Remparts de Vannes - Définition et Explications

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Introduction

Remparts de Vannes
Remparts de Vannes

Période ou style
Début construction IIIe siècle
Fin construction milieu XVIIe siècle
Destination initiale Fortifications d'agglomération (Une agglomération est un ensemble urbain qui repose sur la continuité du bâti. L'agglomération correspond à la ville sur le plan...)
Propriétaire actuel Ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent...) de Vannes
Propriété privée
Protection Logo monument classe.svg Monument historique (Différents pays ont choisi de classer leurs monuments historiques selon différentes appellations.)
(1912-1958)

Latitude (La latitude est une valeur angulaire, expression du positionnement nord-sud d'un point sur Terre (ou sur une autre planète), au nord ou au sud de...)
Longitude (La longitude est une valeur angulaire, expression du positionnement est-ouest d'un point sur Terre (ou sur une autre planète).)
47° 39′ Nord
       2° 45′ Ouest
/ 47.65, -2.75
  
Pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste...) France France
Région historique Drapeau de la Bretagne Bretagne
Subdivision administrative Drapeau fr département Morbihan.svg  Morbihan
Commune COA fr Vannes 56.svg  Vannes
 
Morbihan department location map.svg
Remparts de Vannes

Les remparts de Vannes sont les fortifications érigées entre les IIIe et XVIIe siècles pour protéger la ville de Vannes dans le département du Morbihan en France. Fondée par les Romains à la fin du Ier siècle av. J.-C. sous le règne d’Auguste, la civitas Venetorum se voit contrainte de se protéger derrière un castrum à la fin du IIIe siècle, alors même qu'une crise majeure secoue l’empire romain. Cette première enceinte demeure la seule protection de la cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des esclaves),...) pendant plus d’un millénaire (Un millénaire est une période de mille années, c'est-à-dire de dix siècles.). C’est à l’époque du duc Jean IV, à la fin du XIVe siècle, que l’enceinte de la ville est réédifiée et étendue vers le sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) pour protéger les nouveaux quartiers. Le duc veut faire de Vannes non seulement un lieu de résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées...) mais également une place forte sur laquelle il peut s’appuyer en cas de conflit. La superficie (L'aire ou la superficie est une mesure d'une surface. Par métonymie, on désigne souvent cette mesure par le terme « surface » lui-même (par...) de la ville intra-muros (Le terme intra-muros ou intra muros est emprunté au latin et définissait à l'origine l'intérieur d'une ville fortifiée, encerclée par des murs. Le terme un peu vidé de son...) est doublée et le duc adjoint à la nouvelle enceinte sa forteresse de l’Hermine.

Les guerres de la Ligue de la fin du XVIe siècle obligent la ville à se doter de plusieurs bastions polygonaux (Gréguennic, Haute-Folie, Brozilay, Notre-Dame). L’éperon de la Garenne est le dernier ouvrage défensif construit à Vannes vers 1630. A partir de 1670, le roi Louis XIV vend morceau par morceau les éléments des remparts afin de financer ses guerres. L'événement le plus significatif est, en 1697, le don à la ville de Vannes des ruines du château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers châteaux étaient construits en bois souvent sur...) de l'Hermine (L’hermine (Mustela erminea) est un animal de la famille des mustélidés, devant son nom vernaculaire au latin armenius mus, « rat d'Arménie ».), qui servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) alors au réaménagement du port et à l'entretien des bâtiments municipaux.

Les aménagements urbains du XIXe siècle ont pour conséquence la démolition de plusieurs segments de la muraille (Une muraille est un mur de grande hauteur destiné à protéger un ensemble de bâtiments par leur enceinte.) nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) et ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).). Il faut attendre la destruction partielle en 1886 de la porte Prison, un des plus vieux accès à la vieille ville, pour voir des vannetais attachés à leur patrimoine se réunir pour former une association de défense du patrimoine en 1911. S’ensuit la mise en place progressive de la protection des remparts au titre des monuments historiques entre 1912 et 1958. Depuis plusieurs décennies, la ville entreprend la remise en état et la mise en valeur des parties des remparts dont elle est propriétaire. Clé de voûte (Une voûte (ou voute) est un élément architectural de couvrement intérieur d'un édifice présentant un intrados. La voûte travaille comme un arc...) du patrimoine vannetais et élément touristique par excellence, les remparts de Vannes comptent parmi les rares fortifications urbaines qui subsistent encore en Bretagne.

Histoire

La première enceinte

Le litus Saxonicum.
La partie romaine des remparts, au nord de la tour Joliette.

À la fin du IIIe siècle, sous la menace des peuples germaniques, l'empereur Probus autorise Darioritum, comme toutes les cités du litus Saxonicum, à élever des fortifications. La bourgade antique de Vannes s'entoure dès lors de remparts sur la colline du Mené et abandonne la colline de Boismoreau qui formait le cœur de la cité. L'élection de cet emplacement tenait à sa configuration : la colline du Mené est à cette époque un promontoire rocheux entouré de marécages. Cette première enceinte est grossièrement triangulaire et s'étend de l'actuelle rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les différents quartiers,...) du Méné, au nord, jusqu'à la place des Lices, au sud. Il s'agit plus précisément d'un « hexagone irrégulier comprenant trois grands côtés, de longueurs inégales, reliés l'un à l'autre par trois petits côtés, aussi de longueurs inégales ». Cette première enceinte, d'un périmètre (Le périmètre d'une figure plane est la longueur du bord de cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à...) inférieur à 1 000 m, englobe environ 5 hectares.

Les sources se tarissent ensuite sur les siècles qui suivent. Ce qui est certain, c'est qu'une forteresse est attestée au Xe siècle sur la muraille nord. Certaines sources mentionnent les Ve ou VIe siècles comme période possible pour sa construction, puisqu'il semblerait qu'Eusèbe, roi de Vannes, utilisait déjà ce château comme demeure au début du VIe siècle. Cette forteresse a été baptisée château de la Motte. Son étymologie n'est pas tranchée : peut-être à cause de sa position dominante sur la ville ou à cause d'importants exhaussements lors des travaux de terrassements. Le château de la Motte est par la suite la demeure des comtes de Vannes, puis celle de certains des rois et ducs de Bretagne, entre autres : Macliau, Waroch II, Nominoë ou encore Jean Ier et Pierre Mauclerc.

Les guerres incessantes du duc avec ses voisins au cours du XIIe siècle fragilisent les remparts. Ainsi, la cité est assiégée cinq fois entre 1156 et 1175, à deux reprises par Henri Plantagenêt (en 1168 et 1175). C'est ainsi que le duc Jean Ier décide d'engager à partir de 1237 la réfection des remparts. Le séisme de 1287 incite son successeur, Jean II, à continuer les travaux, qui se terminent en 1305. Le château de la Motte, trop endommagé par ce séisme, est alors cédé à l'évêque Henri Tore (Le terme tore a essentiellement deux acceptions distinctes, suivant les usages :). Celui-ci décide sa reconstruction à partir de 1288 pour en faire le manoir (Un manoir (en latin : manerium) est la résidence ou la demeure (en latin manere : demeurer, rester) d'un noble, son logis seigneurial. Le bâtiment est parfois...) épiscopal de la Motte, la demeure des évêques de la ville.

Prise de Vannes par Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) Fillastre (XVe siècle)

En 1342, en pleine guerre de Succession de Bretagne, la ville subit quatre autres sièges en changeant de mains plusieurs fois entre le parti de Charles de Blois, soutenu par les Français, et celui de Jean de Montfort. Les Vannetais, qui se déclarent favorables à Jean de Montfort en 1341, se rendent à l'armée de Charles de Blois au début de l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) 1342, mais une armée anglaise, commandée par Robert III d'Artois, reprend la ville au mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) d'août. Quelques jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) plus tard, Olivier de Clisson (Clisson (Cliczon en gallo, Klison en breton) est une commune française, située dans le département de Loire-Atlantique et la région Pays de la Loire.) reprend la ville pour le compte des Français au bout d'un nouveau siège où Robert d'Artois est mortellement blessé. La ville résiste victorieusement à un dernier siège mené par Édouard III d'Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en 2006), qui représentent 83,8% de la population du...) en novembre.

L'accès à la ville close pendant le Haut Moyen Âge se fait par cinq portes : Saint-Patern, Saint-Salomon, Bali (Bali est une île d'Indonésie située entre les îles de Java et de Lombok. Elle fait partie des Petites îles de la Sonde. Sa superficie est de...), Saint-Jean et Mariolle.

La seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...) enceinte

Sceau du duc Jean IV de Bretagne.

Après la guerre, Jean IV, fils de Jean de Montfort, désigné duc de Bretagne par le traité de Guérande, fait réparer et agrandir les remparts vers le sud pour englober les faubourgs de la ville. La superficie de la ville close passe alors de 5 à 13 hectares. Deux portes et leurs barbacanes, Calmont et Gréguennic, sont ajoutées à l'enceinte ; la ville se dote également de trois tours vers le milieu du XVe siècle : la tour du Bourreau, la tour Poudrière et la tour Joliette. Les travaux ne seront réellement achevés que sous les règnes de Jean V et de François II.

Jean IV ajoute à ce renforcement des défenses de la ville l'édification de sa nouvelle demeure, le château de l'Hermine, dont la construction va s'étendre de 1380 à 1385. Pour ce faire, il échange le moulin (Un moulin est une machine à moudre les grains de céréale en farine et, par analogie, une machine à broyer, piler, pulvériser diverses substances et à extraire certains...) qu'il possède à Pencastel (Arzon) contre celui de la Garenne, appartenant à l'abbaye (Une abbaye (du latin abbatia) est un monastère ou un couvent catholique placé sous la direction d'un abbé (ou d'une abbesse; dérivé de l'araméen abba qui...) de Saint-Gildas de Rhuys. Preuve de l'importance naissante de cette nouvelle résidence, les naissances et les mariages s'y succèdent à la fin du siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une...) et au début du suivant : Jean V y naît en 1389 et Jeanne de Navarre y épouse Henri IV d'Angleterre par procuration en 1402. Elle devient le lieu de résidence quasi-permanent des ducs suivants jusque François II, qui préfère le séjour nantais, où il se fait bâtir un nouveau château. Le château de l'Hermine devient alors lieu de refuge ou de détention, au gré de la volonté du duc et de la qualité de ses « invités » : lieu de séjour de Charles de France en lutte contre son frère Louis XI entre 1466 et 1467 ou de Henri Tudor en 1483-1484 et prison de Guillaume Chauvin, ex-chancelier de Bretagne, entre 1481 et 1484.

Seconde prise de Vannes par Jean de Wavrin (milieu du XVe siècle)

La guerre se ravivant quelques années plus tard, la ville est assiégée et prise à cinq reprises entre 1487 et 1490. La défaite bretonne lors de cette guerre sonne le glas de l'indépendance bretonne, concrétisée près de quarante ans plus tard, le 4 août 1532, avec la requête (Le mot requête, synonyme de demande, est employé dans les domaines suivants :) des États de Bretagne, au château de la Motte, auprès du roi de France François Ier pour l'union de la Bretagne à la France.

Cette miniature de Jean de Wavrin représente la seconde prise de Vannes en 1342 par Jean de Montfort et le camp anglais. Le combat a lieu dans les fossés de la cité entre la tour Poudrière et la porte Prison. Anachronique puisque ces éléments ont été construits après 1430 et que la tour romane de la cathédrale (Une cathédrale est, à l'origine, une église chrétienne où se trouve le siège de l'évêque (la cathèdre) ayant en charge un diocèse. Toutefois,...) située en arrière plan ne fut reconstruite qu'après 1450, cette représentation est cependant fidèle aux remparts du milieu du XVe siècle. Les armes (épées et arcs) des soldats sont typiques du milieu du XIVe siècle alors que les archères sont adaptées à l'artillerie à feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) (milieu XVe siècle).

