Université de Sofia Saint-Clément d'Ohrid - Définition et Explications

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Introduction

Université de Sofia Saint-Clément d’Ohrid
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Nom original Софийски университет „Св. Климент Охридски“

(translittération internationale Sofijski universitet “Sveti Kliment Ohridski”)

Informations
Fondation 1888
Fondateur Assemblée nationale de Bulgarie
Type université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) publique d’État
Régime linguistique bulgare
Budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.) 33 823 169 de leva soit environ 17 308 997 € (2008)
Localisation
Ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les...) Sofia
Pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent...) Bulgarie
Campus (Un campus (du mot latin désignant un champ) désigne l'espace rassemblant les bâtiments et l'infrastructure d'une université ou d'une...) urbain
Direction
Recteur Ivan Ilčev (historien, élu en 2007)
Chiffres clés
Étudiants 11 308 (en 2008)
Divers
Affiliation Association des universités européennes
Site internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie...) www.uni-sofia.bg/index.php/bul


L’université Saint-Clément d’Ohrid de Sofia (en bulgare Софийски университет „Свети Климент Охридски”, translittération scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la...) internationale Sofijski universitet “Sveti Kliment Ohridski”, souvent abrégé en СУ/SU) est le plus ancien établissement d’enseignement supérieur de Bulgarie. Elle a été créée le 1er octobre 1888 par décision de l’Assemblée nationale de Bulgarie, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) d’abord sous forme d’établissement pédagogique supérieur. L’aile centrale du bâtiment principal de l’université de Sofia a été construit grâce à une donation des frères Evlogi Georgiev et Hristo Georgiev, entrepreneurs et mécènes bulgares. Des statues les représentant ornent l’entrée principale. L’établissement est composé de 16 facultés et trois départements, ainsi que d’autres structures indépendantes telles que la bibliothèque universitaire et une maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un...) d’édition et d’autres centres d’enseignement et de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également...). Son parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à...) immobilier est composé de 8 implantations principales.

Le bâtiment du rectorat

Histoire

Des débuts modestes

Plaque commémorative sur l'actuel bâtiment de la faculté de journalisme (Le journalisme est l'activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l'attention du public à travers...) et de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine...) de masse : « Dans ce bâtiment, le 1er octobre 1888, fut inauguré le premier cours supérieur pédagogique. Il posa les jalons de l'université de Sofia Saint-Clément d'Ohrid, ainsi que ceux de l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un...) supérieur dans la Bulgarie libérée. »

L’université Saint-Clément d’Ohrid a été fondée le 1er octobre 1888, soit 10 ans après la libération de la Bulgarie qui mit fin à la domination ottomane. L’idée d’une université nationale était déjà ancienne chez les patriotes bulgares. Elle fut créée comme école pédagogique, dans le but de former les enseignants dont le jeune État avait besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins...). Pendant la première année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) de fonctionnement, l’établissement accueillit 49 étudiants, assistant aux cours de 7 enseignants, surnommés « les sept nouveaux saints » (par référence aux sept saints principaux de l’Église orthodoxe bulgare) : Aleksandăr Teodorov-Badan, Ljubomir Miletič, Ivan Georgov, Nikola Mihajlovski, Josif Kovačev, Stanimir Stanimirov et Ivan Danev. Ils élurent le philologue Aleksandăr Teodorov-Badan comme premier recteur.

Aleksandăr Teodorov-Badan, premier recteur de l’université de Sofia (statue dans la Borisova gradina de Sofia)


Au cours de ses premières années d’existence, l’université ne comportait que trois facultés : faculté d’histoire et philologie (créée en 1888), faculté de mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures, les structures et les transformations. Les...) et de physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens...) (créée en 1889) ainsi qu’une faculté de droit (créée en 1892). On y enseignait les matières suivantes : histoire, géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η γη" (hê gê) la Terre et...), philologie slave, philosophie, pédagogie (La pédagogie est, étymologiquement, l'action de "conduire les enfants", du grec PAIDAGÔGIA. C'est donc l'art d'éduquer. Le terme désigne les méthodes et pratiques d'enseignement...), mathématiques et physique, chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle...), sciences naturelles et droit. Les premières femmes furent acceptées l’année de la transformation de l’établissement en université, en 1901. L’année suivante, le 25 novembre (8 décembre selon le calendrier (Un calendrier est un système de repérage des dates en fonction du temps. Ces systèmes ont été inventés par les hommes pour mesurer, diviser et organiser le temps sur de longues durées. Initialement conçus pour être en...) julien), le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent...) de la Saint-Clément d’Ohrid devint la fête officielle de l’université.

Un développement rapide

En 1907, le prince Ferdinand Ier de Bulgarie fut hué par les étudiants lors de l’inauguration du Théâtre national Ivan Vazov : ils considéraient que la place qui leur était réservée était insuffisante. Suite à cet incident, l’université de Sofia fut fermée pendant 6 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), et tous les enseignants furent licenciés. Une sévère répression frappa les fauteurs de trouble, qui provoqua des protestations d’universitaires étrangers. La crise ne fut résolue qu’en 1908, quand le gouvernement d’Aleksandăr Malinov arriva (Arriva est un groupe privé britannique spécialisé dans le transport public de voyageurs. Il exploite des services de bus et de trains, principalement en Grande-Bretagne, mais aussi dans plusieurs pays d'Europe.) au pouvoir.

Une quatrième faculté fut ouverte en 1917, la faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant...). La cinquième, la faculté d’agronomie, fut ouverte en 1921, la sixième (médecine vétérinaire) et la septième (théologie) en 1923.

Façade de la faculté de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des êtres vivants...) (construite dans l’entre deux-guerres avec le soutien de la fondation Rockefeller)

La première thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet ou du thème qu'il évoque.) de doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le...) (en sciences naturelles) fut soutenue en 1929, et de nombreuses autres suivirent ensuite.

La conscience démocratique de la nation

L’université fut un des rares espaces de liberté préservé dans le pays après l’instauration du régime dictatorial de Kimon Georgiev en 1934, l’unique institution à conserver des instances élues. Le nouveau gouvernement s’employa à réduire le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d’étudiants et pratiqua des coupes claires dans le budget de l’établissement. La fin du régime Georgiev et l’instauration de la « dictature royale » de Boris III en janvier 1935 n’améliora pas la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il...) économique et politique de l’université, qui, malgré la résistance de ses responsables, fut privée d’une grande partie de son autonomie.

Le déclenchement de la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure d'angle...) Guerre mondiale eut pour conséquence une importante restriction des contacts internationaux des enseignants et chercheurs de l’université, sauf avec la Yougoslavie voisine (avant 1941), les pays de l’Axe et les pays neutres, en particulier la Suisse. Au printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones...) 1943, les enseignants et étudiants participèrent activement au mouvement de sauvetage des juifs bulgares. Les bombardements anglo-américains de l’hiver 1943-1944 conduisirent à une paralysie (La paralysie ou plégie est une perte de motricité par diminution ou perte de la contractilité d'un ou de plusieurs muscles, due à...) presque totale de l’établissement. Au début de 1944, les facultés avaient été déplacées en divers endroits du pays, et l’activité d’enseignement était pratiquement arrêtée. Seule, l’activité éditoriale continuait à Sofia.

De 1944 à 1947, l’université dut s’adapter aux changements politiques en cours. Les responsables de l’université soutinrent la volonté du gouvernement provisoire de démocratiser l’accès à l’université, mais furent mis en difficulté par le manque de moyen de l’établissement pour réaliser ce but. En réalité, le Parti communiste bulgare commençait à infiltrer l’université, notamment par le biais des « étudiants privilégiés » qu’il envoyait s’inscrire, indépendamment de leur aptitude à l’enseignement supérieur. Des campagnes furent orchestrées contre les professeurs « chauvins » ou « fascistes », qui conduisirent à de premières purges. Le tribunal (Le tribunal ou juridiction (de jus dicere : littéralement, « dire le droit ») est un lieu où est rendue la justice. C'est là que les personnes en conflit viennent...) populaire de 1944 condamna plusieurs enseignants qui avaient joué un rôle politique pendant la guerre. Les contacts internationaux purent être renoués à partir de 1947, mais un tropisme (Tropisme provient du grec qui signifie « donner une direction ».) soviétique fut clairement favorisé par les autorités politiques.

La stalinisation

En 1947, après la signature du traité de paix avec les Alliés, l’Assemblée nationale adopta une loi réformant l’enseignement supérieur, à la suite de laquelle des mesures furent prises contre les « éléments réactionnaires actifs ». Le nombre de facultés passa de sept à dix. L’établissement fut de fait placé sous l’autorité de l’État, et ce qui restait de son autonomie, considéré comme obstacle à une université « au service du peuple », fut aboli.

L’université fut placée sous le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) du Comité pour la science, l’art et la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et...), dont le premier président fut le stalinien Vălko Červenkov. Les activités « antinationales » furent interdites au sein de l’université. De nombreux étudiants furent exclus de l’établissement. Dans le même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), le gouvernement communiste accorda de nombreuses bourses à des étudiants issus des milieux populaires et fit construire des logements étudiants (quartier de Studentski grad au pied des monts Vitocha). Le nombre d’étudiants augmenta rapidement, mais le taux d’échec également. Suite à ces difficultés, un examen d’entrée fut institué, comprenant une épreuve de langue et littérature bulgares et une épreuve dépendant du type d’études souhaitées. La faiblesse des émoluments eut pour résultat un manque chronique d’enseignants qualifiés. De nombreux postes restèrent longtemps vacants. En 1948, une réforme barra l’accès à l’université aux « ennemis du peuple ». Le but était de créer une intelligentsia disciplinée, fidèle à la ligne du Parti. Le marxisme-léninisme fut introduit comme discipline obligatoire pour toutes les facultés à la rentrée universitaire 1948-1949. L’organisation du système universitaire du pays fut calquée sur celui de l’URSS.

De nouveaux établissement supérieurs furent fondés par autonomisation de facultés ou par fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une substance constituée de molécules toutes identiques, la...) de celles-ci avec des établissements existants : ainsi, en 1950, la faculté de théologie fut séparée de l’université pour former l’Académie théologique de l’Église orthodoxe bulgare. La même année, la faculté de médecine fut intégrée à l’Académie de médecine (aujourd’hui Université médicale de Sofia) nouvellement créée. En 1952, la faculté d’économie, malgré l’avis négatif du Conseil académique, fut détachée et fusionna avec l’Institut supérieur d’économie Karl Marx, créé pour l’occasion par la transformation de l’École supérieure d’État de finances et d’administration (aujourd’hui Université d’économie nationale et mondiale de Sofia). Cependant, dans le même temps, des spécialités nouvelles furent proposées par les facultés restantes, par exemple le journalisme, afin de renforcer l’appareil de propagande (La propagande désigne la stratégie de communication, dont use un pouvoir (ou un parti) politique ou militaire pour changer la perception d'événements, de...) du régime.

En 1952, une organisation (Une organisation est) universitaire unifiée du Parti communiste bulgare fut créée au sein de l’établissement, destinée à relayer les slogans du régime tant chez les enseignants que chez les étudiants. Conformément au modèle soviétique, les enseignants, censés servir la propagande du régime et essentiellement destinés à former de nouveaux collègues de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, furent invités à délaisser la recherche, qui devint le domaine presque exclusif de l’Académie bulgare des sciences. Cependant, des liens personnels étroits et de nombreux échanges scientifique mutuels avec l’Académie et des institutions étrangères empêchèrent l’université de sombrer totalement dans la médiocrité. En 1954, l’université aurait même dû être transformée en « école pédagogique intégrée au Ministère de l’éducation ». Ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...) fut empêché la communauté universitaire, qui craignait de perdre tout son prestige. L’université aurait également dû être débaptisée et abandonner la référence à saint Clément d’Ohrid, mais le projet fut également abandonné. À la fin de la période stalinienne, le mécontentement des enseignants et des étudiants face au piètre niveau scientifique et la lassitude face au poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la...) de l’idéologie était patents.

Les changements de 1956

Les changements politiques consécutifs à la déstalinisation en Union soviétique déçurent le monde (Le mot monde peut désigner :) académique bulgare. Cependant, l’université de Sofia put bénéficier d’une timide libéralisation, notamment par un certain renouveau des contacts avec l’Occident. L’université participa du scepticisme politique qui se développa dans l’intelligentsia du pays.

Les limitations politiques à l’admission d’étudiants ainsi que la mainmise de l’idéologie marxiste-léniniste devinrent la cible privilégiée d’étudiants et de professeurs qui se solidarisèrent avec l’insurrection de Budapest d’octobre 1956. On se mit à réclamer davantage d’autonomie pour l’établissement. Cependant, les responsables du Parti rappelèrent aux autorités universitaires leur obligation de fidélité vis-à-vis de l’État et à ses impératifs de formation de « propagandistes » au service du régime. Une nouvelle vague (Une vague est un mouvement oscillatoire de la surface d'un océan, d'une mer ou d'un lac. Les vagues sont générées par le vent et ont une amplitude...) de répression fut organisée, qui conduisit à l’exclusion de nombreux étudiants. L’admission des « étudiants privilégiés » soutenus par les commissions du Parti continua.

L’ère Živkov

Alors que les artistes, intellectuels et chercheurs en sciences humaines et sociales continuèrent à se voir assigner des buts en conformité avec la politique du Parti, le nouvel homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis que...) fort du pays Todor Živkov relâcha la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) sur les scientifiques, en particulier ceux dont les recherches avaient des implications technologiques. Un « sain » patriotisme fut promu afin de contrebalancer l’internationalisme officiel, de plus en plus réduit à la solidarité envers l’Union soviétique. Parallèlement, les historiens se virent confier la mission d’étudier le « glorieux » passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une...) de la Bulgarie. En 1962, la journée de célébration dédiée au patron de l’université, saint Clément d'Ohrid fut rétablie. Cette vague historico-patriotique culmina avec le 1300e anniversaire de la fondation de l’État bulgare en 1981, auquel les historiens de l’université saint Clément d’Ohrid prirent une part importante.

L’école archéologique bulgare put se développer dans les années 1960, tant à l’université de Sofia qu’à l’Académie bulgare des sciences, grâce à de grands noms internationalement reconnus comme les thracologues Hristo Milušev Danov et Aleksandăr Fol.

Une nouvelle loi sur l’enseignement supérieur fut adoptée en 1959, dont l’application conduisit à d’importants changements à l’université de Sofia. La réorganisation des programmes mit l’accent sur le lien entre théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative,...) et pratique. Les stages dans l’industrie devinrent obligatoires, et une limitation du nombre d’heures d’enseignement assura aux étudiants davantage de temps libre. Des quotas d’étudiants issus des régions défavorisées et de la communauté musulmane, Bulgaro-Turcs et Pomaks, furent institués. Malgré la le maintien de la mainmise idéologique et son corollaire (Un théorème est une proposition qui peut être mathématiquement démontrée, c'est-à-dire une assertion qui peut être établie comme vraie au travers d'un raisonnement logique construit à partir d'axiomes. Un...), la lutte contre l’influence occidentale, les années 1960 virent une intensification des contacts internationaux, y compris avec l’Ouest. Dans les années 1960, l’université put ainsi retrouver le niveau scientifique qu’elle détenait avant la période stalinienne. De nouvelles spécialités destinées à « servir le socialisme » furent proposées par l’université. La structure des facultés fut modifiée : en 1962, une faculté de biologie autonome fut séparée de la faculté de biologie, géologie (La géologie, du grec ancien γη- (gê-, « terre ») et λογος (logos, « parole »,...) et géographie. La faculté de physique et mathématiques fut divisée l’année suivante en trois nouvelles facultés : mathématiques, physique et chimie. Un effort particulier d’équipement ut fait réalisé pour la faculté de physique, notamment par des dons en provenance d’Union soviétique. Le budget consacré à la recherche atteignit des niveaux jusqu’alors inégalés en Bulgarie. En 1965, la faculté de philologie fut divisée en deux nouvelles facultés : la faculté de philologie slave, où se trouvait également le département de journalisme, et la faculté de philologie occidentale (aujourd’hui faculté de philologie classique et moderne, comportant un département de langue et littérature anglaise, française, italienne (Italienne est le nom communément utilisé pour le cordage servant a manœuvrer un enrouleur. Il s'enroule sur un tambour quand on déroule la...), espagnole, allemande, de langues classiques et de langues orientales (après l’abandon de la dénomination « philologie turque »).

