Homo erectus - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Homo erectus
 crâne de Sinanthrope, l'un des Homo erectus asiatiques
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Famille Hominidae
Sous-famille Homininae
Genre Homo
Nom binominal
Homo erectus
Dubois, 1894

Homo erectus est un représentant fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le reste (coquille, os, dent, graine,...) du genre Homo qui a vécu en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la...) centrale et orientale au Paléolithique inférieur, entre environ 1 million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999) et qui précède un million un...) d'années et 300 000 ans avant le présent. Avant les années 1980, le taxon incluait également des fossiles africains aujourd’hui attribués par beaucoup (mais pas par tous) à Homo ergaster .

Homo erectus signifie littéralement « homme dressé, droit » en latin : ce nom binominal d'espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou...) est un héritage historique lié à la description du fossile de Pithecanthropus erectus par Eugène Dubois en 1894. Il s'agissait alors du plus ancien ancêtre bipède connu d'Homo sapiens, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Homo erectus comporte un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de variantes régionales parfois considérées comme des sous-espèces, dont le pithécanthrope et le sinanthrope.

Historique

À la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du Pithécanthrope

Fossiles découverts par Eugène Dubois ayant servi à définir Pithecanthropus erectus.

Peu après la publication des travaux de Charles Darwin (Charles Robert Darwin (12 février 1809 – 19 avril 1882) est un naturaliste anglais dont les travaux sur l'évolution des...), notamment de L'Origine des espèces en 1859, le biologiste (Sur les autres projets Wikimédia :) et philosophe allemand Ernst Haeckel (Ernst Heinrich Philipp August Haeckel (Potsdam, le 16 février 1834 - Iéna, le 8 août 1919), était un biologiste,...) proposa un arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en général au delà de sept mètres. Les arbres acquièrent une...) généalogique théorique de l’homme dans lequel il fait apparaître un « chaînon manquant », un être intermédiaire entre le singe (Un singe (du latin simius, pluriel Simia) est un animal faisant partie du groupe constitué par l'ordre des primates. Parmi les primates, il n'est pas simple de...) et l’homme. Dans son ouvrage L’histoire de la création naturelle paru en 1868, il nomma cette créature hypothétique Pithecanthropus alalus. Le nom de genre est formé à partir des racines grecques πίθηκος, píthēkos, « singe » et ἄνθρωπος, anthropos, « homme ». Le nom d’espèce est formé sur le préfixe privatif « a- » et le λαλέω / laleô, « parler » : l’absence de langage articulé était en effet considérée comme l’une des caractéristiques nécessaires du Pithécanthrope.

Le médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et blessures de ses...) et anatomiste néerlandais Eugène Dubois, passionné par les nouvelles théories relatives à l’origine de l’homme, entreprit de rechercher les fossiles prouvant l’existence du Pithécanthrope imaginé par Haeckel. Pour cela, il s’engagea comme médecin militaire dans l’armée des Indes orientales néerlandaises. Nommé à Sumatra (Sumatra est une île indonésienne située sur l'équateur. Son nom vient de Samudra, un royaume musulman du XIIIe siècle dans le nord de l'île (en langue malaise,...) en Indonésie (L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie (en indonésien Republik Indonesia), est un pays transcontinental d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Avec...) en 1887, il s’y rendit convaincu qu’il trouverait sous les tropiques les traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission européenne dans le...) d’un être intermédiaire entre l’homme et les grands singes.

Après plusieurs années de recherches infructueuses à Sumatra, il se rendit à Java où il entreprit de fouiller les dépôts alluviaux de la rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve,...) Solo à Trinil, assisté de deux ingénieurs et d’un groupe de prisonniers condamnés aux travaux forcés. En 1890, il découvrit un premier fragment de mandibule (Chez les vertébrés, la mandibule forme la mâchoire inférieure et s'articule avec le crâne au niveau de l'articulation mandibulaire. C'est elle qui porte les dents inférieures qui s'opposent...). En 1891, il découvrit une molaire supérieure droite et une calotte crânienne très particulière, présentant des caractéristiques qu’il considéra comme intermédiaires entre les grands singes et l’homme. En août 1892, il exhuma dans le même site un fémur (Le fémur est l'os de la cuisse. Il s'agit de l'os le plus long du corps humain.) portant une excroissance pathologique mais très proche d’un fémur humain, appartenant incontestablement à un être parfaitement bipède. En 1894, Dubois décrivit ces différents fossiles ainsi que quelques autres dents comme les restes d’une espèce inconnue jusqu’alors, Pithecanthropus erectus, le « singe-homme érigé ».

La publication d’Eugène Dubois fut accueillie avec scepticisme. Aucune forme humaine ancienne n’était connue à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) et les fossiles de l’Homme de Néandertal et de l’Homme de Cro-Magnon suscitaient encore des débats. De nombreux spécialistes doutaient du caractère humain de la calotte de Java et surtout de son association avec le fémur. Des tests physico-chimiques ont démontré depuis que ce fémur appartient très certainement à un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement...) moderne.

