Géocentrisme - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Reproduction du système géocentrique de Ptolémée
Modèle géocentrique du système solaire de Ptolémée, d'après le cosmographe et cartographe portugais Bartolomeu Velho (Bibliothèque nationale de France, Paris)

Le géocentrisme est un modèle physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la...) ancien et erroné selon lequel la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...) se trouve immobile, au centre de l'univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.). Cette théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...) date de l'antiquité et a été notamment défendue par Aristote (Aristote (en grec ancien...) et Ptolémée (Claudius Ptolemaeus (en grec : Κλαύδιος...). Elle a perduré jusqu’à la fin du XVIe siècle pour être progressivement remplacée par l'héliocentrisme (L'héliocentrisme est une théorie physique qui place le Soleil au centre de l'Univers, ou...), qui prévoit que la Terre tourne autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne...) du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile...). Le modèle de Ptolémée a été abandonné suite à la précision croissante des mesures qui ne permettait plus de tolérer les erreurs qu'il engendrait.

Le géocentrisme est autant une tentative scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui...) d'expliquer l'univers qu'une conception philosophique de ce monde (Le mot monde peut désigner :). Un principe régit toutes les théories géocentriques, un deuxième la plupart :

  1. la Terre est le centre de l'univers, immobile de lieu (par l'an) et de position (par jour) : les changements des saisons et de jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) et nuit se font donc par mouvements extérieurs à la Terre.
  2. les mouvements des planètes (au sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but...) ancien, le mot planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...) inclut le Soleil et la Lune (La Lune est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand satellite du...), mais pas la Terre) doivent être parfaits, donc seul le cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale...) est autorisé, les mouvements angulaires ou rectilinéaires étant considérés comme brusquement abrupts, forcés.

Cosmologie des premiers Grecs

Dans la cosmologie des premiers philosophes grecs (vers 600 av. J.-C., Anaximandre (Anaximandre de Milet (en grec ancien...), Anaximène, Thalès), la terre est plate, les astres sont des corps fixés sur des sphères en révolution. Les philosophes pythagoriciens (fin du VIe siècle av. J.-C.) imaginent une terre sphérique et dix sphères concentriques portant les différents astres. La dixième sphère (En mathématiques, et plus précisément en géométrie euclidienne, une...) est celle qui porte les étoiles. L'aspect le plus original du modèle des pythagoriciens est leur tentative de faire coïncider intervalles musicaux et distances entre les sphères. C'est ce qu'on appelle l'harmonie des sphères. Chaque sphère est censée produire un son dans son mouvement, son que l'on ne distingue pas car il fait partie du bruit de fond (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son....) que l'on entend depuis notre naissance.

Le philosophe Platon (Platon (en grec ancien Πλάτων / Plátôn),...) place la terre sphérique au centre de l'univers, entouré d'une sphère d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les...) (épaisseur 2 rayons terrestres), d'une sphère d'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et...) (épaisseur 5 rayons terrestres), et d'une sphère de feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation...) (épaisseur 10 rayons terrestres). Les étoiles se trouvent dans la partie supérieure de la sphère de feu (soit à 18 rayons terrestres) alors que les 7 planètes évoluent dans une région intermédiaire. Toutes ces sphères tournent de manière uniforme autour d'un même axe.

Eudoxe de Cnide, lui, imagine 27 sphères concentriques mais ne tournant pas suivant le même axe et permet d'expliquer ainsi les différences de latitude (La latitude est une valeur angulaire, expression du positionnement nord-sud d'un point sur Terre...) des planètes.

Héraclide du Pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours...) (-380, -310) propose un modèle géocentrique, selon lequel la rotation de la terre autour de son axe explique le mouvement apparent des corps célestes.

Cependant, aucun de ces modèles ne permet d'intégrer le mouvement rétrograde ( On dit d'un objet du système solaire qu'il a un mouvement rétrograde s'il effectue une...) de certaines planètes, ni les variations de vitesse (On distingue :) dans les mouvements. Il faut attendre, pour cela, le modèle d'Aristote.

La théorie des épicycles

Les planètes tournent sur un épicycle (L’épicycle est un composant essentiel du système astronomique de Ptolémée (IIe siècle)...) qui lui-même tourne sur un déférent. Ce système permet de modéliser le mouvement rétrograde des planètes.

Cette nouvelle théorie, généralement attribuée à Hipparque, mais basée sur les travaux d'Apollonius de Perga (Apollonius de Perga ou Perge (v. 262 – v. 190 av. J.-C.) était un géomètre grec...) (on ignore la part exacte de l'un et de l'autre) apparaît au IIe siècle av. J.-C.. Les planètes tournent sur des roues appelées épicycles. Ceux-ci tournent eux-mêmes sur une autre roue (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par...) — appelée déférent — dont le centre est la Terre. La rotation simultanée des deux permettait d'obtenir un mouvement complexe, éventuellement rétrograde, et d'expliquer celui des planètes et de la Lune, en préservant en grande partie les présupposés philosophiques de l'époque : les mouvements des astres sont circulaires, centrés sur la terre et de vitesse uniforme.

L'élaboration de ce système constitue un progrès capital dans l'astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer...) antique. En décomposant les mouvements complexes des astres en cercles parcourus par ceux-ci à vitesse constante, on rendait possible la confection de tables astronomiques très précises et très fiables. Ces tables permettront, par exemple, les premiers calculs d'éclipse (Une éclipse correspond à l'occultation d'une source de lumière par un objet physique. En...) solaire. Dès lors, la théorie géocentrique, fût-elle fausse, fonctionnait.

Quelles étaient les causes attribuées aux rotations diverses observées ou déduites ?

Selon la lecture de Gilbert Walusinski ou Jean-René Roy (cf. Bibliographie) il semble qu'Aristote considère le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) des sphères solides et leur interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein...) avec le mouvement du primum mobile (mouvement premier) comme une explication suffisante. Selon la lecture de Thomas d'Aquin dans la Somme Théologique, il faut l'action des esprits, pour que la lune poursuive son trajet mensuel et le Soleil son trajet annuel au sens inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de...) du mouvement du ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.). Or, St Thomas a commenté les livres 1 - 8 de la Physique d'Aristote, et il est mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si...) avant d'avoir commenté jusqu'au bout De caelo et mundo, qu'il a tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) de même commenté jusqu’à la fin du troisième livre. À la différence de Walusinski ou Roy, il considérait Aristote comme une autorité non pleinement dépassée dans la physique, et pas comme un prédécesseur éloigné d'une science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire...) purement matérialiste : donc sa lecture est préférable historiquement à celle des historiens modernes.

Page générée en 2.046 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique