Jardins de Versailles
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Introduction

Les jardins du château de Versailles furent développés avec l’évolution du château. Au cours de l’Ancien Régime, le domaine de Versailles était constitué du Grand Parc – la vaste région boisée aux abords du château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les...) et du village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque dizaines de bâtiments)) de Versailles – et du Petit Parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la...) – la partie entourée d’un mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) qui fut développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la...) en jardins à la française près du château. Cet article traite du Petit Parc et de son évolution.

Depuis l’époque de Louis XIII jusqu’à nos jours, les jardins ont subi de nombreuses évolutions. Certains bosquets ont également évolué et changé de nom. Les replantations ont été nombreuses. Les problèmes d’alimentation en eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) des jardins sont toujours d'actualité.

Plan des jardins du Château de Versailles XIXe siècle. Meyers Konversations-Lexikon
Quelques chiffres sur les jardins de Versailles
Vue à vol d’oiseau des jardins de Versailles.jpg
Vue à vol d’oiseau des jardins de Versailles, XIXe siècle
Auteurs : André LE NÔTRE
Louis LE VAU (Louis Le Vau (il conviendrait d'orthographier son nom Le Veau, comme celui de son père) est un architecte français né à Paris en 1612 et mort dans cette même ville en 1670.)
Jules HARDOUIN-MANSART (Jules Hardouin-Mansart né le 16 avril 1646 à Paris et mort le 11 mai 1708 à Marly-le-Roi fut un architecte français. Il fut Premier architecte du Roi Louis XIV.)
Charles LE BRUN
Superficie : 800 ha.
Nombre d’arbres : 200 000
Fleurs plantées
chaque année :
210 000
Nombre de fontaines : 50
Nombre de jets d’eau : 620
Superficie du Grand Canal : 23 ha.
Périmètre du Grand Canal
(à la margelle):
5,57 km
Canalisation : 35 km.
Consommation d'eau
lors des Grandes Eaux :
3 600 m3
Source : Versailles chiffres

Historique

Louis XIII

Avec le dernier achat de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...) de la famille Gondi et l’avènement de Louis XIII comme seigneur de Versailles, les premières traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission européenne dans le cadre du premier pilier de...) des jardins s’établirent aux années 1630 dans l’espace à l’ouest du château. Des documents indiquent qu’à la fin de la décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.), Claude Mollet (En anatomie humaine, le mollet désigne la partie charnue et musclée située entre le jarret (ou creux poplité) et le tendon d'Achille, qui donne son relief à...) et Hilaire Masson conçurent les jardins qui sont restés probablement intacts jusqu'aux expansions commandées par Louis XIV lors des premières années de son règne. Ce plan primitif, ce qu’on peut voir aujourd’hui sur le plan « Du Bus » (vers 1662), établit le dispositif sur lequel les jardins de Louis XIV évoluèrent – surtout, la définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) claire des axes principaux qui forment les lignes essentielles de l’aménagement des jardins.

En 1662, après la disgrâce de Nicolas Fouquet et l’appropriation de son château de Vaux-le-Vicomte, Louis XIV se concentra sur Versailles. Avec la participation de l’équipe de Vaux-le-Vicomte – Louis Le Vau, Charles Le Brun et André Le Nôtre, Louis XIV entama un programme d’embellissement et expansion à Versailles dont s’occupa le roi jusqu’à la fin de sa vie (La vie est le nom donné :).

Dorénavant, l’expansion des jardins de Versailles suivirent les expansions du château. Par conséquent, les agrandissements de Louis XIV s’appliquèrent également aux jardins.

Louis XIV : le premier agrandissement

1661 vit des moindres changements au château ; pourtant, plus d’attention se consacra au développement des jardins. Des bosquets et des parterres existants furent agrandis et des nouveaux furent créés. Plus important parmi les créations à cette époque furent l’Orangerie et la Grotte de Thétys.

L’Orangerie, le chef-d’œuvre de Louis Le Vau, se situait au sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) du château sur un emplacement qui profitait de la pente naturelle de la colline. L’Orangerie fournissait un abri et entreposage pour les orangers lors de l’hiver.

La grotte de Thétys, qui se trouvait au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) du château, constituait une partie intégrale (Une intégrale est le résultat de l'opération mathématique, effectuée sur une fonction, appelé intégration. Une intégrale est donc composée d'un intégrande (la fonction à intégrer) et d'un opérateur que l'on appelle intégrateur (le...) du symbolisme du château et des jardins qui alignait le Roi Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile...) avec la métaphore solaire. La grotte s’acheva lors de la deuxième campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération ou de milieu urbain. La campagne est caractérisée...) d’agrandissement.

En 1664, les jardins évoluèrent au point (Graphie) que Louis XIV les inaugura avec une fête galante dite Les Plaisirs de l’Île Enchantée. L'événement, qui dut officiellement fêter sa mère Anne d'Autriche et son épouse Marie-Thérèse d’Autriche, fêta en réalité Louise de La Vallière, la maîtresse du roi, et eut lieu en mai de cette année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.). Les invités se régalèrent des divertissements fabuleux dans les jardins au cours d’une semaine. En raison de cette fête – et en particulier le manque de logements pour les invités (la plupart des invités furent obligés de dormir dans leurs carrosses), Louis se rendit compte des imperfections de Versailles et commença de nouveau à agrandir le château et les jardins.

Louis XIV : deuxième agrandissement

À partir 1665 à 1668, il y eut une fureur d’activité dans les jardins, surtout en ce qui concerne les fontaines et les nouveaux bosquets ; à cette époque la symbolique d’Apollon et du soleil s’exploitèrent consciemment et systématiquement comme métaphores pour Louis XIV. L’enveloppe du vieux château par Louis Le Vau fournit un moyen par lequel – à travers la décoration de la façade du jardin – la symbolique des grands appartements formèrent une symbiose (La symbiose est une association intime et durable entre deux organismes hétérospécifiques (espèces différentes), parfois plus. Les organismes sont qualifiés de symbiotes, ou,...) avec la symbolique des jardins.

Avec cette 2eme phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) d’agrandissement nouvelle, les jardins adoptèrent le vocabulaire de conception topographique et symbolique qui resterait paradigmatique jusqu’au XVIIIe siècle. Comme le précisa André Félibien (André Félibien (mai 1619, Chartres - 11 juin 1695, Paris), sieur des Avaux et de Javercy est un architecte et historiographe français.) dans sa description de Versailles, une symbolique consacrée aux thèmes solaires et apolloniens prédominaient avec les projets de construction à cette époque.

Trois additions datant de cette époque contribuèrent au réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit...) topographique et symbolique des jardins : l’achèvement de la grotte de Thétys, le bassin de Latone, et le bassin d’Apollon.

Grotte de Thétys

Commencée en 1664 et achevée en 1670 avec l’installation de statues par les frères Marsy, la grotte forma un élément principal des jardins en raison de la symbolique et du rôle technique du bâtiment.

Symboliquement, la grotte de Thétys faisait allusion au mythe d’Apollon comme, selon les Grecs, étant l’endroit où le dieu se reposait après avoir conduit son chariot (Un chariot est un plateau équipé de quatre roues, et sert au transport de charges. Par extension on inclut également ceux à trois ou cinq roues, parlant alors de chariots à trois ou cinq points...) afin d’illuminer le ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.). La grotte était un bâtiment isolé situé au nord du château. L’intérieur, décoré avec des motifs en coquillage afin de créer une grotte marine, comprenait un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut...) de statues par les frères Marsy qui représentait le dieu soleil soigné par des Néréides (groupe central) et ses chevaux soignés par des gardiens de Thétys (les deux groupes auxiliaires). À l'origine, les statues étaient situées en trois niches dans la grotte et entourées par des fontaines et jets d’eau.

Techniquement, la grotte de Thétys joua un rôle crucial dans le système hydraulique (L'hydraulique désigne la branche de la physique qui étudie les liquides. En tant que telle, les champs d'investigation qu'elle propose regroupent plusieurs domaines :) qui fournissait l’eau aux jardins. Le toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.) de la grotte soutenait un réservoir qui gardait l’eau pompée de l'étang (Un étang (estang, latin stagnum) est une étendue d'eau stagnante, peu profonde, de surface relativement petite (jusqu'à quelques dizaines d'hectares), résultant de l'imperméabilité du sol. L'étang est un plan d'eau continental dont...) de Clagny afin d’alimenter par gravitation (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) les fontaines dans les jardins.

Bassin de Latone

Situé sur l’axe est-ouest, un peu à l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) et sous le parterre d’Eau, se trouvait le premier bassin de Latone. Conçu par André Le Nôtre et construit entre 1668 et 1670, la fontaine représentait un épisode tiré des « Métamorphoses » d’Ovide. Latone et ses enfants, Apollon (Apollon (en grec ancien ?π?λλων / Apóllôn, en latin Apollo) est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la raison, des...) et Diane, étaient tourmentés par des jets de boue (En sédimentologie, la boue est un mélange d'eau et de particules sédimentaires fines de limons et d'argiles.) lancés par des paysans Lyciens qui refusaient de leur permettre de boire à leur étang. Il fit appel à Zeus qui répondit en transformant les Lyciens en grenouilles. On choisit cet épisode mythologique en raison de l'allusion aux révolutions de la Fronde qui se produisirent pendant la minorité de Louis XIV.

Bassin d’Apollon

Bassin d’Apollon

Un peu plus loin sur l’axe est-ouest se trouvait le bassin d’Apollon (bassin des chars d'Apollon émergeant des eaux). Occupant l’ancien emplacement du Rondeau (également dit bassin des Cygnes) de Louis XIII, la fontaine d’Apollon, qui fut construite entre 1668-1671, représentait le dieu conduisant son charriot afin d’illuminer le ciel. Le bassin et la fontaine formaient un point de convergence (Le terme de convergence est utilisé dans de nombreux domaines :) dans les jardins et servaient d'élément transitionnel entre les jardins du Petit Parc et le Grand Canal.

Le Grand Canal

Avec une longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est...) de 1 500 mètres et une largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En...) de 62 mètres, le Grand Canal, qui fut construit entre 1668 et 1671, prolonge physiquement et visuellement l’axe est-ouest jusqu’à l'enceinte du Petit Parc. Sous l’Ancien Régime, le Grand Canal était utilisé pour des divertissements en bateaux. En 1674, suite aux résultats d’une série de négociations diplomatiques dont il profita, Louis XIV commanda la construction de la "Petite Venise". Située à la jonction (La Jonction est un quartier de la ville de Genève (Suisse), son nom familier est "la Jonquille") du bras transversal septentrional du Grand Canal, celle-ci abritait les yachts et les caravelles reçus des Pays-Bas et hébergeait les gondoliers et leurs gondoles reçus comme cadeaux de la part du doge de Venise, d'où l’origine du nom.

Au-delà des exigences décoratives et ludiques de cet aspect de jardin, le Grand Canal jouait également un rôle pratique. En effet, situé à un point bas dans les jardins, le Grand Canal recevait l’eau qui s’écoulait des fontaines dans les jardins en amont. Cette eau était alors pompée grâce à un réseau de pompes actionnées par des moulins à vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur Neptune et sur Saturne. Il est essentiel à...) et des moulins à cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a...), puis renvoyée au réservoir placé sur le toit de la grotte de Thétys afin de réalimenter les fontaines. Le système hydraulique fonctionnait alors en circuit fermé.

