Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne - Définition

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne,architecte français, né à Paris, le 26 juillet 1711 et mort à Paris le 27 septembre 1778.

Biographie

Petit-fils de Jules Hardouin-Mansart, arrière-arrière-petit-neveu de François Mansart et petit-neveu de Robert de Cotte, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne était le frère cadet de Jean Mansart de Jouy (1705-1783), également architecte. Il était le fils adultérin de Jacques Hardouin-Mansart, comte de Sagonne, et de Madeleine Duguesny, sa maîtresse, devenue son épouse en 1726.

Après une carrière de maitre d'armes puis de mousquetaire du roi de 1727 à 1732, Mansart de Sagonne songea, sur les conseils de son entourage, à renouer avec la profession d'architecte abandonnée par son père. Dès 1733, il entame la restauration d'une maison à Paris, impasse Pecquay, pour Charles Chevestre, seigneur patron de Cintray. En 1734, il érige dans le jardin du couvent des dames de l'Union Chrétienne, dite de Saint-Chaumont, rue Saint-Denis, une maison destinée à la retraite de dames de la bonne société. Il s'agit là de sa première grande réalisation attestée, en collaboration avec le grand ornemaniste rocaille, Nicolas Pineau qu'il ne quittera plus. En 1735, Mansart est admis à l'Académie royale d'architecture, après un séjour en Italie que lui conseilla le duc d'Antin, directeur des Bâtiments du roi. La réputation de Mansart de Sagonne dans le milieu parisien de l'architecture se fait alors grandissante : en 1737, il entre au service du comte de Clermont, prince du sang, abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés. Pour lui, il restaure le palais abbatial ainsi que différentes possessions de l'abbaye en Ile-de-France, et ce jusqu'en 1741. En 1738, le puissant financier Simon Boutin fait bâtir rue de Richelieu, à l'emplacement de l'ancien hôtel de Menars qu'il vient d'acquérir,un ensemble composé d'un grand hôtel pour lui et sa famille, d'un petit hôtel mitoyen pour sa fille et son gendre, et d'une maison à loyer en retour sur la rue Saint-Augustin. Les décors, tant extérieurs qu'intérieurs sont confiés à Nicolas Pineau.La même année et dans la même rue, Mansart de Sagonne érige au n° 50 (actuel hôtel Washington),la maison de Madame de La Mothe, épouse Poisson, mère de la future marquise de Pompadour. Maison où sera signé l'acte de mariage avec Le Normant d'Etiolles.

Les années 1739-1740 voit Mansart de Sagonne se lancer dans la promotion immobilère à travers les projets de lotissements des hôtels de Lesdiguières et de Gramont, projets vite avortés. Mansart n'en continue pas moins son ascension avec une clientèle de plus en plus prestigieuse : en 1740, le comte de Saint-Florentin - un Phélyppeaux de La Vrillière, famille bien connue des Mansart -, célèbre ministre de la Maison du roi,lui confie la réalisation de sa "petite maison" au faubourg Poissonnière (actuel lycée Lamartine ; décor de boiseries de Pineau encore en place en partie). L'année 1742 marque la consécration de sa carrière d'architecte : Mansart de Sagonne est préféré par Louis XV à Ange-Jacques Gabriel pour construire l'église Saint-Louis de Versailles, devenue cathédrale en 1802. En 1746, le roi lui confie la reconstruction du monastère royal de Prouille (Aude), berceau de l'ordre des dominicains. L'architecte est devenu entre temps Premier architecte des Etats de Bourgogne, fonction purement honorifique qui entend faire de lui, le successeur de Jacques V Gabriel sur le chantier du Palais des Etats cher à son aieul Hardouin-Mansart. En 1747, Louis XV songe encore à Mansart de Sagonne dans le projet de transformation du château de Maisons, célèbre réalisation de François Mansart, qu'il veut acquérir pour Madame de Pompadour. En 1750, Mansart sera de nouveau sollicité par le roi sur une réalisation de François Mansart : l'estimation en dernier ressort, dite "tierce estimation", de l'hôtel du prince de Conti sur le quai du même nom, ancien hôtel Guénégaud du Plessis, en vue du projet de reconstruction de l'hôtel de ville de Paris et de l'établissement d'une place royale à cet emplacement.

1750 marque, sur le plan civil, l'une des plus belles réalisations de Mansart de Sagonne en la matière, ainsi que dans les environs de la capitale : le château d'Asnières 1750-1752)pour Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1722-1787),marquis de Voyer, édifice particulièrement emblématique du style rocaille dont les décors furent considérés à juste titre par Bruno Pons parmi les plus originaux et les plus splendides de cette époque. Mansart fut aussi l'auteur du non moins impressionnant "entrepôt général des haras d'Asnières", en grande partie oublié des historiens de l'art, vastes écuries pour 120 chevaux assorti d'un splendide manège, le tout en pierre de taille.

Le milieu du XVIIIe siècle marque assurément l'apogée de la carrière de Mansart de Sagonne : il est engagée alors sur deux projets concomitants de place royale : Paris (1748-1753) et Marseille (1753]. Ce dernier est lié à celui de la reconstruction totale de l'hôtel de ville. S'étant rendu à Marseille à cet effet, Mansart fournit en 1753 les plans et élévations de l'Hôtel-Dieu, confiés à l'architecte de la ville,Claude-Henri-Jacques d'Aggeville. Grâce au marquis de Voyer, l'architecte entre en 1752 au service du duc des Deux-Ponts, Christian IV, prince palatin, en tant que "surintendant de ses bâtiments". Il érige pour lui en Allemagne, le château de Jagersburg, superbe version rocaille du Grand Trianon de son aïeul, parachevé en 1756 par Pierre Patte qui en revendiquera la paternité.

À partir de 1755, le désordre de sa vie privée ainsi que l'hostilité marquée de la critique à l'encontre des promoteurs de l'art rocaille, en cette période du néo-classicisme naissant,portèrent un coup sérieux à la carrière de Mansart de Sagonne. En 1756, il tenta de passer à l'étranger à travers un projet de reconstruction du palais royal de Lisbonne, suite au tremblement de terre survenu en novembre 1755. Ses prétentions exorbitantes - il sollicita notamment d'être décoré de l'ordre du Christ, distinction suprême de la couronne portugaise -, firent ajourner son voyage. Il se retira alors sur sa terre de Lurcy-Lévy (Allier), acquise du marquis de Castries en 1752. C'est à cette occasion qu'il prit le nom de Mansart de Lévy, nom qu'il conservera jusqu'en 1770. En 1759, il se voit contraint de céder cette terre au marquis de Sinéty. Il se retire alors sur la terre voisine de Sagonne (Cher), acquise par son aïeul Hardouin-Mansart et érigé en comté en 1699, terre que lui a abandonnée son père moyennant finance. Les déboires de Mansart de Sagonne ne font alors que s'accumuler : à la mort de son père en 1762, Mansart se voit privé de sa succession, à savoir l'hôtel et le château de Sagonne, par la comtesse de Noailles, arrière-petite-fille légitime de Jules Hardouin-Mansart. Enfant adultérin, Mansart de Sagonne ne parviendra en effet jamais à obtenir ses lettres de légitimation du roi. Ruiné en 1766 suite à un long procès relatif à un marché de bois dans la forêt de Champroux conclu en 1753, forêt située sur sa terre de Lévy, l'architecte dut se réfugier quelques temps chez le prince de Conti, dans son enclos du Temple, afin d'échapper à ses créanciers.

Le mauvais état de sa fortune contraignit Mansart à s'engager sur d'autres voies que celle de l'architecture : il décida ainsi d'embrasser celle d'ingénieur, lançant plusieurs projets de canaux en France (canal de la Marne ; canal de Bourgogne qu'il contribua à relancer ; canal de l'Essonne ; canal de Champagne) et à l'étranger (canal de l'Ebre et de Madrid en Espagne ; canal de Liège en Belgique). Ces projets n'ayant pu aboutir, Mansart de Sagonne entama alors une activité d'inventeur qui ne connaitra guère plus de succès. Il mourut misérablement, rue Saint-André-des-Arts, le 27 septembre 1778, inhumé le lendemain en la paroisse du même nom. Il était, comme il se plaisait à le rappeler lui-même, "le dernier membre" de l'illustre dynastie, n'ayant pas eu d'enfant de son union avec Claude Marchebour qu'il avait épousée en 1734.

Page générée en 0.241 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
A propos - Informations légales - Signaler un contenu
Version anglaise | Version allemande | Version espagnole | Version portugaise