Château de Magnanville - Définition et Explications

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Introduction

Château de Magnanville
Période ou style classique
Type château
Architecte François II Franque
Jean-Jacques Huvé (Cet article est rédigé essentiellement à partir des informations tirées de Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle : Dictionnaire biographique et critique, Éditions...)
Début construction 1750
Fin construction 1753
Propriétaire initial Charles Savalette
Destination initiale maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée...) de campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville,...)
Destination actuelle maison de retraite

Latitude (La latitude est une valeur angulaire, expression du positionnement nord-sud d'un point sur Terre (ou sur une autre planète), au nord ou au sud de l'équateur.)
Longitude (La longitude est une valeur angulaire, expression du positionnement est-ouest d'un point sur Terre (ou sur une autre planète).)
48° 58′ 08″ Nord
       1° 40′ 41″ Est
/ 48.9689972, 1.6779333
  
Pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas...) France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune française Magnanville
 
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Château de Magnanville

Le château de Magnanville était un château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers...) français du XVIIIe siècle qui se situait à Magnanville, dans l'actuel département des Yvelines et la région d'Île-de-France, dans un parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à l’agrément. Il se distingue...) de deux cents arpents dominant la vallée (Une vallée est une dépression géographique généralement de forme allongée et façonnée dans le relief par un cours d'eau (vallée fluviale) ou un glacier (vallée glaciaire). Un espace en...) de la Seine entre Mantes et Rosny-sur-Seine.

Reconstruit entre 1750 et 1753 par l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un particulier, une...) François II Franque (François II Franque est un architecte français né à Avignon (actuel département du Vaucluse) le 7 février 1710 et mort à Paris le 28 octobre 1793. Issu d'une...) pour le compte de Charles Savalette, garde du Trésor royal, le château, dont le faste étonna les contemporains, a été détruit au début du XIXe siècle. Un château plus modeste, qui subsiste aujourd'hui, transformé en centre de gérontologie, a été reconstruit en 1807 pour le baron Robillard de Magnanville, régent de la Banque de France.

Histoire

Les seigneurs de Magnanville, mentionnés dès le XIe siècle, relevaient de la châtellenie de Rosny-sur-Seine. On trouve des Magnanville, seigneurs de ce lieu, jusqu'au milieu du XIVe siècle.

Le fief appartient ensuite aux des Landes, auxquels succède François III Briçonnet (1573-1631), maître des comptes puis président de la Chambre des comptes de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine,...), qui épouse vers 1600 Anne des Landes, dame de Magnanville, fille de Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) des Landes, seigneur de Magnanville, conseiller-doyen de la Grand'Chambre du Parlement de Paris. Le fief passe à leur fils, Guillaume III Briçonnet (†1674), conseiller au Parlement de Paris puis Premier président du Grand Conseil, qui le transmet à son fils cadet, Jean-Baptiste Briçonnet (†1698), conseiller à la deuxième chambre des enquêtes puis à la Grand'Chambre du Parlement de Paris, mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général,...) sans postérité.

Les Savalette et la reconstruction du château (1720-1767)

Plan du domaine de Magnanville en 1769.

Le fief devient alors la propriété de Pierre Groust de Lamotte (†1715), chevalier, conseiller du roi. Sa veuve épouse en secondes noces Louis Dupré et vend, en janvier 1720, la seigneurie de Magnanville au fermier général Charles Savalette (1683-1756) pour 900 000 livres.

Celui-ci agrandit le domaine en achetant les terres de Buchelay, Jouy, Fontenay, Soindres, Favrieux, Flacourt, Le Tertre, Boinvilliers, Rosay, Villette, Vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde comprise entre 490 et 570 nm. L'œil humain possède un récepteur, appelé cône M, dont la bande passante est axée sur cette...), Auffreville pour un total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total n'est...) d'environ 7 millions de livres.

De 1750 à 1753, Charles Savalette fait rebâtir le château par l'architecte François II Franque. Le nouvel édifice, d'un faste qui étonne les contemporains, coûte 2 400 000 livres. Selon les Souvenirs du baron de Frénilly : « Parlons enfin de Magnanville où j'allai finir le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) des villégiatures [en 1797]. C'était, il y a environ quatre-vingts ans, un modeste château dans une situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) admirable sur la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) qui domine Mantes, du côté gauche de la Seine. M. de Savalette l'acheta et voulut le réparer. Mais son architecte s'y prit si bien que le château acheva de tomber. Il fallut en construire un autre, et peu à peu cet autre devint un manoir (Un manoir (en latin : manerium) est la résidence ou la demeure (en latin manere : demeurer, rester) d'un noble, son logis seigneurial. Le bâtiment est...) royal en étendue, en magnificence et en décorations intérieures. De superbes jardins français s'élevèrent autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit...), et une avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un monument.) d'une lieue (La lieue (de latin leuca, emprunté au gaulois) est une unité de longueur anciennement utilisée en Europe et en Amérique latine.) partit des portes de Mantes pour arriver aux grilles du château. »

Les énormes dépenses occasionnées par la construction et l'entretien de Magnanville écornèrent la considérable fortune de Savalette et contraignirent son fils, Charles-Pierre Savalette de Magnanville (1713-1797), maître des requêtes et intendant de Tours puis Garde du Trésor royal à la mort de son père, à se séparer du château.

