Église Sainte-Foy de Sélestat - Définition et Explications

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Introduction

Église Sainte-Foy
La façade romane de l'église Sainte-Foy

Latitude
Longitude
48° 15′ 34″ Nord
       7° 27′ 22″ Est
/ 48.25944, 7.45611
 
Pays France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Ville Sélestat
Culte Catholique
Type Église
Début de la construction 1087
Protection Logo monument historique - rouge ombré, encadré.svg Monument historique (Différents pays ont choisi de classer leurs monuments historiques selon différentes appellations.) depuis 1862
Localisation
 
France location map-Regions and departements.svg
Église Sainte-Foy de Sélestat

L'église Sainte-Foy (appelée également St.-Fides-Kirche en allemand) est construite au XIIe siècle dans le style roman, en plein cœur de la ville de Sélestat, dans le Bas-Rhin. Elle se situe tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) près de l'église gothique Saint-Georges et de la Bibliothèque humaniste.

Seul vestige de l'ancien prieuré des bénédictins puis des jésuites, dont elle était l'église conventuelle, elle est classée monument historique depuis 1862.

Construction de l'église (XIe siècle-XIIe siècle)

Un premier édifice, dédié au Saint-Sépulcre (Pour les chrétiens, le Saint-Sépulcre est le tombeau du Christ, c'est-à-dire l'édicule (maintenant englobé dans l'église du Saint-Sépulcre) construit sur la...), est érigé vers 1087. La crypte (Une crypte est des éléments constitutifs des églises chrétiennes depuis le style roman, construit, enterré ou non, servant généralement de...), ainsi que quelques remplois sculptés témoignent de cette église primitive. Le neveu du pape alsacien Léon IX, le comte Hugo d'Eguisheim est assassiné en 1089 dans la chambre même de l'évêque Othon de Hohenstaufen, qui l'avait invité en signe de réconciliation après un conflit armé qui les avait opposés. Le meurtrier était l'échanson de l'évêque. Le prélat n'y était probablement pour rien, mais le pape, qui connaissait en lui un adversaire dans le cadre de la Querelle des Investitures, le sanctionna comme s'il était coupable. La légende rapporte que sa mère Hildegarde, dont l'ascendance est alsacienne, ait été prise de remords par ces crimes. Elle décide alors en 1094 d'effectuer une donation à des bénédictins, de ses terres situées à Sélestat. Elle choisit les moines de l'abbaye (Une abbaye (du latin abbatia) est un monastère ou un couvent catholique placé sous la direction d'un abbé (ou d'une abbesse; dérivé de l'araméen abba qui signifie...) Sainte-Foy de Conques, en Rouergue, sans doute à la suite d'un pèlerinage effectué à Saint-Jacques-de-Compostelle. Les biens de l'abbaye reviennent à Berthe, fille de Louis le Germanique et abbesse de Felix et Régula, à Zurich, conformément à un acte de Lothaire II établi en 869.

Une église prieurale est érigée entre 1152 et 1190, grâce à des dons de Frédéric Barberousse. Ce dernier est également bienfaiteur à la même époque du mont Sainte-Odile, où il nomme les abbesses Relendes et Herrande, et entoure le monastère (Le monastère (du grec monos, seul), est un ensemble de bâtiments où habite une communauté de moines et moniales. On parle également d'abbaye ou de prieuré. Ce sont des monastères, le premier comportant un...) d'une ceinture de châteaux, avant de partir pour la croisade, qui lui sera fatale. Le nouvel édifice, construit sur un plan basilical (Le plan basilical est un type de plan d'église qui se développe en longueur. Il s'oppose au plan centré.) avec un transept (Le transept est une nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église et lui donne la forme symbolique d’une croix.) peu marqué, présente un style qui se rapproche davantage des réalisations lorraines et bourguignonnes que de l'art roman (Le terme d'art roman définit, en histoire de l'art, la période qui s'étend de 1030 à la moitié du XIIe siècle, entre l'art préroman et l'art gothique. Il a...) rhénan. Les bénédictins veillent sur le sanctuaire (En anthropologie religieuse un sanctuaire (de sanctus, « sacré») est généralement un lieu ou édifice rendu ou devenu sacré (c'est-à-dire 'appartenant à un Dieu') pour une raison...) jusqu'au début du XVe siècle et le dernier prieur, Raimond de la Romiguière, quitte Sélestat en 1424. L'évêché de Strasbourg, qui prend l'église et le prieuré en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un...), les met en 1615 à la disposition de jésuites. Ceux-ci engagent alors des transformations de style baroque, en vogue à cette époque. Seules la première fenêtre (En architecture et construction, une fenêtre est une baie, une ouverture dans un mur ou un pan incliné de toiture, avec ou sans vitres.) à droite et celle au-dessus du portail Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) sont d'origine. La tour octogonale surmontant le transept échappe elle aussi aux remaniements. La tour Nord est surhaussée et des tribunes, réalisées par le sculpteur Stéphane Exstel, sont ajoutées en 1616-1617. Une école est construite entre 1742 et 1745 et les bâtiments du prieuré sont remplacés en 1688, avant de subir une nouvelle restauration de 1753 à 1757. Le frère Jean Anderjoch, menuisier, est chargé de la reconstruction, durant laquelle il s'inspira probablement des plans de l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire...) Gallay.

La ville cède les bâtiments après le départ des jésuites en 1765, afin de loger les officiers. Ils sont complétés en 1769, d'après des plans de l'architecte Gouget, par de nouveaux bâtiments nommés le pavillon. Les bâtiments sont affectés à l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le...) et à la cure (La Cure est un village sur la frontière entre la France et la Suisse, partagé entre la commune française des Rousses et la commune suisse de Saint-Cergue.) après 1874 et, en 1882, l'extrémité Nord de l'aile Ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) est détruite. L'église fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être...) d'une restauration par l'architecte Charles Winkler, entre 1889 et 1893. La tour Nord est rabaissée et la tour Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) est élevée d'un niveau supplémentaire, avec l'adjonction de flèches rhomboïdales avec un pignon néoroman. Les tribunes de la nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux. La nef comprend le vaisseau central et les éventuels collatéraux...) sont supprimées et un nouveau toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.) est posé sur le vaisseau central, ainsi que sur les bas-côtés. Des sculptures néoromanes sont installées à l'intérieur et à l'extérieur, par Émile Sichler et P. Gachon. Certains chapiteaux des tours et les deux lions du porche sont remplacés, les anciens étant conservés au musée de Sélestat.

Portails

La tour-lanterne (Une tour-lanterne est une tour s'élevant, dans certaines églises, au dessus de la croisée du transept et comportant des ouvertures par lesquelles la lumière peut pénétrer dans l'édifice.) de l'église Sainte-Foy.

Le portail principal de l'église, datant de la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La...) moitié du XIIe siècle, conserve toutes ses sculptures d'origine. Les vantaux en bois et le décor, peint sur le tympan, sont réalisés d'après les projets, datés de 1890 de l'architecte Charles Winkler. Des atlantes accroupis sont représentés sous les coussinets, ainsi que des anges, des serpents, des monstres ailés et une tête de lion (Le lion (Panthera leo) est un mammifère carnivore de la famille des félidés du genre Panthera (félins). Il est surnommé « le roi des animaux » car sa crinière lui donne un aspect semblable au...) sur les chapiteaux. Le Jugement dernier et le Tétramorphe décorent le tympan, ainsi que des palmettes sur les rouleaux.

La porte Nord romane, à colonnes, coussinets et rouleaux sculptés, date de la seconde moitié du XIIe siècle. Le tympan, orné d'une fuite en Égypte, est sculpté en 1847 par Émile Sichler. Les chapiteaux présentent un décor de dragons ailés et d'entrelacs. Une ancienne porte gothique, datant peut-être de la fin du XIVe siècle, donnait autrefois accès depuis le cloître (Un cloître ou cloitre (ou anciennement cloistre, ou clouastre) est une cour entourée de murs et de galeries établie à côté des églises cathédrales, collégiales et monastiques.) du prieuré au bas-côté (En architecture religieuse, un bas-côté est un collatéral peu élevé, dont la hauteur correspond approximativement à la moitié de la hauteur du...) de l'église. Probablement murée depuis la démolition du cloître par les jésuites, ses montants sont sans doute refaits à la fin du XIXe siècle. Un porc (Le porc (du latin porcus) qui se dit aussi cochon domestique (Sus scrofa domesticus) ou cochon des villes est un mammifère domestique omnivore de la famille...) et un aigle sont représentés sous l'arc brisé du côté gauche et un chien (Le chien (Canis lupus familiaris) est un mammifère domestique de la famille des canidés, proche du loup et du renard. Autrefois regroupé dans une espèce à part entière, connue sous...) sous l'arc du côté droit.

Chapiteaux

Les tailleurs de pierre responsables des chapiteaux des colonnes arrivent de Saint-Dié, d'un monastère de l'église primitive d'Irlande, possédant une liturgie fortement emprunte de symboles celtes. Responsables des décors romans des églises de Saint-Dié, on retrouve une forte ressemblance entre le décor de leurs chapiteaux et ceux reproduits dans le manuscrit de Kells-Iona. Des chapiteaux à feuilles d'acanthes, provenant probablement de l'édifice primitif du XIe siècle, sont remployés lors de la reconstruction du XIIe siècle.

Les chapiteaux néoromans des piles faibles du vaisseau central sont créés par l'architecte Winkler, lors de la restauration de la nef en 1891, et probablement sculptés par Gachon. Ils représentent sur le côté Sud l'architecte, le sculpteur et l'entrepreneur (W. Meusburger), dont les noms figurent sur les abaques, et sur le côté Nord, les armoiries et les emblèmes des responsables politiques (Clovis de Hohenlohe et Maximilien de Putkammer), religieux (curé Mury et les évêques coadjuteurs Strumpf et Fritzen) et administratifs de l'époque (maire Spies), complétés par des inscriptions commémoratives en latin, situées au-dessus des chapiteaux.

Ameublement intérieur

Statues

L'église possède plusieurs statues, exécutées entre le XVIIe siècle et le XIXe siècles. Une statue monumentale représente saint Ignace de Loyola écrasant l'hérésie. Elle provient du portail principal du collège (Un collège peut désigner un groupe de personnes partageant une même caractéristique ou un établissement d'enseignement.) des jésuites, construit en 1688-1689, à l'Ouest des anciens bâtiments du prieuré, et se situait dans une grande niche surmontant la porte, entre une double colonnade (En architecture, une colonne est un élément vertical de soutien de forme cylindrique.). La main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet. C'est un organe destiné à saisir et manipuler des objets. Chez...) gauche du saint, ainsi que le bas du visage et le bras droit de l'hérésie ont disparu. Une statue de saint Jean Népomucène, en grès taillé, date du XVIIIe siècle.

Une ancienne statue de procession représentant le Christ, de l'époque des jésuites, semble dater du premier quart du XVIIIe siècle. L'avant-bras (L'avant-bras est, chez l'homme, la partie du membre supérieur comprise entre le coude et le poignet.) droit de la statue a disparu. Une statue de la Vierge de Pitié, en bois polychrome, date du XVIIIe siècle. Une statue de sainte Foy est offerte en 1871 par le curé Joseph Mury, auteur de la restauration de l'église et de la remise en vigueur de la dévotion à sainte Foy. En bois polychrome, elle porte sur le socle l'inscription : Donadedit J.Murii Parochia 1871.

