Axiome d'extensionnalité
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L’axiome d’extensionnalité, ou axiome d’extension, est l’un des axiomes-clés de la plupart des théories des ensembles, en particulier, des théories des ensembles de Zermelo, et de Zermelo-Fraenkel (ZF). Il énonce essentiellement qu'il est suffisant de vérifier que deux ensembles ont les mêmes éléments pour montrer que ces deux ensembles sont égaux, au sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution...) où ils ont les mêmes propriétés, aucune propriété ne permettra de distinguer un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) de l'autre. Dit d'une façon plus approximative, il affirme que quelle que soit la façon dont l'on définit un ensemble, celui-ci ne dépend que de son extension, les éléments qui lui appartiennent, et pas de la façon dont il a été défini.

Cet axiome (Un axiome (du grec ancien αξιωμα/axioma, « considéré comme digne, convenable, évident en soi ») désigne une...) peut paraître évident pour la notion intuitive d'ensemble, mais a des conséquences importantes sur la complexité (La complexité est une notion utilisée en philosophie, épistémologie (par exemple par Anthony Wilden ou Edgar Morin), en physique, en biologie (par exemple par Henri Atlan), en...) de l'égalité dans la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance...). Pour vérifier l'égalité de deux ensembles, on est amené, à cause par exemple du schéma d'axiomes de compréhension, à vérifier des équivalences entre énoncés de complexité arbitraire, ces énoncés eux-mêmes pouvant utiliser l'égalité entre ensembles (rappelons qu'il n'y a que des ensembles dans les théories des ensembles usuelles).

L’axiome est donc intimement lié à la notion d’égalité de deux ensembles. Il permet de montrer l’unicité d’ensembles caractérisés par la donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un...) de leurs éléments, tels l’ensemble vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.), les singletons, les paires, l'ensemble des parties d'un ensemble…

L’axiome

L’égalité peut être introduite en théorie des ensembles (La théorie des ensembles est une branche des mathématiques créée initialement par le mathématicien allemand Georg Cantor à la fin du XIXe siècle.), de diverses façons. Actuellement, elle est le plus souvent considérée comme une relation primitive, axiomatisée au niveau logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois...). La théorie des ensembles est alors une théorie énoncée dans le langage du calcul des prédicats (Le calcul des prédicats du premier ordre, ou calcul des relations, ou logique du premier ordre, ou tout simplement calcul des prédicats est une formalisation du langage des mathématiques proposée par les logiciens du début du...) égalitaire du premier ordre, construit sur la seule relation d'appartenance.

Énoncé en calcul des prédicats égalitaire

Dans ce cas, l'axiome d'extensionnalité s'énonce ainsi :

AB [ ∀x (xAxB) ⇒ A = B ].

On sait que l'inclusion entre deux ensembles se définit par :

AB    signifie    ∀ x (xAxB).

On en déduit donc une autre formulation (La formulation est une activité industrielle consistant à fabriquer des produits homogènes, stables et possédant des propriétés spécifiques, en mélangeant...) de l'axiome d'extensionnalité, qui est d'ailleurs celle originale de Ernst Zermelo.

(AB et BA) ⇒ A = B.

Axiomes de l'égalité

Rappelons qu'en calcul des prédicats égalitaire, l'égalité satisfait l'axiome de réflexivité (La réflexivité est la propriété d'une relation binaire qui met en relation tout élément avec lui-même.), un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est défini...) (un ensemble dans le cas de la théorie des ensembles) égale lui-même, en langage formel (Dans de nombreux contextes (scientifique, légal, etc.) l'on désigne par langage formel un mode d'expression plus formalisé et plus précis (les...),

x   x = x.

et le schéma d'axiomes suivant, qui affirme que si deux objets sont égaux, toute propriété vérifiée par l'un est vérifiée par l'autre, en langage formel, en tenant compte d'éventuels paramètres a1ap,

a1 … ∀apxy [x = y ⇒ (P x a1 … ap ⇒ P y a1 … ap)]      pour toute formule P ne contenant pas d'autre variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle est utilisée pour marquer un rôle dans une formule, un prédicat ou un algorithme. En statistiques, une variable...) libre que x a1ap.

(on en déduit en particulier la symétrie et la transitivité de l'égalité).

On voit ainsi que la réciproque (La réciproque est une relation d'implication.) de l'axiome d'extensionnalité -- si deux ensembles sont égaux, alors ils ont les mêmes éléments -- est une propriété usuelle de l'égalité, un cas particulier du schéma que l'on vient d'énoncer :

AB [ A = B ⇒ ∀x (xAxB)].

On peut voir cette axiomatisation comme une formalisation de la définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions...) de l'égalité par Leibniz : deux objets sont égaux quand ils ont exactement les mêmes propriétés, dit par contraposée, deux objets sont différents si une propriété permet de les distinguer. Pour formaliser directement cette définition, il faut pouvoir quantifier sur les propriétés, c'est à dire, formellement, les prédicats du langage (bien-sûr le choix du langage a des conséquences sur l'égalité, le nom, ou la définition d'un ensemble dans un langage formel, ne peut en constituer une propriété qui se définit dans ce langage). Ceci n'est pas possible en logique du premier ordre, donc en théorie des ensembles usuelle. Si l'on énonce la théorie des ensembles, par exemple ZFC (En mathématiques, l'abréviation ZF désigne la théorie de Zermelo-Fraenkel, ZFC quand elle comprend l'axiome du choix, théorie axiomatique des ensembles...), en logique du second ordre, en étendant les schémas d'axiomes aux nouvelles formules du langage, on obtient une théorie strictement plus forte, qui est équivalente à la théorie des classes de Morse-Kelley.

Définition de l'égalité

Une alternative (Alternatives (titre original : Destiny Three Times) est un roman de Fritz Leiber publié en 1945.) est de considérer la théorie des ensembles en calcul des prédicats du premier ordre sans égalité, et de définir cette dernière à partir de l'appartenance, par exemple par l'égalité extensionnelle :

x=y signifie ∀z (zxzy)

On doit alors donner un axiome qui permet de retrouver les propriétés usuelles de l'égalité :

xy [∀z (zxzy) ⇒ ∀u(xuyu)]

même s'il s'agit juste d'un cas particulier du schéma de l'égalité, on en déduit celui-ci par induction sur la structure des formules

Conséquences de cet axiome

L'axiome d'extensionnalité permet d'assurer l'unicité d'ensembles fondamentaux, tels l'ensemble vide (En mathématiques, l'ensemble vide est l'ensemble ne contenant aucun élément.) ou la paire (On dit qu'un ensemble E est une paire lorsqu'il est formé de deux éléments distincts a et b, et il s'écrit alors :) de deux ensembles donnés, dont l'existence est directement affirmée par certains autres axiomes.

A cet effet, considérons un prédicat (Les prédicats d’une théorie sont les formules qui contiennent des variables libres.) quelconque P, un de ses arguments que l'on notera x étant distingué, les autres, si l'en existe, sont notés a1 …ap et servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) de paramètres. Il n'existe pas toujours (voir schéma d'axiomes de compréhension) un ensemble A défini comme l'ensemble des objets x qui vérifient P, c'est-à-dire tel que pour tous a1 …ap et pour tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) x,

x ∈ A ⇔ P x a1 …ap.

Supposons que l'on ait démontré l'existence d'un tel ensemble A. Certains axiomes de la théorie des ensembles sont d'ailleurs directement de cette forme. Dans ce cas, cet ensemble A est l'unique ensemble des x vérifiant P : l'unicité est une conséquence immédiate de l'axiome d'extensionnalité.

Nous pouvons alors introduire un symbole particulier pour désigner cet ensemble, par exemple ∅ pour l'ensemble vide, { a } pour le singleton construit à partir de a, ou { a, b } pour la paire formée par a et b,... l'utilisation de ces nouveaux symboles ne modifie pas véritablement la théorie : les théorèmes (exprimés sans ces symboles) restent les mêmes. En fait tout énoncé contenant ces nouveaux symboles peut être remplacée par un énoncé équivalent ne les contenant pas, et ceci se montre en utilisant la propriété d'existence et d'unicité qui a permis de les introduire.

Variantes de l’axiome d’extensionnalité

L’axiome d’extensionnalité apparaît, sous une forme ou sous une autre, dans les axiomatiques de la théorie des ensembles, tant l'égalité extensionnelle semble être constitutive de la notion d'ensemble. Il est cependant possible de s'intéresser, au moins en préalable, aux théories non extensionnelles, qui ont de meilleures propriété en théorie de la démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment démontrées à partir de propositions initiales, en...), à cause du " quotient " complexe qu'induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de l'inducteur et de la transformer en électricité (générateur) ou...) l'égalité extensionnelle. Par ailleurs, l'axiome peut subir des modifications pour satisfaire certaines exigences, comme dans l’exemple suivant.

Dans une théorie des ensembles avec des ur-elements

La notion d’ur-élément, ou atome ou encore élément primitif, résulte de la formalisation de la notion d’élément de la théorie cantorienne. Cantor se souciait peu de la nature précise de ses éléments; tout ce qui lui importait, c’était qu’on puisse les mettre ensemble. Mais, avec les premiers efforts de formalisation ( Zermelo ), il est apparu nécessaire de distinguer les éléments qui étaient eux-mêmes des ensembles de ceux qui n’en étaient pas : un élément était donc soit un ensemble, soit un élément primitif. Un élément primitif, ou ur-element est donc un élément, c’est-à-dire un objet susceptible d’appartenir à un ensemble, mais qui n’est pas lui-même un ensemble, et qui ne comporte donc aucun élément.

Dans la théorie de Zermelo-Fraenkel actuelle, " tout est ensemble ", et il n’y a plus d’ur-élément, mais les premières versions de Zermelo, inspirées par la théorie naïve, en comportaient; certaines axiomatiques alternatives de la théorie des ensembles en ont encore. Les ur-éléments peuvent être considérés comme logiquement différents des ensembles; dans le cas où A est un ur-élément, " xA " n’a aucun sens; ainsi, l’axiome d’extensionnalité ne s’applique qu’aux ensembles (sinon, comme un ur-élément n’a pas d’élément, il se confondrait avec l’ensemble vide).

Alternativement, dans une logique non typée, nous pouvons avoir besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) de donner un sens à " xA " ; cette expression est alors considérée comme fausse toutes les fois où A est un ur-élément. Dans ce cas, l’application de l’axiome habituel d’extensionnalité impliquerait, comme nous venons de le voir, que tout ur-élément se confond avec l’ensemble vide. Pour éviter cela, nous devons modifier l’axiome d’extensionnalité afin qu’il ne puisse s’appliquer qu’aux ensembles non-vides. Il s’énonce alors par exemple:

axiome d’extensionnalité restreint :
\forall A , \forall B , [ ( \exists C /\, C \in A ) \wedge ( \forall x , ( x \in A ) \Leftrightarrow ( x \in B ) ) ] \Rightarrow [ A = B ]  \,

C'est-à-dire :

étant donnés des ensembles A et B quelconques, si A est un ensemble non vide (c'est-à-dire s'il existe au moins un élément C dans A ), et si A et B ont exactement les mêmes éléments, alors ils sont égaux.
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