Commissariat à l'énergie atomique
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EPST (CNRS, Inserm,...)
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Le Commissariat à l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) atomique (CEA) est un organisme de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) public français (dans les domaines de l'énergie, de la défense, des technologies de l'information et de la santé) implanté sur 9 sites en France. Les principaux centres d'études sont à Saclay, en Île-de-France, à Cadarache (Le centre de Cadarache est un centre de recherche nucléaire français situé dans les Bouches-du-Rhône, au confluent du Verdon et de la Durance sur un site de 1 625 hectares sur la commune de Saint-Paul-lès-Durance, à 35 km au...) en Provence et à Grenoble.

Le CEA, dont le statut est celui d'un établissement public (En droit français, un établissement public est une personne morale de droit public, disposant d'une certaine autonomie administrative et financière (contrairement à une administration centrale...) à caractère scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.), technique et industriel, a pour mission de développer les applications de l'énergie nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) dans les domaines scientifique, industriel, et de la défense nationale. Il emploie environ 15 000 salariés. Son budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.) annuel est de 2,7 milliards d'euros.

C'est un établissement public industriel et commercial (Un commercial (une commerciale) est une personne dont le métier est lié à la vente.)[1] (EPIC). Son statut est fixé par l'Ordonnance 2004-545 du 11 juin 2004, abrogeant et remplaçant l'Ordonnance constitutive du 18 octobre 1945.

Organisation (Une organisation est)

Il est organisé en cinq grandes directions (par ordre décroissant d’effectifs):

  • direction de l'énergie nucléaire ;
  • direction des applications militaires ;
  • direction de la recherche technologique ;
  • direction des sciences de la matière ;
  • direction des sciences du vivant.

Le CEA est l'actionnaire majoritaire d'Areva (Areva est un groupe industriel français spécialisé dans les métiers de l'énergie. Cette entreprise est présente au niveau international avec un réseau commercial dans 43 pays.), société chapeautant Areva NC (Areva NC, précédemment Cogema[1] (Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006), créée en 1976, est une entreprise française, filiale à 100 % du groupe public...) (ex-Cogema) et Areva NP (Areva NP, précédemment Framatome ANP [1] (Advanced Nuclear Power, jusqu'au 1er mars 2006), est une entreprise de fourniture pour l'industrie nucléaire fondée en 2001, par l'entreprise française Framatome et l'entreprise...) (ex-Framatome).

Le CEA est également actionnaire de CEA Valorisation S.A. société spécialisée dans l'investissement en capital de pré-amorçage et dans la commercialisation de licences.

Histoire

Le CEA est créé le 18 octobre 1945 par Charles de Gaulle avec à sa tête Frédéric Joliot-Curie (Jean Frédéric Joliot (19 mars 1900 à Paris (16è arr.) - 14 août 1958 à Paris) était un physicien français.) (haut-commissaire à l’énergie atomique) et Raoul Dautry (Raoul Dautry est un ingénieur, dirigeant d'entreprises publiques et homme politique français, né le 16 septembre 1880 à Montluçon (Allier) et décédé le 21...) (administrateur général). Cet organisme est destiné à poursuivre des " recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) dans les domaines de la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au...), de l’industrie et de la défense nationale " (article premier du décret du 18 octobre 1945).

La pile Zoé (La pile Zoé (Z comme zéro, O comme oxyde d'uranium et E comme eau lourde) est la première pile atomique française.), une pile atomique à eau lourde (L'eau lourde est de l’oxyde de deutérium (formule : D2O ou 2H2O). Chimiquement, elle est identique à l’eau normale (H2O), mais les atomes d’hydrogène dont elle est composée en sont des isotopes lourds, du...) construite par l’équipe de Joliot-Curie au fort de Châtillon (à Fontenay-aux-Roses), diverge en 1948.

Joliot-Curie, qui est membre du parti communiste français, lance l’appel de Stockholm contre la bombe atomique. En avril 1950, il est révoqué de son poste de haut-commissaire par Georges Bidault. Francis Perrin le remplace.

Après le départ de Joliot-Curie, le CEA, jusque là dominé par les scientifiques et la recherche fondamentale (La recherche fondamentale regroupe les travaux de recherche scientifique n'ayant pas de finalité économique déterminée au moment des travaux. On oppose en général la recherche fondamentale à la recherche appliquée. Cette...), se lance dans les applications militaires et civiles de l’énergie atomique. Même si le gouvernement n’a pas encore pris la décision de construire une bombe atomique, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) est mis en œuvre pour se doter des moyens de la construire.

En 1952, le centre d’études nucléaires de Saclay est ouvert sur un terrain de 271 hectares en plein plateau de Saclay.