Reliefs sculptés

Autels

Les plans d'un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout »,...) de deux autels avec retables, dédiés à la Sainte Vierge et à la Sainte-Croix, ainsi qu'aux saints jésuites - et plus particulièrement à saint François Xavier - est fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément Fourni, sont un...) par le père jésuite Ignace Sainct-Lô durant le second quart du XVIIIe siècle. Les sculptures sont réalisées de 1728 à 1730 par Johann Léonard Meyer, qui laisse sa signature et la date d'exécution, gravées au revers d'une statue et du relief (Le relief est la différence de hauteur entre deux points. Néanmoins, ce mot est souvent employé pour caractériser la forme de la surface de la Terre.). Autels et retables sont supprimés en 1892, lors de la grande restauration de l'église. La statue du Christ en croix et le relief de saint François Xavier, mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des...), sont conservés dans l'église et la Vierge à l'Enfant est actuellement exposée dans l'église Saint-Georges. L'étudiant est conservé au Badischelandes Museum de Karlsruhe, l'enfant indien a disparu et les autres statues sont conservées à la Bibliothèque humaniste de Sélestat.

Il s'agit d'autels droits, avec gradins sur soubassements débordants. Les retables possédaient quatre colonnes corinthiennes, des entablements à frontons interrompus et des couronnements galbés et cintrés. L'autel de la Sainte Vierge présentait une statue de la Vierge à l'Enfant debout, saint Louis de Gonzague et l'étudiant agenouillés, saints Stanislas Kostka et Jean Berchmans debout, ainsi que quatre anges sur le couronnement. L'autel de la Sainte Croix représentait le Christ en croix, entre saint François Xavier et un enfant indien agenouillés, saints François Borgia et Ignace de Loyola debout, saint François Xavier sur son lit de mort sous la table d'autel, et les mêmes quatre anges sur le couronnement. Le Christ en croix provenant de l'autel de la Sainte-Croix est fixé quelque temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) à l'extérieur après 1892, sur la porte murée du bas-côté Sud, puis dans le porche de l'église.

Chaire à prêcher

La chaire, en bois polychrome, est réalisée en 1733, d'après le programme iconographique du père jésuite Ignace Sainct-Lô, mais le sculpteur est inconnu. Le Tétramorphe est représenté sous la cuve - avec le nom des Évangélistes inscrits sur des phylactères - et les Pères de l'Église à ses angles (trois statuettes sont volées, deux pendant la dernière guerre et une en 1970, la dernière est conservée au presbytère). Les allégories des quatre continents décorent l'abat-voix et une scène présentant le bienheureux Pierre Canisius instruisant saint Louis de Gonzague figure sur la porte donnant accès à l'escalier (L’escalier est une construction architecturale constituée d'une suite régulière de marches, les degrés, permettant d'accéder à un étage, de passer d'un niveau à un...). De nombreuses scènes décrivent la vie (La vie est le nom donné :) de saint François Xavier. Sur la rampe de l'escalier, le saint porte un de ses baptisés sur l'épaule, éteint un incendie et baptise des enfants. Sur la cuve, il délivre un possédé du démon, remet l'Évangile à un chef Indien, prêche aux habitants des Indes et baptise des indigents. Sur le dorsal, il arrive aux Indes et vénère la croix devant deux Indiens. La chaire est classée monument historique depuis le 18 avril 1974, à titre d'objet.

Le pied et la cuve godronnée des fonts baptismaux semblent également dater du XVIIIe siècle, mais le socle et le couvercle sont modernes.

Orgues

Orgue de tribune

Un premier orgue, datant du XVIIe siècle, est vendu à l'église de Marckolsheim en 1698. Un second instrument est construit cette même année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) par le frère Lai d'Ebersmunster. Un troisième orgue, apparu en 1758, disparaît lors de la révolution. Le frère Roos, organiste, y joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) des danses françaises et des menuets, ce qui lui attire les foudres de son auditoire en 1761. Un quatrième instrument, œuvre de Joseph Rabiny et François Callinet, est installé en 1808. Les frères Callinet le remplacent en 1843 par un orgue probablement très important, puisqu'avec trois claviers et quarante-six jeux, il égalait presque celui de Masevaux.