Les Tavernier de Boullongne (1767-1790)

En janvier 1767, Charles-Pierre Savalette vend le domaine, pour la somme de 800 000 livres augmentée de 100 000 livres pour l'ameublement, à Philippe-Guillaume Tavernier de Boullongne, dit de Préninville (1712-1789), receveur général des finances de la généralité de Poitiers en 1749 et fermier général de 1759 à 1789. Selon le baron de Frénilly : « Celui-ci y déploya un luxe digne de l'habitation. Magnanville devint le rendez-vous de la cour et de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les...). Si grand était le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) des appartements de maître et le nombre des amis qui venaient les occuper, que M. de Boullongne avait fait faire en carton un relief (Le relief est la différence de hauteur entre deux points. Néanmoins, ce mot est souvent employé pour caractériser la forme de la surface de la Terre.) du château qui montrait les portes de tous les appartements du premier et du second avec leurs numéros, et, chaque matin, son intendant venait ficher au-dessus de chaque porte le nom de l'ami, de sorte qu'à son lever, le maître du château voyait d'un coup d'œil les visites qu'il avait à rendre. »

L'Empereur Joseph II lui-même, voyageant en France au printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones...) de 1777 sous l'incognito du comte de Falckenstein, honora de sa visite « la charmante maison » de Magnanville : « Il y rencontra le célèbre Jeliotte [célèbre chanteur alors âgé de 64 ans] qu'il pria de chanter. Ce virtuose s'étant placé au clavecin, chanta, à ce qu'on assure, comme au temps où sa voix ravissait toute la France. M. le Comte de Falckenstein l'en remercia dans les termes les plus obligeants. »

Tavernier de Boullongne fait construire une salle de comédie par l'architecte Jean-Jacques Huvé, fils de son intendant, et « afin que rien ne manquât dans ce séjour de satrape, [il] avait fait une collection de tous les costumes imaginables ». Il entreprend de transformer en parc à l'anglaise le jardin à la française des Savalette, mais il n'a pas le temps de le voir pousser : il meurt à la veille de la Révolution en laissant une fortune passablement obérée par ses folles dépenses et surtout par celles de son fils Jean-Baptiste.

Dans son testament du 2 janvier 1783, Boullongne de Préninville doit envisager la vente de son domaine de Magnanville, lequel, dit-il, « dans l'état présent des choses », ne convient plus ni à son fils, ni encore moins à ses petits-enfants. « Je suis donc décidé, ajoute-t-il, à leur en faire le sacrifice, à m'en priver et à le vendre de mon vivant. » S'il ne peut le faire lui-même, il veut que cette vente ait lieu aussitôt après sa mort. Il regarde cette vente « comme essentielle au bien de sa famille dans la position où elle se trouve aujourd'hui ».

Le vicomte Morel de Vindé (1791-1803)

Les enfants de Boullongne de Préninville vendent la propriété le 28 mars 1791 au vicomte Morel de Vindé pour 60 000 livres de rentes sur la Ville de Paris plus 20 000 francs de pot-de-vin ou trousseau donné à chacune des deux filles de Jean-Baptiste de Boullongne.

« L'austérité de la robe, la sage économie du maître et surtout la Révolution, écrit Frénilly, ne laissèrent plus de magnificence que dans les pierres, les meubles et les souvenirs. [...] La vie (La vie est le nom donné :) devint patriarcale, mais avec élégance, bonne compagnie et bonne chère. On ne pouvait y trouver à dire que la solitude que faisaient ces vastes salles autour de quinze à vingt amis, car les personnes qui se cherchent aiment que les murs les rapprochent. À cela près, l'existence y était charmante. Les matinées se passaient dans une liberté complète. Entre le déjeuner et le dîner, on allait chasser, ou bien on montait à cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a évolué au cours des...) avec M. de Vindé qui était fou de cet exercice. Le soir, après la promenade des dames, on faisait des lectures, on jouait des jeux de société, on improvisait des charades ou des proverbes. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le magasin de costumes était à notre disposition. »

Après la mort de sa fille, la comtesse Terray de Rozières, survenue au château, Morel de Vindé, désespéré, vend Magnanville à la condition que l'acquéreur le démolisse et se retire au château de La Celle à La Celle-Saint-Cloud, qu'il acquiert en 1804. En 1803, le château encore meublé et ses dépendances sont acquis par Jean-Baptiste et Théodore Daubresse qui procèdent au morcellement du domaine, vendent le mobilier, exploitent les coupes de bois et font démolir le château.

La reconstruction du château

Ce qu'il en reste est acheté en 1807 par le baron Jacques Florent Robillard de Magnanville (1757-1834), régent de la Banque de France, qui fait refaire l'aile actuellement visible. Après lui, le domaine passe à son fils, le baron Jacques Edmond Robillard de Magnanville (1816-1877). Au décès de celui-ci, sa veuve vend le château en 1878. Il est adjugé au peintre Georges Clairin.

Le comte Alfred de Gramont (1856-1915), fils cadet du duc de Gramont, lui succède en 1898. En 1928, sa veuve vend ce qui reste du domaine, soit 56 hectares, à l'Association Léopold Bellan qui y ouvre un sanatorium et une maison de retraite. Pendant la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure d'angle plan. ...) Guerre mondiale, le bâtiment est transformé en hôpital militaire (Un hôpital militaire est un hôpital tenu par une armée et dont la vocation première est de soigner les soldats et anciens soldats.). C'est aujourd'hui le Centre de gérontologie clinique Léopold Bellan.

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