À Marcoule (Créé en 1956, le site nucléaire de Marcoule s'étend sur les communes de Chusclan et Codolet, proches de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Ce site industriel, situé en bordure du Rhône entre...), sont successivement construits les réacteurs G1 (1956), G2 (1959) et G3 (1960) de type Uranium (L'uranium est un élément chimique de symbole U et de numéro atomique 92. C'est un élément naturel assez fréquent : plus abondant que l'argent, autant que le molybdène...) Naturel-Graphite-Gaz (UNGG). Une usine pour extraire le plutonium (Le plutonium est un métal lourd de symbole chimique Pu et de numéro atomique 94, très dense — approximativement 1,74 fois plus lourd que le plomb — radioactif et...) du combustible (Un combustible est une matière qui, en présence d'oxygène et d'énergie, peut se combiner à l'oxygène (qui sert de comburant) dans une réaction chimique générant de la chaleur : la...) usagé est également construite. Grâce à ces installations, la France peut réaliser son premier essai nucléaire dans le Sahara en 1960, seulement deux ans après que la décision officielle ait été prise.

À Pierrelatte, une usine d’enrichissement de l'uranium à usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) militaire est construite.

À Chinon, le CEA et EDF collaborent à la construction des réacteurs EDF 1 (1962, 68 MW), EDF 2 (1965, 200 MW) et EDF 3 (1967, 500 MW) de type UNGG.

La guerre des filières oppose le CEA et EDF : le premier est partisan de la filière (Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat: la filière administrative.) française Uranium Naturel Graphite Gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume propre :...) tandis que le second défend la filière des réacteurs à eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) pressurisée (Pressurised Water Reactor) d’origine américaine. En décembre 1969, le gouvernement tranche en faveur d’EDF et décide la construction d’une centrale à eau pressurisée à Fessenheim.

En 1973, la première centrale prototype réacteur nucléaire (Un réacteur nucléaire est un dispositif dans lequel une réaction en chaîne est initiée, modérée et contrôlée par l'humain — ou par la nature, comme dans le seul cas connu du Réacteur...) à neutrons rapides et à caloporteur sodium (Le sodium est un élément chimique, de symbole Na et de numéro atomique 11. C'est un métal mou et argenté, qui appartient aux métaux alcalins. On ne le trouve pas à l'état de...) Phénix est mise en service à Marcoule.

En 1976, le gouvernement français passe commande (Commande : terme utilisé dans de nombreux domaines, généralement il désigne un ordre ou un souhait impératif.) de Superphénix (Superphénix est le nom du réacteur nucléaire de l'ex-centrale nucléaire de Creys-Malville sur la commune de Creys-Mépieu, dans l'Isère. Superphénix est un prototype français de réacteur à...).

En 1985, la centrale nucléaire (Une centrale nucléaire est un site industriel qui utilise la fission de noyaux atomiques pour produire de la chaleur, dont une partie est...) de Brennilis, prototype modéré par l'eau lourde, est arrêtée définitivement.

En 1997, le gouvernement français annonce que Superphénix sera abandonné.

En 2001, la filiale CEA Industries fusionne avec Framatome et la Cogema (Areva NC, précédemment Cogema[1] (Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006), créée en 1976, est une entreprise française, filiale à...) pour former un nouveau groupe dénommé Areva.

Hauts-commissaires

  • Frédéric Joliot-Curie (1945-1950), nommé par Charles de Gaulle
  • Francis Perrin (1950-1970), nommé en 1950 par Vincent Auriol, renouvelé en 1956 par René Coty, en 1961 et 1966 par Charles de Gaulle
  • Jacques Yvon (1970-1975), nommé par Georges Pompidou
  • Jean Teillac (1975-1993), nommé en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing, renouvelé en 1981 par François Mitterrand
  • Robert Dautray (1993-1998), nommé par François Mitterrand
  • René Pellat (1998-2003), nommé par Jacques Chirac
  • Bernard Bigot (2003-), nommé par Jacques Chirac

Administrateurs généraux

  • Raoul Dautry (1945-1951), nommé par Charles de Gaulle
  • Pierre Guillaumat (1951-1958), nommé par René Pleven
  • Pierre Couture (1958-1963), nommé par Charles de Gaulle
  • Robert Hirsch (1963-1970), nommé par Charles de Gaulle
  • André Giraud (1970-1978), nommé par Georges Pompidou
  • Michel Pecqueur (1978-1983), nommé par Valéry Giscard d’Estaing
  • Gérard Renon (1983-1986), nommé par François Mitterrand
  • Jean-Pierre Capron (1986-1989), nommé par François Mitterrand
  • Philippe Rouvillois (1989-1995), nommé par François Mitterrand
  • Yannick d'Escatha (1995-1999), nommé par Jacques Chirac
  • Pascal Colombani (2000-2002), nommé par Jacques Chirac
  • Alain Bugat (2003- ), nommé par Jacques Chirac

Bibliographie

  • Bertrand Goldschmidt, Le Complexe atomique : Histoire politique de l’énergie nucléaire, Fayard, 1980
  • Gabrielle Hecht, Le rayonnement de la France : Énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du...) Guerre mondiale, La Découverte, 2004
  • Marie-José Lovérini, L’Atome de la recherche à l’industrie : le Commissariat à l’Énergie Atomique, Gallimard, 1996
  • Jean-François Picard, Alain Beltran et Martine Bungener, Histoire de l’EDF : comment se sont prises les décisions de 1946 à nos jours, Dunod, 1985