Un orgue mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission,...), possédant vingt-quatre jeux répartis sur deux claviers et une pédale, est installé en 1892 par Martin Rinckenbach. Il prend place dans un buffet néogothique en chêne (Le chêne est le nom vernaculaire de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes appartenant au genre Quercus, et à certains genres apparentés, notamment Cyclobalanopsis...), réalisé par l'atelier Klem de Colmar d'après le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...) de l'architecte Charles Winkler. Les couronnements, très particuliers, sont arrondis en ogives et cinq statuettes d'anges divisent les tourelles du grand buffet. L'instrument est pneumatisé en 1910-1911, par Joseph Rinckenbach, le fils de Martin, tout comme à Cernay et à Thann. Les autorités allemandes ordonnent la réquisition des tuyaux de façade en avril 1917. Des réparations sont opérées en 1922 par Roethinger, qui remplace la Montre, et en 1938, avec l'installation d'un relais pneumatique. La traction des registres est électrifiée par Georges Schwenkedel en 1952-1953, qui change également certains jeux. Son fils Curt effectue des travaux en 1967 et Guerrier répare l'instrument en 1977. Cet orgue est actuellement muet, à la suite de l'installation d'un orgue électronique à la place de la console.

Orgue de chœur

L'orgue de tribune Rinckenbach n'étant plus utilisable depuis 2001, la paroisse propose alors de placer dans le chœur l'ancien orgue de l'hôpital-maison de retraite Saint-Quirin, restauré en 2002 par Richard Dott. L'édifice occupé par l'hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à domicile ou dans le...) de Sélestat était l'ancien monastère des dominicaines de Sylo, s'y étant réfugiées en 1254 après l'incendie de leur couvent (Un couvent est un établissement religieux, généralement chrétien, où des clercs mènent une vie religieuse en communauté. Le couvent n'a pas de vocation monastique, il est donc plus...). Un orgue y est installé en 1701 par le frère Lai d'Ebersmunster, tout comme pour l'église Sainte-Foy. Cet instrument cède sa place en 1750 à un orgue de Johann Andreas Silbermann, conservé aujourd'hui à Sundhouse, suite à un déménagement (Un déménagement est une action qui consiste à ôter tout ou partie des biens mobiliers contenus dans un local pour les transporter vers un autre. Il peut concerner un logement, des bureaux, un...) effectué par Joseph Bergäntzel en 1793.

L'édifice devient l'hôpital Saint-Quirin dès 1796 et officiellement en 1807. Un harmonium est acheté en 1860 pour la chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.) mais, en 1877, l'hôpital reçoit un legs d'un de ses anciens pensionnaires, M. Thouvenin, à condition qu'une partie de l'argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.) serve à la construction d'un orgue pour la chapelle. L'instrument est donc commandé à un facteur local, Matthaeus Moessmer, dont il s'agit sans doute du seul orgue neuf qu'il construisit Achevé en 1880, l'instrument est conçu pour être placé en tribune, muni d'une console indépendante et latérale. La maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) Martin Rinckenbach d'Ammerschwihr fournit très probablement la tuyauterie et assure l'entretien de l'instrument après 1883. Franz Kriess effectue une transformation en 1909. Les autorités allemandes ordonnent la réquisition des tuyaux de façade en mars 1917 et ils seront remplacés par Kriess en 1929 par des tuyaux en zinc (Le zinc (prononciation /zɛ̃k/ ou /zɛ̃ɡ/) est un élément chimique, de symbole Zn et de numéro atomique 30.).

L'église Sainte-Foy en 1902.