Des derniers renforcements au démantèlement partiel (Le mot partiel peut être employé comme :)

Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur.

L'intégration de la Bretagne au royaume de France apporte une certaine accalmie, tant économique que militaire. L'utilité des remparts est moins certaine, mais la ville continue à les entretenir dans une certaine mesure au XVIIe siècle, bien que la démolition du château de l'Hermine ait été décidée à cette époque.

À la fin du XVIe siècle, quand sévissent les guerres de religion, plusieurs villes stratégiques en Bretagne adoptent le principe des fortifications bastionnées, une obligation liée à l'amélioration de l'artillerie. Sous la Ligue, Vannes se rallie au duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et ligueur. Lors de son séjour à Vannes en 1592, il emploie ses ingénieurs et ses architectes à l'amélioration des fortifications de la cité. La ville entreprend alors le renforcement des remparts au moyen des bastions de Gréguennic, Brozillay et Haute-Folie au sud-est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.) de l'enceinte. Au sud, une ouverture est percée pour la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la...) avec le port. C'est la porte de Kaër-Calmont, qui deviendra porte Saint-Vincent quelques décennies plus tard. Entre 1594 et 1598, des troupes espagnoles sont postées dans la ville suite aux vœux du duc de Mercœur et du gouverneur de Vannes, René d'Arradon. Les caisses de la ville sont vides et les travaux ne sont toujours pas achevés en cette fin de XVIe siècle.

Après l'échec de la Ligue, Vannes subit les contrecoups de l'instabilité politique et des évènements qui se passent sur les côtes de l'Atlantique. Bien que la cité n'ait plus de rôle stratégique, son enceinte reçoit d'ultimes aménagements défensifs dans les premières décennies du XVIIe siècle. Les bastions élevés en grande hâte sous la Ligue sont améliorés entre 1611 et 1619. Jean Bugeau reconstruit en pierre le bastion (Le bastion est un des éléments des fortifications classiques, il remplace dans celles-ci, la tour pour fournir les feux de flanquement sur la courtine et défendre les angles du corps de place. Il est constitué par un...) de Notre-Dame. Celui de Haute-Folie est reconstruit suivant le principe de pilotis (Les pilotis désignent l'ensemble de pieux traditionnellement en bois enfoncés dans le sol et destinés à soutenir une construction hors de l'eau ou au-dessus du sol. Les pilotis sont...) par André Bugeau. La porte Saint-Salomon devait également accueillir un bastion, mais le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...) est resté sans suite.

Plan de la prison criminelle en 1811 (Tour Prison)

Entre 1622 et 1624, Jean Bugeau est à la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être transporté.) du chantier du pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en...) et de la porte de Kaër-Calmont (Ker-Calmont). Les travaux s'achèvent en 1624, la porte est alors renommée porte Saint-Vincent en hommage au prédicateur Saint Vincent Ferrier, mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par...) à Vannes en 1419. L'éperon de la Garenne, destiné à protéger le passage de la porte Poterne (Une poterne est une petite porte qui était intégrée aux murailles d'une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants du château de sortir ou rentrer à l’insu...) est construit par l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un...) vannetais Antoine Angueneau entre 1626 et 1628 après le désistement du nantais Jacques Corbineau.

Vannes va connaître une extension urbaine dans la seconde moitié du XVIIe siècle et ceci grâce à une forte croissance économique et religieuse ainsi qu'à l'installation dans la cité du Parlement de Bretagne entre 1675 et 1689. Suite à l'augmentation régulière de la population et pour faciliter la circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) dans l'intra-muros, la ville se consacre à divers aménagements. Avec la construction, entre 1678 et 1688, des portes Poterne et Saint-Jean par l'architecte François Cosnier, la ville compte désormais six portes.

Vergers au pied des remparts vers 1900.