La découverte du Sinanthrope

Les premiers restes de Sinanthrope ont été découverts en 1921 par le géologue suédois Johan Gunnar Andersson (en), dans une carrière de Zhoukoudian près de Pékin (Pékin (ou Beijing) (?? ; pinyin : B?ij?ng   Écouter la prononciation en mandarin , « la capitale du nord ») est la capitale et l'un des centres culturels de la République populaire de Chine....), en Chine. Il y recueille des dents, des molaires.

En 1926, le professeur canadien Davidson Black publie la description des fossiles découverts par Anderson qu'il attribue à une nouvelle espèce, Sinanthropus pekinensis. Black reçoit l'aide de la fondation Rockfeller et fouille le site jusqu'à sa mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus...) en 1934, mais ne trouve qu'une seule dent (Une dent est un organe enveloppé d'os, dur, blanchâtre, généralement composé d'une couronne libre et d'une ou plusieurs racines...) supplémentaire, ce qui confirme tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de même la découverte de l'homme de Pékin.

Pierre Teilhard de Chardin (Pierre Teilhard de Chardin (né à Sarcenat, Puy-de-Dôme / France en 1881 et décédé à New-York / Etats-Unis en 1955) était un jésuite, chercheur,...), considéré comme l'un des plus grands paléontologues français de l'époque, prend la direction des fouilles à Zhoukoudian. Il récolte un nombre important de fragments d'hominidés dans la carrière. En 1937, il a déjà récolté notamment 14 crânes, 11 mandibules, 117 dents et 15 fémurs. C'est la première fois que l'on trouve autant de restes correspondant à une même espèce d'hominidé disparu en un même endroit.

La Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une...) Guerre mondiale approche et la fouille s'arrête, notamment pour préserver la sécurité des chercheurs dans le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut...) troublé de l'époque. Les fossiles sont placés dans deux grandes caisses et partent par voie de mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) en direction des États-Unis. Ils n'y arriveront jamais, occasionnant une perte irrémédiable pour l'évolution des connaissances et la recherche sur l'homme de Pékin.

La communauté scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les...) accueillit avec réserve la découverte de l'homme de Pékin, comme lors des précédentes découvertes de l'homme de Néandertal (Un homme de Néandertal ou Néandertalien est un représentant fossile du genre Homo qui a vécu en Europe et en Asie occidentale au...) ou de Cro-Magnon. En ce début du XXe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut...), les esprits commençaient à se faire à l'idée de l'existence d'une forme humaine plus ancienne et plus animale que l'homme de Néandertal. Le fait que l'homme ne soit pas apparu sous sa forme actuelle commence à être accepté.

Des Homo erectus africains ?

« En 1991, Bernard Wood, à l'époque à l'université de Liverpool (L'université de Liverpool (University of Liverpool) est une université anglaise située dans la ville de Liverpool. Elle est en 28e position au...), [a proposé] de désigner sous le nom d'Homo ergaster le groupe africain [de fossilles d’H. erectus], plus généraliste et plus primitif que le groupe indonésien et chinois ». Dans cette optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.), Homo erectus était désormais considéré comme exclusivement eurasiatique.

Ce point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) a été assez largement repris et les fossiles africains autrefois attribués à H. erectus sont souvent présentés aujourd'hui comme relevant d’Homo ergaster, une espèce assez proche des H. erectus asiatiques, mais plus primitive.

Les Homo ergaster ont vécu entre 2,2 et 1 million d'années avant notre ère. Ils descendraient vraisemblablement d’Homo habilis. Leur cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le siège...) atteint une capacité de 850 cm³, ce qui impliquerait une consommation régulière de viande.

Les spécimens découverts mesuraient entre 1,55 m et 1,70 m, pour un poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à...) de 50 à 65 kg. Le dimorphisme sexuel de cette espèce est plus réduit que chez Homo habilis. Le faciès d'Homo ergaster présente encore des caractères archaïques, notamment un fort prognathisme.

D’après l’hypothèse la plus couramment acceptée actuellement, Homo ergaster serait l’ancêtre d’Homo erectus. Il est probable qu’il soit aussi l'ancêtre d'Homo antecessor.

Quelques rares scientifiques sont cependant hostiles à la distinction H. erectus - H. ergaster. Ainsi, pour Fred Spoor, « quand j'ai vraiment examiné les plus petits détails […], j'ai été obligé de conclure qu'il n'y a pas de séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans plusieurs domaines :) claire entre les deux. [Ainsi le fossile KNM-ER 42700 du Kenya] présente en effet des caractères typiquement « asiatiques » : une carène sagittale sur l'os frontal (Un frontal est un équipement informatique.) et l'os pariétal ; des arrangements de la base crânienne […] qui sont reliés avec l'orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil à l'équinoxe) et des points cardinaux (nord de la boussole) ;) du canal auditif identiques à ceux que Franz Weidenreich avait décrit dans les années 1940 pour l'homme de Pékin ».

Page générée en 0.327 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique