Lockheed A-12 Oxcart

Lockheed A-12 Oxcart - Définition et Explications

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Introduction

Pix.gif Lockheed A-12 Oxcart Silhouette d'un avion militaire
A12-flying.jpg Vue de l'avion

Constructeur États-Unis Lockheed Corporation (Lockheed Martin Corporation est une société de construction aéronautique créée, en 1995, par...)
Rôle Avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale...) de reconnaissance ou de surveillance
Premier vol (Le premier vol ou vol inaugural d'un avion est la première occasion pour celui-ci de prendre...) 26 avril 1962
Mise en service 1965
Date de retrait 1968
Nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) construit 18
Équipage
1
Motorisation
Moteur (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique,...) Pratt & Whitney (Pratt & Whitney est le nom d'un constructeur de moteurs d'avions américain dont la production est...) J58
Nombre 2
Type turbo-statoréacteurs avec post-combustion
Poussée (En aérodynamique, la poussée est la force exercée par le déplacement de l'air...) unitaire 144 kN
Dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce...)
Envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour...) 16,97 m
Longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus...) 31,26 m
Hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) 5,64 m
Surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) alaire 170 m²
Masses
À vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.) 30 600 kg
Avec armement 53 000 kg
Performances
Vitesse (On distingue :) maximale km/h (Mach 3,29)
Plafond (Par extension, un plafond représente le maximum de quelque chose :) 29 000 m
Vitesse ascensionnelle 3 600 m/min
Rayon d'action 4 000 km
Armement
Interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la...) 1 100 kg d'équipement de reconnaissance

Le Lockheed A-12 Oxcart est un avion espion conçu par les États-Unis au tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) début des années 1960. Il était capable de voler à de très grandes vitesses (plus de 3 500 km/h) et à très haute altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau...) (plus de 25 000 mètres) afin d'échapper à toute interception ou dispositif anti-aérien.

Le A-12 était mis en œuvre par la CIA et sa version opérationnelle était monoplace. Seulement une vingtaine d'exemplaires ont été construits et leur carrière a commencé en 1965 et s'est arrêtée en 1968. Cet avion a donné naissance au plus connu SR-71 Blackbird (biplace destiné à l'USAF), ainsi qu'au Lockheed YF-12 (Le Lockheed YF-12 est un prototype d'avion d'interception à hautes performances conçu par...) (projet d'avion d'interception biplace).

Conception

Lors de la mise en service de l'avion espion U-2 en juin 1956, la CIA s'aperçut que les systèmes de détection de l'URSS étaient plus performants que prévu et que, dans un délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une...) de 18 à 24 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...), l'avion ne pourrait probablement plus se risquer au-dessus du territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en...) soviétique. Des recherches furent alors lancées pour déterminer quelle vitesse, altitude et signature radar (Le radar est un système qui utilise les ondes radio pour détecter et déterminer la...) étaient nécessaires pour éviter qu'un avion ne puisse être détecté au radar. Il fut démontré qu'une vitesse supersonique (Supersonique signifie « supérieur à la vitesse du son ».) réduisait nettement les risques de détection et les travaux s'orientèrent naturellement vers un engin volant à très grande vitesse, le plus haut possible, en utilisant les dernières nouveautés en termes d'absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise...) des ondes (Une onde est la propagation d'une perturbation produisant sur son passage une variation réversible...) radar. Fin 1957, la CIA communiqua ces exigences à deux constructeurs : Lockheed (La Lockheed Corporation (d'abord appelée la Loughead Aircraft Manufacturing Company)...) (qui avait produit le U-2) et Convair (La Consolidated Vultee Aircraft Corporation fut une société aéronautique américaine plus connue...) (qui avait produit le bombardier bi-sonique B-58). Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) fut approuvé par le gouvernement en 1958, ce qui permit de débloquer les fonds nécessaires.

Les deux constructeurs soumirent leurs propositions en août 1959 : sur le papier (Le papier (du latin papyrus) est une matière fabriquée à partir de fibres...), les caractéristiques de deux avions étaient très proches (vitesse maximale supérieure à Mach 3, altitude de croisière supérieure à 25 000 mètres), mais Lockheed proposait des performances légèrement supérieures au prix d'une taille et d'un poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la...) plus élevés. C'est logiquement cette proposition qui fut retenue, l'autorisation de commencer le développement étant notifiée en septembre 1959 et le feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation...) vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde...) pour la construction de 12 avions donné en janvier 1960. La conception des moteurs fut confiée à Pratt & Whitney qui avait déjà commencé à travailler sur un réacteur (Un réacteur peut désigner :) capable de fonctionner à Mach 3, initialement à destiné à l'US Navy. La marine abandonna le projet fin 1959, mais la CIA prit la suite, en exigeant que le moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif...) soit capable de fonctionner à Mach 3,2 et soit disponible pour les premiers essais prévus début 1961.

Le seul A-12 biplace, désormais exposé au California Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire...) Center

Le responsable du projet chez Lockheed était Clarence L. (Kelly) Johnson, qui avait travaillé sur le U-2 et qui attribua au nouvel avion la désignation A-11. Après de nombreuses maquettes et essais en soufflerie, un premier prototype fut construit. Une des difficultés à résoudre était de trouver un métal (Un métal est un élément chimique qui peut perdre des électrons pour former des...) capable de résister aux températures atteintes à grande vitesse (estimées à plus de 300 °C) et qui ne soit cependant pas trop lourd. Ce fut finalement un alliage (Un alliage est une combinaison d'un métal avec un ou plusieurs autres éléments...) de titane (Le titane est un élément chimique métallique de symbole Ti et de numéro...) qui fut retenu, mais cela posa d'autre problèmes : d'une part le titane était rare et très cher, d'autre part sa production était si peu maitrisée que 80 % des premières livraisons furent rejetées pour mauvaise qualité, enfin l'alliage était très difficile à usiner en raison de sa dureté (Il existe différentes définitions de la dureté : pour un solide (minéral ou métal) et...). Comme il n'était pas question de refroidir l'intérieur de l'avion, il fallut ensuite concevoir des carburants et lubrifiants spéciaux capable de garder des propriétés acceptables à 200 °C, puis une vitre pour le système de caméra (Le terme caméra est issu du latin : chambre, pour chambre photographique. Il désigne un appareil...) qui garantisse l'absence de déformation optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement...).

Un soin particulier fut apporté pour réduire au maximum la signature radar de l'avion. Après des modifications de structure (nouvelles formes, nouveaux matériaux) telles que le projet reçu la nouvelle dénomination de A-12, une cellule complète fut acheminée dans un centre d'essais à la fin de l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...) 1959 et montée sur un pylône avant d'être examinée de tous les côtés par un vrai radar. Pendant pas moins d'un an et demi, l'avion fut modifié en fonction des résultats des relevés radar puis re-testé, avant que le résultat ne soit jugé satisfaisant.

Le premier prototype fut livré début 1962, avec un an de retard sur le planning. Aux problèmes de travail de l'alliage de titane s'étaient ajoutés les difficultés de mise au point (Graphie) du réacteur J58. Après un décalage de 3 mois, il fut finalement décidé d'utiliser un Pratt & Whitney J75 pour le premier vol, ce qui permettait d'espérer atteindre la vitesse de Mach 1,6. À peine sorti de la chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) de fabrication, ce premier A-12 fut vérifié puis démonté partiellement pour être transporté sur le site d'essais. Une fois l'avion remonté, on s'aperçut que les réservoirs n'étaient pas correctement scellés, ce qui provoquait de nombreuses fuites de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme...). Ceci entraîna un nouveau retard, le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) de colmater les réservoirs.

Un premier vol d'essai (non officiel) eut lieu le 26 avril 1962, suivi 4 jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) plus tard du véritable premier vol qui dura 59 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un...). Aucun problème majeur ne fut détecté. Le A-12 dépassa le mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) du son pour la première fois le 4 mai 1962. À la fin de l'année 1962, quatre avions supplémentaires avaient été livrés. Le second fut utilisé pendant 3 mois pour de nouveaux tests de signature radar, et le quatrième était un biplace destiné à l'entraînement des pilotes. Les vols d'essais avaient permis d'atteindre la vitesse de Mach 2,16 et l'altitude de 18 000 m. Deux avions y participaient, l'un propulsé par deux réacteurs J75 et l'autre par un J75 et un J58.

Une autre vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et...) du A-12 biplace

Le premier vol d'un A-12 équipé de deux réacteurs J58 eut lieu le 15 janvier et, peu après, Pratt & Whitney put enfin fournir suffisamment de J58 pour que tous les A-12 reçoivent leurs moteurs définitifs. Les vols d'essais reprirent à une cadence soutenue pour valider tout le domaine de vol prévu. Un problème fut rencontré lors des tests entre Mach 2,4 et Mach 2,8 où l'alimentation en air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et...) des réacteurs ne fonctionnait plus correctement. Il fallut également vérifier tous les moteurs un par un pour retirer les débris qu'ils avaient aspirés lors des décollages.

Le 24 mai 1963, un des pilotes d'essais s'éjecta après avoir constaté que l'indicateur de vitesse ne fonctionnait plus et son avion s'écrasa au sol à 14 km au sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour...) de Wendover dans l'Utah. Il fut récupéré deux jours plus tard, la CIA faisant signer à tous les témoins un engagement de secret et déclarant le crash comme celui d'un F-105. Tous les A-12 furent interdits de vol pendant une semaine, le temps de trouver l'origine du problème et de le corriger.

Entre ce crash et les nombreux vols d'essais, il devenait de plus en plus difficile de maintenir le secret sur le programme Oxcart. Finalement, le 24 février 1964, le Président Johnson fit une déclaration publique annonçant l'existence d'un « un avion expérimental désigné A-11, capable de maintenir des vitesses supérieures à 3 200 km/h et de monter à plus de 21 000} m d'altitude. »

À la fin de l'année 1964, 1 160 vols d'essais avaient été réalisés et 11 avions étaient disponibles (4 pour les essais, 7 pour l'entraînement des futurs (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) pilotes). Le premier vol de longue durée à grande vitesse eut lieu le 27 janvier 1965 : un des avions de test vola pendant 1h15 à plus de Mach 3,1 entre 23 000 et 24 000 m d'altitude, parcourant environ 4 150 km de distance. Deux avions supplémentaires avaient été perdus : le premier devint soudainement instable lors de l'approche le 9 juillet 1964, et le second s'écrasa immédiatement après le décollage (Le décollage est la phase transitoire pendant laquelle un aéronef passe de l'état...) le 28 décembre 1965 suite à une erreur de branchement électrique. Dans les deux cas, le pilote parvint à s'éjecter.

Le seul M-21 conservé, avec son drone (Un drone ("faux bourdon" en anglais) ; ou UAV (Unmanned Aerial Vehicle) est un aéronef...) D-21 (L"appareil D-21 était un drone de reconnaissance, capable d'atteindre la vitesse de Mach 3 dont...)

Le A-12 fut déclaré opérationnel fin 1965. Cependant, à mesure que des vols de plus en plus longs étaient effectués, de nouveaux problèmes étaient découverts : le système électrique était soumis à des températures de plus de 400 °C, ce qui provoquait de nombreuses pannes, et les réservoirs de carburants continuaient à fuir. Après une série de modifications, l'utilisation du A-12 fut finalement validée jusqu'à Mach 3,29 et 27 000 m d'altitude, et une vitesse de Mach 3,2 pouvait être maintenue durant 1h40. Le 21 décembre 1966, un pilote d'essai réalisa un vol de 16 400 km au-dessus des États-Unis en 6 heures (L'heure est une unité de mesure  :) de temps, soit une vitesse moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...) de 2 733 km/h.

Suite à l'arrivée du SR-71, la décision fut prise de remplacer tous les A-12 par cette nouvelle version, principalement pour des raisons budgétaires. En février 1968, Lockheed reçut l'ordre de détruire toute la chaîne de montage des A-12 et des SR-71, ainsi que les outils et documents de fabrication associés. Le A-12 faisait sa dernière sortie opérationnelle le 8 mai 1968, et son dernier vol le 21 juin.

Un total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un...) de 18 exemplaires du A-12 ont été construits dont un biplace destiné à l'entraînement, 3 qui ont été prélevés pour le projet du Lockheed YF-12, et 2 qui ont été modifiés pour pouvoir lancer le drone D-21 et furent désignés M-21. Sur les 13 A-12 restant, 6 ont été perdus lors d'accidents et les autres sont désormais exposés dans différents musées.

Lockheed A-12 Oxcart
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