Université de Strasbourg - Définition

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Introduction

Université de Strasbourg
Université de Strasbourg
Informations
Fondation 1er janvier 2009 (fondation historique : 1538)
Fondateur Jean Sturm
Type Université publique
Régime linguistique Français
Budget 432 000 000 €
Localisation
Ville Strasbourg
Alsace Alsace
Pays France France
Campus Strasbourg (Campus Central de Strasbourg et campus de Cronenbourg), Illkirch-Graffenstaden, Haguenau, Colmar
Direction
Président Alain Beretz
Chiffres clés
Personnel 6 045
Enseignants 2 672
Étudiants 42 260 au 15 janvier 2010
Divers
Site internet www.unistra.fr/
Strasbourg, Palais universitaire, place de l'Université

L’université de Strasbourg (UDS) est une université française située à Strasbourg en Alsace. Son origine remonte à la création du gymnase Jean-Sturm en 1538, devenu université royale en 1621. Elle a été scindée en trois (université Strasbourg I, université Strasbourg II et université Strasbourg III) après les événements de Mai 68, puis réunifiée le 1er janvier 2009 et sa consolidation doit s’achever en 2012.

C'est une université multidisciplinaire qui compte près de 42 000 étudiants (dont 21 % d’étudiants étrangers), 5 230 membres du personnel, 38 composantes (unités de formation et de recherche, facultés, écoles, instituts) et 86 unités de recherche. Elle fait partie des universités françaises qui ont accédé à l'autonomie au 1er janvier 2009 et s'est dotée d'une fondation partenariale, la Fondation université de Strasbourg.

Historique

L’ancienne université

Son origine remonte au Gymnase protestant (gymnase Jean-Sturm) fondé par Johannes Sturm en 1538. L’université s’appelait aussi Académie protestante. En 1566, l’Empereur Maximilien II, lui confère le rang d’Académie, puis elle devient université en 1621 et université royale en 1631. En 1681 les troupes du Roi Soleil envahissent Strasbourg et, grâce également aux Traités de Westphalie, la France règne sur toute la rive ouest du Rhin et sur l’université.

Sous l'Ancien Régime la question de la religion importait plus que celle de la langue, en sorte qu'il n'y eut pas de grands bouleversements à l'université. Les Alsaciens étaient considérés comme des « sujets allemands du roi ». On se préoccupa beaucoup plus de faire revenir la population au catholicisme, mais les protestants ne furent pas trop persécutés, ce qui permit, comme sur le plan linguistique, une intégration sans trop de heurts dans le royaume.

Tenue d'étudiant de l'université allemande, fin du XIXe siècle (Musée historique de Strasbourg)
L'université rendue à la France en 1919

Même à l'époque française, l'université compta encore des étudiants allemands éminents. L'un d'eux était Goethe, qui y étudia le droit en 1770/71, après que son père eut jugé qu'il passait trop de temps à Leipzig dans l'Auerbachs Keller, une fameuse taverne. Avant la Révolution les cours avaient encore lieu en allemand - et bien sûr en toujours en latin. C'est là que Georg Buchner commença ses études de médecine en 1831 (et les termina après avoir fui de Hesse-Darmstadt, à la suite de la saisie du Hessischen Landboten). À cette époque, après la Révolution, sous Napoléon et sous la Restauration, les sciences (où la France d'ailleurs excellait alors) étaient entièrement enseignées en français, mais de toute façon en théologie et en sciences humaines subsistait la vieille influence de l'Alsace et par là de l'Allemagne.

L'université allemande

En 1871, après la défaite de la France, dans l'Alsace redevenue allemande on refonda l'université sous le nom de Kaiser-Wilhelm-Universität. Comme une grande partie de l'élite de la région, que ce fût dans l'éducation, les affaires et l'administration, avait alors quitté l'Alsace pour rester en France, de nombreux domaines de la vie publique, et donc de l'université, durent être complètement réorganisés et on eut recours à du matériel et du personnel venu de « Vieille-Allemagne ».

En outre, pendant le siège de Strasbourg – la ville de l'imprimerie – les bombardements allemands frappèrent la bibliothèque de la ville installée dans l'ancienne église des dominicains ; c'est ainsi que partit en flammes une des plus grandes et des plus anciennes bibliothèques humanistes du continent. On tenta de compenser cette perte par des dons de livres provenant de l'ensemble de l'Empire (qui venait de se créer) : à elles seules les archives de l'État prussien à Königsberg fournirent à la bibliothèque 70 000 doublets. Le résultat est que la bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNUS) est encore aujourd'hui l'une des plus grandes et des plus riches bibliothèques de langue allemande.

Le retour à la France

Après la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles qui restitue à la France l’Alsace et Strasbourg, rend aussi l’université à l’enseignement supérieur français. Le 23 novembre 1919, l’université de Strasbourg – alors installée dans le Palais universitaire – est solennellement inaugurée par le président de la République française Raymond Poincaré. L'enseignement se fit désormais exclusivement en français. Autour des grands historiens Lucien Febvre et Marc Bloch se constitua en ce temps-là à Strasbourg l'École des Annales.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale l'université française quitta Strasbourg et se réfugia à Clermont-Ferrand. A Strasbourg une Reichsuniversität fut alors créée par les nazis. Carl Friedrich von Weizsäcker, entre autres, travailla dans cette éphémère université d'occupation. La ville sera libérée le 22 novembre 1945, avec la retraite des troupes allemandes la Reichsuniversität fut transférée à Tübingen et dissoute par la suite tandis que l'université française revenaient à Strasbourg.

Les années d'après-guerre seront synonyme de reconstruction et d'un fort accroissement de la population étudiante, comme dans le reste de la France. Le nombre d'étudiant passera de 5 440 en 1956 à 16 221 en 1966. C'est pour répondre à cet accroissement important que l'université va entreprendre de nouveaux travaux et agrandire le campus historique vers l'Est. C'est dans le nouveau quartier strasbourgeois de l'Esplanade que sera crée le campus Central de Strasbourg.

Dans l'année 1960 va s'engager un processus qui mènera à la révolte étudiante de mai 68. Ainsi des étudiants de l'internationale situationniste profitant du désintérêt des étudiants pour leurs structures associatives accèdent au bureau de l'association locale AFGES. Ils écriront et publiront à 10 000 exemplaires la brochure De la Misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects social, économique, sexuel et intellectue. Les structures traditionnelles de l'université seront dés lors remise en question. Suite à la loi Faure du 10 octobre 1968 le statut et l’organisation des universités sont fortement modifiés et la loi conduira en 1970 à la scission de l'université en trois nouvelles institutions : l'université Strasbourg I, l'université Strasbourg II et l'université Strasbourg III.

Les trois universités

La scission donnera alors naissance à trois universités bien distinctes, chacune spécialisée dans un domaine d'enseignement bien précis l'université Strasbourg I devient l'université des sciences et de la santé, l'université Strasbourg II devient des sciences humaines, tandis l'université Strasbourg III se spécialisera dans les domainees juridique, politique, social et technologique. Ce découpage ne sera pas exclusif ainsi des formations de l'un des domaines d'une des trois universités pourront se retrouver placer dans une université dont ce n'est pas son domaine. Ainsi par exemple l'université Strasbourg III se dotera d'un IUT, l'institut universitaire de technologie Robert-Schuman spécialisé dans le domaine des sciences.

Ancien logo de l'université Marc Bloch

Par la suite chacune des universités adoptera le nom d'une personnalité représentant son domaine d'enseignement, ayant fréquenté Strasbourg en tant qu'étudiant ou enseignant. L'université Strasbourg I, sous l'impulsion de son premier président, Guy Ourisson deviendra, le 22 octobre 1987 l'université Louis Pasteur, du nom du scientifique français qui a découvert le vaccin contre la rage à Strasbourg. Puis se sera l'université Strasbourg III qui par décision unanime de son conseil d'administration, prendra le nom d'université Robert Schuman, du nom de l'un des Pères de l'Europe ayant étudié à Strasbourg. Enfin après une polémique de quatre années, du notamment à la publication de tracts antisémites, c'est l'université Strasbourg II qui par un vote de son conseil d’administration prendra le nom d'université Marc Bloch, le 30 octobre 1998. Du nom de l'historien et résistant français Marc Bloch, fondateur de l'École des Annales et mort sous l'occupation.

Reconstruction de l'université unique

Plaque commémorant la réunification en 2009

L’université de Strasbourg est créée le 18 août 2008 par décret, mais l'université est réellement réunifiée depuis le 1er janvier 2009 date à laquelle les trois anciennes universités disparaissent. En même temps que sa réunification, elle devient une des 18 premières universités à appliquer la loi d'autonomie des universités (loi LRU). C'est pour ces raisons qu'elle a dû établir ses nouveaux statuts le 4 novembre 2008, puis élire le premier président de l'université réunifiée, Alain Beretz le 18 décembre 2008. L'objectif de cette fusion a été de créer une université pluridisciplinaire où les différentes formations et les différentes unités de recherche peuvent créer de véritables synergies malgré des champs d'études éloignés, mais aussi d'avoir une plus grande visibilité à l'international.

Dans le but de renforcer le projet de fusion, les trois anciennes universités ont décidé de créer un dossier commun dans le cadre de l'opération campus pour laquelle elles ont été sélectionnées le 29 mai 2008 avec cinq autres universités. Le projet strasbourgeois qui devait concerner l'ensemble des campus a été restreint au seul campus historique de l'Esplanade. Le projet s'inscrit globalement dans la réorganisation du campus central liée à la fusion des trois anciennes universités. La consolidation de la nouvelle université se prolongera jusqu’en 2012.

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