Citroën a eu recours à l'édition de modèles de 2CV en série limitée au cours de sa longue carrière. Certaines très rares sont aujourd'hui très prisées des collectionneurs.
Certaines versions se distinguent par leurs caractéristiques techniques.
Seule voiture à ce jour dotée en série de deux moteurs, et produite à 697 exemplaires commercialisés entre 1961 et 1966, elle est le modèle le plus recherché. Une récente vente aux enchères en a adjugée une à plus de 60 000 €.
La solution adoptée pour la transmission intégrale se révèle extrêmement simple. Du fait de la symétrie du châssis et des trains roulants, il était facile d'installer un groupe moteur-boîte à l'arrière. Le second moteur étant retourné, il a fallu inverser le différentiel, dont le montage n'est pas détrompé, ce qui ne demandait aucune modification des pièces (cela a d'ailleurs été la cause d'erreurs de garagistes le remontant à l'envers, ce qui conférait au véhicule 4 marches-arrière et une marche avant).
Le réservoir à essence est alors divisé et déplacé sous les sièges avant, un par moteur, et la roue de secours placée sur le capot, ces modifications se répercutant sur les éléments de carrosserie : une ouverture sur les portes avant, un logement plat sur le capot et des ouïes sur les custodes pour la ventilation du moteur arrière.
Toutes les commandes sont doublées : la pédale d'accélérateur agit sur les deux carburateurs, celle de l'embrayage désolidarise chacune des deux boîtes de son moteur. Le levier de vitesse agit sur deux tringleries qu'on peut désolidariser pour une utilisation en 2 roues motrices. Le poste de pilotage présente deux clefs de contact. L'ensemble comporte deux dynamos, une sur chaque moteur, et deux régulateurs de tension. Même si chacune des dynamos est apte à recharger intégralement la batterie d'accumulateurs, il est recommandé, mais pas imposé, d'utiliser les deux moteurs pour un rendement optimum du véhicule et y conserver le même taux d'usure.
Ainsi, il n'y a pas de différentiel entre les trains. Cela ne pose aucun problème sur terrains gras, avec un comportement très satisfaisant, mais réduit considérablement l'efficacité de la transmission sur terrain adhérant, un moteur étant toujours un peu à la traîne de l'autre.
Le niveau sonore dans l'habitacle est insoutenable, surtout pour les passagers assis à l'arrière. La disparition de la malle, désormais bien occupée par le moteur, a rendu le véhicule moins pratique, ce qui a joué sur sa diffusion, répondant alors spécifiquement au besoin de déplacement de personnes en milieu difficile.
Ce véhicule équipé de deux moteurs de voiture 2 CV (fiscaux), affichait une puissance fiscale de 5 CV. Ceci s'explique par le simple fait que la cylindrée totale du(des) moteur(s) passe à 850 cm³ (deux fois 425 cm³) et que 850 cm³ correspondent à 5 CV. Pour la taxe sur les cartes grises, l'assurance ou la vignette, elle était donc inscrite dans la catégorie des véhicules de 5 à 7 CV fiscaux.
Par contre pour déterminer la puissance réelle totale et théorique de cette voiture il suffit d'additionner la puissance unitaire de chacun des deux moteurs, soit, pour le premier modèle commercialisé, 13ch + 13ch = 26ch.
En septembre 1975, Citroën propose une version extrêmement dépouillée de cette voiture déjà humble. Avec son moteur de 435 cm³, elle se distingue extérieurement par sa couleur jaune Cédrat (AC331), l'absence de vitre sur les custodes (pour écouler des stocks de caisses datant d'avant 1970), et les phares ronds (les autres 2CV ayant alors des phares rectangulaires).
À partir de 1978, la voiture retrouve la troisième glace (sur le custode), réduisant ainsi considérablement l'angle mort. Enfin, en 1979, le moteur de 435 cm³ est abandonné et désormais toutes les 2CV Spécial sont dotées du 602 cm³ des 2CV6.