La fin de l’ère Nikita Khrouchtchev et l’arrivée au pouvoir de Léonid Brejnev en URSS provoqua un débat (Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le sujet considéré. Un...) entre « révisionnistes » et marxistes orthodoxes qui eut des répercussions dans l’université, notamment par le déclenchement de l’affaire Želju Želev. Le futur président de la République bulgare, alors doctorant (Un doctorant est un chercheur débutant s'engageant, sous la supervision d'un directeur de thèse, dans un projet de recherche sur une durée variable selon les pays et les...) du département de matérialisme dialectique de la faculté de philosophie et d’histoire, avait critiqué dans sa thèse de doctorat La définition philosophique de la matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de l'espace et...) et la science contemporaine la conception léniniste de la matière, la considérant comme idéaliste et non marxiste. Il fut pour cette raison exclu, avec d’autres personnalités, en 1965 du Parti et de l’université, malgré le plaidoyer en sa faveur de nombreux universitaires. Des mesures de mise au pas furent prises dans tous les établissements d’enseignement supérieur, dont l’introduction en 1966-1967 du « communisme scientifique », qui, avec la philosophie et l’économie politique, faisait partie du programme obligatoire de toutes les facultés, avec l’histoire du PCB. Dans les années 1960, le monde étudiant, inspiré par les mouvements occidentaux, était de moins en moins prêt à accepter le contrôle idéologique du régime, ce qui conduisit à une solidarité affirmée de certains étudiants avec le Printemps de Prague en 1968, qui fut cependant sévèrement réprimée.

En 1972, une loi mit en place neuf « centres unifiés » intégrant les facultés de l’université et les institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) correspondant de l’Académie bulgare des sciences, visant à rationaliser le potentiel scientifique du pays. L’université se vit retirer le droit d’accorder des titres universitaires au bénéfice des nouvelles structures. De nouveaux changements structurels furent décidés : en 1972, la faculté d’histoire et de philosophie donna naissance à une faculté d’histoire et à une faculté de philosophie, cette dernière étant avant tout dédiée au matérialisme dialectique et historique. Plus tard furent créées une faculté pédagogique et une faculté d’enseignement primaire et préscolaire. En 1974, une faculté de journalisme fut détachée de la faculté de philologie slave.

