La teneur en résidus de pesticides est règlementée au niveau européen (règlement 396/2005 et ses annexes : règlement 178/2006, règlement 149/2008 et modifications). Ces règlements concernent à la fois les denrées alimentaires (alimentation humaine) et les aliments pour animaux.
Un programme multiannuel de suivi des résidus de pesticides dans les aliments végétaux de la Commission européenne est conduit annuellement, basé sur les résultats d’analyses de plus de 30 000 échantillons prélevés dans toute l’Union européenne.
Les résultats sont disponibles sur le site de la DG Sanco (direction générale de la santé des consommateurs de la Commission européenne) : http://ec.europa.eu/food/fvo/specialreports/pesticides_index_en.htm Pour l'année 2006, la présence de pesticides a été décelée dans 49,5 % des fruits, légumes et céréales placés sur le marché de l'UE, le plus haut niveau de contamination jamais enregistré , selon le rapport de la Commission de Bruxelles mais seulement 4,5 % dépassent les limites règlementaires (rapport publié en 2008).
En France, pour l'an 2004 les contrôles de la DGCCRF (Direction de la Concurrence du Ministère des Finances) indiquent :
Ces résultats sont à insérer dans une réflexion critique sur les circuits économiques de la fabrication et de la commercialisation des pesticides. Parmi d'autres, les auteurs des livres Printemps silencieux (Rachel Carson, 1962) et Pesticides. Les révélations sur un scandale français (2007) ont dénoncé la partialité des commissions d'évaluations des risques et des dommages.
La résistance aux pesticides est la résultante d'une sélection d'organismes tolérant des doses qui tuent la majorité des organismes normaux. Les individus résistants se multiplient en l'absence de compétition intraspécifique et ils deviennent en très peu de générations les individus majoritaires de la population.
La résistance est définie par l'OMS comme « l'apparition dans une population d'individus possédant la faculté de tolérer des doses de substances toxiques qui exerceraient un effet létal sur la majorité des individus composant une population normale de la même espèce ».
Elle résulte de la sélection, par un pesticide, de mutants qui possèdent un équipement enzymatique ou physiologique leur permettant de survivre à des doses létales de ce pesticide.
Un pesticide se contente de sélectionner la résistance, mais ne la crée pas.
Depuis le premier cas enregistré (résistance du pou de San José aux polysulfures dans les vergers de l'Illinois en 1905) les cas de résistance ont augmenté de manière exponentielle : 5 cas en 1928, 137 en 1960, 474 en 1980. En 1986, 590 espèces animales et végétales présentaient une résistance : 447 espèces d'insectes ou d'acariens, une centaine de pathogènes des végétaux, 41 espèces de mauvaises herbes ainsi que des nématodes et des rongeurs.
De nombreux cas de résistances aux insecticides sont certes anecdotiques, ne concernant qu'un lieu particulier. Par contre, d'autres se sont généralisées au monde entier, comme pour la mouche domestique Musca domestica résistante aux organochlorés ou le Tribolium (ver de la farine) résistant au lindane et au malathion. Le moustique Culex pipiens a développé des résistances élevées aux organophosphorés.
Toutes les familles d'insecticides peuvent induire des résistances chez les insectes. Les pyréthrinoïdes et analogues des hormones juvéniles n'échappent nullement à la règle, avec 6 cas de résistance aux pyréthrinoides en 1976, explosant à 54 cas en 1984.
En revanche, au niveau taxonomique, les différents ordres d'insectes expriment des sensibilités variées. Les Diptères présentent le plus grand nombre de cas de résistance, suivi par les hémiptères (pucerons et punaises). Les Coléoptères, Lépidoptères et Acariens représentent chacun 15 % des cas de résistance. Par contre, les Hyménoptères (abeilles, guêpes) semblent réfractaires au développement de résistance, sans doute pour des raisons génétiques.
En 1984, on connaissait 17 espèces d'insectes et d'acariens résistants aux 5 principaux groupes de pesticides : Leptinotarsa decemlineata le doryphore de la pomme de terre, Myzus persicae le puceron du pêcher, Plutella xylostella la teigne des crucifères, le ver de la capsule, des noctuelles Spodoptera et des espèces d'Anophèles.
La résistance est parfois recherchée : c'est le cas pour l'acarien prédateur Phytoseiulus persimilis utilisé contre les Tétranyques des serres.
Les cultures les plus concernées par les phénomènes de résistance sont le coton et l'arboriculture fruitière. On peut citer le cas de la mouche blanche Bemisia tabaci (Aleurode) dans les cultures de coton de la plaine de Gézira au Soudan au début des années 1980 ou celui des cicadelles du riz en Extrême Orient et dans le Sud Est asiatique. En particulier, en Indonésie, la lutte chimique contre Nilaparvata lugens s'est avérée impossible au milieu des années 1980, obligeant le pays à se tourner vers un concept de protection intégrée des rizières en 1986.
Les facteurs favorisant l'apparition d'une résistance sont classés en 3 groupes :
Les deux premiers types de facteurs sont inhérents à l'espèce et ne peuvent être -a priori- modifiés par l'homme, qui ne pourra intervenir qu'au niveau du troisième groupe.
Il est possible d'établir une hiérarchisation des facteurs prépondérants à l'apparition des phénomènes de résistance. Les plus importants sont :
Rappelons que l'augmentation de dose appliquée ne fait qu'accroitre la pression de sélection. De même, la multiplication des traitements ne conduit qu'à éliminer les migrants sensibles susceptible de diluer les gènes de résistance. Il faut donc jouer sur les facteurs opérationnels en cherchant à limiter au maximum la pression de sélection. Dans ce but, il faut :
De nombreuses plantes ont été modifiées génétiquement pour être tolérantes à un désherbant total (le glyphosate). Elles contribuent donc à généraliser l'usage de ce désherbant, au risque d'étendre les résistances qui commencent à apparaitre chez certains végétaux.