Baïkonour (base spatiale)

Baïkonour (base spatiale) - Définition et Explications

Introduction

Lancement d'une Soyouz TMA-5 en 2004.
Carte montrant la localisation de la base spatiale Baïkonour au Kazakhstan

Le Cosmodrome de Baïkonour (en russe, Космодром Байконур, Байқоңыр Космодромы et signifiant en kazakh « la riche ou la belle steppe », « l'endroit où pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) l'absinthe », « la richesse brune », etc) est un centre spatial (Un Centre spatial est un lieu dédié à l'activité astronautique. Il peut être "public" ou "privé". Ces activités peuvent concerner :) international auquel participent conjointement la Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan et, de plus en plus divers programmes européens et asiatiques. Il est situé au centre du Kazakhstan, mais à 370 km de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de...) du même nom — une réminiscence du contre-espionnage du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de la Guerre froide. Il est situé à une latitude (La latitude est une valeur angulaire, expression du positionnement nord-sud d'un point sur Terre (ou sur une autre planète), au nord ou au sud de l'équateur.) de 45,6° N. et une longitude (La longitude est une valeur angulaire, expression du positionnement est-ouest d'un point sur Terre (ou sur une autre planète).) de 63,3° E. (45° 55′ 13″ N 63° 20′ 32″ E / 45.920259, 63.342233), à 200 km à l'est de la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) d'Aral et sur la rive droite (nord-est) du Syr-Daria, et près de la ville de Tioura-Tam qui est une des gares de la ligne de chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et de marchandises. Il se compose d'une infrastructure spécialisée, de matériel roulant et de...) Moscou () - Tachkent.

Historique

Le cosmodrome a été construit par l'Union soviétique et inauguré le 2 février 1955. À l'origine, il a été conçu comme une base de tests pour missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). Le premier lancement date du 15 mai 1957 avec le tir du premier missile (Un missile est un projectile autopropulsé et guidé, constitué de :) intercontinental, la R7, identique au lanceur ( Lanceur, terme de l'astronautique Lanceur, terme du baseball ) du premier satellite (Satellite peut faire référence à :), cinq mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) plus tard. C'est de là qu'ont été lancées les fusées emmenant Spoutnik 1 (Spoutnik 1 (??????? 1, litéralement « compagnon » en russe, soit un "satellite") fut le premier satellite artificiel. Il fut lancé le 4 octobre 1957 à 19h28 UTC par l'URSS, avec les initiales ??-1 (PS-1, pour ??????????...) et Spoutnik (Tiré du mot russe ??????K (« compagnon de route » ou « satellite »), le terme Spoutnik désigne une série de satellites lancés...) 2, puis Youri Gagarine (Iouri Alexeïevitch Gagarine (en russe ???? ?????????? ???????) (9 mars 1934–27 mars 1968), héros de l'Union soviétique, est un cosmonaute qui, le 12 avril 1961, a marqué l'histoire de l'humanité et de la conquête spatiale en...) dans l'espace.

En 1960, un prototype de fusée (Fusée peut faire référence à :) (R-16) explosa sur l'aire de lancement (L'aire de lancement ou pas de tir, dans le domaine de l'astronautique, est la zone d'où décolle un véhicule aérospatial et où sont situés des équipements nécessaires à sa préparation...) provoquant la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez les...) de nombreux ingénieurs et techniciens soviétiques. Connu sous le nom de catastrophe (Une catastrophe est un événement brutal, d'origine naturelle ou humaine, ayant généralement la mort et la destruction à grande échelle pour conséquence.) de Nedelin, cet accident porta un coup au programme d'ICBM soviétique. Un mémorial a été érigé à Baïkonour et les techniciens de l'Agence spatiale fédérale russe (L’Agence spatiale fédérale russe (FKA, en russe ??????????? ??????????? ????????? ??????), qui était anciennement l’Agence spatiale russe (RKA, en russe ??????????...) s'y recuillent avant chaque lancement.

Bien que Baïkonour partageait l’essentiel des lancements spatiaux soviétiques avec le Cosmodrome de Plesetsk (Le Cosmodrome de Plesetsk est une base de lancement russe, situé à environ 800 kilomètres au nord de Moscou (les coordonnées exactes varient selon les sources,...), ces deux bases étaient plus complémentaires que concurrentes : alors que Plesetsk est idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon féconde l'étude de la...) pour des lancements sur orbites très inclinées du fait de sa haute latitude (latitude 62°8 nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), proche du cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée rayon du cercle....) polaire arctique), Baïkonour étant plus proche de l'équateur peut facilement atteindre l'orbite géostationnaire (L'orbite géostationnaire, abrégée GEO (geostationary orbit), parfois appelée orbite de Clarke, est une orbite située à 35 786 km d'altitude au-dessus de l'équateur de la Terre, dans le...), ou d'autres orbites peu inclinées comme notamment celle utilisée pour atteindre la Station spatiale internationale (La Station spatiale internationale (en anglais International Space Station ou ISS) est un habitat placé en orbite terrestre basse, occupé en permanence par un équipage international qui se consacre à la recherche...). De plus, les pas de tir de Baïkonour lui permettent d'envoyer une charge utile (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un...) plus importante.