L'évêque Charles de Rosmadec reconstruit le manoir de la Motte à partir de 1654, mais, en 1688, son démantèlement est décidé. En 1697, les vestiges du château de l'Hermine sont donnés à la ville, par le roi de France Louis XIV. Il sert alors, ainsi que les pans de la muraille en démolition, de carrière pour la réfection des bâtiments municipaux.

Julien Lagorce, traiteur, achète le site de l'ancien château de l'Hermine pour y bâtir un hôtel (Un hôtel est un établissement offrant un service d’hébergement payant, généralement pour de courtes périodes. Dans sa définition de l’hôtel,...) en 1785. En 1791, le manoir de la Motte est abandonné par l'évêque de l'époque, Sébastien-Michel Amelot. Neuf ans plus tard, les services de la préfecture du Morbihan s'y installent. Mais, mal entretenu, celui-ci continue de se détériorer. Un pan de mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) s'effondre en 1860, précipitant le départ des services préfectoraux qui s'installent dans le bâtiment actuel en 1865. Le manoir est rasé peu de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) après, ainsi que toute la partie septentrionale des murailles, lors du percement de la rue Émile Billault (1862-1867). Une partie du manoir a survécu dans l'Hôtel de France jusqu'à sa démolition complète en 1912.

Protection et mise en valeur du patrimoine

Le jardin des remparts pendant les fêtes historiques de 2009.

Avec près des trois-quarts de ses remparts préservés et malgré la destruction de plusieurs segments au XIXe siècle, l'enceinte urbaine de Vannes est une des mieux conservées de Bretagne. L'élément déclencheur (En programmation procédurale, un déclencheur (trigger en anglais) est un dispositif logiciel qui provoque un traitement particulier en fonction d'événements...) de la sensibilisation des Vannetais est, en 1911, la rumeur (La rumeur est un phénomène de transmission large, par tout moyen de communication formel ou informel, d'une histoire à prétention de vérité et de révélation. Le terme recouvre donc des...) de la destruction totale de la porte Prison, qui avait déjà été partiellement démolie en 1886, afin d'élargir la rue. Des Vannetais, attachés à leur patrimoine, se groupent pour fonder Les Amis de Vannes, une association de défense du patrimoine de la ville dont l'action permet l’achat de la porte par la ville et sa sauvegarde (En informatique, la sauvegarde (backup en anglais) est l'opération qui consiste à dupliquer et à mettre en sécurité les données contenues dans un système informatique.).

La Marle et le jardin du château de l'Hermine

Ainsi, le classement en 1912 de la porte Prison au titre des monuments historiques inaugure une politique de protection des remparts. Celle-ci est bientôt suivie par le classement de la totalité du patrimoine fortifié de la ville, l'année 1958 marquant la fin de ce processus avec la protection du bastion de Gréguennic. Dès 1950, le maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un...), Francis Decker, a l'idée de créer un jardin à la française afin de mettre en valeur la partie orientale de la muraille laissée jusqu'alors en friche (Une friche est un terrain, ou une zone, qui n’est pas, ou plus cultivé, ni même entretenu. Des activités marginales peuvent cependant s’y étendre : pâturage, chasse...). Le plan de sauvegarde et de mise en valeur est, depuis 1982, un outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation se traduit par la simplification des...) de protection du secteur sauvegardé de la vieille ville, politique relayée par la signature entre la ville et le ministère de la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La Culture...) de la convention Ville d'Art et d'Histoire.

La protection et la mise en valeur des remparts prennent plusieurs formes, des nombreux chantiers de restauration à la tenue d'expositions (tour du Connétable, festival de photographies maritimes…) en passant par l'installation de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) culturel de Bretagne et de nombreuses associations dans le château de l'Hermine, feux d'artifices, projection (La projection cartographique est un ensemble de techniques permettant de représenter la surface de la Terre dans son ensemble ou en partie sur la surface plane d'une carte.) de lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de...) et organisation (Une organisation est) d'évènements au pied des remparts (salon du livre, fêtes historiques, Fêtes d'Arvor, exposition Photo de Mer).

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