Isaac Newton - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Newton dans la littérature et les arts

Sur Newton, Alexander Pope a écrit une épitaphe restée célèbre :

« La Nature et ses lois se cachaient dans la nuit.
Mais Dieu a dit « que Newton soit » et tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) fut lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil...). »

Isaac Newton (Isaac Newton (4 janvier 1643 G – 31 mars 1727 G, ou 25 décembre...) est un des héros de la Rubrique-à-brac de Gotlib. Il y apparaît dans un gag récurrent dans lequel une pomme (La pomme est le fruit du pommier, arbre fruitier largement cultivé. L'étude de la culture...) (ou en fait tout objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans...) qui viendrait à lui tomber sur la tête) provoque la découverte de la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...) de la gravitation (La gravitation est le phénomène d'interaction physique qui cause l'attraction...).

Isaac (ISAAC est un algorithme capable de générer des nombres pseudo-aléatoires, tombé dans le domaine...) Newton apparaît dans l'animé Vision d'Escaflowne, bien qu'il ne soit jamais désigné que sous le nom d'"Isaac". Transporté dans un autre monde (Le mot monde peut désigner :), Gaïa, il apportera sa science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire...) à une nation pauvre et aride pour en faire le plus puissant empire industriel de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...). Re-baptisé Dornkirk, il y poursuit alors des recherches sur le destin, la fatalité et la chance, persuadé que les événements et les individus sont soumis à des forces d'attraction semblables à la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.).

Newton et l'alchimie

Synthèse entre le mécanisme et l'alchimie

Newton, par William Blake. Sur cette toile, Newton est montré comme un géomètre divin.

Newton s'initie à la chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à...) en 1666 par la lecture du livre de Robert Boyle Of Formes, dont il tire un glossaire chimique. Il commence à étudier de façon très intensive l'alchimie en 1668 ou 1669 et poursuit ses recherches pendant au moins trente ans, jusqu'en 1696. Ses premières tentatives de publication de travaux (concernant l'optique) se soldant par des controverses épuisantes (avec Hooke notamment), Newton se réfugie dans le mutisme au moment où il plonge dans les recherches alchimiques. En outre, Newton fera certainement partie d'un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des...) secret d'alchimistes probablement constitué à partir du cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale...) Hartlib de Londres (Londres (en anglais : London - /?l?nd?n/) est la capitale ainsi que la plus grande ville...). Il se choisit également le pseudonyme alchimique Ieoua Sanctus Unus qui signifie en français : « Jéhovah Unique Saint », mais qui est aussi une anagramme d’Isaac Neuutonus. Durant plus de 25 ans, Newton conservera le secret sur ses activités et surtout sur ses contacts, desquels il reçoit de très nombreux ouvrages et traités alchimiques, qu'il annote et recopie jusqu'à se constituer une des plus vastes bibliothèques alchimiques de son époque.

Une grande partie de ses écrits de tradition alchimiste, non publiés, seront oubliés ou mal interprétés : lorsqu'en 1872 un descendant de sa sœur fait don à l'université de Cambridge (L'université de Cambridge est une université britannique connue dans le monde entier.) des écrits et livres conservés par sa famille, le bibliothécaire (Un bibliothécaire désigne d'une manière générale une personne à qui sont confiées des...) renvoie à celle-ci une malle contenant les écrits « n'étant pas de nature scientifique » dont une grande partie de ses travaux alchimiques.

L'absence, jusqu'en 1936, d'étude d'une grande partie de ses manuscrits alchimiques, l'énorme influence de Newton sur le monde scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui...) ainsi qu'un mouvement de rejet de l'alchimie né au cours du XVIIIe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui...) amènent une grande partie de ses premiers biographes à différents types d'approches. Par exemple, David Brewster, auteur de la première biographie scientifique de référence, tente de séparer l'alchimie pratiquée par Newton de celle qu'il considère comme une supercherie tout en ne comprenant pas qu'un tel génie ait pu s'abaisser à cette pratique; Louis Trenchard More considère lui que les travaux alchimiques de Newton n'étaient qu'une façon de « se délasser l'esprit », qu'ils auraient pu être gouvernés par l'appât du gain ou encore qu'ils étaient le symptôme (Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus...) d'une tension (La tension est une force d'extension.) mystique sans rapport avec le reste de son œuvre scientifique. L'alchimie à laquelle Newton se forme et qu'il pratique durant de nombreuses années est ainsi une facette souvent méconnue de son œuvre.

Pour Keynes, qui réunira la plupart de ces écrits dispersés lors d'une vente aux enchères en 1936, « Newton n'est pas le premier de l'âge de la Raison. Il est le dernier des Babyloniens et des Sumériens, le dernier grand esprit qui a contemplé le monde visible et intellectuel avec les mêmes yeux que ceux qui ont commencé à construire notre héritage intellectuel il y a quelque 10 000 ans. ». Ce n'est qu'après la redécouverte de ces manuscrits que ses biographes replaceront ses travaux alchimiques dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection...) de son œuvre scientifique.

Au XVIIe siècle, l'alchimie a une réputation ambiguë. Souvent considérée populairement comme faisant partie du domaine des charlatans à cause de la quête de la transformation des métaux en or, l'alchimie est cependant continûment pratiquée et étudiée durant tout le XVIIe siècle par de nombreux philosophes de la nature parce qu'elle propose une vision d'ensemble cohérente pour la totalité des phénomènes naturels. En ce sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but...) elle rejoint la philosophie mécaniste dans sa volonté d'une description universelle de la Nature.

« La transformation des corps en lumière et de la lumière en corps est très conforme au cours de la nature, qui semble se complaire aux transmutations ».

En revanche les deux philosophies sont séparées de façon fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) sur un point : pour les mécanistes la matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses...) est inerte (Inerte est l'état de faire peu ou rien.), composée de particules caractérisées par leur forme et dont le mouvement est régi uniquement par les lois simples du choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de...) ou de la pression ; pour les alchimistes la matière n'est que le véhicule (Un véhicule est un engin mobile, qui permet de déplacer des personnes ou des charges d'un...) de principes actifs qui régissent le monde selon des lois d'attraction et de répulsion, de copulation de principes mâle et femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le...), et dont l'esprit est partie prenante.

« Concevons les particules des métaux [...] comme douées d'une double force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un...). La première est une force d'attraction et est plus forte, mais elle décroît rapidement avec la distance. La seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui...) est une force de répulsion qui décroît plus lentement, et, pour cette raison, s'étend plus loin dans l'espace. ».

Néanmoins, pour les philosophes de l'époque de Newton, la séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque...) des deux philosophies n'est pas forcément évidente, et elles peuvent même être conçues comme complémentaires. Richard Westfall avance que ce sont peut-être les possibilités de description universelle offertes par le mécanisme et l'alchimie qui ont poussé Newton à ne se fermer aucune des deux voies de travail. L'intérêt de Newton pour l'alchimie résiderait dans une « rébellion » contre les limites restrictives imposées par la philosophie mécaniste ainsi que par la volonté de dépasser le mécanisme de René Descartes (René Descartes, né le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine (localité...).

Dans un ouvrage intitulé De la gravitation et de l'équilibre des fluides (daté au plus tôt de 1668) il reproche notamment à Descartes un « athéisme » découlant de la stricte séparation du corps et de l'âme et de la supposition selon laquelle le monde matériel mécaniste n'a pas de dépendance envers Dieu. Pour B.J.T. Dobbs, une première période d'études alchimiques, qui s'achève en 1675, et toute la suite de ses recherches scientifiques visent à intégrer la mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes...) et l'alchimie en une synthèse réconciliant la vision corpusculaire et neutre de la matière d'une part et les interactions à distance (ou « affinités ») d'autre part, ce qu'il réalisera in fine grâce à l'introduction du concept de force. Le concept de force, et notamment de la force d'attraction gravitationnelle, bien qu'actuellement considéré comme le fondement même de la mécanique était en effet considéré à l'époque par les mécanistes comme une résurgence de l'occultisme et provoqua de vives réactions comme celle de Christiaan Huygens qui écrit en 1687 quelques jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) après la sortie des Principia : « Je souhaite de voir le livre de Newton. Je veux bien qu'il ne soit pas Cartésien pourvu qu'il ne nous fasse pas des suppositions comme celle de l'attraction. ».

Recherches et études alchimiques

Par l'ampleur de son travail dans ce domaine, Newton peut être considéré comme un alchimiste hors pair en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un...). De 1668 à 1675, Isaac Newton pratique l’alchimie. Certains considèrent que l'alchimie est présente à des degrés divers dans toute son œuvre scientifique et qu'elle permet d'en comprendre la genèse voire l'unité. Pour ses travaux, il se basera sur une abondante bibliographie, dont les ouvrages suivants :

  • le grand recueil alchimique du Theatrum Chemicum
  • Zosime de Panopolis
  • le pseudo-Geber (nom latin de l'alchimiste arabe Jabir Ibn Hayyan)
  • Eyrénée Philalèthe (pseudonyme de George Starkey), L’Entrée ouverte au palais fermé du roi
  • Michael Maier, Artifex Chymicus
  • Basile Valentin, Le Char triomphal de l’antimoine
  • le Cosmopolite (pseudonyme de Michael Sendivogius), La Nouvelle Lumière chymique
  • Jean d'Espagnet, Arcanum hermeticum

Il établit une synthèse qui, appliquée à l’astronomie, lui fait tirer les conclusions suivantes : « La meilleure eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les...) est attirée par le pouvoir de notre Soufre (Le soufre est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole S et de...) qui gît caché dans l’antimoine. Car l’antimoine était dénommé Aries [Bélier (Le bélier est le mâle non châtré de l'espèce Ovis aries réservé...)] par les Anciens. Parce que Aries est le premier signe du zodiaque (Le zodiaque est la zone du ciel autour de l'écliptique où, vus depuis la Terre, le...) dans lequel le Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile...) commence à être exalté et que l’or est surtout exalté dans l’antimoine […]. L’air engendre le Chalybs ou aimant (Un aimant est un objet fabriqué dans un matériau magnétique dur, c’est-à-dire dont le...), et cela fait apparaître l’air. Ainsi le père de celui-ci est le Soleil (l’or) et sa mère la Lune (La Lune est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand satellite du...) (l’argent). C’est ce que porte le vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface...) dans son ventre ». Plus tard, il pense avoir découvert le mercure philosophique et donne la modalité précise de l’opération.

Il fonde « l’hypothèse 3 » : « Tout corps peut être transformé en n’importe quel autre corps, et prendre successivement tous les degrés de qualités ».

Page générée en 0.409 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique