Bibliothèque nationale de France
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La Bibliothèque nationale de France (BnF) est la plus importante bibliothèque de France. Elle a le statut d'établissement public. Ses activités sont réparties sur différents sites, dont le principal est la bibliothèque du site François-Mitterrand, située dans le 13e arrondissement, sur la rive gauche de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine...). Ses collections physiques sont estimées à trente millions de volumes mais elle est aussi largement connue pour Gallica, sa bibliothèque numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et échantillonnée, par opposition à une information dite...) de documents, pour la plupart en mode image. C'est l'une des bibliothèques les plus importantes au Monde (Le mot monde peut désigner :).

Historique

La Bibliothèque nationale de France (La Bibliothèque nationale de France (BnF) est la plus importante bibliothèque de France. Elle a le statut d'établissement public. Ses activités sont réparties sur différents sites, dont...) (BnF) tire son origine de la bibliothèque du roi, constituée au Louvre par Charles V au XIVe siècle. Le premier libraire (Le libraire travaille le plus souvent dans une librairie où il vend les livres.) du roi s'appelait Gilles Mallet. Toutefois, c'est seulement à partir de Charles VIII (fin du XVe siècle) que la bibliothèque du roi connaît une certaine continuité (En mathématiques, la continuité est une propriété topologique d'une fonction. En première approche, une fonction est continue si, à des variations infinitésimales de...), sans dispersion (La dispersion, en mécanique ondulatoire, est le phénomène affectant une onde dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences constituant l'onde ne se propagent pas à la même...) des collections. La bibliothèque, un temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) transférée à Blois et à Fontainebleau, est de nouveau installée à Paris en 1568. Elle connaît un important développement sous Louis XIV et est ouverte au public en 1692. Après plusieurs déménagements, elle s'installe en 1720 rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les différents quartiers, s'inscrivant de ce...) Richelieu (ce qui correspond au " site Richelieu " actuel). Devenue Bibliothèque nationale puis impériale au fil des changements de régimes que connaît la France à partir de 1789, elle s'installe dans les bâtiments construits par Henri Labrouste (Henri Labrouste (Paris, 11 mai 1801 - Fontainebleau, 24 juin 1875) est un architecte français. Après avoir séjourné six ans à Rome, il ouvrit un atelier de formation d'architectes qui devint centre du courant rationaliste. Il...) en 1868, avant le dernier déménagement (Un déménagement est une action qui consiste à ôter tout ou partie des biens mobiliers contenus dans un local pour les transporter vers un autre. Il peut concerner un logement, des bureaux, un local commercial, une...) pour rejoindre le site de Tolbiac.

L'évolution de l'établissement est marquée par plusieurs déménagements de collections, dont le dernier a été le plus important, accompagné par une extension des surfaces utilisées, avec de nouvelles constructions, des annexions de bâtiments préexistants, et d'autre part des stockages en profondeur (site Richelieu) ou en hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) (site Tolbiac). En plusieurs siècles, la bibliothèque a rencontré plusieurs évolutions techniques, dont elle a tenu compte, parfois avec retard. Ces évolutions ont entraîné l'entrée de documents plus variés. Différentes techniques ont également été mises en œuvre dans la constitution de catalogues de plus en plus complexes (catalogues manuscrits et imprimés, fichiers et, depuis 1987, catalogues informatisés). Le statut de la bibliothèque a beaucoup évolué aussi, de la bibliothèque du souverain à un service de l'État jusqu’à un établissement public (En droit français, un établissement public est une personne morale de droit public, disposant d'une certaine autonomie administrative et financière (contrairement à une administration centrale de l'État par exemple) afin de remplir une...) autonome. La Bibliothèque a aussi diversifié son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.), notamment par l'organisation (Une organisation est) d'expositions puis d'autres événements culturels tels que colloques. Elle a également développé des actions de coopération avec d'autres bibliothèques, d'abord dans le cadre d'un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle...) français, ensuite avec l'étranger.

Surtout, l'histoire de la bibliothèque est celle d'accroissements successifs des collections. Le dépôt légal, étendu successivement à différents types de documents, est la plus importante source d'accroissement. La BnF a bénéficié également de nombreux dons, parfois de dons ponctuels, mais aussi assez souvent de collections constituées. Les échanges de publications sont une autre source d'accroissement, en particulier de publications étrangères. S'y ajoutent des achats (ouvrages neufs, mais aussi parfois vente aux enchères de documents rares). Ces accroissements par achat ont été plus ou moins importants selon les époques, en fonction des crédits accordés à la Bibliothèque.

La BnF a occasionnellement bénéficié de confiscations. C'est surtout pendant la Révolution française que les collections se sont enrichies de cette manière. La bibliothèque a ainsi reçu des fonds entiers, en provenance surtout d'abbayes, de collèges et d'universités supprimés, notamment parisiens. Elle a aussi reçu des documents provenant de pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine....) voisins.

À partir de 1988, la bibliothèque nationale entre dans une phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) d'importantes mutations. Le 14 juillet, François Mitterrand, conseillé notamment par Jacques Attali, annonce la construction et l'aménagement de l'une ou de la plus grande et la plus moderne bibliothèque du monde… (qui) devra couvrir tous les champs de la connaissance, être à la disposition de tous, utiliser les technologies les plus modernes de transmission de données, pouvoir être consultée à distance et entrer en relation avec d'autres bibliothèques européennes. Le site choisi est dans le nouveau quartier de Tolbiac (XIIIe arrondissement de Paris), au cœur de la ZAC Rive-Gauche, alors le principal secteur de renouvellement urbain de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les...). Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une...) architectural de Dominique Perrault (Dominique Perrault, né en 1953, est un architecte et urbaniste français. Il a acquis très jeune une renommée internationale en remportant le concours de la Bibliothèque François-Mitterrand de...) est retenu. La nouvelle Bibliothèque nationale de France ouvre au public le 20 décembre 1996 et, après le déménagement de la majeure partie des collections de la rue Richelieu, accueille les chercheurs en octobre 1998.