La chapelle Saint-Quirin ne servant plus au culte, les hospices de Sélestat font don en 2000, de l'orgue - en piteux état - au conseil de fabrique de la paroisse Saint-Georges et Sainte-Foy. Les deux églises semblent posséder des arguments pour installer l'orgue : Sainte-Foy présente des libertés au point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de l'espace, tandis que Saint-Georges est préféré pour des questions d'esthétique. Mais l'incident qui rendit inutilisable l'orgue de Sainte-Foy décida la paroisse à le remplacer, en attente de sa réparation, par l'orgue, rénové, de la maison de retraite Saint-Quirin. Richard Dott, chargé des travaux, fait alors construire un soubassement abritant une console en fenêtre frontale et une mécanique neuves, afin de placer l'orgue Moessmer dans le chœur. Le buffet, rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et...) polychrome, est conservé, de même que la plupart de la tuyauterie de Moessmer. Une façade neuve, en étain, remplace les tuyaux provisoires de 1929. Un sommier de pédale neuf et une fourniture de trois rangs sont installés. Le nouvel orgue est inauguré le 27 septembre 2002 et attend de pouvoir gagner l'église gothique Saint-Georges, dans laquelle son décor néogothique s'accordera davantage.

Vitraux

Monuments funéraires

L'église renferme plusieurs monuments funéraires, datant du Moyen Âge au XIXe siècle. Le plus ancien, une dalle funéraire en grès rose présentant deux écus superposés illisibles, date du milieu du Moyen Âge. Un fragment brisé de la dalle funéraire en grès jaune (Il existe (au minimum) cinq définitions du jaune qui désignent à peu près la même couleur :) du prêtre Jean-Baptiste Diellss, décédé en 1784 à l'âge de cinquante-deux ans, présente une épitaphe gravé en latin. Une stèle néogothique, accolée au mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.), est composée par les époux Ignace Sichler et Anne Catherine Vallastre. Sculptée probablement en 1830, elle est dédiée au curé de la paroisse, François Antoine Schaal, décédé le 24 décembre 1829. En grès jaune bigarré, elle présente une épitaphe en allemand et un bas-relief (Le bas-relief est un type de sculpture. Sa particularité est de ne présenter qu'un faible relief, d'être à plat, le sujet représenté ne se détachant que faiblement du fond. Il y reste...), figurant le Christ bénissant les enfants.

Sacristie (La sacristie est l'annexe d'une église où le prêtre se prépare pour célébrer la messe; on y conserve les ornements d'église (linges, aube...) et les vases sacrés (calice...). La personne (laïc ou...)

Le meuble de sacristie, en chêne, est commandé par les jésuites en 1751. Des rinceaux décorent le fronton et les armes des jésuites sont représentées sur le battant central supérieur, avec une grande croix portant le Christ. Un corbeau sculpté d'une tête d'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un...), datant de la seconde moitié du XIIe siècle, est réutilisé sur la sacristie, construite lors des restaurations de la fin du XIXe siècle.

Orfèvrerie

Deux calices en argent doré, datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, sont conservés dans l'église. Décorés de motifs de rocaille, ils portent le poinçon (Createur du poincon en 1568 par un Italien de Rome, Gino Locatelli) de Strasbourg sur le carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés. Cela signifie que ses quatre côtés ont la même longueur et ses...) du pied. Un troisième calice en argent doré, décoré de guirlandes, de raisins, de roses et de blés, présente le poinçon de maître de Jacques-Henri Alberti, installé à Strasbourg, et la lettre-date de 1779. Un ensemble formé par un calice et un plateau avec burettes est conservé dans sa boîte d'origine. Fourni par Picard, il est réalisé par l'orfèvre François Hubert Martin, actif à Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de...) entre 1830 et 1862. Le poinçon de maître, F H M, est visible sur la coupe, la fausse-coupe, le pied du calice, mais est illisible sur les burettes et le plateau. Dans la boîte, l'étiquette précise : " Bronzes & Orfèvrerie pour églises, Picard, rue de Sèvres, 8, Paris ". Un calice et une patène sont réalisés par Eugène Braun de Strasbourg, durant le quatrième quart du XIXe siècle. En cuivre (Le cuivre est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29. Le cuivre pur est plutôt mou, malléable, et présente sur ses surfaces...) doré et émail, ils sont offerts par les paroissiens à leur curé J.M. Mury, probablement en 1895, pour fêter ses cinquante années de sacerdoce. Représentant la Sainte Vierge, saint Joseph, le Christ et sainte Foy, le calice porte l'inscription : Parocho nostro J.M. MURY 17 mai 1845-1895.

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