Médecine dans l'Égypte antique - Définition et Explications

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Introduction

La médecine dans l'Égypte antique se réfère à la pratique courante de la médecine dans l’Égypte antique du XXXIIIe siècle avant notre ère jusqu'à l’invasion perse de -525.

Cette médecine très avancée pour l'époque, était le fait d'un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours en relation avec le divin. Le concept de maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) était différent de la définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions...) moderne :

  • en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.),
  • la maladie est la manifestation corporelle de la « prise de possession » du corps du patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.), œuvre d'agents surnaturels (ennemi disposant d'une puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) magique, défunt mécontent, divinité fâchée, etc.),
  • l'enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie (La vie est le nom donné :) éternelle, et sa destruction interdirait de l'espérer (la pire situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans...) pour un ancien égyptien était d'avoir son corps brulé, car le corps était alors perdu).

Il existe une hypothèse sur l'origine des connaissances de la médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain...) égyptienne de l'Antiquité, qui voudrait qu’elle soit une « copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation mésopotamienne est postérieur à celui de l'Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction...) de cet article encyclopédique.

Les médecins égyptiens pratiquaient une petite chirurgie (La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les tissus, notamment par incision et suture. Un médecin spécialisé dans cette...), non invasive, la réduction des fractures, disposaient d'une riche pharmacopée et se servaient de formules magiques. Bien que les remèdes de l'Égypte antique soient souvent considérés dans la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de...) moderne comme des incantations magiques et des ingrédients douteux, les recherches en égyptologie biomédicale montrent qu'ils étaient souvent efficaces et que soixante-sept pour cent des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973, en dehors des règles de stérilisation. Les textes médicaux précisent les étapes de l’examen clinique, du diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση, gnósi, „la...), du pronostic et les traitements qui étaient souvent rationnels et appropriés.

Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyri, de récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d'ostraca.

Sources historiques

Sources écrites

Le papyrus Edwin Smith est un texte de médecine égyptienne antique (qui remonte peut-être à une date aussi lointaine que -2600) et qui traite du diagnostic et du traitement des blessures.
Le traitement du cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée. Ces cellules...) dans le papyrus Ebers : en remède contre une tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de volume d'un tissu, clairement délimitée sans...), le dieu Xenus, recommande « tu t’abstiendras »

Jusqu'au XIXe siècle, les principales sources d'information sur la médecine égyptienne antique ont été les écrits de l'Antiquité tardive. Homère en -800 remarquait dans l’Odyssée : « En Égypte, les hommes sont plus qualifiés en médecine que tous les autres hommes » et « les Égyptiens avaient dans le domaine de la médecine davantage de compétence qu’en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) autre art. ». L'historien grec Hérodote s'est rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de...) en Égypte aux environs de -440 et en a rapporté des descriptions détaillées, de leurs pratiques médicales. Pline l'Ancien a également dit grand bien d’eux dans son œuvre historique. Hippocrate (Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (en grec : Ἱπποκράτης), né vers 460 av....) (le père de la médecine), Hérophile, Érasistrate et plus tard Galien ont étudié au temple d’Amenhotep et ont reconnu la contribution de l'Égypte antique à la médecine grecque.

En 1822, la découverte de la pierre de Rosette a finalement permis la traduction des inscriptions hiéroglyphiques et des papyrus de l'Égypte antique, dont de nombreux textes consacrés à des thèmes médicaux. L'intérêt pour l’égyptologie qui s’en est résulté au cours du XIXe siècle a conduit à la découverte de documents médicaux écrits :

  • les papyri médicaux : papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith, papyrus Hearst et d'autres encore qui remontent à 3000 ans avant notre ère. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire vient de rejoindre les collections du Louvre (2007) :
    • le papyrus Edwin Smith est un manuel de chirurgie et d’observations anatomiques détaillées traitant de l’examen, du diagnostic, du traitement et du pronostic pour de nombreuses affections. Il a probablement été écrit vers -1600, mais est considéré comme une copie de plusieurs textes antérieurs. Les connaissances médicales qu’il contient remontent à 3000 ans avant notre ère. Imhotep pendant la IIIe dynastie est considéré comme l'auteur du texte du papyrus original et le fondateur (Le Fondateur (titre original : Founding Father) est une nouvelle de science-fiction d'Isaac Asimov, parue en février 1965, et publiée en français dans le...) de la médecine égyptienne antique. Les premières interventions chirurgicales connues ont été réalisées en Égypte aux environs de -2750 (voir § La chirurgie).
    • le papyrus Ebers (v. -1550) est rempli d'incantations et d’imprécations épouvantables destinées à chasser les démons responsables des maladies et comprend également 877 prescriptions. Il contient peut être également la plus ancienne référence documentée à des tumeurs, si le peu qu’on ait compris de la terminologie médicale de l’antiquité a été correctement interprété. D'autres informations proviennent des peintures qui ornent souvent les murs des tombes égyptiennes et de la traduction des inscriptions qui les accompagnent. Le tombeau d’Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie (vers -2200) représente ce qui ressemble au déroulement d'une cérémonie de circoncision.
  • les ostraca médicaux : en Égypte antique, ce terme est appliqué à des éclats de calcaire ou des fragments de poterie sur lesquels le scribe, ou l'apprenti (Un apprenti est une personne qui apprend un métier. Dans un contexte moderne, c'est un jeune professionnel qui suit une formation en alternance entre une...) scribe, inscrivait un texte ou faisait un dessin rapide. Le coût du papyrus ne permettait pas d'utiliser ce support pour des notes écrites non officielles, des dessins explicatifs ou satyriques, et encore moins pour apprendre l'écriture hiéroglyphique.
  • les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).

Les sources archéologiques

Les progrès de la technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) médicale moderne ont également contribué à la compréhension de la médecine égyptienne antique. Les paléopathologistes ont été en mesure d'utiliser les rayons X et plus tard le scanner (Un scanneur, ou numériseur à balayage est l'équivalent du terme anglais scanner, qui vient du verbe anglais to scan, signifiant « balayer » dans le sens de « parcourir une certaine étendue ».) pour visualiser les os et les organes des momies. La microscopie (La microscopie est l'observation d'un échantillon (placé dans une préparation microscopique plane de faible épaisseur) à travers le microscope. La microscopie permet de rendre visible des éléments invisibles à l'œil nu, soit par...) électronique, la spectrométrie de masse (La spectrométrie de masse (mass spectrometry ou MS) est une technique physique d'analyse permettant de détecter et d'identifier des molécules d’intérêt par mesure de leur masse, et de...) et diverses techniques médico-légales ont permis aux scientifiques d’avoir un aperçu unique de l'état de santé en Égypte il y a 4000 ans.

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