Parterre d’Eau

Au-dessus de la fontaine de Latone se trouvait la terrasse du château, dite le parterre d’Eau. Formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur perçue est haute et inversement. Chaque...) un élément transitionnel sur l’axe est-ouest entre le château et les jardins en contrebas, le parterre d’Eau se manifestait comme lieu où la symbolique des grands appartements se synthétisait avec celui des jardins.

En 1674, Louis XIV commanda un ensemble de statues prévu comme éléments décoratifs pour les fontaines du parterre d’Eau. La « Grande Commande » se composait de 24 statues représentant les quaternités classiques. Conçue par Charles Le Brun et exécutée par les meilleurs sculpteurs de l’époque, la Grand Commande (Commande : terme utilisé dans de nombreux domaines, généralement il désigne un ordre ou un souhait impératif.) comprenait :

  • Les quatre éléments : la Terre, l’Air, l’Eau, le Feu ;
  • Les quatre saisons : le Printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones tempérées, précédant...), l’Été, l’Automne, l’Hiver ;
  • Les quatre parties du monde : l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique ;
  • Les quatre tempéraments de l'homme : Le Mélancolique, Le Colérique, Le Flegmatique, Le Sanguin ;
  • Les quatre Poèmes : le Poème pastoral (réalisé par Pierre Granier), le Poème satyrique, le Poème héroïque, le Poème Lyrique ;
  • Les quatre Heures du Jour : le Point du Jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons...), l'Heure (L'heure est une unité de mesure  :) de Midi, le Soir, la Nuit ;
  • Les quatre enlèvements :
Borée enlevant Orithye (par Gaspard Marsy et Anselme Flamen) ;
Saturne enlevant Cybèle (par Thomas Regnaudin) ;
L'Enlèvement de Proserpine par Pluton (Pluton, dont la désignation officielle est (134340) Pluton, est la deuxième plus grande planète naine connue du système solaire et le 10e plus grand...) (par François Girardon) ;
L'Enlèvement de Coronis par Neptune.

La perfection des bosquets

Un des plus remarquables aspects des jardins du deuxième agrandissement était le foisonnement des bosquets. Agrandissant le dispositif établi lors de la première campagne d’agrandissement, Le Nôtre ajouta ou agrandit pas moins que dix bosquets. La chronologie se présente comme suivant :

  • 1670
Bosquet du Marais (En géographie, un marais est un type de formation paysagère, au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une...)
  • 1671
Bosquet du Théâtre d’Eau
Île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif...) du Roi & Miroir (Un miroir est un objet possédant une surface suffisamment polie pour qu'une image s'y forme par réflexion et conçu à cet effet. C'est souvent une couche métallique...) d’Eau
Salle des Festins ou salle du Conseil
Bosquet des Trois-Fontaines
  • 1672
Labyrinthe
Bosquet de l’Arc de Triomphe
  • 1675
Bosquet de Renommée (dit aussi bosquet des Dômes)
Bosquet de l’Encélade
  • 1678
Bosquet des Sources

Outre l’agrandissement des bosquets existants et la construction de nouveaux, deux projets de plus précisèrent cette époque : le bassin des Sapines et la Pièce d’Eau des Suisses.

Bassin des Sapins ; Bassin de Neptune

Bassin de Neptune, état actuel

En 1676, le bassin des Sapins, qui se situait au nord du château sous le parterre du Nord et l'allée des Marmousets fut conçue sur l’axe nord-sud comme une pendeloque à la pièce d’eau des Suisses, située au pied de la colline de Satory au sud du château. Plus tard, des changements transformèrent le bassin des Sapins au bassin de Neptune.

En 1679 est creusée le bassin et, en 1682, les premiers vases sont mis en place. Les eaux jouent pour la première fois en mai 1685. Ce n'est que sous Louis XV, que seront intallés les deux dragons ainsi que les groupes sculptés de Neptune et Amphitrite.