Dans les faits, la base de Baïkonour est principalement utilisée pour les lancements civils russes ou internationaux, sa position en plein territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé...) kazakh ne favorisant guère son emploi à des fins militaires.

Une ville nouvelle (Une ville nouvelle est une ville, ou un ensemble de communes, qui naît généralement d’une volonté politique, et qui se construit en peu de temps sur un emplacement auparavant peu ou pas habité.) a été construite à proximité du cosmodrome. Elle n'a été rebaptisée Baïkonour que dans les années 1990. En fait, la vraie ville de Baïkonour est une ville minière située à plusieurs centaines de kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par...) du cosmodrome. Celui-ci n'avait été baptisé de Baïkonour pendant la Guerre froide que dans un effort assez vain - car rapidement mis à nu - pour cacher sa localisation exacte aux puissances étrangères. Aujourd'hui, près de 80 000 personnes vivent aux alentours de Baïkonour, toute l'économie de la région étant fortement liée aux activités spatiales.

Suite à l'effondrement de l'Union soviétique, la Fédération de Russie, qui ne possède pas de base de lancement (Une base de lancement ou un astroport, dans le domaine de l’astronautique, est un lieu où sont réunis un ou plusieurs ensembles de lancement, des moyens logistiques et des installations permettant le suivi des premières phases de vol...) sur son territoire apte à envoyer d'importantes charges sur orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) géostationnaire, loue le cosmodrome de Baïkonour aux autorités kazakhs. En effet en 1994, les deux pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...) s'entendent pour la location d'un espace de plus de 6 700 km² autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre...) de la base. Ainsi, tous les lancements de missions habitées et de satellites géostationnaires russes se font depuis le Cosmodrome de Baïkonour.

Il faut noter cependant qu'en 1997, le président Boris Eltsine inaugure le cosmodrome de Svobodny en pleine Sibérie russe dans la région Oblast d'Amour, sur la base d'anciennes installations militaires, et dont la latitude (51°42) autorise des lancements vers l'orbite géostationnaire. Cependant par manque de financements, la Russie ne parviendra pas à construire des pas de tir permettant l'envoi de charges importantes, elle reste donc tributaire du Kazakhstan.

En 1999, deux fusées russes Proton (Le proton est une particule subatomique portant une charge électrique élémentaire positive.) s’écrasent en territoire kazakh. Ces graves accidents amènent le Kazakhstan à réexaminer son « contrat de location » de Baïkonour, et demande alors une taxe supplémentaire sur les lancements commerciaux. Du côté russe, cette nouvelle exigence a pour conséquence d’accroître la volonté de devenir indépendant du Kazakhstan. La Russie annonce alors son intention de délocaliser la quasi-totalité des activités de lancement de Baïkonour vers Plesetsk. En début 2002 Alexandre Kosovan, alors ministre de la Défense, confirmait cet engagement pour l’horizon 2005. Mais dans les faits, seules quelques activités spatiales militaires restantes ont réellement été transférées à Plesetsk.

En outre, les instances gouvernementales russes n’ont plus le monopole des décisions face aux industriels russes comme étrangers. Qu'il s'agisse de la Française Starsem (Starsem est une société russo-européenne, créé 1996. Son siège social est Évry, en France.) qui commercialise Soyouz (Soyouz (du russe Союз, Union) désigne une famille de vaisseaux spatiaux habités soviétiques , puis russes après l'éclatement de l'URSS, conçue au début des...), ou la firme russo-américaine International Launch Services qui possède le lanceur Proton 3, la manne financière fournie par le secteur privé contribue largement à maintenir le cosmodrome de Baïkonour opérationnel. La coentreprise Sea Launch envisage quant à elle d’ouvrir un service de lancement terrestre baptisé « Land-Launch » à partir de Baïkonour.

Preuve que la Russie s'est finalement bien faite à l'idée d'utiliser durablement Baïkonour, elle a signé le 9 janvier 2004 un nouvel accord avec le Kazakhstan fixant le statut de Baïkonour, prolongeant la location du site jusqu’en 2050 et accroissant considérablement le rôle du Kazakhstan dans la gestion du site : les Kazakhs ont notamment insisté sur la nécessité de développer des lanceurs plus respectueux de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels,...). Astana collaborera avec Moscou pour le développement du futur lanceur « Baïterek » qui sera une fusée Angara modifiée, réutilisable (prévenant ainsi la retombée des boosters sur le pays) et utilisant un combustible (Un combustible est une matière qui, en présence d'oxygène et d'énergie, peut se combiner à l'oxygène (qui sert de...) moins polluant (Le polluant a pour définition la plus souvent retenue : un altéragène biologique, physique ou chimique, qui audelà d'un certain seuil, et...). Par ailleurs, le Kazakhstan affiche désormais des ambitions spatiales, prévoyant de se doter de ses propres satellites de télécommunications (Les télécommunications sont aujourd’hui définies comme la transmission à distance d’information avec des moyens électroniques. Ce terme est plus utilisé que le terme synonyme officiel «communication...).

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