Abbaye de Valmagne - Définition

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Vignoble

Les chais

Les moines cisterciens plantent de la vigne à Valmagne dès le XIIe siècle, comme dans toutes leurs abbayes qui sont à l'origine, notamment, des grands vignobles bourguignons. Depuis, ce terroir à toujours porté de la vigne. Au XVIe siècle, les 10 arpents (5 hectares) permettent la production d'un vin de qualité (rôle du frère Nonenque). Granier-Joyeuse transforme l'église en chai au début du XIXe siècle ; en 1820, des foudres en chêne de Russie sont installés dans la nef. On appelle le site la « cathédrale des vignes ». Les vins sont alors exportés jusqu'au Mexique. Entre les deux guerres, ils sont vendus à Paris, rue Mouffetard.

De nos jours, la production (sur un ensemble de 75 hectares) est encore largement diffusée. Deux terroirs s'affirment sur la propriété. Le premier, devant l'abbaye, au sol argilo-calcaire, donne des blancs principalement ; ce sont les classiques de l'appellation. Le second, au nord, derrière l'abbaye, et séparé du précédent par une barrière rocheuse, s'étend sur 12 hectares riches en marnes et grès rouges (parcelle de « la Grand Combe ») : il donne des vins rouges de qualité (cuvée « de Turenne »). Depuis 1985, ces parties les plus escarpées ont été classées AOC (30 ha).

L'abbaye abrite également un petit conservatoire de cépages.

Description

L'église

La nef

L'église actuelle, de style gothique classique, fut reconstruite à partir de 1257 sur les fondations d'une église romane devenue trop petite. Mesurant 83 m de long et 23 m de haut, cet édifice de grandes dimensions est d'une élévation très hardie et gracieuse ; il correspond d'ailleurs plus au style gothique que l'on rencontre dans le nord de la France (et peu au gothique languedocien). Bâti en pierre locale de piètre qualité, le bâtiment est dans un état général relativement mauvais, voire fragile ; quelques contreforts sont même tombés. C'est pour cette raison, et afin d'assurer la stabilité de l'édifice, que certaines de ses ouvertures (fenêtres hautes) ainsi que les espaces entre les colonnes de la nef sont murés, souvent depuis le XVIIe siècle.

La façade principale est précédée par un narthex encadré de deux puissantes tours de défense. Vestibule où l'on recevait les catéchumènes, ce narthex était également un espace où la messe était célébrée pour les fidèles des environs. Il est constitué de trois travées séparées par des arcs à doubleaux chanfreinés. Les chapiteaux et les culots de l'archivolte sont décorés en contradiction avec la règle cistercienne : "Secret de la Sagesse", "Moine partagé entre le Bien et le Mal", "Moine soutenant les Pécheurs", "Saint Louis à la tête couronnée et fleur de lysée".

L'église présente trois nefs à sept travées se terminant, après la croisée du transept, en un presbytérium entouré d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent neuf chapelles (dont sept rayonnantes après une première travée). Ce déambulatoire donne une forte impression de profondeur grâce à quelques artifices architecturaux : piliers en amande, rétrécissement de l'espace entre les piles du chœur au fur et à mesure que l'on se rapproche du chevet et par conséquent arcs se brisant de plus en plus vers la partie centrale. Le transept s'ouvre, à droite, sur la "Porte des Matines" menant au dortoir des moines (et permettant l'accès direct des profès aux offices de nuit) et, à gauche, sur la "Porte des Morts" conduisant aux cimetière destiné aux moines et autres généreux donateurs.

Soumise à la règle cistercienne, la décoration de l'église est par conséquent réduite au minimum : clés de voûte des croisées d'ogives et éléments végétaux sur les chapiteaux des piliers. On remarque plus précisément la clé de voûte de l'abside représentant le couronnement de la vierge et celle de la travée du chœur montrant saint Benoît et saint Bernard. La chapelle du chevet est également ornée d'une vierge du XVIIe siècle. Un clocher mur, à trois ouvertures, rappelle les "triplets cisterciens" (comme dans la salle capitulaire). Par ailleurs, le bâtiment héberge encore les foudres (inutilisés aujourd'hui) de la production de vin du domaine local dans les chapelles latérales (l'église ayant été transformée en chai sous la Révolution).

Le cloître

Le cloître
Le lavabo et la fontaine

Le cloître, du XIVe siècle, est constitué d'une cour de grandes dimensions fermée de chaque côté par cinq grandes arches séparées par des contreforts. Chacune de ces arches présente une suite de quatre arcs plus petits eux-mêmes surmontés d'un oculus. Au-delà de ces arches, quatre galeries font office de préau. La galerie nord servait à la lecture et au mandatum tandis que la galerie orientale, la plus ancienne, ouvrait sur l'armarium, la sacristie, la salle capitulaire et le parloir. L'armarium, ou bibliothèque, est très modeste : étagères de livres de prières couronnées d'un plein cintre en dents de scie. La sacristie, surmontée d'une voûte romane et précédée d'une porte en plein cintre également ornée d'une décoration en dents de scie, est la chapelle de l'abbé qui y conservait les objets du culte. La galerie ouest, ou "aile des convers", longe des bâtiments du XIIe siècle (réfectoire des convers) tandis que la galerie méridionale précède le réfectoire des moines.

Près de l'aile sud du cloître, le lavabo se trouve devant le réfectoire (afin que les moines se purifient les mains avant de toucher le pain, symbole sacré). Une clôture octogonale avec une série de trois arcs de chaque côté, reposant sur des colonnettes jumelées, enserre une fontaine. Un répertoire varié (trilobes, quatre feuilles, anneaux), aux remplages monoblocs, complète cet ensemble. Celui-ci est couvert de huit nervures de pierre se réunissant au centre par une clé pendante. La végétation, apportant de l'ombre au lieu en plein été, est supportée par une treille. Alimentée par la source de Diane, la fontaine déverse son eau pure de la vasque supérieure vers un bassin octogonal par quatre têtes de griffons.

Le jardin du cloître, enserré entre les quatre galeries et autour de la fontaine-lavabo, expose des roses de Citeaux, créées par Delbard, et des bambous noirs, lui conférant ainsi un charme tout à fait particulier.

Salle capitulaire

Entrée de la salle capitulaire

Cette salle constitue une des parties les plus anciennes (XIIe siècle) et les plus importantes de l'abbaye. Les moines y viennent tous les matins, au sortir de l'office. Les profès sur les bancs de pierre, les convers, sans "voix au chapître", dans la galerie et l'abbé sur sa chaire adossée à l'orient, on y lit la règle, le "rouleau des morts" et autres nouvelles de l'ordre. On y rend aussi la justice.

Son accès s'effectue, depuis le cloître, par un portail flanqué de grandes fenêtres doubles de chaque côté, le tout supporté par des colonnettes et des chapiteaux de différents types : feuille d'acanthe, feuille plate, feuille d'eau. Certaines de ces colonnes sont en marbre et proviennent sans doute d'une villa romaine préexistante. De beaux vases du cardinal de Bonzi ont été placés entre les baies. Une nef unique, sans piliers, supporte la voûte surbaissée en anse de panier. À l'est, sur le mur du fond, s'ouvre une fenêtre à trois ouvertures ("triplet cistercien" en souvenir de la trinité). Des fragments du jubé mutilé lors des guerres de religion, aujourd'hui réinstallés sur les bancs, avaient été utilisés par les moines pour bâtir l'escalier menant à la Porte des Matines. On peut encore admirer certaines scènes : "Les Saintes Femmes au Tombeau", "Mise en croix", "Annonciation", "Baptême du Christ", "Déposition", "Arrivée du Christ à Jérusalem", "Jésus parmi les Docteurs".

Les autres éléments

D'autres éléments de moindre importance complètent l'ensemble : le réfectoire, avec de beaux vitraux et une cheminée renaissance, le caveau, le dortoir (à l'étage) et la chambre d'hôte (dans le bâtiment épiscopal ajouté au XVIIe siècle). Depuis les transformations du cardinal de Bonzi, la salle des moines (ou scriptorium) et le parloir n'existent plus.

Le jardin de Saint-Blaise, situé à l'extérieur, près de la Porterie (ou chapelle Saint-Blaise), reconstitue un jardin médiéval : "hortus" (plantes potagères) et "herbularius" (plantes médicinales ou simples).

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