Apollon
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Apollon du Belvédère, copie romaine d'un original du IVe siècle av. J.-C. de Léocharès, musée Pio-Clementino
Apollon du Belvédère, copie romaine d'un original du IVe siècle av. J.-C. de Léocharès, musée Pio-Clementino

Apollon (en grec ancien ?π?λλων / Apóllôn, en latin Apollo) est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie. Il est également dieu des purifications et de la guérison (La guérison est un processus biologique par lequel les cellules du corps se régénèrent pour réduire l'espace d'une région endommagée par la nécrose. La guérison...), mais peut apporter la peste (La peste (du latin pestis, maladie contagieuse) est une maladie à multiples facettes qui est mortelle pour l'Homme. Elle est causée par le bacille Yersinia...) avec son arc ; enfin, c'est un des principaux dieux capables de divination, consulté, entre autres, à Delphes, où il rendait ses oracles par la Pythie. Il a aussi été honoré par les Romains, qui l'ont adopté très rapidement sans changer son nom. C'est peut-être le dieu qui a le plus été adoré dans toute la mythologie gréco-romaine et l'un des plus complexes à cerner. Le fait qu'il soit parfois suivi de muses explique son second nom, le musagète (celui qui conduit les muses). "On peut dire, sans outrance, qu'Apollon (Apollon (en grec ancien ?π?λλων / Apóllôn, en latin Apollo) est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie. Il est...) reflète pour les Grecs le génie artistique de leur pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme...), l'idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon féconde l'étude de la divisibilité pour les entiers. Il est...) de la jeunesse, de la beauté, et du progrès". .

Généalogie

Apollon et sa sœur Artémis, médaillon d'une coupe de Brygos et du Peintre de Briséis, v. 470 av. J.-C., musée du Louvre
Apollon et sa sœur Artémis, médaillon d'une coupe de Brygos et du Peintre de Briséis, v. 470 av. J.-C., musée du Louvre

Apollon est le fils de Zeus et d'une Titanide, Léto. Sa sœur jumelle est Artémis.

L'un des Hymnes homériques raconte en détails son histoire : Héra, jalouse d'une nouvelle infidélité de son divin époux, avait interdit à la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes telluriques,...) de recevoir Léto, enceinte d'Apollon et de sa sœur. Celle-ci errait donc en vain à la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également...) d'un lieu qui l'accueillerait. Seule l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif...) de Délos nommée parfois Astérie, qui n'était pas fixe, put l'accepter, car son statut de terre flottant sur les eaux n'en faisait ni une île au sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution...) propre ni une zone terrestre. Léto lui promit d'en faire une île fixe et purifiée ; celle-ci ne put cependant mettre au monde (Le mot monde peut désigner :) ses jumeaux et souffrit pendant neuf jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) et neuf nuits des douleurs de l'enfantement ; en vain : Héra retenait subtilement Ilithyie, qui préside aux accouchements. D'autres déesses, cependant, envoyèrent Iris, la messagère des dieux, afin qu'elle libérât Ilithyie de l'attention d'Héra, ce qu'elle fit. Léto put enfin accoucher, d'abord d'Artémis, qui l'aida à mettre au monde Apollon. Thémis offrit au nouveau-né (Un nouveau-né est un enfant à partir de sa première heure de vie et jusqu'à 28 jours. De 28 jours à 2 ans, c'est un nourrisson.) le nectar et l'ambroisie et lui transmit de fait le goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)) de l'équité ; Ortygie, enfin fixe, devint une terre sacrée, sur laquelle nul ne pouvait naître ou mourir et prit le nom de Délos, c'est-à-dire " la visible " (voir à religion grecque antique, section " Le pur et l'impur ").

Apollon, par sa grande beauté, ne manqua pas d'éveiller la passion dans les cœurs des jeunes grecques, des nymphes de l'Olympe, et des jeunes bergers d'Arcadie. Ainsi, de la nymphe Psamathée, on lui attribue la paternité de Phocos, et du musicien Linos. De la nymphe Cyrène, il eut un fils, Aristée. Il enlèva d'ailleurs Cyrène et la conduisit en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres...) dans la région qui prit le nom de Cyrénaïque. Il épousa la nymphe Coronis, avec qui il eut pour fils le dieu Asclépios. Néanmoins, ayant appris que sa femme avait eu une liaison avec un mortel, il la fit brûler sur un bûcher. Il épousa en seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une...) noces la muse Calliope, pourtant femme du roi de Thrace Œagre. Il lui donna trois fils : Hymenoes, dieu des mariages, Orphée, musicien talentueux aux nombreux exploits, et Ialenos. Il eut aussi des liaisons extraconjugales avec Créüse, princesse athénienne, avec qui elle eut Ion (Un ion est une espèce chimique électriquement chargée. Le terme vient de l'anglais, à partir de l'adjectif grec ἰόν (ion), se traduisant par « allant, qui va ».), avec Idothée dont il eut un fils Eusinos et avec les jeunes garçons Cyparisse et Hyacinthe.

Origines

Une divinité asiatique ?

La thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet ou du thème qu'il...) d'une origine asiatique d'Apollon et d'Artémis a été soutenue, plutôt au début du XXe siècle, par des grands noms de l'héllénisme tels que Martin Persson Nilsson en 1911 ou Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff en 1903. Pour les Grecs " asiatique " signifiait " d'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou...) mineure ". Le nom même de Léto pourrait venir du lycien, un dialecte indo-européen parlé autrefois en Anatolie, et signifierait, sous la forme Lada, " femme ". L'une des épiclèses d'Apollon, Apollon Lycien, conforte cette hypothèse. De même, l'arme d'Apollon et de sa jumelle, l'arc, n'est pas grec mais barbare (au sens grec : tous les peuples qui ne parlent pas le grec) ; il porte de plus, comme sa sœur, non pas des sandales, à l'instar des autres dieux, mais des bottines, type de chaussure considérée comme asiatique par les Anciens. En outre, il est, dans l'Iliade d'Homère, du côté des Troyens, peuple (Le terme peuple adopte des sens différents selon le point de vue où l'on se place.) asiatique, et le rejet que subit Léto, que nulle terre grecque n'accepte, conforterait l'idée d'un dieu étranger. C'est paradoxalement peut-être le dieu le plus grec de tous, et son adoption rapide par les peuples hellènes a vite dissimulé ses origines lointaines.

Il est aussi possible que ses origines remontent au peuple dorien du Péloponnèse, lequel honorait un dieu nommé ?π?λλων / Apéllôn, protecteur des troupeaux et des communautés humaines ; il semblerait que le terme vienne d'un mot dorien, ?π?λλα / apélla, signifiant " bergerie " ou " assemblée ". L'Apellon dorien serait une figure syncrétique de plusieurs divinités locales pré-grecques, de même que l'Apollon grec est la fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une substance constituée de molécules toutes identiques, la...) de plusieurs modèles, dont Apellon ; il est d'ailleurs remarquable que son épithète de Lycien puisse être comprise comme " qui vient de Lycie " ou " qui protège des loups ", c'est-à-dire que les deux origines, l'une asiatique et l'autre dorienne, se confirment en un seul terme.

Lorsque son culte s'introduit en Grèce, il est déjà honoré par d'autres peuples pré-hellènes, ce que l'Hymne homérique qui lui est destiné indique en signalant que les Crétois étaient ses premiers prêtres. Son premier lieu de culte est bien sûr Délos, capitale (Une capitale (du latin caput, capitis, tête) est une ville où siègent les pouvoirs, ou une ville ayant une prééminence dans un domaine social, culturel, économique ou...) religieuse des Ioniens ; c'est sous Périclès, au Ve siècle av. J.-C., que l'île passe aux mains des Athéniens, qui confortent son caractère de sanctuaire (En anthropologie religieuse un sanctuaire (de sanctus, « sacré») est généralement un lieu ou édifice rendu ou...) inviolable en y faisant interdire toute naissance et toute mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des...). Le culte d'Apollon s'était entre-temps répandu partout dans le monde Antique, de l'Asie mineure (le sanctuaire de Didymes, près de Milet, en porte la trace (TRACE est un télescope spatial de la NASA conçu pour étudier la connexion entre le champ magnétique à petite échelle du...) flagrante : c'est l'un des plus grands temples jamais bâtis dans la zone méditerranéenne) à la Syrie, sans parler des innombrables temples qui lui sont dédiés en Grèce même.

