Phobie
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Introduction

En psychopathologie le terme phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de souffrances psychiques qui se présentent de manière différente chez l'enfant où elles sont souvent sans conséquence, ou chez l'adolescent et l'adulte. Lorsqu'elles prennent valeur de symptômes, elles doivent être appréciées comme un signe d'une souffrance psychique. En psychanalyse (Dans le définition qu'en donnait Sigmund Freud , la psychanalyse est le nom :) la phobie (En psychopathologie le terme phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de souffrances psychiques qui se...) ne saurait constituer un procesus pathologique indépendant et c'est pour cela qu'elle est rattaché à l'hystérie (La définition de l'hystérie donnée par Antoine Porot est : « une disposition mentale particulière, tantôt constitutionnelle et permanente,...) d'angoisse.

Dans l’approche béhavioriste

Épidémiologie comportementale

Dans les classifications comme le DSM ou le CIM, ces réactions doivent être suffisamment invalidantes pour que l’on puisse parler de phobie. Les phobies sont les formes les plus fréquentes de la famille des troubles anxieux. On estime que 5 à 25 % de la population générale souffre de phobie(s). Les phobies représentent même la pathologie (La pathologie, terme provenant du Grec ancien, est littéralement le discours, la rationalité (λογία logos) sur la souffrance (πάθος pathos),...) psychiatrique la plus fréquente chez les femmes, et la 2e plus fréquente chez les hommes.. Le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση,...) nécessite d'écarter toute origine organique (La chimie organique est une branche de la chimie concernant la description et l'étude d'une grande classe de molécules à base de carbone : les composés organiques.) de la symptomatologie (notamment, des urgences (Dans le langage courant, les urgences sont le service d'un hôpital qui s'occupe de recevoir les malades et les blessés qui se présentent...) pouvant avoir la même présentation - Infarctus (Un infarctus est défini par la mort brutale et massive de cellules (nécrose irréversible d'une partie d'un organe), en rapport avec un manque d'oxygène.), Embolie pulmonaire (On parle d’embolie pulmonaire lorsqu'un caillot circulant dans le sang va boucher le système artériel irriguant le poumon. C’est l'une des...), Phéochromocytome, AVC, hypoglycémie…), une névrose (En psychiatrie et en psychopathologie psychanalytique, le terme névrose désigne des troubles psychiques sans lésion organique démontrable. Le sujet reste conscient de sa...) plus structurée, un trouble dysthymique ou une psychose (Le terme psychose, introduit au XIXe siècle, désignait la folie et l'aliénation. C'est un terme général qui désigne les affections mentales les plus graves, caractérisées par une atteinte globale de la...) (phobies atypiques). La phobie se caractérise par une peur irrationnelle et majeure en présence du stimulus phobogène, pouvant évoluer vers une attaque de panique si l'évitement n'est pas possible.

Les phobies ne deviennent des « pathologies » que lorsqu'elles entraînent une souffrance importante chez le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.), et une détérioration de sa qualité de vie (La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et en science politique. On utilise les notions proches...). Elles deviennent alors invalidantes de par les symptômes en présence du stimulus phobogène, et de par les stratégies que doit mettre en place le patient afin de les éviter.

A noter que photophobie et hydrophobie ne désignent pas des phobies d'ordre psychologique, mais sont des réactions à des stimuli physiquement insupportables en raison d'un état médical particulier :

  • Photophobie, crainte de la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière...), un des symptômes possibles de la méningite (Une méningite est une inflammation des méninges, le plus souvent d'origine infectieuse.).
  • Hydrophobie, crainte de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.), désignant, dans le cas d'un patient atteint de rage (La rage est une maladie virale grave touchant les mammifères dont l'Homme. Elle est causée par un virus qui provoque une encéphalite. Zoonose assez commune, elle touche surtout les carnivores. Les symptômes sont...), l'impossibilité à avaler les liquides, dans la mesure où ceux-ci entraînent un spasme laryngé.

Classification et signes visibles

La classification comportementaliste sépare les phobies en trois catégories :

  • les phobies spécifiques (ou phobies «simples»), où les symptômes sont déclenchés par un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut...) externe : souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de...), avions, sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté d’environ 5 litres...), etc. Souvent négligées par l'entourage et parfois tournées en ridicule, elles peuvent être source de détresse psychologique majeure, et, dans certains cas, d'un impact sérieux sur la qualité de vie (La vie est le nom donné :) (phobie des transports (Le transport, du latin trans, au-delà, et portare, porter, est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre.), phobie des animaux, phobie des phénomènes naturels…).
  • les phobies sociales, à savoir la peur d’interagir avec les autres, de réaliser certaines actions devant d’autres personnes, par exemple la blemmophobie (peur du regard des autres) ou encore l'éreutophobie (peur de rougir). Il convient de relativiser ce concept de « phobie sociale », qui est un concept émergent de la psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche (ψυχὴ),...) moderne et était jusque-là couramment désigné sous le terme de « timidité ».
  • l’agoraphobie, c’est-à-dire la peur de quitter son environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les...) proche et de se retrouver dans un endroit dont il serait difficile ou gênant de s’extraire.

Les phobies vis-à-vis des maladies, comme la nosophobie (peur des maladies en général) ou la cancérophobie (peur du cancer), sont en principe des formes d'hypocondrie et non des phobies simples. Néanmoins, certains classements rangent la peur d'être contaminé dans les phobies simples, et celle d'être déjà malade dans l'hypocondrie. La plupart des phobies spécifiques représentent un état extrême d’un sentiment normal : la phobie des avions représente la suramplification de la sensation d’appréhension naturelle que tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le monde (Le mot monde peut désigner :) ressent lors d’un décollage (Le décollage est la phase transitoire pendant laquelle un aéronef passe de l'état statique - au sol - vers le vol.), par exemple. Les symptômes ressentis lors de la confrontation à l’objet ou la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un...) phobogène varient fortement d’un sujet à l’autre, constituant dans les cas extrêmes une attaque de panique avec malaise général, sensation de mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort...) imminente, tachycardie, sueurs, etc. Dans tous les cas, les sujets frappés de phobie spécifique sont conscients de l’irrationalité de leur peur, et en souffrent. La plupart des individus souffrant de phobie tendent à fuir l’objet phobogène ou encore, lorsque ils sont forcés de le croiser, s’arrangent pour être accompagné d’un objet « contraphobique » qui les rassure : gri-gri, boîte de médicaments ou d'une personne. La dénomination des phobies est forgée en utilisant la racine grecque correspondant à l’objet craint. La diversité des phobies décrites fait que l’on peut référencer des centaines de phobies spécifiques différentes ! Parmi les formes infinies sous lesquelles les phobies peuvent se présenter, on se référera à la Liste exhaustive des phobies (Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem, littéralement : « Les choses essentielles ne doivent pas être multipliées sans nécessité »)

  • Crainte marquée et persistante, excessive ou peu raisonnable, déclenchée par la présence ou l’idée anticipative d'un objet ou d'une situation spécifique (par exemple : vol en avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans moteur, on parlera de...), hauteurs, animaux, recevoir une injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :), voir du sang).
  • L'exposition au stimulus phobique provoque presque invariablement une réponse immédiate d'inquiétude, qui peut prendre la forme soit d’une crise de panique liée à la situation, soit, d’une prédisposition à une telle crise.
    • Note : Chez les enfants, l'inquiétude peut être exprimée en pleurant, par de la mauvaise humeur, par de la rigidité, ou en se cramponnant.
  • La personne admet que la crainte est excessive ou peu raisonnable.
    • Note : Chez les enfants, cette caractéristique peut être absente.
  • Les situations phobiques sont évitées, ou bien, sont supportées avec une inquiétude ou une détresse intense.
  • L'évitement, l'anticipation (Au sens général du terme, une anticipation correspond à une phase où sont développées des idées qui n’apparaîtront effectives — sous la forme de techniques, de...) anxieuse ou la détresse dans la situation redoutée interfère de manière significative avec le quotidien normal de la personne, avec son fonctionnement professionnel (ou scolaire), avec ses activités et rapports sociaux ; ou il y a une détresse marquée due au fait d’être sujet à la phobie.
  • Pour les personnes de moins de 18 ans, la situation perdure depuis au moins 6 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.).
  • Il faut que l'inquiétude, les crises de panique ou l'évitement phobique liées à l'objet ou à la situation ne s’expliquent pas mieux par un autre trouble mental. Cet autre trouble pourrait être le Trouble Obsessionnel Compulsif (par exemple, crainte de la saleté de quelqu'un, avec une hantise de contamination), un trouble post-traumatique (par exemple, l’évitement des stimuli liés à un facteur de stress), un trouble d'inquiétude de séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans...) (par exemple, évitement de l'école), une phobie sociale (par exemple, action d'éviter des situations sociales en raison de la crainte de l'embarras), une panique avec l'agoraphobie, de l'agoraphobie sans antécédent de panique.
  • Génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.), en plus d'une composante organique supposée, on trouve le plus souvent une origine psychologique (intrapsychique et inconsciente) et, parfois, un facteur familial.
  • Cognitivo-comportementale, les psychologues cognitivistes considèrent la phobie comme un comportement appris et renforcé au cours de la vie du patient. La nature de l'objet phobogène en lui-même n'est pas essentiel à la compréhension de l'étiologie de la phobie, mais plutôt les mécanismes cognitifs qui ancrent le patient dans sa phobie.
  • La psychothérapie cognitivo-comportementale est une indication (Une indication (du latin indicare : indiquer) est un conseil ou une recommandation, écrit ou oral.) thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) pour le traitement des phobies "si l'on veut s'attaquer au symptôme (Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les symptômes sont multiples....) en tant que tel" (?). Dans cette mesure, le traitement consiste à proposer au patient à se confronter à la situation redoutée, d’abord de loin et dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) rassurant, puis de plus en plus intimement. Cette exposition progressive entraîne une diminution des réactions de peur et permet la disparition de la peur pour certains des cas, par désensibilisation. La psychothérapie cognitivo-comportementale "soigne ainsi les symptômes" (si l'on ne se réfère qu'au paradigme psychanalytique !), et peut suffire à permettre au patient de vivre beaucoup mieux.

Par ailleurs, les psychiatres adeptes des TCC qui se référent donc aux seuls DSMs et au CIM peuvent, après évaluation du patient, de l'opportunité de prescrire en appoint certaines classes médicamenteuses telles que les bêta bloquants, les anxiolytiques (notamment benzodiazépines ou anti H2), ou encore les antidépresseurs (parmi lesquels les IRS) dans le traitement de ce type de pathologie.

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