Les centres de recherche du CEA

  • Saclay (Essonne) et le laboratoire national associé GANIL à Caen - Calvados
  • Fontenay aux Roses (Hauts-de-Seine)
  • Valrho (Gard et Drome)
  • Cadarache (Bouches-du-Rhône)
  • Grenoble (Isère)
  • Bruyères-le-Châtel (Essonne)
  • Cesta (Gironde)
  • Valduc (Côte-d’Or)
  • Le Ripault (Indre-et-Loire)
  • Limeil Brevannes (fermé)

Applications civiles

  • Cadarache (Bouches-du-Rhône) ; recherches sur l'énergie nucléaire, fission et fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une...) (site d'implantation (Le mot implantation peut avoir plusieurs significations :) d'ITER).
  • Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) ; recherches en sciences du vivant et en robotique.
  • Grenoble (Isère) ; recherches en microélectronique, matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) et nouvelles technologies de l'énergie.
  • Saclay (Essonne) ; recherches sur l'énergie nucléaire, recherche fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) (en particulier, astrophysique), enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un...) (INSTN).
  • Valrhô, sites de Marcoule (Gard) et Pierrelatte (Drôme) ; recherches sur le cycle du combustible nucléaire et la gestion des déchets radioactifs. Depuis le 10 avril 2005, un parcours de découverte et d'information sur la radioactivité (La radioactivité, phénomène qui fut découvert en 1896 par Henri Becquerel sur l'uranium et très vite confirmé par Marie Curie pour le thorium, est un phénomène physique naturel au cours...), nommé le Visiatome, a ouvert ses portes au public à Marcoule.

Applications militaires

  • Cesta, Le Barp (Gironde) ; le centre d'études scientifiques et techniques d'Aquitaine est dédié à la militarisation des armes.
  • Le Ripault (Indre-et-Loire) ; études sur matériaux non-nucléaires (explosifs chimiques).
  • Valduc (Côte-d'Or) ; étude de neutronique et de criticité.
  • DAM Île-de-France, Bruyères-le-Châtel (Essonne) ; études scientifiques en vue de la préparation d'engins expérimentaux ; surveillance sismique.
  • Site de Moronvilliers, sur la commune de Pontfaverger-Moronvilliers (Marne) ; Ce site est rattaché au centre DAM Île-de-France. Radiographie (La radiographie est l'ensemble des techniques permettant de réaliser des clichés à l'aide de rayons X des structures internes d'un patient ou d'un composant mécanique (la radiographie en général). Le...) d'explosions nucléaires modélisées, par la machine Airix dont il n'existe qu'un seul autre exemplaire dans le monde : le DARHT situé à Los Alamos, États-Unis.
  • Vaujours : le fort de Vaujours a abrité un centre de la DAM jusqu'en 1997.

Exemples d'activités

Participation aux pôles de compétitivité

Le CEA est impliqué dans :

  • 5 des 6 pôles de compétitivité mondiaux (il ne participe pas au pôle transactions électroniques sécurisées).
  • un pôle à vocation mondiale,
  • 8 pôles à vocation nationale et régionale.

Voir : Les 14 pôles de compétitivité dans lesquels le CEA est impliqué

Par ailleurs, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) est signataire du Pacte PME.

Ingénierie (L'ingénierie désigne l'ensemble des fonctions allant de la conception et des études à la responsabilité de la construction et au contrôle des équipements d'une installation technique ou industrielle.) informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le...)

Le CEA archive les projets réalisés sous forme numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et échantillonnée, par opposition à une information dite...). Cette capitalisation des connaissances (on parle plutôt maintenant de gestion des connaissances) a pour objectif une réutilisation de l'expérience acquise, sur les différentes filières de réacteurs nucléaires (réacteurs à neutrons rapides,...).

Le CEA a une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) importante d'ingénierie informatique pour la gestion des ressources numériques. Il s'agit d'une activité traditionnelle (CISI) destinée à fournir la puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) de calcul nécessaire aux études et recherches. La DAM dispose aujourd'hui du centre de calcul le plus puissant d'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...).

Le CEA participe à l'association ARISTOTE (Aristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec né à Stagire...) sur les technologies de l'information et de la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine...), avec le CNES, le CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), EDF R&D, l'Ecole polytechnique, l'IFP, l'IFREMER, l'INRETS, l'INRIA, l'INSEAD, l'INSERM, Météo-France (Météo-France est l'organisme français de météorologie, un établissement public administratif, chargé de la prévision et de l'étude des phénomènes...), l'ONERA.

Le CEA participe avec le CNES et la Bibliothèque nationale de France (La Bibliothèque nationale de France (BnF) est la plus importante bibliothèque de France. Elle a le statut d'établissement public. Ses activités sont réparties sur différents sites, dont le principal est la bibliothèque du site...) à des réflexions sur la pérennisation et la communication de l'information numérique (voir OAIS).

Le CEA développe aussi un Wiki. Voir : Wiki de l'association ARISTOTE, Didier Courtaud

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