Une divinité gréco-celtique ?

Apollon de Lillebonne, bronze doré gallo-romain du IIe siècle, musée du Louvre
Apollon de Lillebonne, bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en...) doré gallo-romain du IIe siècle, musée du Louvre

Au rebours de la thèse traditionnelle, Bernard Sergent, spécialiste de mythologie comparée, s'attache à montrer dans Le livre des dieux. Celtes et Grecs, II (Payot, 2004) l'identité d'Apollon et du dieu celtique Lug. Pour lui, le dieu n'est pas asiatique mais gréco-celtique, et par-delà, indo-européen. Il remonte au moins à la séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans plusieurs domaines :) des ancêtres des Celtes et des Grecs, au IVe millénaire av. J.-C., et il est arrivé " tout d'un bloc " en Grèce : ce n'est pas une divinité composite. Il possède des homologues en domaine germanique (Wotan) ou indien (Varuna).

Apollon serait la version divine du roi humain. Les poèmes homériques lui donnent systématiquement l'épithète anax, qui remonte à la désignation mycénienne du roi, wanax. Or le roi indo-européen est rattaché aux trois fonctions définies par Georges Dumézil, d'où la complexité (La complexité est une notion utilisée en philosophie, épistémologie (par exemple par Anthony Wilden ou Edgar Morin), en physique, en...) d'Apollon: il remplit toutes les fonctions que puisse avoir un dieu. La définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) de Lug donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.) par C.-J. Guyonvarc'h et F. Le Roux peut aussi bien s'appliquer à lui: il est " tous les dieux résumés en un seul théonyme ".

B. Sergent compare une à une toutes les caractéristiques connues de Lug et d'Apollon et relève de nombreux points communs : ce sont des dieux lumineux, jeunes, beaux, grands, mais parfois polycéphales et hermaphrodites, pratiquant des épiphanies, des rapides disposant d'une puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) foudroyante, de très grands " druides ", des guerriers, des protecteurs des troupeaux, des maîtres des moissons, associés aux arbres, des maîtres du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), des médecins, les maîtres des fondations, les responsables des défrichements et des chemins, les protecteurs des assemblées, les maîtres des initiations, des méchants, des rusés, des maîtres des techniques, des maîtres tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) court, des dieux des hauts lieux et des grosses pierres.

Leurs attributs communs sont l'arme de jet, l'instrument à cordes, le corbeau, le roitelet, " l'aigle pourri ", le cygne (Cygnus est un genre d'oiseaux de la famille des Anatidae. C'est le genre des cygnes, de grands oiseaux aquatiques de la famille des anatidés.), le coq (Le coq est le représentant mâle adulte, principalement de plusieurs espèces presque exclusivement de galliformes, en partіculier le coq...), le héron et la grue, le chien (Le chien (Canis lupus familiaris) est un mammifère domestique de la famille des canidés, proche du loup et du renard. Autrefois regroupé dans...) et le loup (Canis lupus, est l'espèce de loups de la famille des Canidés la plus répandue. Elle a plusieurs noms vernaculaires : Loup gris, Loup commun, Loup vulgaire ou encore Loup, tout court. L'espèce a évolué...), le cerf, le sanglier (Le Sanglier (Sus scrofa) est un mammifère omnivore proche du porc, dont il n'est pas l'ancêtre, contrairement à une idée répandue. L'espèce appartient à la famille des Suidés,...), le serpent et la tortue (Les tortues (Testudines) [tɔʀty] forment un ordre de reptiles dont la caractéristique est d'avoir une carapace. Il existe une grande...), l'ours (Les ours (ou ursinés, du latin ŭrsus, de même sens) sont de grands mammifères plantigrades appartenant à la famille des ursidés. Il n'existe que huit...), le dauphin (Dauphin /do.'fɛ̃/ est un nom vernaculaire ambigu désignant en français certains mammifères marins et fluviaux appartenant à l'ordre des...), le phoque (La famille des phocidés (Phocidae) est celle des vrais phoques et des éléphants de mer (phoques sans oreilles), soit 18 espèces actuellement vivantes, de...), le poisson (Dans la classification classique, les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est le...), le cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a...), la pomme (La pomme est le fruit du pommier, arbre fruitier largement cultivé. L'étude de la culture des pommes constitue une partie de la pomologie, la...) et la branche nourricière, les nombres trois, sept et neuf, la danse en rond ( Le mot rond caractérise et par abus de langage désigne un cercle ou une sphère. En argot, un rond c'est un sou. Une affaire rondement menée est une affaire traitée rapidement en ayant passé tous les obstacles sans...) sur un pied, la pourriture.

