Tique
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Reproduction et cycle de développement

Seules les tiques adultes s'accouplent, au sol avant la quête de l’hôte ou sur l’hôte lui-même.

Toutes les espèces connues de tiques se développent en passant par quatre stades évolutifs distincts :

  1. l'œuf . Certaines espèces pondent un très grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'œufs : on en a par exemple compté 23 891 dans une seule ponte d'Amblyomma nuttalli, une tique (Les tiques (autrefois dites « Tiquet » ou « Ricinus ») constituent l'ordre des Ixodida décrit par Leach en 1815. Cet ordre regroupe aujourd'hui, pour les taxons décrits...) africaine qui parasite les tortues.
  2. la larve (La larve est le premier stade de développement de l'individu après l'éclosion de l'œuf ou la naissance chez un grand nombre d'espèces animales, ayant...) (qui n'a que 3 paires de pattes, griffues),
  3. la nymphe (qui est octopode comme l'adulte mais sans orifice génital)
  4. l’adulte . A ce stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) le dimorphisme sexuel est généralement net (écusson chitinisé) plus développé en face dorsale chez le mâle des ixodidae que chez la femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre...), dont le tégument doit rester souple pour se distendre pour une prise de sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un...) maximale afin d'élaborer ses œufs.

Dans la plupart des cas, durant son cycle de vie (La vie est le nom donné :), une tique change d'hôte à chacun de ces stades

  • Le cycle est dit « triphasique » quand au sortir de l'œuf, la larve se fixe sur un premier hôte qu'elle quitte après y avoir fait son premier repas, c'est-à-dire effectué sa première phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) parasitaire. Elle mue alors au sol, puis doit trouver un nouvel hôte pour son repas nymphal, qui est la deuxième phase parasitaire, après quoi elle se laissera à nouveau tomber au sol pour effectuer la mue de transformation en adulte. Devenue adulte elle recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le cadre...) un troisième hôte pour effectuer le dernier repas ou troisième phase parasitaire (chez ces tiques, les adultes sont toujours plus porteurs de pathogènes transmissibles que la nymphe et la larve, chaque repas étant une chance de contracter les germes). Exemple : Rhipicephalus sanguineus a un cycle triphasique monotrope (c'est-à-dire effectué sur la même espèce-hôte aux 3 stades).

Un petit nombre d'espèces de tiques ne changent pas d'hôte à chaque stade

  • Le cycle est dit « diphasique » quand il ne comporte que 2 phases parasitaires : la larve effectue son repas sur un hôte, puis mue en nymphe et effectue son second repas sur un même hôte avant de se détacher pour se transformer en une tique adulte qui effectuera sa deuxième phase parasitaire sur un deuxième hôte.
  • Le cycle est dit « monophasique » quand la tique effectue tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) son cycle de développement (Il existe différents types de cycles de développement entrant dans la réalisation d'un logiciel. Ces cycles prendront en compte toutes les étapes de la conception...) (3 repas et 2 mues) sur un même individu-hôte. Seule la larve à jeun effectue une quête d'hôte. Exemple : Boophilus microplus.

Stratégies de quête d'hôte

Pendant les phases de « quête », la tique attend un hôte pour s'y accrocher. La quête se fait sur les brins d'herbe (On appelle herbe, dans une acception large, toute plante annuelle ou vivace, non ligneuse, faisant partie des angiospermes (monocotylédones ou dicotylédones), de couleur verte ; dans une...), de graminées, de fougères, etc., en milieu extérieur ouvert pour les tiques exophiles ; elle se fait au sol, à même la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...) ou sur les brindilles des nids et terriers ou les crevasses des grottes, pour les tiques endophiles. Parmi les exophiles, différentes stratégies s'observent :

  • Dispersion (La dispersion, en mécanique ondulatoire, est le phénomène affectant une onde dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences...) des tiques sur un large territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le dictionnaire de...), sur tous types de végétation (La végétation est l'ensemble des plantes (la flore) sauvages ou cultivées qui poussent sur une surface donnée de sol, ou dans un milieu aquatique. On parle aussi de "couverture végétale".). Cette situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) se rencontre surtout dans les zones à conditions climatiques peu sévères.
  • Distributions spatiales et temporelles ciblant des lieux où les chances de rencontre avec l'hôte sont plus favorables : zone d'ombres et de nourrissage en zone aride pour les tiques infestant les mammifères, etc. Par exemple, les larves de Rhipicephalus appendiculatus ou Rhipicephalus zambeziensis en saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ trois mois...) sèche seront surtout trouvées dans la végétation entourant les trous d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) permanents ou sur des herbes dominées par des Acacias, c'est-à-dire là où des ongulés ou d'autres mammifères viendront nécessairement se nourrir et/ou s'abriter du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est...).
  • Des larves semblent aussi pouvoir se laisser transporter en aval par l'eau lors de crues. Elles pourront sur une berge plus éloignée tenter de trouver un autre hôte. En zone aride, les cours d'eau attirent inévitablement de nombreux animaux qui y viennent boire. Ces animaux pourront à leur tour véhiculer la tique, parfois sur de grandes distances, ce qui permet l'entretien de vastes métapopulations, génétiquement riches et donc très adaptables aux modifications de leur environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques...) (et aux pesticides antiparasitaires le cas échéant).
  • Certaines tiques savent remarquablement bien se déplacer sur leur hôte (même animaux lisses à écailles tels que certains serpents, orvets, lézards) ou percer une peau (La peau est un organe composé de plusieurs couches de tissus. Elle joue, entre autres, le rôle d'enveloppe protectrice du corps.) épaisse (de rhinocéros ou de tortue) sans que l'hôte ne les sente (Une sente en odonymie est un petite voie souvent non goudronnée et passant dans des bois. Ce terme vient du latin semita (semita, ae,f.) qui signifie voie latérale à une route ou encore trottoir. Une variante...) et ne cherche à se débarrasser d'elles. Elles sont ensuite très bien ancrées sur leur hôte, et leur piqûre rendue indolore par des anesthésiants injectés avec leur salive (La salive est un liquide biologique sécrété par les glandes salivaires, à l'intérieur de la bouche.) les rend moins détectables. Libres et attachées, elles montrent aussi une très bonne résistance à l'écrasement et une étonnante capacité à échapper aux différentes méthodes de nettoyage de leur hôte (par léchage, grattage, bains de boue (En sédimentologie, la boue est un mélange d'eau et de particules sédimentaires fines de limons et d'argiles.) ou de poussière, auto-épouillage). L'épouillage réciproque (La réciproque est une relation d'implication.), véritable rite social développé par les singes semble une des méthodes les plus efficaces, mais consommatrice de temps).

Ces différentes stratégies peuvent être combinées, avec des variations saisonnières (ex. : concentration autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis,...) de l'eau douce en saison sèche et chaude). Les larves étant mobiles, mais sur d'assez courtes distances, elles peuvent en cas d'insuccès tenter de se déplacer et chercher un lieu plus favorable (ce comportement semble plus fréquent quand il fait plus chaud, chez I. ricinus.

L'ancrage de la tique sur son hôte

Après avoir trouvé une proie (Une proie est un organisme capturé vivant, tué puis consommé par un autre, qualifié de prédateur.) et s'y être accrochée, la tique chemine lentement sur la peau (de quelques minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte...) à plusieurs heures (L'heure est une unité de mesure  :) parfois) pour trouver un emplacement qui lui convient. De fines griffes lui permettent de se stabiliser sur l'épiderme (ces griffes sont plus puissantes chez la larve qui a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins...) de s'ancrer pour pouvoir percer la peau). La tique coupe la peau grâce à des chélicères extériorisables (cachées au repos dans une gaine protectrice) qu'elle enfonce peu à peu ainsi que l'hypostome, aidé par la sécrétion d'enzymes salivaires (protéases) qui provoquent une cytolyse. Au bout de son rostre se forme alors une poche ou chambre de cytolyse. Cette opération, sous l'effet de substances salivaires anesthésiantes, se fait sans douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une remise en cause de son...) pour l'hôte. La tique en quelques heures a ainsi enfoncé tout son rostre. Elle parfait son ancrage par la sécrétion d'une substance, sorte de colle (Une colle ou la glu est un produit de nature liquide ou gélatineuse servant à lier des pièces entre elles. Ces pièces peuvent être de même nature ou de différents matériaux.) biologique dite « cément » (ou « manchon hyalin ») ; cette colle la fixe très fortement au derme. Ainsi fixée, elle peut alors, pendant toute la durée de son repas, alternativement (Pérez-Eid, 2007) aspirer le sang et réinjecter de la salive de manière à agrandir la poche ainsi creusée sous la peau jusqu'à ce que cette poche atteigne un ou plusieurs microcapillaires sanguins, qui crèveront et l'alimenteront directement en sang. Durant ce temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), la tique injecte un cocktail de molécules qui affaiblissent localement l'immunité de l'hôte et insensibilisent le système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, de l'encéphale, de la moelle épinière,...) (ce qui ne fonctionne plus chez des organismes dont le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du...) a été sensibilisé (rendu allergique en quelque sorte) à ces molécules).

Plus le rostre est long, mieux la tique est fixée. Ainsi des tiques brévirostres telles que Rhipicephalus ou Dermacentor s'ôtent facilement de la peau, n'y laissant que leur manchon hyalin, alors que des tiques longirostres telles qu'Ixodes et Amblyomma sont si bien fixées qu'une traction directe leur arrache souvent le rostre, lequel peut causer un abcès (Un abcès est une accumulation locale de pus après nécrose dans une cavité néoformée. Un abcès superficiel peut présenter des symptômes comme rougeur, douleur et chaleur...) ou une infection. Il faut les faire tourner avant de les extraire pour disloquer le cément (ce qui ne suffit pas toujours) ou, mieux, utiliser un instrument spécialisé (type tire-tique).

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