Bourg
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Introduction

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Voir « bourg » sur le Wiktionnaire.

Un bourg est un grand village où se tient ordinairement un marché. On parle généralement de bourg pour désigner une cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes...) de taille intermédiaire entre le village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée...) et la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont...), sans faubourg ou banlieue (La banlieue désigne communément l'espace urbanisé d'une ville qui est situé dans la continuité du bâti de sa ville-centre et...). Sur le plan administratif, le bourg est le chef-lieu (Un chef-lieu est une ville qui est administrativement prééminente dans une division territoriale ou administrative.) d'une commune dont peuvent dépendre des villages et hameaux.

Cependant, la fonction et l'importance symbolique, économique ou politique du bourg ont pu évoluer au cours des siècles et le terme même a changé de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une...).

Origines du terme

L'étymologie du mot et sa portée historique réelle font encore débat (Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le...) parmi les linguistes et les historiens. Il semble que sa provenance, autant que sa définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) historique soient plus complexes que les réponses généralement apportées dans des ouvrages utilisés comme référence.

Origine latine

Emprunt au latin, issu du grec 
Cette thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet ou du thème qu'il évoque.) est défendue par très peu d'auteurs qui lui préfèrent un terme latin d'origine germanique. Le mot serait issu du latin burgus qui signifie "fortin" à l'origine, dénomination des petits ouvrages fortifiés construits le long du limes (Le limes est le nom, donné par les historiens modernes, au système de fortification romain établi tout au long des frontières de l'empire. Il marque donc la frontière entre l'empire romain et le monde barbare, tel qu'il était...), où le terme est d'ailleurs attesté. Le mot latin vient du terme grec pýrgos, tour. Walther von Wartburg pose aussi cet étymon comme étant partiellement la source du terme français. Ces fortins ou postes frontaliers, lieux d'échanges privilégiés entre les Germanies et les Gaules, ont donné naissance à des agglomérations commerçantes, l'emporium (en Bourgogne uniquement), puis au village ou à la ville non fortifiés.
Emprunt au latin, issu du germanique 
Le bas latin bŭrgus (avec /u/ bref), issu du germanique *burg serait conjointement ou uniquement la source du terme français. Le mot est attesté chez Végèce au IVe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois...) avec le sens de "château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les...) fort" (cf. allemand moderne die Burg, terme féminin), puis au siècle suivant avec le sens de "petite ville, village" chez Sidoine Apollinaire. Burgarii dans le Code Théodosien désigne la "garnison d'un fort", puis chez Isidore de Séville "habitants d'un bourg" (cf. vieux haut allemand burgāri « défenseur du bourg », puis « habitant du bourg », moderne Bürger.).

Ces hypothèses, sommairement exposées, appellent deux remarques : d'une part, elles ne prennent pas suffisamment en compte la phonétique, d'autre part les sources historiques et géographiques (attestations anciennes, localisation, toponymie) sont mal exploitées.

Origine germanique

Pour Lucien Guinet, l'évolution de "fort" à "ville" semble un fait acquis, mais elle n'implique nullement que le français bourg procède du latin burgus, et cela, pour de nombreuses raisons qu'il expose.

Effectivement, le terme burgus latin a pu laisser des traces et il semble que l'espagnol et le portugais burgo, bourg puis quartier de ville, ainsi que les toponymes Burgos et El Burgo de Osma en soient issus, car seul un /u/ long latin: būrgus peut expliquer ces formes, le germanique *burg avec un /u/ toujours bref aurait donné *borgo, *borgos (à noter qu'en vieux castillan, il existe un terme buergo qui procède sans doute du gotique baurgs). Cette hypothèse est renforcée par des toponymes occitans du type Burc (/ü/), qui postulent un /u/ long, alors qu'on trouve également en occitanie la forme Bourg (de Borg, d'où provençal borgada qui a donné "bourgade"). Or, il est douteux que dans une même région, on ait deux évolutions phonétiques différentes à partir d'un même étymon. On peut donc supposer soit l'étymon germanique *burg par l'intermédiaire de l'ancien français borc, soit une francisation d'anciens Burg en Bourg. On constate que le vieux français présente une phonétique différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie...) de ces trois langues qui peut s'expliquer par l'étymon germanique *burg.