Crise et transition démocratique

Au début des années 1980, la situation de l’université s’était améliorée : les contacts internationaux s’étaient généralisés avec le monde entier, la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un...) d’enseignement avait diminuée, ce qui permettait aux enseignants de se consacrer davantage à la recherche. Mais le début de la perestroïka gorbatchévienne en Union soviétique envenima les relations d’une partie du monde universitaire avec le pouvoir, notamment au sujet de la politique d’assimilation forcée de la minorité turque (« processus de renaissance ») menée à la fin de l’ère Živkov, ou encore les retombées radioactives dues à la catastrophe de Tchernobyl (La catastrophe de Tchernobyl est un accident nucléaire qui s'est produit le 26 avril 1986 dans la centrale nucléaire Lénine en...) ou les problèmes d’environnement dans la ville de Roussé. L’université de Sofia renoua avec son rôle de porte-parole des mécontentements. Le 100e anniversaire de l’université fut célébré en 1988 avec un relief (Le relief est la différence de hauteur entre deux points. Néanmoins, ce mot est souvent employé pour caractériser la forme de la surface de la Terre.) tout particulier. En 1987-1988, l’Institut antarctique (L'Antarctique (prononcé [ɑ̃.taʁk.tik] Écouter) est le continent le plus méridional de la Terre. Situé au pôle Sud, il est entouré de l'océan...) bulgare de l’université organisa sa première expédition. Les Montagnes de l’université de Sofia sur l’île Alexandre Ier, la plus grande île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi...) de l’Antarctique, furent ainsi baptisées à l’occasion de l’année jubilaire 1988.

De nombreux enseignants et étudiants de l’université participèrent aux différentes organisations créées pendant la crise qui conduisit à la chute du régime, dont beaucoup, comme l’Union des forces démocratiques, furent d’ailleurs créées dans l’université même. La visite officielle du président français François Mitterrand en janvier 1989 et sa rencontre avec les étudiants contribua à la libération de la parole (La parole, c'est du langage incarné. Autrement dit c'est l'acte d'un sujet. Si le langage renvoie à la notion de code, la parole renvoie à celle de corps. La parole est singulière et opère un acte de langage qui...) au sein de l’université. Les recteurs qui se succédèrent après 1989 réclamèrent du gouvernement après la chute de Todor Živkov le retour dans la structure de l’université des facultés séparées pendant le régime communiste. Ils s’employèrent à restaurer l’unité de l’université historique face à la concurrence de plus en plus forte des autres établissements (beaucoup furent créés dans la période de transition, qui obtinrent, dans des conditions parfois douteuses, le titre d’université). Mais rien n’y fit : l’enseignement supérieur bulgare, jusque là totalement contrôlé par l’État, se transforma à une vitesse (On distingue :) record en marché, et l’université de Sofia n’échappa pas à cette évolution. Elle dut rapidement avoir recours au mécénat d’entreprise, qu’elle tenta notamment d’attirer par des associations d’anciens élèves.

Les étudiants réagirent par une grève, des manifestations et diverses occupations de locaux et de lieux publics à la victoire du Parti socialiste bulgare aux premières élections libres, en juin 1990 : le semestre d’hiver 1990-1991 se déroula dans une atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) très houleuse, et l’université continua à jouer son rôle de bastion (Le bastion est un des éléments des fortifications classiques, il remplace dans celles-ci, la tour pour fournir les feux de flanquement sur la courtine et défendre les angles du corps de place. Il est constitué par un talus de terre...) de l’opposition anticommuniste. Le gouvernement de l’Union des forces démocratiques élu en octobre 1991 initia une campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération ou de milieu urbain. La campagne est...) d’épuration anticommuniste dont eurent à pâtir de nombreux enseignants. Les dernières manifestations d’ampleur nationale auxquelles étudiants et enseignants de l’université prirent un rôle actif furent les manifestations de l’hiver 1996-1997, au cours desquelles l’Assemblée nationale fut prise d’assaut.

Depuis la fin du communisme, la politique des différents recteurs de l’université vise à proposer le nombre le plus grand possible de spécialités, malgré le sous-financement chronique dont souffre l’établissement. Ils s’employèrent également à développer les relations internationales de l’établissement. En 2009, près de 200 accords bilatéraux de coopération existent avec des établissements supérieurs du monde entier, dont 18 établissements français. Elle a adhéré à l’Association des universités européennes, à l’Alliance des universités pour la démocratie ainsi qu’à l’Agence universitaire de la Francophonie. En revanche, elle a cessé, pour des raisons financières, d’être membre de l’Association internationale des universités.

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