Ils sont également rattachés à des mythes communs, tels que la naissance, le meurtre des géants borgnes, la succession de Terre (Gaia ou Thémis en Grèce, Tailtiu en Irlande) ou la fondation (Les fondations d'un ouvrage assurent la transmission et la répartition des charges (poids propre et surcharges climatiques et d'utilisation) de cet ouvrage sur le sol. Le mode de fondation sera établi suivant la capacité portante du...) de jeux.

Par ailleurs, selon B. Sergent, le culte d'Apollon ne s'est fixé en Lycie qu'au IVe siècle av. J.-C.. Auparavant, les Grecs ont pu faire des " jeux de mots " entre le nom de la Lycie (Lukia en grec) et les épithètes Lukeios, Lukios, Lukêgenès d'Apollon, qui se rapportent au loup (lukos), l'un des attributs d'Apollon, ou à la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à...) (lukê). Il serait Lukê-genès, comme le dit l'Iliade, parce qu'il serait " né de la lumière " et non pas " né en Lycie ".

C'est surtout à Delphes que le caractère complexe du dieu se révèle, dans son rôle d'inspirateur de la Pythie et des hommes, qu'il révèle à soi.

Hauts faits

La fondation de Delphes est sans doute le plus important de ses hauts faits. Après sa naissance, Apollon quitta Délos pour la contrée des Hyperboréens, peuple mythique du Septentrion, près de qui il séjourna un an (il y revint périodiquement à la suite). De retour, il décida de faire de Delphes son prochain sanctuaire. Le lieu, en effet, était censé être le centre de l'Univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.) (voir l'article consacré à Delphes), mais il était aux mains d'anciennes puissances chtoniennes : Gaïa (ou Thémis) y était honorée, et un serpent fabuleux, la Δρ?καινα / drákayna y résidait. Selon une autre version, Apollon pourchassa le serpent Python pour se venger, ce dernier ayant tourmenté sa mère Léto durant sa grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce qu'elle...). Après avoir tué le serpent et supplanté Gaïa, il fit de Delphes son territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est...). La dépouille du serpent devint Πυθ?(ν) / Pyth?(n), peut-être " la pourrissante " (d'où notre python) et Apollon prit le titre de Pythien, comme le fit la prophète Pythie (à cet égard, il importe de remarquer que l'oracle est, encore une fois, lié aux forces telluriques ; il est aussi notable qu'en d'autres sanctuaires qui lui sont dédiés, comme à Claros en Ionie (Turquie), Apollon a remplacé des divinités chtoniennes qui y étaient adorées). À l'issue de ce meurtre, Apollon dut se purifier avec l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) du Tempé, afin de se laver de la souillure (voir à religion grecque antique, section " Le pur et l'impur ") et confirma son rôle de dieu des purifications.

Ayant besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les besoins...) de sectataires, il se métamorphosa en dauphin et détourna un navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer...) crétois qui passait près de là pour en attirer les passagers, les prêtres signalés plus haut, dans son sanctuaire. C'est ainsi que la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins...) prit réellement son nom de Delphes (Δελφο? / Delphoí), dérivé de δελφ?ς / delphís, " dauphin " (lequel terme français nous vient du grec par le latin).

Apollon-Phébus

Apollon est aussi parfois appelé Phébus (ou Phœbus, Φο??ος / Pho?bos, en grec ancien). Les poèmes homériques le nomment souvent " Phébus Apollon ". De fait, certains livres et manuels en concluent bien vite qu'Apollon et Phébus sont les mêmes personnes. Ce n'est qu'à moitié vrai. En réalité, Apollon enfant, très joueur, avait subtilisé les foudres de Zeus et foudroya le char du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique,...). En punition, il reçut la tâche de conduire le char et devenait donc Phébus, le " dieu soleil ". Apollon et Phébus sont donc la même personne, mais ils ne possèdent, en tant que dieux, ni les mêmes attributs, ni le même domaine.

Épithètes et attributs

  • Ses épithètes :
    • ?κη??λος / hekêbólos, " qui vise loin ",
    • ?περ??ρεος / hyperbóreos, hyperboréen), " de l'extrême Nord ",
    • ?ργυρ?τοξος / argyrótoxos, " à l'arc d'argent ",
    • ?κ?εργος / hekáergos, " qui repousse au loin ",avec ses flèches,
    • μουσαγ?της / mousagétês, " conducteur des Muses, musagète ",
    • χρυσολ?ρης / khrusolúrês, " à la lyre d'or ",
    • ?λεξ?κακος / alexíkakos, " qui éloigne le mal ",
    • λοξ?ας / loxías, " l'oblique " (pour Apollon comme dieu des oracles) ;
  • Ses attributs : l'arc, la lyre, la flûte, les cornes de bovidés et le laurier (cf. Daphné) ;
  • Ses animaux favoris : le corbeau, le cygne, le coq, le loup et le serpent ;
  • Ses sanctuaires : Delphes, Délos, Claros, Argos, Thasos ;
  • Fêtes qui lui sont consacrées : les Karneia, les Actia.

Apollon dans l'art européen, de l'Antiquité à nos jours

Statue d'Apollon dans les jardins de Versailles
Statue d'Apollon dans les jardins de Versailles (Les jardins du château de Versailles furent développés avec l’évolution du château. Au cours de l’Ancien Régime, le domaine de Versailles était constitué du...)
Bassin du Char d'Apollon à Versailles
Bassin du Char d'Apollon à Versailles

Apollon dans l'art antique

  • Apollon de Piombino, conservé au Musée du Louvre ;
  • Grand Apollon doré de Lillebonne, IIe siècle ap. J.-C. (Musée du Louvre).

Renaissance d'Apollon au XVIe siècle

Apollon et l'art de Louis XIV

  • La galerie d'Apollon, au Louvre, est l'œuvre de décorateur et peintre Charles Le Brun. Elle fut continuée par Eugène Delacroix et achevée sous le Second Empire.
  • Dans le château de Versailles (Le château de Versailles fut la résidence des rois de France Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Résidence royale, ce monument compte parmi les plus remarquables de France et du monde tant par sa beauté...), le salon d'Apollon, ou salle de trône, était réservé à la réception des ambassadeurs. Le dieu des arts semblait également patronner les spectacles de danse et de musique qui s'y déroulaient.
  • Les jardins de Versailles offrent de nombreuses représentations du dieu solaire :
    • Le bassin d'Apollon est situé dans la grande perspective, à proximité du Grand Canal. Une statue monumentale d'Apollon a été réalisée par Tuby. Apollon sort de l'eau conduisant un char tiré par des chevaux (voir photo).
    • Le bosquet des bains d'Apollon, réalisés au XVIIIe siècle, reprennent le thème du dieu solaire fatigué, entouré de nymphes (voir photo).
  • Peintures :
    • Apollon et Aurore, Gérard de Lairesse, 1671, Metropolitan Museum of Art, New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle compte a elle seule 8 143 200 habitants....).

Sources

  • Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne] (I, 4, 1 ; I, 9, 15 ; II, 5, 9 ; III, 1, 2 ; III, 10, 1 ; III, 12, 5).
  • Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] (VII, 445-452 ; XXI, 435-441).
  • Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne] (I, 416 ; III, 534 ; VI, 382 ; X, 106).
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