Pour dix minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte...) de spectacles, la consommation d'eau est de 2000m^3

Pièce d’eau des Suisses

La pièce d'eau des Suisses depuis l'orangerie

Creusée en 1678, la Pièce d’eau des Suisses – nommée en raison des Gardes suisses qui construisirent la pièce – se situait dans une région marécageuse au sud du château. Cet élément d’eau, d'une superficie supérieure à 15 hectares, est la plus vaste à Versailles après le Grand Canal.

Louis XIV : troisième agrandissement

Bassin de Latone avec le « tapis vert »
et le Grand Canal

À peine fut aménagé le deuxième agrandissement que Louis XIV commanda des nouveaux agrandissements du château et des jardins. Comme le deuxième agrandissement se caractérisait par un foisonnement des bosquets, le troisième se signala par un changement stylistique de l’esthétique naturelle d’André Le Nôtre à l’esthétique architectonique de Jules Hardouin-Mansart.

Les changements topologiques qui se produisirent à cette époque furent :

  • 1680
Tapis vert – la superficie étendue de pelouse (Une pelouse est une formation végétale naturelle ou artificielle formée d'espèces herbacées de faible hauteur, essentiellement des graminées.) entre le bassin de Latone et le bassin d’Apollon atteint sa définition finale à cette époque sous la direction d’André Le Nôtre.
  • 1684
Le parterre d’Eau – sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le parterre d’eau fut remanié. Les statues de la Grande Commande furent déplacées aux autres endroits dans les jardins. Les deux bassins octogonaux qu’on y trouve aujourd’hui furent construits et décorés à cette époque avec des statues en bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les textes littéraires, ainsi qu'en campanologie,...) représentant les fleuves de France.
L’Orangerie – Au sud du parterre d’Eau, l’orangerie de Louis Le Vau fut détruite afin d’adapter l’endroit pour une nouvelle structure conçue par Hardouin-Mansart. Outre l’Orangerie, l’Escalier de Cent Marches qui facilitait l'accès aux jardins du sud et de la Pièce d’Eau des Suisses et le parterre du Midi furent conçus et construits à cette époque, donnant aux jardins au sud du château leur configuration et leur décoration actuelles.
L’Orangerie du Château de Versailles
avec la Pièce d’Eau des Suisses à l’arrière-plan
Cette même année, la grotte de Thétys fut détruite préalablement à la construction de l’Aile des Nobles.
  • 1685-86
Avec la construction de l’aile nord du château, le parterre du Nord fut remanié afin de répondre à la nouvelle architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) de cette partie du château. Pour compenser la perte du réservoir de la grotte de Thétys et satisfaire les demandes accrues en eau, Jules Hardouin-Mansart conçut des nouveaux et plus grands réservoirs droit vers le nord de l’aile des Nobles.
  • 1686-87
Sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le bassin de Latone fut remanié. C’est cette œuvre qu’on voit aujourd’hui.

Bosquets du troisième agrandissement

Lors du troisième agrandissement, trois bosquets conséquents furent conçus ou remaniés.

  • 1680
La Galerie des Antiques fut conçu à l’endroit du bosquet antérieur et de courte durée, la Galerie d’Eau (1678). Le bosquet fut conçu comme un genre de galerie à ciel ouvert dans laquelle étaient exposées des statues antiques et des copies acquises par l’Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines respectives et de publier des ouvrages tels que des dictionnaires,...) de Rome.
  • 1681-83
La salle de Bal fut construite dans une partie isolée des jardins dans laquelle une cascade – l’unique exemplaire survivant à Versailles – formait le décor de ce bosquet servant aux divertissements consacrés à la danse.
  • 1684-85
La Colonnade de Jules Hardouin-Mansart fut construite sur l’ancien emplacement du Bosquet des Sources d’André Le Nôtre. Ce péristyle (Un péristyle (du grec περ?στυλον peristulon) est une galerie de colonnes faisant le tour d'un édifice à l'intérieur de son mur d'enceinte. Ce qui le distingue de la colonnade.) circulaire formé de 32 arcs avec 28 fontaines était l’expression la plus architectonique d’Hardouin-Mansart à Versailles.