Statut et missions

La Bibliothèque nationale de France est un établissement public à caractère administratif sous tutelle du ministère chargé de la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de...)[1]. En tant que bibliothèque nationale, elle a pour mission de constituer des collections, notamment dans le cadre du dépôt légal, de veiller à leur conservation et de les communiquer au public. Elle produit un catalogue de référence, coopère avec d'autres établissements au niveau national et international et participe à des programmes de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le cadre...). Elle organise également des expositions temporaires, aussi bien dans les domaines de la littérature que de l'histoire ou de l'art (estampes, gravures, photographies...), souvent associées à des rencontres et des conférences.

Le Haut-de-jardin du site de Tolbiac est accessible à toute personne âgée de seize ans ou plus, sous réserve d'acquitter un droit d'entrée, soit pour un accès ponctuel (En géométrie, un point est le plus petit élément constitutif de l'espace de travail.), soit sous forme d'abonnement annuel. Le Rez-de-jardin ainsi que les salles de lecture des autres sites ne sont utilisables qu'après accréditation sur justification de la recherche, et moyennant paiement (carte de quinze jours ou carte annuelle). Certaines personnes peuvent toutefois être exonérées ou payer un tarif réduit, notamment les étudiants.

Depuis novembre 2005, la Bibliothèque nationale de France assure un service de référence virtuelle dénommé Sindbad.

Le dépôt légal

La BnF assure la collecte et la conservation du dépôt légal (institué sous François Ier au XVIe siècle), aidée par l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for...) national de l'audiovisuel, le Centre national de la cinématographie et les pôles régionaux du dépôt légal. C'est elle qui recueille le plus de documents à ce titre et la majorité des entrées provient du dépôt légal. Mais si la BnF est dépositaire des livres et autres imprimés, le dépôt légal des bandes dessinées est fait au Centre national de la bande dessinée et de l'image (CNBDI) à Angoulême.

Activités culturelles

La BnF a une longue tradition d'expositions centrées sur ses collections, mais souvent complétées d'apports extérieurs. Depuis la constitution du nouvel établissement public, elle a renforcé son activité d'accueil de manifestations scientifiques, telles que colloques, conférences, ou plus rarement projections et concerts.

La BnF est également un éditeur. Elle publie principalement des catalogues de ses collections, des catalogues d'expositions et des documents inédits. Certaines de ses productions paraissent en coédition avec des éditeurs privés.

La BnF assure la publication de deux périodiques. Chroniques de la Bibliothèque nationale de France (disponible aussi en ligne[2]) informe ses lecteurs de la vie (La vie est le nom donné :) de l'établissement. La Revue de la Bibliothèque nationale de France, qui a succédé à la Revue de la Bibliothèque nationale, comprend des articles sur l'histoire de la bibliothèque et de ses collections, ainsi qu'à l'histoire des médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un...) et des bibliothèques en général.

Coopération avec les autres bibliothèques françaises

La BnF a aussi dans ses missions la coopération avec les autres bibliothèques françaises. Elle a ainsi noué des relations privilégiées avec d'autres bibliothèques appelées " pôles associés " de la BnF. Ces pôles associés sont de deux sortes :

  • les pôles régionaux du dépôt légal imprimeur, dans chaque région de province et d'outre-mer et dans les collectivités d'outre-mer, reçoivent les livres déposés par les imprimeurs (voir l'article dépôt légal en France pour plus de détails).
  • les pôles de partage documentaire, au nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de 47 (25 en Île-de-France, 22 en province), ont passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur le présent....) convention avec la BnF. Ils s'engagent, avec l'aide de celle-ci, à acquérir et conserver des collections complémentaires de celles de la BnF, dans un domaine déterminé. Souvent, plusieurs bibliothèques d'une même ville forment ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être...) un pôle de partage documentaire. Ainsi, à Brest, la bibliothèque municipale, le SCD de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Bretagne Occidentale et le centre de documentation de l'IFREMER forment le pôle associé pour l'océanographie (L’océanographie (de « océan » et du grec γρ?φειν / gráphein, écrire) est l'étude des océans et des mers de la Terre. Les océanographes étudient un très grand...). Situé à Béziers, le Centre inter-régional de développement de l'occitan (CIRDOC) partage avec la BnF la gestion du fonds lié à la langue et à la culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) occitanes.

Au-delà de ce réseau, la BnF assure la fourniture de notices bibliographiques à différentes bibliothèques. En retour, la BnF gère le catalogue collectif de France (CCFr), qui regroupe BN-Opale Plus (voir ci-dessous), le SUDOC (catalogue collectif des bibliothèques universitaires françaises) et certains fonds anciens ou particuliers de bibliothèques municipales.

Elle joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) aussi un rôle de formation professionnelle (La formation professionnelle est le processus d'apprentissage qui permet à un individu d'acquérir le savoir et les savoir-faire (habiletés et...), qui se traduit par l'accueil de stagiaires, l'organisation de journées professionnelles et la diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un...) de normes bibliographiques.

Coopération internationale

La BnF entretient également des relations avec d'autres bibliothèques et institutions à l'étranger. La plus connue est la participation à la " Bibliothèque européenne ", bibliothèque virtuelle organisée conjointement par plusieurs bibliothèques européennes, essentiellement d'autres bibliothèques nationales. Cette bibliothèque est située dans la bibliothèque royale des Pays-Bas à la Haye.

Ce regroupement a donné naissance à l'initiative pour une " bibliothèque numérique européenne " (BNE), projet qui associe la plupart des bibliothèques nationales du continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce...). Le Royaume-Uni s'en est toutefois désolidarisé. Dans ce cadre, la BnF a développé depuis l'été 2006 une maquette de la BNE baptisée Europeana, qui a été ouverte au public en mars 2007.