Le modèle 2CV est disponible alors sous deux finitions : la Spécial en entrée de gamme, avec un choix de couleurs limité, et la Club en haut de gamme (hors séries limitées).
Distribuée exclusivement en Belgique, il s'agit d'une 2CV fourgonnette aménagée pour accueillir des passagers arrière, qui doivent chevaucher les sièges pour s'installer. La caisse dispose de glaces supplémentaires sur les côtés, fixes ce qui ne favorise pas la ventilation.
La banquette arrière, légèrement modifiée est amovible, ce qui en fait un véhicule multifonction : une camionnette pendant la semaine et une familiale le week-end.
Proposées principalement sur la base d'une 2CV6 (sauf pour la 2CV Spot), les séries limitées (ou éditions spéciales) sont considérées comme des modèles d'opportunité dans la vie de la 2CV et qui vont permettre de maintenir les ventes avant l'arrivée de l'AX en octobre 1986. La collection commence en 1976 avec la 2CV Spot et se termine pour la France avec la 2CV Cocorico en octobre 1986. Hormis la France 3 et la 007, elles sont toutes issues du coup de crayon de Serge Gevin qui a aussi réalisé la Dyane Caban, la Méhari Azur et les séries limitées de Visa.
Le 10 avril 1976, Citroën propose une version édulcorée de la 2CV. Très fraîche avec son look plage, la voiture arbore une robe blanche Meije (AC088) et orange Ténéré (AC329), dans le style des années 1970, avec une sellerie orange, des panneaux de portes rayés orange et blanc et un tendelet en tergal également rayé placé au dessus des places avant. Sa sortie coïncide avec les 5 000 000e 2CV et dérivés produites depuis 1948.
C'est la seule série limitée proposée sur une base de 2CV4 (moteur de 435 cm³) ; les concessions Citroën de France en écoulèrent 1800 exemplaires. Elle sera commercialisée dans d'autres pays d'Europe en octobre 1976 : 200 en Suisse et Grande-Bretagne avec une motorisation 602 cm³, et 500 pour le Bénélux et Italie en motorisation 435 cm³. La 2CV Spot française a été construite à Levallois et les Spot pour l'étranger à l'usine belge de Forest. C'est la série limitée aujourd'hui la plus recherchée et la plus chère des 2CV. Il en reste une quarantaine en France, deux en Grande-Bretagne, trois en Italie, une en Suisse et une dizaine au Bénélux. Son prix était de 13 600 F.
Très inspirée des voitures d'avant-guerre, et des couleurs de l'époque, la version Charleston de la 2CV, a été commercialisée en série limitée en octobre 1980 puis intégrée à la gamme en juillet 1981. Elle a connu un vrai succès commercial durant les premières années.
Évolutions de la Charleston
La dernière 2CV produite à Mangualde est une 2CV Charleston gris cormoran/gris nocturne avec des équipements supplémentaires et destinée au Directeur de l'usine.
Gris Nocturne/ Gris Cormoran |
Ce modèle fut proposé presqu'en même temps que la sortie du film : Rien que pour vos yeux, en octobre 1981. Dans cet épisode de James Bond, elle est la voiture de la James Bond girl incarnée par Carole Bouquet. La voiture figure en bonne position sur l'affiche du film, joliment encadrée par les jambes de l'actrice en premier plan.