Louis XIV : quatrième agrandissement

Peu après la promulgation des traités de Ryswick en 1697 qui mirent fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, Louis XIV et la France furent mêlés de nouveau à la guerre. Effectivement, la guerre de Succession d’Espagne diminua l’attention de Louis XIV pour Versailles : jusqu’en 1704, aucune modification importante dans les jardins ne fut faite. Entre 1704 et 1709, des bosquets furent remaniés – certains assez radicalement, parfois même renommés, suggérant la nouvelle austérité qui caractérisait les dernières années du règne de Louis XIV.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut à Versailles et son arrière-petit-fils de 5 ans lui succéda sous le nom de Louis XV. Une fois la dépouille mortelle du Roi Soleil enlevée pour son enterrement à Saint-Denis, Louis XV, sous la protection du régent Philippe II d’Orléans, et la cour se retirèrent à Vincennes ; l’avenir de Versailles entra dans une ère d’incertitude.

Louis XV

En 1722, Louis XV et la cour retournèrent à Versailles. Semblant se prêter attention à l’admonestation de son arrière-grand-père de ne pas s’engager dans des campagnes de construction coûteuse, Louis XV évita les projets à Versailles tels qu'en avait fait Louis XIV. Les seuls projets importants de Louis XV dans le château furent l’achèvement du salon d’Hercule (1736), l’Opéra (1770) et la redécoration des Petits Appartements du Roi. Aux jardins, le seul agrandissement notable fut l’achèvement du bassin de Neptune avec l’addition des statues (1738-1741).

Plutôt que de dépenser des ressources à la modification des jardins à Versailles, Louis XV – un botaniste avide – consacra ses efforts à Trianon. Dans le secteur maintenant occupé par le Hameau (Un hameau (ou un écart) est un groupe d'habitations en milieu rural, généralement trop petit pour être considéré comme un village, et sans église. L'élément fondateur est très souvent une ferme.) de la reine, Louis XV fit construire et entretenir des jardins botaniques. En 1750, l’année où les jardins botaniques furent créés, Claude Richard (1705-1784) – le Jardinier-Fleuriste – assuma l’administration de ces jardins.

En 1761, Louis XV passa une commande à Ange-Jacques Gabriel (Ange-Jacques Gabriel est un architecte français (Premier architecte du Roi) né à Paris le 23 octobre 1698 et mort le 4 janvier 1782.) pour construire le Petit Trianon comme résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées également résidence. Ce terme vient du verbe...) qui lui permettrait de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) plus de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) près de ses jardins botaniques. Ce fut au Petit Trianon que Louis XV tomba malade de petite vérole. Le 10 mai 1774, Louis XV mourut à Versailles et le château et ses jardins entrèrent dans une nouvelle ère (Une nouvelle ère (1/2) et Une nouvelle ère (2/2) sont des épisodes de la série télévisée Stargate Atlantis. Ce sont les deux premiers épisodes de la série (et donc de la saison 1). Il fait suite à...) de changement.

Louis XVI

Avec l’avènement de Louis XVI, les jardins subirent des transformations évoquant le quatrième agrandissement de Louis XIV. Engendré par les Philosophes – et surtout les rationalisations de Jean-Jacques Rousseau – l’hiver de 1774-1775 vit une replantation totale des jardins. Des arbres et des arbustes datant du règne de Louis XIV furent abattus ou déracinés avec l’intention de transformer les jardins français de Le Nôtre et Hardouin-Mansart en jardins à l'anglaise.

La tentative de Le Nôtre de convertir à l’anglaise le chef-d’œuvre précédent n'atteignit pas son but. En raison de la topologie (La topologie est une branche des mathématiques concernant l'étude des déformations spatiales par des transformations continues (sans arrachages ni recollement des structures).) du domaine, le style anglais des jardins – caractérisés par une topologie et formes irrégulières formant une antithèse aux jardins français – fut abandonné et les jardins furent replantés à la française. Pourtant, Louis XVI, en gardant un œil sur les dépenses à Versailles, fit supprimer les palissades qui formaient les « murs » des salles vertes des bosquets et les fit remplacer avec soit des tilleuls soit des marronniers. En plus, certains des bosquets datant de l’époque du Roi Soleil furent modifiés radicalement ou détruits définitivement. La contribution aux jardins la plus importante pendant le règne de Louis XVI fut la création de la grotte des Bains d’Apollon. La grotte en rocaille, qui était placée dans un bosquet à l’anglaise et qui hébergeait les statues provenant de la grotte de Thétys, fut le chef-d’œuvre de Hubert Robert.

Avec le départ de la famille royale de Versailles le 7 octobre 1789, le sort du château et des jardins fut loin d'être certain.

La Révolution

En 1792, par ordre de la Convention nationale, certains arbres des jardins furent abattus alors que certaines parties du Grand Parc étaient vendues. Percevant une menace potentielle sur les jardins de Versailles, Louis Claude Marie Richard (1754-1821) – directeur des jardins botaniques et petit-fils de Claude Richard – fit pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) sur le gouvernement révolutionnaire afin de sauvegarder les jardins. Il y réussit en empêchant des morcellements plus poussés du Grand Parc, et les menaces de destruction du Petit Parc furent levées par des recommandations pour que les parterres puissent être plantés de potagers et les vergers transformés en espaces publics des jardins. Heureusement, ces plans ne virent jamais le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent...) mais, cependant, les jardins s’ouvrirent à tous. Il ne fut pas rare alors de voir des gens occupés à faire leur lessive (Originellement, la lessive (du latin lixiva : « eau pour la lessive ») désignait l'eau de lavage ou l'action de laver du linge, puis le linge lui-même : on fait la lessive dans une buanderie, une...) dans les fontaines et le linge étalé sur des arbustes pour sécher.

Napoléon I

L’ère napoléonienne globalement ignora Versailles. Dans le château, un appartement fut aménagé pour l’impératrice Marie-Louise ; dans les jardins, seul l’abattage catastrophique des arbres au bosquet de l’Arc de Triomphe et au bosquet des Trois-Fontaines fut notable. Suite à l’érosion massive (Le mot massif peut être employé comme :) de la terre, il fallut replanter de nouveaux arbres.

La Restauration

«Versailles, le jardin du Roi »
par Raimundo de MADRAZO Y GARRETA, 1914-1920

Avec la chute du Premier Empire et la Restauration des Bourbons en 1814, les jardins de Versailles virent les premières modifications importantes depuis la Révolution. En 1817, Louis XVIII ordonna que deux bosquets – le bosquet de l’Île du Roi et le Miroir d’Eau – fussent transformés en jardin à l’anglaise pour former Le Jardin du Roi.

La Monarchie de Juillet et le Second Empire

Comme beaucoup des intérieurs du château furent irrémédiablement remaniés afin d’installer le musée de l’Histoire de France de Louis-Philippe, les jardins, par contraste, restèrent quasiment inaltérés. Pour la visite d’État de la reine Victoria et du prince Albert en 1855, les jardins furent transformés pour une fête qui évoquait celles de Louis XIV. Napoléon III abandonna Versailles, préférant plutôt le château de Compiègne.

Pierre de Nolhac

Avec l’avènement de Pierre de Nolhac comme directeur du musée, une nouvelle ère de recherches historiques démarra à Versailles. Nolhac, archiviste avide et homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) de lettres, commença à reconstituer l’histoire de Versailles et, subséquemment, établit les critères pour les projets de restauration et préservation du château de des jardins. Ces critères sont toujours actuels.

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