costa Rica, Panama et l'Amérique du Sud.

Des analyses ADN ont montré que les Hirondelles rustiques nord-américaines avaient colonisé la région du lac Baikal en Sibérie, inversement aux migrations qui s'opèrent habituellement entre l'Amérique du Nord et l'Eurasie.

Hybrides

L'Hirondelle rustique peut s'hybrider avec l'Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota) et l'Hirondelle à front brun (P. fulva) en Amérique du Nord, ainsi qu'avec l'Hirondelle des fenêtres en Eurasie, ce dernier cas étant le cas d'hybridation le plus courant chez les passereaux.

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