Si les trois véhicules (des 2CV6 Club jaune mimosa) utilisés pour le tournage sont évidemment modifiés pour les cascades, avec le châssis d'origine et un moteur GS, il en resterait 2 sur les 3 du tournage une en espagne et une en angletrerre. Le modèle de série est lui réalisé sur la base d'une 2CV6 Spécial, distribué à raison de 500 exemplaires en France, avec une motorisation de 2CV4, et 500 en Grande-Bretagne, en conduite à droite donc, avec une motorisation de 2CV6, de couleur jaune Helios (AC336) et disposant d'un monogramme 007 sur les portes, capot et coffre ainsi que des impacts de balles disposés selon un certain ordre, que l'on peut constater sur certaines photos prisent lors de la présentation du film place Vendôme, où stationnait une grosse quantité de 007 pour la promotion. 400 voitures des premières ont été livrées ainsi décorées et ensuite pour le reste cette série spéciale il a été parfois remis directement les planches d'adhésifs aux mains des clients avec leur voiture neuve pour qu'ils personnalisent eux même leur 2CV 007. Ce modèle est recherché aujourd'hui. Il n'en resterait qu'une dizaine recensées d'origines figurant exactement dans la fourchette des numéros de serie indiquée par les archives Citroen.
L'origine de ce modèle est lié à la participation française du voilier France 3 à la coupe de l'America. Elle fut proposée une première fois au printemps 1983 à 2000 exemplaires pour la France uniquement, puis l'année suivante à 2000 exemplaires pour la France et l'exportation mais avec des noms différents : Transat et Beach Comber.
La voiture est une 2CV6 blanc meige (GWB), avec une vague bleue sur les côtés et deux bandes de même couleur sur le capot, la capote et la porte de malle. Enfin une décalcomanie représentant le voilier France 3 est disposée dans le coin inférieur gauche de la porte de malle arrière.
Fort du succès des précédentes séries limitées, Citroën propose, en mars 1985, octobre 1985 et avril 1986 une gamme de 2CV bicolores : la série porte le nom de Dolly.
Neuf combinaisons sont proposées, parfois simples et contrastées, parfois plus subtiles, avec un motif différent :
éléments | blanc meije / gris cormoran | gris cormoran / rouge vallelunga | gris cormoran / jaune rialto |
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caisse | AC 088 | EVP | EVP |
ailes | EVP | EKB | EAA |
éléments | blanc meige / rouge vallelunga | jaune rialto / rouge delage | blanc meige / vert bambou | jaune rialto / Bleu nuit |
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caisse | AC 088 | EAA | AC 088 | EAA |
ailes | EKB | AC 446 | AC 553 | ELK AC 651 |
Fabriquée sur une base de 2CV6 spécial, elle s'en distingue pour un faible supplément de prix par :
Dessinée début en 1986, pour accompagner la qualification de l'équipe de France à la Coupe du monde de football au Mexique, également sur une base blanche, y compris les jantes, la voiture dispose d'ailes arrière rouges, et sur les portes d'autocollants couvrant entièrement la tôle, et permettant le dégradé Bleu Blanc Rouge par un procédé moins coûteux que le travail en peinture. Le nom de la série Cocorico s'ajoute à l'ambiance très franco-française, et s'affiche sur la porte de malle et la trappe de ventilation. Elle reprend de plus la sellerie imitation jeans.
L'élimination de la France en demi-finale a influencé le projet initial d'un concept plus orienté foot, avec des monogrammes en forme de ballon. La diffusion est donc restée relativement confidentielle : 1000 exemplaires. Jugé trop voyant et trop patriotique, le modèle n'a pas connu de succès commercial des autres séries limitées. Les dernières Cocorico ont été vendues en mars 1987 soit six mois après sa commercialisation.
C'est à l'agence HDM-Dechy, travaillant pour le compte de Perrier Belgique, que l'on doit cette série limitée. Elle est commercialisée uniquement en Belgique et au Luxembourg. Le nombre d'exemplaires commercialisés en 1988 (production Levallois) et 1989 (production Mangualde) varient en fonction des sources (on parle généralement de 1000 exemplaires). Toute l’histoire repose sur le succès du personnage emblématique de la marque d’eau minérale : un petit singe, appelé Fhou.
Ce modèle est réalisé sur la base d’une 2CV6 Spéciale blanc meije (EWT) habillée par Citroën Bruxelles par un ensemble d’accessoires distinctifs :
Certains petits carrossiers ont diffusé des carrosseries spéciales s'adaptant sur la plateforme de 2CV.