Les traces historiques du terme burgus au Bas Empire sont réelles, comme on l'a vu, mais le terme n'est pas utilisé dans les textes officiels, où apparait vicus pour village. À l'époque mérovingienne, vicus est remplacé d'une part par cortis et puis par villa qui de sens de "domaine rural" va passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) au sens de "village". Pendant la période carolingienne, même chose, la documentation disponible (censiers, capitulaires, pouillés et polyptyques) ne fait pas état de burgus, mais de vicus et de villa. Comment expliquer ce long silence, si ce n'est par une disparition du terme latin burgus, balayé par les bouleversements consécutifs à la migration des peuples et à la chute de l'Empire romain ?

Emprunt direct au germanique 
Le terme n'est donc plus mentionné, ou du moins on a perdu sa trace (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission européenne dans le cadre du...), jusqu'au Cartulaire de Cormery (837), en latin médiéval burgus, qui peut être d'ailleurs un emprunt savant. Puis en ancien français dans la Chanson de Roland vers 1080, borc a une nouvelle signification : « place forte » et « nouvelle ville fortifiée ». À cette époque, on trouve aussi la forme burc (prononcé /burc/ avec « ou »), dans le Roland toujours. La forme borc est également attestée dans l' Erec et Enide vers 1164.

En outre, un dérivé issu du latin burgarii (cf. ci-dessus) ne semble pas attesté. On devrait trouver, dans le cas d'une continuité (En mathématiques, la continuité est une propriété topologique d'une fonction. En première approche, une fonction est continue si, à des variations infinitésimales de la variable x, correspondent...) du terme latin un type « burgier, borgier » pour "bourgeois", mais ce n'est pas le cas. On trouve, encore dans le Roland, le terme burgeis qui désigne certes l'habitant du bourg, mais plus spécifiquement l'« habitant du bourg affranchi de la justice féodale », le terme est visiblement une création de l'ancien français au Moyen Âge avec l'adjonction du suffixe -eis (> -ois) qui sert à former avant tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) des adjectifs de nationalité. Un dérivé en -iscus (> -eis) n'est pas attesté en latin, de même qu'aucun dérivé en -isk n'est attesté en germanique semble-t-il.

Dans la toponymie de la France, on remarque que si le nom de lieu Bourg est fréquent, il s'agit de créations relativement récentes, car leurs attestations ne sont pas anciennes et ils n'obéissent pas au mode de composition (déterminant + déterminé) qui a prévalu dans la France du nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), au contraire des appellatifs -ville, -court, -vy ( ou -vic de vicus ) à l'époque mérovingienne et carolingienne sous l'influence probable du germanique. Cependant il existe des exceptions notables, hormis l'Alsace et la Lorraine (La Lorraine est le premier d’une série de deux navires, le second étant La Savoie. C’est, à l’époque, le plus grand paquebot français.) francique de langue germanique bien entendu, il s'agit du Calaisis, du Boulonnais et de la Normandie. On y trouve toute une série de toponymes en -bourg qui ne peuvent ni être des emprunts au latin, ni des formations du Bas Moyen Âge. Ces régions sont connues pour d'autres raisons, pour avoir accueilli des colons saxons et anglo-saxons. L'analyse du premier élément confirme cette hypothèse puisqu'il s'explique par le saxon dans le Boulonnais et par le saxon, le vieil anglais ou le vieux norrois en Normandie, par exemple Bourbourg (en Néerlandais Broekburg) avec brōc ruisseau (Le ruisseau est un petit cours d'eau, au débit faible, alimenté par des sources d'eau naturelles, souvent affluent d'un étang, d'un lac ou d'une rivière.); Cherbourg avec ċiriċe église (L'église peut être :); Jobourg avec eorð terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...); Cabourg (plusieurs noms de lieux de ce type en Basse-Normandie, équivalent des Cadbury et Cadborough anglais); Saint-Aubin-sur-Quillebeuf (jadis « Wambourg », Wamburgum 1025, Weneborc 1217, équivalent des Wanborough anglais); Caillebourg; etc.

En résumé, le latin burgus, fort, très vraisemblablement d'origine germanique, pénétra en Gaule sous l'Empire, où il ne laissa que quelques traces toponymiques dans le midi. Le terme saxon fut introduit vers le Ve siècle dans le Boulonnais et la région de Bayeux, puis à nouveau au Xe siècle par les colons anglo-saxons en Normandie, au sens de "bourg fortifié" et de "village". Il est passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur...) en vieux français par l'intermédiaire des dialectes picards et normands, tout comme le terme hameau (Un hameau (ou un écart) est un groupe d'habitations en milieu rural, généralement trop petit pour être considéré comme un village, et sans église. L'élément...).

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