Ligne de Sceaux - Définition et Explications

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Introduction

Luxembourg, ancien terminus de la ligne de Sceaux, aujourd'hui sur le RER B
La gare de la Place Denfert-Rochereau, à l'époque où elle était le terminus de la ligne.
Conçue du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) de la voie large (Dans le domaine du chemin de fer, la voie large se caractérise par un écartement des rails...) du système Arnoux (Le système Arnoux est un dispositif ferroviaire inventé par Jean-Claude-Républicain Arnoux en...), la forme courbe (En géométrie, le mot courbe, ou ligne courbe désigne certains sous-ensembles du...) des bâtiments permettait aux trains de desservir le terminus en tournant le long de la façade intérieure.
La ligne de Sceaux (La ligne de Sceaux est une ligne de chemin de fer de la banlieue sud de Paris, qui reliait...) à l'époque de la Compagnie du Chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et...) de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région...) à Orléans (PO).

La ligne de Sceaux est une ligne de chemin de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le...) de la banlieue (La banlieue désigne communément l'espace urbanisé d'une ville qui est situé...) sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de Paris, qui reliait initialement la place Denfert-Rochereau, à Paris, à la commune de Sceaux.

Ouverte en 1846 à voie large à titre de démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir...) du système Arnoux, elle connaît plusieurs prolongements successifs vers le sud, à Sceaux (Robinson) d'une part, et par étapes vers Orsay, Saint-Rémy-lès-Chevreuse puis Limours d'autre part. En 1895, elle est prolongée au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) dans Paris jusqu'à la gare (Une gare est d'ordinaire un lieu d'arrêt des trains. Une gare comprend diverses installations qui...) du Luxembourg. En 1937, elle est rétrocédée par la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) après une modernisation radicale. La mise en service d'automotrices électriques spécifiques à la ligne, les automotrices Z, et le réaménagement de l'infrastructure avec quais hauts et signalisation performante en font un embryon (Un embryon (du grec ancien ἔμϐρυον / émbruon) est...) du futur métro (Un métro, apocope du terme métropolitain lui-même abréviation de chemin de fer métropolitain,...) régional, provoquant un doublement de sa fréquentation en moins d'un an.

Après une période de fréquentation exceptionnelle durant la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui...) Guerre mondiale et les années suivantes, la ligne, d'une longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus...) de quarante kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système...), est intégrée au réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des...) RER en 1977. Elle constitue dorénavant les deux branches sud de la ligne B du RER au sud de Gare du Nord : branche B2 jusqu'à Robinson, et branche B4 jusqu’à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. La section Saint-Rémy-lès-Chevreuse - Limours a été abandonnée en 1939.

Construction de la ligne

De Paris à Sceaux

L'histoire de la ligne de Sceaux remonte à 1838. C'est à cette date que le polytechnicien Jean-Claude-Républicain Arnoux propose une solution technique permettant d'améliorer la vitesse (On distingue :) des trains en courbe, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) en réduisant l'usure des rails et des roues (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par...). En pratique, il suggère de désolidariser les roues d'un même essieu (Dans un véhicule à roues, un essieu est un arbre placé transversalement sous la caisse et...) et d'articuler les essieux sur un pivot central au lieu de les fixer aux caisses. De plus, il préconise l'utilisation d'un écartement large de 1 750 mm. C'est ce qu'on appelle le « système Arnoux ».

Afin de mettre en œuvre son système, Arnoux obtient en août 1844 la concession de la ligne de Sceaux pour une durée de cinquante ans. Le 21 février 1845, il fonde la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Sceaux. Le premier tronçon relie l'« embarcadère » de Paris-d'Enfer (devenu en 1895 Denfert-Rochereau) à Sceaux. Il est inauguré le 7 juin 1846, et ouvert au public le 23 juin.

Ce premier tronçon, très sinueux à partir de Bourg-la-Reine car la pente de 11,5 ‰ était rattrapée par plusieurs courbes et contre-courbes avec une gare intermédiaire baptisée « Fontenay » (car se trouvant rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux...) de Fontenay à Sceaux), avait son terminus à Sceaux. Le tracé sinueux devait prouver la pertinence et l'efficacité du système Arnoux. Au final, la déclivité de la voie ne dépassait pas 30 mm/m. Bien que les ouvrages d'art aient été prévus dès le départ pour une double voie, seule une voie unique était posée lors de l'ouverture. La double voie a été posée de Paris à Bourg-la-Reine en 1863.

De Bourg-la-Reine à Orsay

La ligne souffre d'un déficit d'exploitation : très profitable pendant les beaux jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...), elle peine à attirer les voyageurs (Les Voyageurs est un épisode de la série télévisée Stargate Atlantis....) le reste de l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...). Un prolongement jusqu'à Orsay est donc envisagé pour équilibrer les comptes. On envisage d'abord un tracé qui se serait embranché près de la gare de Fontenay, et aurait comporté un embranchement vers Longjumeau. Ce premier projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) n'a pas de suite, mais le tracé actuel, avec embranchement à Bourg-la-Reine, est sérieusement étudié.

Cependant la crise de 1847 aggrave la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un...) de la compagnie, si bien qu'elle est mise sous séquestre en 1849-1850. Lors de la révolution de 1848, des chantiers de terrassements sont entrepris à partir de Sceaux vers Orsay, financés par l'État dans le cadre des Ateliers nationaux. Ils atteignent Palaiseau en 1849. L'État, circonspect quant au futur de la compagnie, construit la plate-forme aux normes ferroviaires classiques, c'est-à-dire avec des rayons de courbure (Intuitivement, courbe s'oppose à droit : la courbure d'un objet géométrique est une mesure...) supérieurs à ceux acceptés par le système Arnoux.

La compagnie, partiellement renflouée, obtient la concession de la ligne jusqu'à Palaiseau en 1852, puis jusqu'à Orsay l'année suivante. Outre le trafic voyageurs, il est prévu un trafic marchandises assez important, avec notamment le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus...) du grès de la vallée (Une vallée est une dépression géographique généralement de forme...) de l'Yvette et celui des primeurs.

La ligne est réalisée à voie unique en écartement large, bien que la concession prévoie à terme sa conversion à la voie normale. La ligne comporte 17 ouvrages d'art, dont un tunnel (Un tunnel est une galerie souterraine livrant passage à une voie de communication (chemin de...) de 205 m. Entre Palaiseau et Orsay le tracé est à nouveau sinueux, contrairement au tronçon construit par l'État : les rayons de courbure descendent jusqu'à 125 m.

Le tronçon est inauguré jusqu'à Orsay le 28 juillet 1854. Le terminus se trouve au lieu-dit « les Planches », près de la gare actuelle du Guichet.

Malgré quelques signes d'embellie financière, la compagnie reste fragile, et ne peut notamment acquérir le matériel roulant pour l'ouverture d'un service marchandises, qui aurait pourtant été lucratif.

D'Orsay à Limours

Dans le but de contrecarrer les plans d'une compagnie concurrente qui souhaite obtenir un accès ferroviaire à Paris, la Compagnie du Paris-Orléans rachète la ligne de Sceaux à la société Arnoux en 1857. Dans le projet présenté, la ligne de Sceaux devait s'intégrer dans une relation Paris-Tours par Châteaudin et Vendôme. Cependant, une fois ce concurrent écarté et des études approfondies réalisées, le Paris-Orléans démontra que l'amorce de la ligne de Tours par Orsay était impraticable en raison d'une succession de plateaux et de vallées. Le Paris-Orléans fit accepter à la place un nouvel itinéraire par Brétigny.

À titre de compensation pour une population qui allait se voir privée de chemin de fer, il fut proposé de construire un tronçon Orsay-Limours en prolongement de la ligne de Sceaux. Un décret du 28 août 1862 entérine ce prolongement jusqu'à Limours, par Saint-Rémy-lès-Chevreuse et le vallon de Saint-Paul. Ainsi, le Paris-Orléans obtenait par économie de ne pas desservir Chevreuse, quitte à construire en rampe de 20 mm/m dans le vallon de Saint-Paul.

L'inauguration de ce dernier tronçon a lieu le 26 août 1867. Il est construit en voie unique.

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