La BnF apporte aussi son appui à des bibliothèques d'autres pays, en particulier de l'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et...) francophone et d'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de l'Europe et de l'Afrique par l'océan...) du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.). Elle participe enfin à l'IFLA. Au sein de cette fédération, la BnF participe aux groupes de travail sur les normes de catalogage et est plus spécialement chargée de coordonner le programme PAC (Preservation and conservation), consacré à la conservation et à la sauvegarde (En informatique, la sauvegarde (backup en anglais) est l'opération qui consiste à dupliquer et à mettre en sécurité les données contenues dans un système informatique.) des documents anciens ou fragiles.

Organisation interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée variable...)

La Bibliothèque nationale de France est administrée par un conseil d'administration comprenant des représentants de différents ministères : la Culture au titre de la tutelle, mais aussi la Communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine...), l’Enseignement supérieur, la Recherche, le Budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.) et les Affaires étrangères (en raison de son activité internationale). Siègent également des membres représentant le monde de la recherche, des représentants élus du personnel et deux représentants des usagers élus par ces derniers, un pour le Haut-de-jardin et un pour les bibliothèques de recherche.

Le conseil d'administration est assisté d'un conseil scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et...) ayant un rôle consultatif. En outre, la BnF dispose d’un comité technique paritaire et d’un comité d'hygiène (L'hygiène est un ensemble de mesures destinées à prévenir les infections et l'apparition de maladies infectieuses. Elle se base essentiellement sur trois actions :) et de sécurité.

Le président de la BnF, nommé par décret pour trois ans, mandat renouvelable une fois, dirige l'établissement, assisté d'un directeur général et d’un directeur général adjoint. Depuis le 2 avril 2007, Bruno Racine, nommé le 28 mars précédent en Conseil des ministres, est président de la BnF.

Les services de la BnF sont répartis en trois directions et quatre délégations[3].

  • La direction des collections (DCO) traite les collections et assure les services au public. Elle est divisée en départements documentaires dont la liste est donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) plus loin, site par site.
  • La direction des services et des réseaux (DSR) est chargée de fonctions transversales intéressant tous les départements documentaires et d'autres actions engageant toute la bibliothèque. Elle comprend différents départements :
    • L'Agence bibliographique nationale établit la bibliographie nationale française, enrichit le catalogue et maintient le vocabulaire contrôlé RAMEAU ;
    • Le département de la bibliothèque numérique constitue une bibliothèque numérique à partir des collections de la BnF et d'institutions partenaires, et travaille à la Bibliothèque numérique européenne ainsi qu'à l’archivage du Web ;
    • Le département de la conservation assure la conservation et la restauration des documents ; c'est ce département qui gère les services techniques de Bussy-Saint-Georges et de Sablé-sur-Sarthe ;
    • Le département de la coopération est chargé des relations avec les autres bibliothèques françaises, gère le Catalogue collectif de France et Gallica ;
    • Le département du dépôt légal reçoit les imprimés en provenance des éditeurs et imprimeurs, les supports particuliers étant reçus et traités directement par les départements spécialisés (c'est ainsi que le département de la musique reçoit le dépôt légal des partitions, etc.) ;
    • Le département de la reproduction (La Reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement est un ouvrage de sociologie co-écrit par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron...) est chargé de reproduire les documents de la bibliothèque, soit pour transférer le contenu sur un support moins fragile, une microforme ou de plus en plus souvent un support numérique, soit pour satisfaire la demande d'un lecteur ou d'un client (Le mot client a plusieurs acceptations :) de l'extérieur (ces services sont payants) ;
    • Le département des systèmes d'information s'occupe de l'aspect technique des catalogues, de l'intranet de la BnF, des postes publics et des services à distance.
  • La direction de l'administration et du personnel (DAP) regroupe des services indispensables au fonctionnement quotidien de l'ensemble de l'établissement (ressources humaines, finances, moyens matériels).

Les délégations sont rattachées directement au directeur général :

  • délégation à la stratégie ;
  • délégation aux relations internationales ;
  • délégation à la diffusion culturelle, qui s'occupe entre autres de toutes les manifestations culturelles (expositions, colloques, lectures…) ;
  • délégation à la communication.

Sites et départements

Site Richelieu / Louvois

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Métro de Paris
Ce site est desservi par les stations de métro : Bourse et Palais Royal - Musée du Louvre.
Salle ovale du site Richelieu
Salle ovale (Dans le sens étymologique, un ovale est une forme d'œuf. En mathématiques, et plus particulièrement en géométrie, le...) du site Richelieu

Architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) et locaux

Le site historique de la BnF (autrefois appelée Bibliothèque nationale avant la construction et le transfert des collections des Imprimés sur le site Tolbiac) occupe l'ensemble du quadrilatère Richelieu, délimité par les rues des Petits-Champs (au sud), Vivienne (à l'est), Louvois (au nord) et Richelieu (à l'ouest). Les plus anciens éléments de cet ensemble ont été élevés pour Mazarin par les architectes Pierre Le Muet et François Mansart (François Mansart (Paris, 23 janvier 1598 - id., 23 septembre 1666) est un architecte français. Il est considéré comme le principal précurseur de l'architecture baroque en...), à qui on doit les deux galeries, actuellement utilisées comme galeries d'exposition[4]. Les bâtiments ont subi de nouveaux aménagements à partir des années 1720 sous la direction de Robert de Cotte (Robert de Cotte était un architecte français né en 1656 et mort le 15 juillet 1735. Il fut l'un des grands architectes français dans la lignée des Mansart (il était le...) et de l'abbé Bignon. Les modifications ont été peu nombreuses de la deuxième moitié du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Une autre phase de grands travaux reprend avec Henri Labrouste à partir de 1854 : ses principales réalisations sont l'actuelle façade de la cour d'honneur et surtout la vaste salle Labrouste. À Labrouste succède Jean-Louis Pascal, qui poursuit les travaux de la cour d'honneur et conçoit en 1916 la salle Ovale, qui ne sera toutefois inaugurée qu'en 1936. Par manque de place, la Bibliothèque nationale a dû s'étendre hors du quadrilatère Richelieu. Elle a ainsi occupé une partie de la Galerie Vivienne pour installer les services du dépôt légal, mais ces locaux ont été abandonnés avec l'ouverture du site F. Mitterrand. Cependant, la BnF utilise encore un bâtiment au 61, rue de Richelieu, à vocation purement administrative, ainsi qu'un bâtiment rue Louvois, construit en 1964 par André Chatelin pour le département de la Musique. L'ensemble Richelieu / Louvois comprend surtout des salles de lecture, des magasins et des bureaux. Il s'y trouve aussi trois espaces d'exposition : la galerie Mazarine, pour les expositions thématiques, la galerie de photographie (connue aussi comme galerie Mansart) et la crypte (Une crypte est des éléments constitutifs des églises chrétiennes depuis le style roman, construit, enterré ou non, servant...), pour de petites expositions.

Départements et collections

Les départements du site Richelieu / Louvois et leurs collections
Départements Date
de
création
Contenu Quelques fonds particuliers
Arts du spectacle (*) 1976 Manuscrits, documents iconographiques, maquettes, costumes : 3 000 000 d'objets et de documents Fonds Rondel (constituant la base du département), archives de plusieurs cinéastes dont Abel Gance
Cartes et Plans 1828 1 600 000 documents, notamment documents cartographiques et globes fonds de cartes réunies par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (XVIIIe siècle), fonds anciens du Service hydrographique et océanographique de la marine, collections de la Société de Géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η γη" (hê...) (en dépôt)
Estampes et Photographies 1720 12 000 000 d'images Dessins d'architectes (Robert de Cotte, Étienne-Louis Boullée), fonds de photographes (Nadar, Cartier-Bresson, Doisneau)
Manuscrits, division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par l'inverse du second. Si un nombre est non nul, la fonction "division par ce nombre" est la réciproque de la fonction...) occidentale (**) 1720 1 000 000 de manuscrits, imprimés plusieurs fonds d'intérêt historique et généalogique (collection des provinces de France, collection de Carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés. Cela signifie que ses quatre côtés ont la même longueur et ses quatre angles la même mesure. Un carré est à...) d'Hozier, fonds Colbert
Fonds anciens de plusieurs abbayes parisiennes
Fonds maçonnique
Manuscrits d'écrivains (Hugo, Proust, Céline)
Manuscrits, division orientale (**) 1720 220 000 documents fonds Smith-Lesouëf, fonds d'orientalistes
Monnaies, médailles et antiques 1720 530 000 pièces Cabinet de curiosités (Un cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût...) de Louis XIV, collections d'antiquités, trésors mérovingiens
Musique (rue Louvois) (***) 1942 2 000 000 de pièces et recueils Fonds Sébastien de Brossard, archives de compositeurs célèbres (Messiaen, Xenakis)
Recherche bibliographique (DRB) (****) 1996 14 000 usuels, 40 000 microformes Néant

(*) La Maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) Jean-Vilar, à Avignon, est rattachée au département des Arts du spectacle, mais ses collections sont comptées à part.
(**) Les deux divisions constituent un seul département, mais il a paru utile de les présenter à part.
(***) La bibliothèque-musée de l'Opéra est rattachée au département de la Musique, mais ses collections sont comptées à part.
(****) Le département de la Recherche bibliographique est commun aux sites Richelieu et Tolbiac.

Outre les collections indiquées dans le tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :), les départements de Richelieu comptent 2 700 000 volumes d'imprimés (Livres, périodiques et recueils), dont 12 000 incunables.

Le " projet Richelieu "

Depuis le déménagement des imprimés vers Tolbiac, la BnF s'est engagée dans un projet de modernisation du site Richelieu, qui comporte plusieurs dimensions :

  • meilleur signalement des documents des sites spécialisés, avec notamment l'informatisation des fichiers des départements de Richelieu, le transfert de notices de BN-Opaline vers BN-Opale Plus, l'utilisation de normes nouvelles pour la description électronique des manuscrits ;
  • vaste opération de rénovation et de réaménagement des différentes salles ;
  • redéploiement des espaces et des collections.

À terme, il est prévu que le département des Arts du Spectacle s'installe dans l'actuel musée du département des Monnaies, médailles et antiques, qui sera réorganisé. La salle Labrouste rénovée deviendra la salle de lecture de l'INHA. Quant à la salle Ovale, ce sera un espace de consultation servant d'introduction aux différents départements spécialisés, et qui sera largement accessible, comme le haut-de-jardin.

Site François-Mitterrand (Tolbiac)

Architecture et locaux

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Métro de Paris
Ce site est desservi par les stations de métro : Bibliothèque François Mitterrand et Quai de la Gare.

Plans et vues satellite : 48° 50’ 1’’ N, 2° 22’ 34’’ E

À Tolbiac, la bibliothèque François-Mitterrand, également appelée Très grande bibliothèque, occupe un site de 7,5 hectares pour une esplanade de 60 000 m². L'œuvre de Dominique Perrault est notamment caractérisée par quatre grandes tours angulaires de 79 m chacune qui correspondent symboliquement à quatre livres ouverts. Chaque tour porte un nom :

  • Tour des temps
  • Tour des lois
  • Tour des nombres
  • Tour des lettres

Le centre du bâtiment est occupé par un jardin de 12 000 m² fermé au public, mais qui contribue, situé à la hauteur du déambulatoire (Le déambulatoire est une galerie qui sépare le chœur d'une église des chapelles absidiales. Cet élément architectural est apparu dès l'époque caroligienne dans les églises d'Occident : il avait...) du rez-de-jardin, à donner une image de calme au milieu de l'ambiance bruyante de la ville. Les arbres qui composent ce jardin sont des pins de la forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible étendue est dit bois, boqueteau...) de Bord récupérés adultes là où une carrière devait les faire disparaître, et transportés en convoi exceptionnel (Dans le domaine du transport routier, un convoi exceptionnel est un transport de marchandises, ou une circulation de véhicules, présentant un caractère exceptionnel en raison de ses dimensions ou de sa masse,...). Dès leur transplantation ils furent haubanés car le réenracinement est délicat avec des sujets adultes. Il ne s'agit en aucun cas d'arbres importés de l'étranger, et encore moins de séquoias, comme certains qui méconnaissent les arbres le croient encore. Sous ce niveau se trouvent encore deux niveaux utilisés, dont le plus bas est occupé par une rue intérieure destinée à la circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) des véhicules (en particulier les véhicules internes à la BnF et ceux venant livrer le dépôt légal). L'ensemble des surfaces construites hors-œuvre représente 290 000 m² de planchers.

Avec l'installation à Tolbiac, les chercheurs disposent de places de lectures plus larges et d'un mobilier récent et assez fonctionnel. Le délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une chose, ou à l’expiration duquel on sera tenu de faire une certaine chose.  ».) de communication moyen dépasse désormais rarement 30 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la...).

Le site de Tolbiac comporte deux espaces d'exposition, une " grande salle " et une " petite salle ". En outre, une exposition permanente dans le hall est propose une présentation générale de l'établissement. Un grand et un petit auditorium permettent d'organiser des réunions professionnelles, des colloques, des conférences, des lectures ou des concerts.

Depuis 2006, les deux globes de Coronelli (Les Globes de Coronelli ou Globes de Marly sont une paire de globes (terrestre et céleste) de grande dimension (387 cm de diamètre) réalisée par Vincenzo...) sont exposés dans le hall ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant...).

Collections

Les collections de Tolbiac comprennent un fonds de libre accès et des collections patrimoniales, et occupent en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) 385 km linéaires de rayonnages. Le fonds de libre accès, présent à la fois en Haut-de-Jardin (bibliothèque d'étude) et en rez-de-jardin (bibliothèque de recherche), contient environ 575 000 volumes (700 000 à terme). Les collections patrimoniales se trouvent dans les différents départements présents à Tolbiac, à l'exception du département de la Recherche bibliographique (DRB). Les quatre départements issus du département des Imprimés et du département des Périodiques conservent les fonds patrimoniaux constitués d'imprimés du XVIe au XXIe siècle. Ils représentent environ 10 000 000 de livres et 350 000 titres de périodiques, dont 32 000 titres vivants français et étrangers. Aux imprimés s'ajoute un important fond de microformes, avec 76 000 microfilms (journaux, livres de grand format) et 950 000 microfiches (ouvrages, thèses).

Le département de l'Audiovisuel, héritier de la Phonothèque nationale, a lui aussi des fonds patrimoniaux, mais uniquement des supports particuliers, correspondant environ à 900 000 documents sonores, 90 000 vidéogrammes, 250 000 images fixes numérisées et 50 000 documents multimédia (Le mot multimédia est apparu vers la fin des années 1980, lorsque les CD-ROM se sont développés. Il désignait alors les applications qui, grâce à la mémoire du CD et aux capacités de l'ordinateur,...).

Le département le plus prestigieux est la réserve des livres rares, qui comprend 200 000 volumes environ. La réserve comprend les incunables, des ouvrages remarquables par leur format (particulièrement petits ou grands), des documents montrant les évolutions techniques, des documents à faible tirage, des livres ayant appartenu à des personnes célèbres, et enfin l'" Enfer " de la bibliothèque, comprenant des ouvrages jugés " licencieux ".

Par ailleurs environ 100 000 textes numérisés peuvent être consultés. Une partie seulement figure aussi sur Gallica, dès lors qu'il n'y a plus de problème de droits.

Départements et salles de lectures

Départements et salles de lecture du site Mitterrand / Tolbiac
Départements Haut de jardin
Bibliothèque d'étude
Rez-de-jardin
Bibliothèque de recherche
Histoire, philosophie, sciences de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un...) Salle J : histoire, philosophie, sciences de l'homme Salle K : philosophie, religion
Salle L : histoire
Salle M : ethnologie, sociologie, géographie
Droit, économie, politique Salle A : presse
Salle D : droit, économie, politique
Salle N : économie, science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de...) politique, presse
Salle O : droit, publications officielles
Sciences et techniques Salle C : sciences et techniques Salle R : histoire des sciences (La science, en tant que corpus de connaissances mais également comme manière d'aborder et de comprendre le monde, s'est constituée de façon progressive depuis quelques millénaires. C'est en effet aux époques...), sciences fondamentales
Salle S : sciences de la vie, sciences de l'ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la réalisation et à la mise en œuvre de...)
Littérature et arts Salle E : littératures orientales, patrimoine écrit, sciences de l'information
Salle F : langues et littératures classiques, arts
Salle G : langues et littératures étrangères
Salle H : langue française et littératures d'expression française
Salle T : documentation sur le livre, la presse et la lecture
Salle U : langues et littératures étrangères
Salle V : linguistique, langue française et littérature d'expression française
Salle W : littératures classiques, littératures orientales et arts
Audiovisuel Salle B : audiovisuel Salle P : audiovisuel
Département de la recherche bibliographique (DRB) (*) Salle I : recherche bibliographique Salle X : recherche bibliographique
Réserve des livres rares   Salle Y : réserve des livres rares

(*) Le DRB est commun aux sites Richelieu et Tolbiac.

Site de l'Arsenal

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Métro de Paris
Ce site est desservi par la station de métro : Sully - Morland.

La bibliothèque de l'Arsenal, ancienne bibliothèque publique intégrée à la Bibliothèque nationale en 1934, constitue actuellement à elle seule un département. Elle est spécialisée en littérature et, dans une moindre mesure, en histoire.

Livres et périodiques : 1 000 000 volumes
Manuscrits, estampes, cartes, partitions musicales : 120 000 documents

Bibliothèque-musée de l'Opéra

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Métro de Paris
Ce site est desservi par la station de métro : Opéra.

La bibliothèque-musée de l'Opéra, située au sein de l'Opéra Garnier (L’Opéra Garnier, ou Palais Garnier, est un des éléments structurants du 9e arrondissement de Paris et du paysage de la capitale...), est rattachée au département de la Musique. Elle tient son origine dans la bibliothèque musicale et les archives de l'Opéra national de Paris (L'Opéra national de Paris est un établissement public industriel et commercial français placé sous la tutelle du ministère de la...) depuis sa création en 1669. Elle conserve donc encore aujourd'hui un fonds ancien important (partitions, mais aussi maquettes et costumes). La bibliothèque-musée a beaucoup de documents sur la musique et plus encore sur la danse, avec les Archives internationales de la danse.

Livres, périodiques et recueils d'imprimés : 130 000 documents
Photographies, partitions, estampes, programmes, maquettes de décors, costumes : 240 000 documents spécialisés

Sites non parisiens

La maison Jean Vilar à Avignon

À Avignon, la BnF est propriétaire de la maison Jean Vilar, rattachée au département des arts du spectacle. Cette bibliothèque abrite les archives personnelles du metteur en scène et celles du Festival d'Avignon.

Le centre technique de Bussy-Saint-Georges

La BnF est implantée à Bussy-Saint-Georges, dans un bâtiment qu'elle partage avec le Centre technique du livre de l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le...) supérieur. Le site de Bussy sert à la fois :

  • pour les restaurations nécessitant plus de place ou des matériels spécifiques ;
  • de centre de recherche pour la conservation des documents ;

De 1994 à 2006, les exemplaires supplémentaires du dépôt légal étaient envoyés au centre technique de Bussy ; l'un d'eux était conservé pour constituer une collection de secours, ne devant en principe pas servir, les autres étaient employés aux échanges internationaux ou remis à d'autres bibliothèques françaises selon le genre du document (Dans son acception courante un document est généralement défini comme le support physique d'une information.). Depuis la réforme du dépôt légal, qui a vu une diminution du nombre d'exemplaires exigés des éditeurs, cette activité a cessé.

Le centre technique de Sablé-sur-Sarthe

La BnF est installée à Sablé-sur-Sarthe, avec le centre Joël Le Theule, consacré à la restauration de documents fragiles.

Sites abandonnés

L'annexe de Versailles

La Bibliothèque nationale a fait construire à Versailles un premier bâtiment (1932-1934), puis un deuxième (1954), en particulier pour conserver des périodiques et des collections en double. Au départ, il ne s'agissait que de lieux de conservation, mais une salle de lecture s'y est ouverte par la suite. Ces bâtiments ne sont plus utilisés depuis 1998.

L'ancien centre technique de Provins

Un centre de restauration avait été créé à Provins pour la restauration et le transfert de journaux sur microfilms. Le site de Provins a été fermé en 2002.

Les catalogues

La Bibliothèque nationale de France a élaboré et enrichi successivement ou simultanément plusieurs types de catalogues. Seront présentés ici les principaux catalogues mis à disposition du public.

BN-Opale Plus

BN-Opale Plus est le principal catalogue informatisé. BN-Opale Plus s'appelait à l'origine BN-Opale et recensait en principe toutes les collections patrimoniales. Il a été constitué pour les livres issus du dépôt légal et les acquisitions depuis 1987, auxquels ont été ajoutées les notices rétroconverties du Catalogue général des imprimés et de ses suppléments. Par la suite, il a pris le nom de BN-Opale Plus quand d'autres données y ont été ajoutées : d'abord les notices des documents en accès libre du site de Tolbiac, ensuite les notices du département de l'Audiovisuel (y compris le multimédia), enfin (travail actuellement en cours), les imprimés des départements spécialisés des autres sites.

N'étant pas toujours tenu avec la rigueur nécessaire, il est peu fiable et en tout cas sujet à caution. De nombreux chercheurs l'ont depuis longtemps abandonné, au profit notamment des catalogues d'universités américaines. En effet, bon nombre de notices sont incomplètes, en particulier parce qu'elles omettent de faire figurer le nom des auteurs ou l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) de parution.

BN-Opaline

BN-Opaline, autre catalogue informatisé, conçu pour signaler les collections spécialisées des autres sites, notamment Richelieu, mais aussi des documents n’appartenant pas à la BnF, en particulier des fonds musicaux et des manuscrits littéraires, est fermé depuis mai 2007.

Il était initialement diffusé non en interface (Une interface est une zone, réelle ou virtuelle qui sépare deux éléments. L’interface désigne ainsi ce que chaque élément a besoin de connaître de l’autre pour pouvoir...) Web mais sous Telnet, avant de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) ensuite en interface Web. BN-Opaline était constituée de plusieurs bases, chacune ayant ses propres champs, ce qui représentait un avantage pour traiter des collections inhabituelles (manuscrits, partitions, films, etc.).

Les éléments autrefois inclus dans BN-Opaline ont été pour la plupart intégrés dans BN-Opale Plus ou dans le CCFr ; les autres donneront lieu à des bases de données spécifiques.

Catalogues plus traditionnels

L'existence de ces deux catalogues informatisés n'ôte pas tout intérêt aux autres types de catalogues, imprimés ou sur fiches, présents à la BnF, même si ces types de catalogues sont susceptibles de disparaître ultérieurement. Des catalogues imprimés restent en usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) dans différents départements spécialisés, notamment celui des Manuscrits, celui des Estampes ou celui des Monnaies et médailles ; il s'en publie même de nouveaux. Toutefois, l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement automatique de l'information par des...) est aussi utilisée dans ce domaine, puisque d'anciens catalogues, numérisés, sont mis en ligne sur Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web, en utilisant le protocole de...). Il existe également des catalogues sur fiches, à l'Arsenal, à l'Opéra et à Richelieu. Ces fiches devraient être rétroconverties pour figurer à terme dans BN-Opale Plus. À Tolbiac, les catalogues sur fiches sont peu nombreux. Ils restent en usage en salle Y pour la Réserve des livres rares (fichiers des usuels, fichiers par éditeurs ou par provenance), en salle W pour les documents en caractères non-latins (certains de ces fichiers sont également numérisés sur Internet), enfin en salle X pour les fichiers par sujets jusqu'en 1980.

Personnel et public

Le personnel de la BnF

L'établissement emploie, tous sites confondus, près de 2 700 personnes, mais cela représente moins de 2 500 équivalents temps plein (ETP). Les deux tiers du personnel sont des fonctionnaires, dont la plupart (près de la moitié du personnel permanent) relève de la "filière (Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat: la filière administrative.) bibliothèque" du ministère de l'Enseignement supérieur. Les non-fonctionnaires se répartissent à peu près également (en nombre) entre contractuels et vacataires (payés à l'heure). Ces derniers, des étudiants pour la plupart, cumulent souvent une quotité inférieure à la moitié d'un temps plein. C'est la principale cause de la grande disparité entre les effectifs et le total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total...) en ETP. Toutefois, la BnF s'efforce de réduire le poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du...) des non-fonctionnaires dans ses effectifs.

Ces données ne comprennent ni les personnes qui travaillent pour le compte d'entreprises privées en vertu d'une concession ou d'une délégation (personnel de sécurité, personnel de la cafeteria…) ni le détachement de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) affecté en permanence à la BnF.

Le public

La salle de lecture du département des Manuscrits, division occidentale
La salle de lecture du département des Manuscrits, division occidentale

En 2005, l'établissement a établi ou renouvelé près de 40 000 cartes annuelles pour le haut-de-jardin et plus de 18 000 pour la recherche[5]. Le public de la BnF est en grande partie constitué d'étudiants : parmi les lecteurs accrédités pour les espaces de recherche, près de 60% déclare venir " pour étude ", tandis que leur proportion est estimée à 84% en Haut-de-jardin d'après les dernières enquêtesLe Haut-de-Jardin est donc surtout utilisé par des étudiants de niveau licence tandis que les doctorants se rencontrent davantage dans les salles de recherche, les étudiants de master se répartissant entre les différents niveaux. Les enseignants et chercheurs représentent la catégorie la plus présente après les étudiants. Un peu plus de 30% des lecteurs accrédités pour la recherche déclarent venir " pour raisons professionnelles ", un bon nombre étant sans doute des enseignants-chercheurs. À côté de ces deux catégories, la BnF peine à attirer le grand public cultivé (à peine 10% du public des espaces de recherche vient " à titre personnel "), ce qui était pourtant l'un de ses objectifs. En Haut-de-jardin, la proportion est sans doute proche, puisqu'aux 84% d'étudiants, il convient d'ajouter 6% de lycéens.

Au sein du public accrédité pour la recherche, plus de 80% du public est de nationalité française, les étrangers les plus représentés provenant des États-Unis et d'Italie.

Les hommes et les femmes se répartissent à peu près à égalité au sein du public, tant celui des espaces de recherche que celui du Haut-de-Jardin.

Les variations saisonnières d'activité de la BnF s'expliquent largement par la composition du public, avec des différences sensibles entre Haut-de-jardin et espaces de recherche. Le Haut-de-jardin connaît un calendrier (Un calendrier est un système de repérage des dates en fonction du temps. Ces systèmes ont été inventés par les hommes pour mesurer, diviser et organiser le...) proche de celui d'une bibliothèque universitaire : occupation importante pendant l'année universitaire, fréquentation accrue à l'approche des examens, attractivité très faible en juillet et août. La fréquentation très faible en août a d'ailleurs conduit les autorités de la BnF à instaurer à titre expérimental une gratuité des entrées ponctuelles. Inversement, le Rez-de-jardin connaît un succès plus important en été, seule période où certains chercheurs, habitant la province ou l'étranger, peuvent venir à Paris : il n'est pas rare de voir le rez-de-jardin saturé à ces époques de l'année. En dehors de ce pic, la fréquentation des espaces de recherche est plus régulière.

Le Haut-de-jardin connaît aussi une variation de la fréquentation au cours de la semaine, les périodes les plus chargées étant le week-end, ainsi que le mardi, jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...) de fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) de la Bpi.

Budget

Le budget de la BnF s'élève à 155 millions d'euros[6] (M€). L'essentiel de ses ressources (116 M€) provient de subventions de l'État, attribuées essentiellement par le ministère de la culture. Les autres ressources sont comparativement faibles, les droits d'entrée ne rapportant pas plus de 2 M€ par an. Dans les dépenses, le budget de fonctionnement représente 105 M€ contre 50 M€ pour l'investissement. Dans les 105 M€ de fonctionnement, 41 M€ correspondent aux dépenses de personnel, sachant que la BnF ne paie là que les " contractuels sur crédits ", les autres employés étant payés directement par l'État. Dans les dépenses d'investissement, 17 M€ sont consacrés aux bâtiments et installations techniques et à peu près autant à l'enrichissement des collections. La BnF compte les achats de documents dans la section d'investissement, quand d’autres bibliothèques les décomptent en section de fonctionnement, ce qui ne facilite pas les comparaisons.

Critiques adressées à la Bibliothèque

La Bibliothèque nationale de France suscite souvent des critiques. Celles-ci, provenant d'horizons (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique, philosophie, littérature, et bien...) variés, ont été largement relayées par les médias au début. La force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage...) médiatique est un peu retombée, mais certaines de ces critiques subsistent. Elles peuvent être regroupées en trois grandes catégories.

Critiques d'origine syndicale

L'établissement est ainsi mis en cause par les syndicats. La Bibliothèque a d'ailleurs connu plusieurs conflits sociaux, dont l'un, peu après les premiers jours d'ouverture du rez-de-jardin, s'est traduit par une longue grève restée dans les esprits. Le principal grief porte sur les conditions de travail : le personnel de magasinage en particulier se plaint du bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la...), mais aussi de l'obligation de travailler souvent à la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde...) artificielle. En outre, particulièrement au début du fonctionnement du rez-de-jardin, le personnel se trouve dans l'obligation d'assumer, vis-à-vis des usagers, les dysfonctionnements dont ils ne se sentent pas toujours responsables. La Bibliothèque nationale de France est également critiquée pour son recours, considéré comme excessif, à des emplois dits précaires, vacataires en particulier (voir plus haut).

Critiques émanant des lecteurs

Des lecteurs formulent également un certain nombre de griefs envers la BnF, surtout pour le site François-Mitterrand[7]. L'accès à ce site est malaisé, d'autant que l'esplanade et les descentes sont glissantes par temps humide et que cette situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) n'est que partiellement résolue par les chemins antidérapants et la renonciation aux tapis roulants pour la descente. Les lecteurs se plaignent aussi des " conditions de travail " dans cette bibliothèque : bruit excessif dans les salles de lecture, délai de communication parfois excessif (des efforts ont été faits cependant), indisponibilité de certains documents, fraîcheur difficile à supporter dans les salles de lecture, même en été, mauvaise orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil à l'équinoxe) et des points cardinaux (nord de la boussole) ;) des postes informatiques dont les écrans sont presque illisibles par grand soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une...). Les représentants des lecteurs plaident aussi pour une extension des horaires d'ouverture, revendiquant une ouverture du rez-de-jardin dès le lundi matin et l'instauration d'une " nocturne " au moins une fois par semaine (actuellement les salles de lecture ferment à 20 h). De manière plus anecdotique, les tarifs des espaces de restauration (cafeteria…) sont aussi mis en cause. Les représentants des lecteurs ont tendance à penser que la bibliothèque en ferait trop pour les bibliothèques numériques (Gallica et Europeana) ou les expositions au détriment des lecteurs consultant les documents sur place.

Critiques des médias et de l'opinion publique

La BnF a également fait parler d'elle négativement au-delà de ceux qui y travaillent ou l'utilisent. Certaines de ces critiques sont politiques, dans la mesure où elles ne visent pas la seule BnF, mais la politique de grands travaux de F. Mitterrand dans son ensemble. Le fait que le choix du projet ait été la décision politique (Décision politique est un épisode de la série télévisée Stargate SG-1. C'est le vingt-et-unième épisode de la saison 1 et...) d'un seul homme, réglée de manière rapide sans considération des aspects pratiques, est aussi critiqué. Le parti architectural de Dominique Perrault a aussi ses détracteurs, en particulier pour sa décision de stocker les documents dans les tours.

La presse s'est aussi fait l'écho d'un certain nombre de faits, dont certains ont été exagérés, mais qui sont de nature à susciter la moquerie et l'indignation. Parmi les plus marquants, des dysfonctionnements du système d'alarme ont entraîné l'inondation (Le terme inondation fait traditionnellement référence au débordement d'un cours d'eau qui submerge les terrains voisins. Il doit évidemment être étendu aux débordements des...) de certains secteurs des magasins en 1997. plus récemment, la présence d'amiante (L’amiante (nom masculin) est un terme désignant des minéraux à texture fibreuse utilisés dans l’industrie. Ce sont des silicates magnésiens ou calciques ayant des...) a été relevée dans les collections (2005).

Les médias ont ensuite parlé de vols et de disparitions à la BnF. Un conservateur, Michel Garel, a été mis en cause en 2004 et condamné, le 10 mars 2006, à deux ans de prison avec sursis et à l'interdiction d'exercer toute mission de service public (Un service public est une activité considérée comme étant d'intérêt général. Cette notion faisant appel à une appréciation pouvant être élargie ou rétrécie à volonté, elle ne permet pas de donner une définition parfaite et...) pendant cinq ans, ainsi qu'à 400 000  € de dommages et intérêts[8]. Cette condamnation a été aggravée par la cour d'appel de Paris, qui a prononcé à son égard, le 26 janvier 2007, une peine de 15 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) de prison ferme et 75 000 € d'amende[9]. L'intéressé s'est pourvu en cassation.

Si la " Grande bibliothèque " fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est défini par les...) de critiques nombreuses, qui touchent surtout le site François-Mitterrand, l'établissement et sa tutelle ont consenti d'importants efforts notamment financiers. Cela se traduit notamment par un fort enrichissement des catalogues et une bonne visibilité (En météorologie, la visibilité est la distance à laquelle il est possible de distinguer clairement un objet, quelle que soit l'heure. On...) de l'établissement, en particulier par la fréquentation de Gallica.

Apparitions dans la fiction

Le site François-Mitterrand apparaît longuement dans le film Pars vite et reviens tard, et de manière plus furtive dans Toutes les filles sont folles.

Notes

  1. décret no 94-3 du 3 janvier 1994
  2. chroniques.fr de la Bibliothèque nationale de France
  3. Voir l'organigramme.
  4. Françoise Bléchet, " La Bibliothèque royale du XVIe siècle à 1789 " dans Les Bibliothèques parisiennes: architecture et décor, 2002, p. 45-50.
  5. Les informations de ce paragraphe sont issues en partie du rapport d'activités 2005, en partie de l'article " La bibliothèque au crible de son public ", dans Chroniques de la Bibliothèque nationale de France, no 32, oct. 2005, p. 3-5.
  6. Les chiffres donnés ici sont ceux du rapport d'activités 2005, le dernier disponible.
  7. Voir par exemple Pierre Jourde, " Bibliothèque François-Mitterrand : histoire d'un naufrage architectural ", dans Marianne, no 514, 24 fév. 2007, p. 70-72.
  8. Livres Hebdo, no 637, 18 mars 2006, p. 91.
  9. Le Nouvel Observateur, 27 janvier 2007.
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