Massif du Jura - Définition et Explications

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Introduction

Massif du Jura
Image satellite du massif du Jura.
Géographie
Altitude 1 720 m, Crêt de la Neige
Longueur 300 km
Administration
Pays France France
Suisse Suisse
Géologie (La géologie, du grec ancien γη- (gê-, « terre ») et λογος (logos,...)
Âge Jurassique
Roches Roches sédimentaires (calcaire)
Paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de l'espace...) du Jura

Le Jura est une chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) de montagnes culminant à 1 720 m, située au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) des Alpes, en France, Suisse et Allemagne. Elle a donné son nom au département français du Jura et au canton suisse du Jura.

Le parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse,...) naturel régional du Haut-Jura se situe dans le sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) du massif (Le mot massif peut être employé comme :) du Jura, côté français.

Étymologie et toponymie

Étymologie

Le mot Jura vient à l'origine des langues celtiques. Les Celtes nommaient ce massif Jor, les Romains Juris, ce qui signifiait « forêt » ou « pays de forêts ». Ce nom a peut-être été donné en référence aux vastes forêts des pentes du Jura.

Appellation officielle en France

L'appellation administrative officielle reste « Massif du Jura », qui englobe des communes des départements du Territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres...) de Belfort, du Doubs, du Jura et de l'Ain. Le périmètre (Le périmètre d'une figure plane est la longueur du bord de cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à déterminer la...) est fixé par les services de l'aménagement du territoire et la DATAR (commissariat à l'aménagement du Massif du Jura, basé à Besançon). L'appellation « Montagnes du Jura » est une marque créée par les départements de l'Ain, du Doubs et du Jura et la région Franche-Comté pour assurer la promotion touristique du Massif, au travers de campagnes de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles...), principalement sur Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide...).

Histoire

Malgré la présence au pied de la chaîne du Jura de villes importantes et très actives (Genève, Lausanne, Bâle, Besançon), les montagnes du Jura, recouvertes de forêts, ont été peuplées tardivement. Au XVIIe siècle, l'agriculture n'apporte que de maigres revenus complétés par une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) artisanale.

Le massif du Jura s'est industrialisé au XVIIIe siècle et XIXe siècle, essentiellement grâce à l'horlogerie (montres et horloges comtoises).

Ainsi, malgré l'altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base. C'est une des composantes géographique et biogéographique qui explique la répartition de la vie sur...) et des conditions climatiques rigoureuses, des villes relativement importantes (La Chaux-de-Fonds, Le Locle, Sainte-Croix côté suisse, et côté français, au nord : Pontarlier-Morteau au centre : Morez, Saint-Claude et au sud : Oyonnax, Bellegarde sur Valserine) se sont développées.

Certaines de ces villes ont connu une baisse de la population à la fin du XXe siècle, d'autres ont su évoluer vers des activités tertiaires. L'horlogerie de luxe est florissante sur le versant (En géomorphologie, un versant est une surface topographique inclinée, située entre des points hauts (pics, crêtes, rebord de plateau, sommet d'un relief) et des points...) suisse.

Géographie

Situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il...) et topographie

La distinction entre Jura suisse et Jura français est fondée sur la frontière (Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains. Le rôle que joue une frontière peut...) séparant les deux pays et non pas sur des paysages différents.

En France, le Jura recouvre essentiellement la région Franche-Comté, s'étend au sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) dans la région Rhône-Alpes, à l'est du département de l'Ain où se trouve son point (Graphie) culminant (le Crêt de la Neige (La neige est une forme de précipitation, constituée de glace cristallisée et agglomérée en flocons pouvant être ramifiés d'une...), à 1 720 m) et au nord-ouest (Le nord-ouest est la direction entre les points cardinaux nord et ouest. Le nord-ouest est opposé au sud-est.) du département de la Savoie (chaîne de l'Épine et dent (Une dent est un organe enveloppé d'os, dur, blanchâtre, généralement composé d'une couronne libre et d'une ou plusieurs racines implantées dans la cavité...) du Chat). Enfin, le nord du Jura français se trouve à l'extrême sud de l'Alsace. En Suisse, le Jura recouvre la frontière ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) avec la France, dans les cantons de Bâle, Argovie, Soleure, Jura, Berne, Neuchâtel et Vaud.

La chaîne se prolonge en Allemagne par deux plateaux calcaires d'altitude modeste, le Jura souabe, situé au Bade-Wurtemberg, et le Jura franconien, situé en Bavière.

Le Jura est un relief (Le relief est la différence de hauteur entre deux points. Néanmoins, ce mot est souvent employé pour caractériser la forme de la surface de la Terre.) plissé d'une longueur de 300 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en...) environ et relativement jeune en termes géologiques. Le pli du Jura le plus au sud est la chaîne du Ratz qui commence à Voreppe, en France, sur l'Isère et qui se prolonge vers le nord-nord-est en suivant les montagnes préalpins de la Chartreuse. Cette chaîne est certes nettement plus basse que la Chartreuse, mais n'en est séparée que par une petite vallée (Une vallée est une dépression géographique généralement de forme allongée et façonnée dans le relief par un cours d'eau (vallée fluviale) ou un glacier (vallée glaciaire). Un...). Le deuxième pli du Jura, la chaîne de l'Épine, commence près des Échelles et se sépare des Alpes près de Chambéry, en Savoie, se prolongeant en direction du nord. Plus on remonte vers le nord, plus nombreux sont ces plis qui forment un système de montagnes complet. Le Jura atteint déjà une largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la largeur est...) de 40 kilomètres à l'ouest de Genève. C'est ici qu'a lieu le changement de direction générale de la chaîne vers le nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.). Le Jura atteint sa plus grande largeur sur la ligne Besançon - Yverdon-les-Bains où elle est de 70 kilomètres. À partir de Bienne, les plis se dirigent toujours plus vers l'est et le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de plis parallèles commence à décroître, le système montagneux devenant plus petit. Le pli le plus oriental, le Lägern, se trouve dans un axe ouest-est exact et se termine à Dielsdorf, dans le canton de Zurich, où les couches géologiques jurassiennes passent sous la molasse du plateau suisse.

Principaux sommets

La dent de Vaulion
  • 1 720 m : Crêt de la Neige (Ain, France)
  • 1 717 m : Le Reculet (Ain, France)
  • 1 702 m : Grand Crêt (Ain, France)
  • 1 688 m : Colomby de Gex (Ain, France)
  • 1 679 m : Mont Tendre (Vaud, Suisse)
  • 1 677 m : La Dôle (Vaud, Suisse)
  • 1 621 m : Crêt de la Goutte (Ain, France)
  • 1 607 m : Chasseral (Berne, Suisse)
  • 1 607 m : Le Chasseron (Vaud, Suisse)
  • 1 588 m : Le Suchet (Vaud, Suisse)
  • 1 567 m : Le Noirmont (Vaud, Suisse)
  • 1 560 m : Aiguilles de Baulmes (Vaud, Suisse)
  • 1 540 m : Grand Colombier (Ain, France)
  • 1 528 m : La Barillette (Vaud, Suisse)
  • 1 504 m : Chaîne de l'Épine (Savoie, France)
  • 1 495 m : Crêt Pela (Jura, France)
  • 1 483 m : Dent de Vaulion (Vaud, Suisse)
  • 1 463 m : Mont d'Or (Doubs, France)
  • 1 448 m : Crêt au Merle (Jura, France)
  • 1 439 m : Mont Racine (Neuchâtel, Suisse)
  • 1 323 m : Le Grand Taureau (Le taureau est un mammifère domestique ruminant, généralement porteur de cornes sur le front, appartenant à l'espèce Bos taurus de la famille des...) (Doubs, France)
  • 1 284 m : Le Weissenstein (Soleure, Suisse)

Plus hauts cols routiers

Les sommets du Jura de la région du mont Tendre
  • 1 502 m : col du Chasseral (Berne / Neuchâtel, Suisse)
  • 1 501 m : col du Grand Colombier (D 120, Ain, France)
  • 1 449 m : col du Marchairuz (Vaud, Suisse)
  • 1 325 m : col de la Biche (D 123, Ain, France)
  • 1 323 m : col de la Faucille (D 1005 (ex-N 5), Ain, France)
  • 1 320 m : col de l'Aiguillon (Vaud, Suisse)
  • 1 283 m : col de la Vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) des Alpes (Neuchâtel, Suisse)
  • 1 279 m : col de la Sambine (Jura, France)
  • 1 232 m : col de la Givrine (Vaud, Suisse)
  • 1 184 m : col du Mollendruz (Vaud, Suisse)
  • 1 152 m : col des Étroits (Vaud, Suisse)
  • 1 129 m : col de La Tourne (Neuchâtel, Suisse)
  • 1 049 m : col de la Croix de la Serra (Jura, France)
  • 1 007 m : col de Jougne (Doubs, France)
  • 991 m : col de la Savine (Jura, France)
  • 827 m : col de Pierre Pertuis (Berne, Suisse)

Quelques autres routes, qui ne sont pas des cols, atteignent des points élevés remarquables :

  • 1 615 m : chalet (Le chalet est à l'origine une construction traditionnelle montagnarde et rurale de Suisse romande et de Savoie, construite en madriers de bois, qui comporte un toit en saillie, couvert de bardeaux et de pierres...) du mont Tendre (Vaud, Suisse)
  • 1 607 m : sommet du Chasseral (Berne / Neuchâtel, Suisse)
  • 1 523 m : La Barillette (Vaud, Suisse)
  • 1 489 m : chalet du Suchet (Vaud, Suisse)
  • 1 417 m : les Tuffes (Jura, France)
  • 1 415 m : chalet de la Dent de Vaulion (Vaud, Suisse)
  • 1 401 m : route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le...) forestière des Forêts Monts (Jura, France)
  • 1 390 m : relais TDF du mont du Chat (Le chat domestique (Felis silvestris catus) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. Il est l’un des principaux animaux de...) (D 42, Savoie, France)
  • 1 383 m : route forestière des Tuffes (Jura, France)

Collines, sommets et lieux-dits du massif du Jura

  • Montchaibeux (canton du Jura, en Suisse)
  • Mont-Terri (canton du Jura, Suisse)
  • Chaîne du Lomont (département du Doubs, France et Canton du Jura, Suisse)
  • Raimeux (mont Raiment) (canton de Berne, en Suisse)
  • Mont Poupet (département du Jura, France)
  • Mont de Cordon (département de l'Ain, France)
  • Le Revermont (département de l'Ain, France)

Particularités géologiques

Le Jura a donné son nom à une période célèbre de notre planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre...), le Jurassique, durant l'ère secondaire. C'est à cette époque que les sédiments allant former la chaîne du Jura se sont déposés. Pendant le Jurassique, la région était en effet une mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) chaude peu profonde (la mer Jurassique), avec une profusion biologique et corallienne comparable à l'actuelle mer Rouge (La mer Rouge (arabe : ????? ?????? Bahr el-Ahmar) est une mer intra continentale de l'océan Indien entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient d'une superficie d'environ 450 000 km².). Au cours du Crétacé, le Jura va peu à peu émerger. Bien plus tard, à la fin de l'ère Tertiaire (Néogène), la poussée (En aérodynamique, la poussée est la force exercée par le déplacement de l'air brassé par un moteur, dans le sens inverse de l'avancement.) du massif alpin va entraîner la déformation des séries sédimentaires, qui vont se plisser et se failler. Le Jura va alors acquérir sa forme actuelle de « croissant », lequel contourne le nord-ouest du massif alpin.

Le Jura, composé de roches calcaires, donc généralement perméables, peine à retenir l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) en son sein. Il en résulte un système karstique complexe où l'alternance de bancs calcaires et marneux conditionne la présence ou l’absence d’eau en surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement...). Les zones où le calcaire affleure sont en effet caractérisées par une infiltration des eaux météoriques vers un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un...) hydrographique souterrain important, processus qui se traduit en surface par la présence des formes géomorphologiques caractéristiques des zones karstiques (dolines, lapiaz, gouffres...). Au contraire, les zones d’affleurement marneux (substrat imperméable argileux) se caractérisent par une restitution de l’eau au réseau hydrographique de surface (résurgences, fontaines, sources...) ou par la présence de zones de stagnation de l’eau (lacs, tourbières, marais (En géographie, un marais est un type de formation paysagère, au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche...)...) qui ne peut s’infiltrer vers les aquifères calcaires. On trouve aussi dans le Jura de nombreux lacs d’origine glaciaire qui se situent au fond de combes où un substrat morainique datant des grandes glaciations quaternaires (Günz, Mindel, Riss, Würm) garantit l’imperméabilité du sous-sol.

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