Jean Zay - Définition et Explications

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Écrits

Les « Carnets secrets »

Les Carnets secrets de Jean Zay sont des notes prises par Jean Zay pendant son ministère. Confiées par lui à l'un de ses amis, elles ont en fait été vendues à la presse. Les premiers documents paraissent dans Je suis partout le 28 février 1941, puis dans Gringoire. Ces « documents » sont enfin publiés sous forme de livre par les Éditions de France en 1942, accompagnés de commentaires de Philippe Henriot. La publication était sans doute orientée, afin de confirmer les positions du régime de Vichy ; il s'agissait de dénoncer à des fins de propagande (La propagande désigne la stratégie de communication, dont use un pouvoir (ou un parti) politique...) le « bellicisme » de Jean Zay (Jean Zay est un homme politique français, né à Orléans (Loiret) le 6 août...). Toutefois, les originaux ayant disparu, toute comparaison est impossible.

Cette publication tronquée porte atteinte à l'honneur de Jean Zay et en 1948, sa veuve, Madeleine Zay, obtient en partie réparation en justice en faisant condamner "Gringoire" et les héritiers de Philippe Henriot à verser des dommages-intérêts pour la calomnie de cette publication.

Souvenirs et solitude

Jean Zay écrit pendant sa captivité Souvenirs et solitude, qui est publié la première fois en 1945. Le livre est construit comme un journal, décrivant les évènements qu'il vit dans sa prison et commentant l'actualité telle qu'il en a connaissance. C'est aussi l'occasion d'exprimer des réflexions sur la justice ou l'emprisonnement, de rappeler des souvenirs et d'évoquer des projets pour la France de la Libération.

Autres œuvres

  • Chroniques du Grenier, l’Écarlate, 1995, 89 pages.
  • La Réforme de l'enseignement (conférence à l'Union rationaliste le 29 novembre 1937, documentation rassemblée par Henri Belliot), Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région...), C. Rieder, 1938, 123 p.
  • La Bague sans doigt (sous le pseudonyme de Paul Duparc), Paris-Vichy, Éditions Sequana, 1942, 192 p.

Jean Zay au ministère de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts

Le sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but...) des réformes

« Pour Jean Zay, la République repose avant tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) sur le civisme et l'intelligence des citoyens, c'est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. […] Contre la conservation sociale mais aussi contre les utopies révolutionnaires, la politique est ce mouvement par lequel l'humanité s'approfondit et devient en quelque sorte plus digne d'elle-même. » (Antoine Prost).

Il ne serait pas pensable de tenter d’expliquer l’action de Jean Zay sans la replacer dans le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le...) de l’action politique. Dès sa majorité, en effet, il estima que « l’intellectuel ne peut pas ne pas prendre parti dans la controverse qui chaque jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) sur le forum dresse les citoyens les uns contre les autres ». C’est bien là, semble-t-il, le point (Graphie) de départ de son engagement politique.

Jean Zay était arrivé à la tête de l’Éducation nationale sans préavis, et ce n’était donc pas sur la base d’une réputation pédagogique, mais bien plutôt sur celle de ses capacités d’analyse et de pondération, et de son courage vertueux, qu’il fut placé dans cette éminente position.

Car Jean Zay était avant tout un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo...) politique, plutôt qu’un politicien, c’est-à-dire qu’il était de cette espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type »...) rare d’homme à qui l’action importait beaucoup plus que le jeu des pouvoirs. Et cette action, en cette époque de toutes les dictatures (Allemagne, Italie, Espagne, et même partis antirépublicains français), était vitale aux yeux d’un homme de convictions. Arrivé au poste de ministre de l’Éducation nationale, Il avait compris que la République ne pouvait être défendue, servie, construite, que par un peuple (Le terme peuple adopte des sens différents selon le point de vue où l'on se place.) instruit et éduqué dans ses valeurs démocratiques. Car la démocratie et la République semblait à une partie de la population une option que l’on pourrait abroger : en 1934, Le Petit Journal organisa un sondage : « Si la France avait besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est...) d’un dictateur, lequel choisiriez-vous ? » Pétain arriva (Arriva est un groupe privé britannique spécialisé dans le transport public de voyageurs. Il...) en tête.

Bien conscient de l’importance cruciale de ces chantiers après les événements de février 1934, visionnaire, incisif, mais sans illusion, il allait employer toute son ardeur à servir cette cause.

Une des caractéristiques du système éducatif que Jean Zay déplorait le plus était celle qui occasionnait la perte, pour la République, de sujets précieux, travailleurs et doués, qui, faute d’argent, ne pouvaient accéder à des postes où ils auraient pu donner le meilleur d’eux-mêmes. À l’inverse, des esprits médiocres et nonchalants, grâce à leur fortune, pouvaient sans difficulté accéder à la haute fonction publique, sans même disposer d’une formation adéquate. Ce fut alors l’idée de l’ENA, qui ne vit le jour qu’après la guerre. L’actualité récente montre que le but de Jean Zay a été obtenu médiocrement, car ses élèves restent en grande partie issus du milieu des notables, perpétuant une République de notables. Toutefois, l’unification de leur formation constitue un progrès. Ainsi, un journaliste (Un journaliste est une personne dont l'activité professionnelle est le journalisme. On parle...) britannique écrivait tout récemment : « [...] Ils ont aussi une administration hautement qualifiée, adaptée aux défis des Temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) modernes, un sens de l’Histoire et de la nation ».

Son grand projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) de réforme du système éducatif (déposé en 1937, mais « torpillé » par la majorité conservatrice du Sénat), un des plus élaborés jamais conçu et un des plus démocratiques pour l'époque, partait de la même conviction que la vertu, les capacités intellectuelles, et, pour employer une expression désuète, le cœur, n’étaient pas l’apanage des classes aisées, et que la société avait tout à gagner d’accorder le maximum de chance à tous, ainsi qu’à former au mieux le plus grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...). Son projet de réforme a notamment concerné les lycées de jeunes filles et les Écoles normales primaires. Il faut aussi replacer son action, d’un point de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et...) plus temporel, dans l’action du gouvernement de Front populaire, qui avait pour optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement...) d’étendre jusqu’aux classes laborieuses une vie (La vie est le nom donné :) de bien meilleure qualité, ce qui pour Jean Zay passait par la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses...) et l’instruction, tout autant que par les loisirs, ces fameux « congés payés », que l’on retient davantage aujourd’hui comme emblématiques de cette période.

Les réformes effectives

Comme ministre, Jean Zay prépare un projet de réforme éducative, adopté le 2 mars 1937 en conseil des ministres, qui vise à démocratiser l'enseignement en unifiant l'enseignement primaire (avec la disparition des classes élémentaires des collèges et lycées) et en harmonisant le secondaire (général et technique/professionnel), mais aussi à améliorer la formation des enseignants. Toutefois, il ne peut aboutir. En revanche, il réorganise son ministère en fonction des trois degrés projetés et prend plusieurs mesures importantes.

Jean Zay est à l'origine de la multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire...) des bourses aux élèves de primaire, de la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans (passage de 13 ans à 14 ans par la loi du 6 août 1936), des vacances (Les vacances (au pluriel, du latin vacare, « être sans ») sont une...) ramenées au 14 au lieu du 31 juillet, de la lutte contre le surmenage scolaire, de la limitation des classes à 35 élèves (au lieu de 60 ou plus), de la généralisation (La généralisation est un procédé qui consiste à abstraire un ensemble de...) des activités dirigées, de classes de 6° d'orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil...) expérimentales pour entrer dans le secondaire, de l'introduction de l'éducation sportive obligatoire, de la création du Comité supérieur des Œuvres en faveur de la jeunesse scolaire et universitaire (ancêtre des CROUS qui ne verront le jour qu'après guerre)... Il lance un programme de construction d'écoles et de lycées, crée de nombreuses classes, des cantines et des colonies de vacances.

Jean Zay a aussi tenté de créer une École nationale d'administration, mais le projet de loi, déposé le 1er août 1936, s'est heurté à de nombreuses oppositions.

Il cherche, avec l'aide d'Irène Joliot-Curie (Irène Joliot-Curie (12 septembre 1897 à Paris - 17 mars 1956 à...) puis de Jean Perrin (Jean Baptiste Perrin (30 septembre 1870 à Lille, France - 17 avril 1942...), sous-secrétaires d'État en 1936 et en 1938, à développer la recherche scientifique (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) et prépare la création, en octobre 1939, du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand...).

Sur le plan culturel et artistique, Jean Zay crée la Réunion (La Réunion est une île française du sud-ouest de l'océan Indien située...) des théâtres lyriques nationaux et le Musée national des arts et traditions populaires et il encourage les bibliobus. Il propose également la création du festival de Cannes, dont la première édition aurait dû se tenir en septembre 1939 si la guerre n'avait été déclarée.

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